LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

23 septembre, 2018

L’ABSURDE COMME ULTIME REALITE

Classé dans : Absurde — inconnaissance @ 18:40

Que voulons-nous au fond, sinon faire droit, rendre justice à ce qu’a été réellement notre vie ? Parce que parler à côté, parler sans en tenir compte, c’est certainement s’égarer, perdre son temps. Ou pire, se prendre pour quelqu’un d’autre.

Je dis réellement, c’est à dire dans un face à face avec soi sans concession, sans se laisser détourner par les complots de la pensée toujours prompte à fournir de bonnes ou d’utiles raisons servant de prétextes, d’explications, de justifications etc

Je dis : ce qu’a été sa vie en laissant tomber l’histoire que l’on se raconte sur sa vie et qui est le produit de nos rapports à nos pensées. Sa vie à soi. Oui, je sais, quel égoïsme que ce retour à soi ou sur soi. (alors qu’il y a tant de gens qui ont besoin de nous, tant de rencontres à faire etc etc)  Quand on s’adresse aux autres, quand on tient compte des autres, quand on a les autres à l’esprit, c’est trop souvent pour éviter ce face à face. Les autres étant, par définition, la cause sociale qui recueille l’adhésion, qui fournit le certificat de sociabilité et d’honorabilité.  (être utile. l’altruisme fait rage) .

Le dialogue intérieur entre soi et je ne sais qui ou je ne sais quoi auquel on rend des comptes, n’est pas le face à face direct sans intermédiaire, c’est soi selon la pensée conditionnée.

Mais si inconnaissance de soi il y a, si on est honnêtement incapable de savoir ce qu’est notre être, notre âme, notre conscience, notre vie, soi – et c’est un fait bien plus fiable que le cogito – si on ne sait d’eux que ce qu’on nous a appris , de quel face à face s’agit-il ?

On a besoin de se raconter une histoire à propos du désir ou des sentiments des autres à notre égard . Comment accepterait-on qu’ils n’en aient aucun de vrais, de sincères ? . Aussi on part de l’idée qu’il ne faut pas décevoir les désirs ou les sentiments qu’ils pourraient avoir. Là il s’agit de soi selon les désirs et sentiments des autres. Sauf que la nature de ces désirs ou sentiments nous demeurent obscurs. 

On a besoin de se persuader que notre existence a une raison d’être ou est utile , on a besoin de se convaincre qu’il n’est pas indifférent que nous soyons vivants ou pas, que nous existions ou pas. Là, il s’agit de soi selon une idée courante sur la vie. Sauf qu’on n’est pas sûr d’avoir une raison d’exister. 

On a besoin de penser que ce que les autres trouvent important, impératif est effectivement important, impératif et non pas leur simple opinion, on a besoin de croire dans les jugements que l’on porte. Si on n’y croyait jamais, comment pourrait-on avoir confiance dans ceux des autres. ? Là il s’agit de soi selon un certain sens de la vie. Sauf que cela reste une croyance.

.On a surtout besoin d’ignorer que notre existence particulière est le fruit d’un hasard aveugle et d’une longue histoire complètement indépendante de notre volonté et de la volonté de nos géniteurs. Elle aurait pu être autre.

On n’a pas pris garde que notre personnalité était le produit de notre adaptation au monde, à la société, à notre milieu, une adaptation par réactions indépendantes de notre volonté. (instinct de conservation) .

Cette adaptation passait pour aller de soi, pour une nécessité absolue, alors que la société telle qu’elle était, notre milieu tel qu’il était n’étaient absolument pas nécessaires, qu’ils auraient pu être autres, que rien ne justifie qu’ils aient été ceci plutôt que cela. Si bien que la formation de notre personnalité particulière et son suivi qui nous occupe toute notre vie , signifient dépendance totale à un hasard.

