LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

30 mai, 2020

HEUREUX COMME UN PANIER ET CON COMME…

Classé dans : Aimer — inconnaissance @ 21:15

La bonne intention, le bon sentiment, être dans le droit fil du bien, on connaît ça, c’est une expérience assez familière. Cet état n’est pas superficiel. C’est comme si une grande partie de soi-même s’y retrouvait. Cela vient de très loin et charrie beaucoup de choses. C’est dans l’immense majorité des cas, une condition naturelle à notre façon de penser, comme les brins de limaille de fer s’ordonnent sous l’effet d’un aimant. En fait, c’est la meilleure façon de nous lover dans notre conditionnement, dans notre éducation. Si on cherchait quand a commencé cette tendance naturelle à faire le bien, on n’aurait pas assez de mémoire. C’est aussi l’état de la grenouille dans le bocal quand l’eau est tiède. Toutes les facultés sont assoupies, chloroformées. S’il en est ainsi, c’est bien parce que c’est une douce habitude qui remonte à loin. Plus aucun conflit ne nous traverse, ça baigne ! On est redevenu enfant quand les choses étaient simples, pures. C’est la voie royale de la régression. Et la régression a toujours quelque chose d’attendrissant, de très agréable en même temps que de fragilisant. L’instant d’avant, on n’était rien, une brindille emportée par le courant, sans pouvoir. L’instant d’après on irradie la bienfaisance par le seul pouvoir du coeur.

Je décris là le ressort essentiel de notre éducation et j’explique notre trajectoire. Trajectoire depuis que nous avons été lancé dans la vie ou le monde car il s’agit bien de cela. (Lancé comme un flèche qui croit avancer par sa propre volonté)

Y-a-t-il des moments où on n’est plus porté, animé, mû, inspiré par la trajectoire sur laquelle on a été lancé quand on pouvait nous faire croire que ce qu’on nous disait était vrai, que les sentiments exprimés étaient vrais, que l’on nous aimait vraiment, que l’on comptait sur nous, que l’attente des autres était justifiée, que notre vie avait un sens, que le monde était bon Tout pour être motivé et donner libre-cours à notre vitalité..

Si cela arrive, cela voudrait dire que soi, pour soi, n’a plus rien à voir avec le regard, les attentes, les idées des autres. On n’est plus propulsé par une force extérieure.

Quand j’ai écrit « Le bien m’a tué », j’aurais pu écrire le monstre Dieu étant donné l’exemple qu’il donne au sujet de l’amour et les terribles conséquences de son affaire. C’est quelqu’un qui n’aime que lui-même ou des sous-produits de lui-même. Si vous voulez être aimé par lui, il faut que vous soyez exactement comme il le veut, que vous obéissiez scrupuleusement à ses commandements pour qu’il puisse se reconnaître en vous. Exister à part et de façon différente ou contraire n’est pas prévu. C’est aussi comme cela que nous avons appris à fonctionner.

Et c’est la grande confusion, le grand malentendu. On satisfait une attente, un désir, on répond à une demande. On reçoit, de ce fait, quelques compliments, quelques témoignages d’estime, d’affection. On les prend pour soi, c’est à dire que l’on croit que c’est soi-même qui est ainsi béni, On se prend pour le produit de la volonté du donneur d’ordre. On n’existe pas par soi-même, on n’existe qu’en tant qu’extension du donneur d’ordre. Cet amour que l’on a pris pour soi nous a nié, il ne faut pas être soi, il faut être l’autre. A quoi bon exister, si ce n’est que pour être l’autre ? Si plus rien ni personne n’avait la moindre attente à notre égard, on n’existerait plus ? Si on ne pouvait pas se lever le matin en sachant qu’il y a ça à faire et ça, parce que c’est un devoir, et qu’il faut répondre à telle et telle condition, on ne se lèverait plus ? Seul le kleenex se lève ?

On est placé sur la trajectoire que l’on ne quittera plus si on continue ainsi parce que c’est le seul moyen dont nous disposons pour être reconnu et aimé et parce que nous ne nous rendons absolument pas compte de la captation d’être à laquelle nous avons consenti. Continuer à exister ainsi, c’est continuer à ne pas être soi-même. Après des années et des années à fonctionner sur cette base, qui sommes-nous si nous ne sommes pas celui des autres, et particulièrement des personnes qui comptent le plus ? Sommes-nous quelqu’un d’autre que celui qui aime ce que les autres aiment, veut ce que les autres veulent. Les autres, c’est tout ce qu’on veut.

Alors, toute sa vie on se méprend sur celui qui est ainsi reconnu et aimé, toute sa vie on croit que l’autre nous a aimé, nous, alors qu’il n’a aimé que lui-même à travers l’image de lui qu’on lui renvoyait. Toute sa vie on risque de chercher à obtenir une véritable reconnaissance qu’on n’obtiendra jamais. On veut que l’objet de pensée-soi corresponde aux critères, conditions qui ont été mis dans notre tête.

Les bons sentiments dont on parlait au départ, ce sont ceux que l’on éprouvait naïvement, candidement, bêtement, quand on avait une totale confiance dans celui qui nous demandait quelque chose et qu’on croyait que parce qu’il nous le demandait, il nous aimait, parce qu’il était content quand on l’avait fait, il nous aimait. C’était la naissance du bien. Si on y a ajouté la niaiserie chrétienne, c’est la fin de tout. Peu importe, aujourd’hui, qui prend la place du demandeur, l’essentiel est de pouvoir ressusciter cet amour réciproque et sans borne . C’est de nouveau croire à la pureté des gens, croire à la pureté des désirs, croire à la pureté des sentiments, comme lorsqu’on était un tout petit. Les sentiments ressemblaient à cela, et le reste n’avait pas d’importance. Retrouver cette disposition infantile pour revivre ce moment-là.

Il faut, pour qu’une victime soit une victime, qu’elle soit pure pour retrouver l’acte pur ; Sinon cela risque de tout flanquer par terre, tout le système. Donc elle l’est. .

Obéir, c’est encourager le vice, c’est approuver le donneur d’ordre dans ses travers. C’est lui signifier tout bonnement que l’on veut être son sous-produit, son extension. ; c’est endosser ce rôle, cette existence de rouage.

Lui désobéir, c’est lui rendre service, le forcer à reconsidérer son rapport aux autres. Ou au moins, il faut absolument, que la possibilité d’agir ou d’être autrement que ce qu’on attend de nous soit prévu et complètement accepté sans avoir à se justifier en respectant les raisons et les façons de penser de l’autre. Avec une volonté indépendante, on fait ou on ne fait pas ce qui est attendu. Et personne n’a rien à y redire.

Trouver ce qu’est la volonté voilà peut-être un pouvoir efficace sur le mental.

 

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