LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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26 mai, 2020

DEUX VIES NETTES

Classé dans : Dualite — inconnaissance @ 19:21

Question liminaire : notre présentation, notre attitude, notre conduite en société, nos paroles, engagent-elles ou non notre être ? Est-ce que c’est simplement une façade, une devanture à destination des autres ou est-ce qu’il faut plus ou moins que cela corresponde à ce qu’on est ? Est-ce que cela peut se dérouler sans que notre intimité soit impliquée ?

Devinette 1 Qu’est-ce qui est rarement absent, qui est un sujet de pensée, de préoccupation, d’occupation, un souci, qui nous réjouit ou nous déçoit, dont la connaissance n’est jamais complète , dont le passé nous apporte quelques regrets et l’avenir quelques interrogations ?

Pour donner une piste : on est sûr de savoir qui il est. Vous avez trouvé je suppose, c’est soi. Soi est connu comme sujet de pensée, de préoccupation, comme un souci, comme quelqu’un qui réjouit ou déçoit etc

Devinette 2 Par qui ? Pour qui ? Puisque soi est distinct et déjà ciblé ? Ah zut ! J’étais sûr que le premier soi était soi ; Pourtant le second ne peut être que soi. Connu = soi. Connaisseur = Soi. Lequel est le bon ? Lequel compte ?

Pour réaliser ce tour de magie noire, il faut se poser séparément de soi. Il faut devenir pour soi-même un objet de pensée. Devinette 3 : pourquoi fait-on cela ? Pourquoi se prendre pour un objet de pensée, un objet de connaissance ? (puisque cela donne souci, préoccupation, déception, contentement) Réponse : pour que la volonté puisse fonctionner. La volonté que soi soit plus ceci, moins cela, etc

Devinette 4 . Qu’est-ce qu’elle vient faire là, la volonté, d’où sort-elle ? Aucun objet de pensée (pas plus soi qu’autre chose) ne peut exister dans le rien, le vide. C’est garanti. Il est toujours situé, contextualisé. Dès que l’on pense à quelque chose, on place ce quelque chose quelque part, sur une scène qui est assez reconnaissable. C’est pareil pour l’objet soi.

Soi doit satisfaire un grand nombre de critères, tous les critères que l’on nous a mis dans la tête. Et il faut savoir si c’est le cas en comparant . Pour qu’il y ait savoir, il faut séparation, dualité. Il ne faut pas faire un. Quand il y a deux, on peut faire appel aux instruments de savoir, aux connaissances culturelles dont on dispose pour les appliquer à l’objet à comprendre . Les connaissances mettent en scène ce soi. Maintenant la volonté aux ordres de ce savoir – ce qu’il faut être – peut entrer en action  D’où ce devoir incessant. L’homme est plus qu’un robot pensant, car la pensée pourrait être produite automatiquement par un logiciel, et l’homme serait vraiment un robot, un automate, comme quelqu’un qui exécute scrupuleusement des consignes sans se poser de question. L’homme est aussi un robot voulant et un robot éprouvant qu’il veut ce qui, vous l’admettrez, est fatiguant.

Devinette 5 Connaissez-vous une psychologie, une philosophie, une morale, une spiritualité ou une religion, qui au lieu de vous ajouter des devoirs, des objectifs, des critères à respecter, détruit, jette, ce qui existe, qui passe le karcher dans votre tête  et fasse baisser considérablement le nombre de devoirs qui vous incombent ? Et dire que lorsqu’on pense à sa mort, à sa propre disparition, on pense à la disparition de ce soi dont je parlais au début et qui nous préoccupe tant en oubliant d’ailleurs qu’il s’agira aussi de la disparition de ce monstrueux système de pression. Ah mais je m’excuse auprès de ceux qui tiennent à leur religion, leur morale, leur philosophie plus qu’à la prunelle de leurs yeux . Ces trésors de la culture qui ont donné tant de beaux résultats !  Là, c’est vrai, c’est triste de ne plus pouvoir aller à l’église ou la mosquée. Et je m’excuse aussi auprès de ceux qui croient que ce soi-objet de pensée est éternel et plus ou moins divin.

C’est vrai que ce qui est beau, c’est cette vie passée à vouloir obstinément, malgré toutes les difficultés, les peines et les conflits intérieurs, que l’objet de pensée-soi corresponde bien aux critères qui font autorité. Ce qui n’arrivera jamais, ce serait la ruine de ce système lui-même, la fin de ce à quoi on a consacré sa vie.

C’est l’imbécillité qui consiste à croire que des concepts culturels dont on aura fait des trésors pour toujours, des formes parfaites ou saintes ou satisfaisant une société peuvent dire à la vie ce qu’elle doit être.

Pour répondre à la question liminaire, l’hypocrisie pourrait être la plus grande qualité qui soit pour vivre en société s’il était possible qu’une façade soit complètement indépendante de notre intimité.

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