On peut comprendre qu’on ne se soit jamais posé sérieusement ces questions, sinon les efforts incessants que l’on a fait pour se corriger, s’améliorer, s’adapter à un monde qui change sans cesse n’ont plus rien d’un impérieux devoir .( L’impérieux devoir d’un enfant du hasard doté d’une personnalité de hasard dans un monde de hasard ? ! ! ) Pourquoi devrions-nous nous donner tant de peine pour une personnalité dont la formation nous a échappé, dont le fonctionnement et les déterminismes nous échappent encore grandement, et qui est la conséquence de quelque chose qui nous était imposé ?

Pourquoi devrions-nous toujours continuer ou recommencer ce processus avec le monde et la société actuels, les prendre comme références incontestables alors qu’ils ne le sont pas ? Pourquoi le fruit involontaire et mystérieux d’un hasard (soi) devrait-il souffrir de l’adaptation à un autre hasard ?

Toute cette importance que l’on donne à une société et ses caractéristiques et aux efforts que l’on fait pour la prendre au sérieux et s’y adapter est une comédie, mais chutt ! Il convient de continuer à faire semblant de tenir comme à la prunelle de nos yeux à notre personnalité, aux enjeux, aux attentes, aux désirs, aux valeurs du moment que la société a prévu que nous ayons . C’est un jeu que nous prenons au sérieux, qu’on nous demande de prendre au sérieux. Engagez-vous, engagez-vous. Ceux qui vous engagent ne s’engagent pas.

La vie en société est un défi permanent lancé à notre personnalité. Il faut qu’elle soit performante. Comment voulez-vons, dans ces conditions, qu’on ne la défende pas, qu’on ne la mette pas en valeur. Ce n’est pas le moment de la mettre en doute ou de s’en détacher. Car si nous abandonnions tout désir de nous adapter à la société, si nous déniions toute valeur à la société, si son regard sur nous rencontrait un mur, si nous arrêtions complètement de vouloir changer quoi que ce soit à ce que nous sommes, les déterminismes inhérents au fonctionnement de notre personnalité ou du moi n’auraient plus d’utilité. Être sans recourir à un savoir être.

On commence à avoir quelque connaissance de ce qu’est ou de ce qu’a été sa vie quand on comprend à quels déterminismes on obéit et surtout quelles fausses pensées on est ou on a été conduit à assumer faute de savoir faire autrement. .On en a quelque connaissance quand on se met à aimer ce qu’on n’avait pas su aimer. Et là, ça a du sens. Mais ce qui n’a pas de sens, c’est de ne pas l’avoir su avant.

Les déterminismes sont dans la façon de penser toutes choses, surtout celles qui ont quelque importance. Et cette façon de les penser va commander notre rapport à ces choses. Mais comme on n’a que cette façon de penser-là, comme on l’a depuis longtemps, comme on ne peut pas avoir à l’esprit la façon de penser des autres, (nous n’avons que leurs paroles que nous interprétons en fonction de notre façon de penser) comme cette façon de penser est vitale pour la sauvegarde et la continuité de notre personnalité qui a mis si longtemps à se constituer et qui est tant sollicitée, on ne risque pas de s’en extraire.

Absurdité : imaginez que, par je ne sais quel tour de magie, vous ayez la possibilité de vous en extraire, de voir d’un coup tout les déterminismes de votre vie ,auriez-vous ensuite l’envie de continuer comme avant ? Après avoir vu que c’était une comédie (faire mine de prendre le monde pour le seul vrai monde, faire mine d’avoir confiance dans les autres, faire mine d’être libre, faire mine de croire que les désirs, les valeurs de la société étaient vraiment vos désirs, vos valeurs) auriez-vous encore envie de jouer la comédie sérieusement ?

Et maintenant supposons que l’on vous informe de ce qui vous attend avant votre naissance, qu’on vous informe des paramètres en question, n’hésiteriez-vous pas à naître ? Ne trouverez-vous pas absurde que l’on vous oblige à naître. ?

Deuxième hypothèse.

