LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

30 juin, 2020

TOUJOURS DES ENFANTS

Classé dans : Pensee — inconnaissance @ 13:38

Il nous paraît naturel de penser, on trouve normal de penser nos rapports aux autres, notre comportement en société. On ne se rebelle pas contre les problématiques inhérentes à ces questions. On ne se révolte pas contre les tracas que cela nous cause.

Quand l’hubris se saisit de nous, on pense à grande échelle, on fait de nos problématiques ordinaires, en les hypertrophiant, des enjeux extraordinaires, on fait de la quête du bien pour notre compte personnel, une quête du bien pour le grand nombre. (et entre parenthèses, ceux qui caressent encore l’espoir d’établir des liens, un chemin entre le bien individuel et le bien collectif se mettent le doigt dans l’oeil, les deux s’opposent fondamentalement)

On ne se rend donc pas compte que l’origine ou la cause initiale de toutes ces pensées – sans quoi elles n’existeraient pas – est un impératif : continuer et réussir notre insertion dans le monde, faire en sorte que notre existence dans ce monde soit une réussite. Et évidemment il y a de nombreuses sortes de réussites.

Le monde, les autres sont notre interlocuteur, notre destinataire, ceux devant qui on veut continuellement témoigner.,Nos pensées servent à témoigner. Elles n’existeraient pas si on ne les destinait pas à quelqu’un. C’est un dialogue.

On cherche pour un destinataire; On cogite pour un destinataire. On s’investit dans ce travail pour un destinataire. On se forge, on se corrige, on se fait des reproches pour un destinataire. Un destinataire toujours obscurément présent en arrière-plan et auquel on rend des comptes, auquel on consacre sa vie. Il nous occupe, nous motive, nous anime en permanence.

Ainsi, nous sommes toujours au même point que des enfants soumis à éducation. Ils sont sous l’emprise de tout ce qu’on leur a fait croire. Ils sont persuadés que les adultes savent, et savent pourquoi ils parlent ordonnent, punissent. Ils sont certains que tout cela a un sens. Ils ne doutent pas qu’il y a quelque chose d’incontournable dans ce qu’on leur apprend. Ils ont confiance dans les adultes (et dans les religions, on abuse de cette confiance) . Et donc, ils ne doutent pas un seul instant que leurs efforts, leur apprentissage, leur bonne volonté sont tout à fait justifiés. Sans quoi, ils ne trouveraient aucune raison d’exister. (inutile de dire que , pour tout ce qui concerne la vie des hommes, les adultes ne savent pas, qu’ils sont rarement dignes de confiance, ils ne font que reproduire et jouer la comédie)

 Si au bout de toutes ces années, on avait pu trouver les réponses aux questions fondamentales et fonctionner sans problèmes, on aurait cessé de se mettre en question ; mais ce n’est pas le cas. Et comme on veut absolument que notre foi d’origine n’ait pas été vaine, absurde, on cherche toujours pourquoi comment elle peut être justifiée..

Pour cette quête, pour ce questionnement, on a absolument besoin de se fier, de recourir à des éléments qui représentent le monde, la société, les autres. Grâce à eux, on pourra savoir comment ils sont, arriver à un accord avec eux, fonctionner comme eux. (l’amour ? Ce qui est utile, ce n’est pas notre sentiment personnel à son sujet, c’est le sens que les autres lui donnent.) Mais être en adéquation avec le sens général de tout les éléments, de tous les concepts en rapport avec les hommes dont se sert une société, c’est ça qui alimente nos inlassables pensées. Trouver du commun, alors ça, c’est trouver le gros lot !