Supposons qu’à l’extrême soir de notre vie, on nous donne à choisir entre sombrer définitivement dans le néant à notre mort, ou revivre notre vie, exactement comme elle a été, mais sans le savoir. Puis à la fin, de nouveau la revivre exactement de la même manière, mais sans le savoir etc Que choisirions-nous ? Choisir, c’est témoigner de ce qu’a été sa vie. Eh bien quelle absurdité n’est-ce pas de faire partie de la première catégorie, mais malgré tout d’avoir à recommencer sa vie en gobant tous les bobards que l’on se prépare à nous faire avaler, quelle absurdité de la vivre en croyant jusqu’au bout qu’elle n’est pas celle que l’on regrettera d’avoir vécue.

La mort clôt une vie heureuse comme une vie malheureuse. Elle se clôt sur tout ce qui a été éprouvé et sur notre ignorance au moins partielle du pourquoi des peines et souffrances, .du sens que cela pouvait avoir . Dans le cas d’une vie malheureuse, quel baratin sur la beauté de la vie, sur sa valeur inestimable va pouvoir servir de consolation ? Réussirez-vous à donner un sens à cette vie ? Convaincrez-vous quelqu’un qui est assis sur une cuisinière brûlante que la vie est un don précieux  ou qu’elle a un sens ? .

Une terrible éducation consiste à tuer chez un enfant sa capacité à être heureux (pour de funestes raisons idéologiques), à détruire sa faculté de prendre du plaisir. Quand on a perdu cette faculté, la personnalité bâtie sur des illusions se met en place. Malgré toute son envie d’aimer la vie, on fait des dégâts, autour de soi, malgré soi.

Troisième hypothèse : on serait informé avant sa naissance que non seulement on va être le dindon de la farce, non seulement on va avoir une vie plutôt malheureuse, mais en plus on va rendre les gens autour de soi malheureux malgré soi. Voudrait-on toujours naître. Absurde de nous obliger à le faire.

La vie, ce n’est certainement pas les boniments que propagent les religions, les politiques, les philosophes, les moralistes, les médecins (dans leur intérêt) , la vie, et le sens de notre vie quand elle est terminée, c’est la réalité de ce qui a été vécu, éprouvé. Et ce qui a été éprouvé l’a été sans que l’on sache jamais ce qu’aura été le sens de notre vie. 

On ne regrettera jamais ce qui est absurde, on ne peut s’y attacher.

C’est sans doute cela, la grandeur de l’homme, de vivre malgré toute cette absurdité qu’il découvre peu à peu.. Surtout s’il a de l’humour ;

https://youtu.be/JlMHjo7Jwhk?t=1

 La musique, la musique sans paroles, la vraie musique, celle dont je témoigne dans ce blog, pas les cochonneries que les malfaisants de France Culte diffusent la plupart du temps (toutes du genre à servir de pub pour orangina), la musique donc, pas impersonnelle si possible, vous ennuiera, vous agacera, vous horripilera peut-être, vous sera peut-être indifférente – question d’adéquation -  mais elle ne vous blessera jamais, elle ne vous fera jamais de mal. 

Alexandra DOVGAN :  

Qu’un pianiste ou violoniste adulte répète plusieurs heures par jour pour honorer ses rendez-vous, Eh bien quoi ? Que veut-il faire d’autre ?  Aller au bureau ou à l’usine ?

Mais qu’un jeune enfant qui a des tas d’envies, à qui le monde ne cesse de faire signe, qu’un jeune enfant naturellement peu tenté par la discipline et encore moins par l’ascèse, accepte les sacrifices nécessaires, accepte de travailler au point d’atteindre un niveau à 10 ans qui lui permet de donner ses premiers concerts et de charmer un public, je trouve cela sidérant et formidable .

Maintenant, plaisir :  https://youtu.be/MO9AT8-NN8g?t=33

dovg

D’où les mises en valeur de ces jeunes talents. 

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