 N’est-ce pas amusant cette habileté avec laquelle les élites jouent sur les deux tableaux en passant de l’un à l’autre insensiblement, renvoyant au premier si on se focalise sur le second et renvoyant au second si on se concentre sur le premier; Ces deux tableaux sont : l’intérêt individuel et l’intérêt général. (sur france culture, c’est une spécialité : plutôt l’individuel pour l’art, plutôt le général pour le reste)

Un billet de banque a la valeur qu’on a convenu de lui donner. Du jour au lendemain, il peut la perdre presque entièrement. De la même manière, tous ceux qui exercent une profession très estimable pour la société et qui s’en enorgueillissent, ne l’auraient pas choisie si elle était méprisée;

Un jugement collectif motive nos choix, nos désirs. C’est un jugement associé à un des nombreux concepts qui ont quelque importance.(sauver la planèèèèèèèèèèèèèète)

Ainsi, quand on croit satisfaire un désir personnel, en réalité on satisfait un désir de la société, c’est un concept dont le sens et la valeur semblent mettre d’accord tout le monde qui nous mobilise parce que c’est un bon moyen de croire qu’on a trouvé quelque chose qui justifie notre foi initiale. Sacro-sainte mission, pas touche !

 Le désir de la société. Non seulement on ne laisse jamais tout à fait tomber celui (nous) dont les autres racontaient l’histoire, celui qu’on était pour les autres, et on le continue, mais en plus -cela va ensemble – il faut continuer et alimenter le monde dont on nous a raconté l’histoire. Se sauver d’après des critères inculqués, et sauver le monde pour lequel on veut vivre depuis le début et sans lequel on ne serait plus rien.

Vous croyez vous occuper de vous, prendre soin de vous, courir après des buts personnels, être égoïstes ? En fait, si c’est pour honorer et faire gagner ce que des concepts peuvent avoir de collectif, de général, vous continuez à vous dévouer pour la société;

Précisons en prolongeant les propos de l’article précédent sur l’UE et la pitié;

Soit c’est son propre rapport personnel aux concepts que l’on sert, soit c’est ce que l’on croit être le sens et la valeur communs. Si c’est mon concept, c’est moi qui le pense, si c’est le sens général, c’est tout le monde qui le pense. Et voilà l’interlocuteur dont je parlais.

Homme : soit c’est ma conscience de moi qui compte, soit c’est l’homme pour tout le monde et alors là, c’est tout le monde qui pense ce concept, et tout particulièrement ceux qui ont pignon sur rue et qui parlent pour tout le monde au nom de tout le monde comme s’ils étaient mandatés et savaient ce que pense tout le monde.

Un concept comme une valeur morale qui doit tout son sens à la société ou la culture où l’on se trouve et qui est censé désigner un bien pour tout le monde, un objet de désir pour tout le monde, c’est sûr, ça motive celui qui veut être ad hoc. Ce n’est pas lui qui pense cette valeur, ce sont les autres. Mais que les autres vous montrent qu’ils n’en ont rien à faire de votre valeur morale, et vous verrez ce que vous en faites.

Il est rare, n’est-ce pas, qu’à propos de n’importe quoi, ce ne soit pas tout ce qu’on a appris, tout un savoir déjà là, qui vienne donner la réponse, et non notre réaction, notre sensibilité immédiate.

Il est rare que l’on s’appuie seulement sur notre expérience personnelle et non sur un prétendu savoir des autres. Autant dire que lorsque nous ne pouvons pas faire appel à nos sens, notre sensibilité ou quand nous notre expérience est quasi nulle, c’est le sens commun qui règne.

 Il ne faut pas s’étonner, alors, que ceux auxquels la société a octroyé un certain pouvoir et qu’elle soutient activement parce qu’ils servent une conception générale de certains concepts qui lui convient (justice, santé, ordre public etc) excluent que ceux à qui ils ont affaire aient une autre idée de ces concepts. Des nantis qui veulent le beurre et l’argent du beurre, l’amour des gens et l’amour de l’Etat. Il faut choisir.

C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits penseurs

tous ces gens cultivés, ces savants, ces hâbleurs

avec leurs théories, convictions et messages

ils n’ont qu’un seul défaut, c’est d’être inhabités

ou possédés par tous ces prétendus sages

qui connaissent le moyen d’sauver l’humanité

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