LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

15 janvier, 2016

L’ÂNE EST CECITE

Classé dans : Aneries — inconnaissance @ 10:37

anececit

L’apparition de l’homme ou de l’espèce humaine que nous connaissons aujourd’hui, n’était pas inéluctable. (l’homme de Néanderthal s’est bien éteint et avant lui d’autres espèces d’hominidés) Les variations génétiques aléatoires présentes pendant toute l’évolution, sont de toute façon intervenues dans cette apparition. Elles ont même peut-être été déterminantes. C’est ce que déclarent les scientifiques qui étudient la question. Pour contrer cet argument qui rend l’existence de notre espèce tout à fait fortuite, les croyants répondent par « Dieu » qui serait une sorte de maître d’oeuvre. (grand architecte, créateur, dessin intelligent etc)

L’existence de tel ou tel enfant, de tel individu particulier est tout à fait fortuite. C’est le résultat d’une loterie. Les parents, en faisant l’amour peu de temps après simplement, auraient donné naissance à un autre être. Donc cet individu-là n’a rien de nécessaire. Son absence ou son remplacement ne changerait pas l’ordre du monde. A ce constat, les croyants répondent par « Dieu » qui aurait voulu que nous existions.

Au-delà de l’hérédité, le milieu, l’époque, les circonstances, les événements  auxquels sera soumis l’individu sont tout à fait contingents. Il aurait pu en être autrement. Et l’individu aurait eu un autre destin, une autre personnalité. Alors, les croyants répondent « Dieu », qui serait au-delà de tout cela.

Cela semble gêner J.C. AMEISEN https://www.youtube.com/watch?v=pnLWJ8euXVY que les neurosciences affirment souvent que « le libre-arbitre n’existe pas, ce que nous croyons décider en fait s’est décidé en nous par une série de déterminismes qui nous échappent totalement et que nous actualisons en disant : tiens j’ai décidé. » (JC AMEISEN) Cela serait en contradiction avec le fait que la science (donc la neuroscience) « se discute, s’évalue, se recherche librement  » . Et surtout ce déterminisme humain conduirait à la fatalité.  » A quoi ça sert que je fasse quelque chose puisque si c’est écrit, je le ferai. » Il cite Martin BUBER :  » la seule chose qui puisse être fatale à l’humanité, c’est de croire au déterminisme  » Mais c’est ridicule de parler de déterminisme en prétendant parvenir à une quelconque vérité ou connaissance. Quand, du fait de la dimension et de la complexité inouïe d’un milieu, les interactions pertinentes, ne peuvent pas être toutes connues,, loin de là, il est impossible d’espérer trouver les déterminismes pertinents. Bien sûr que notre avenir n’est pas écrit. Nous sommes en interaction avec un monde changeant, et probablement avec des événements de notre organisme, rien n’est prévisible. Ce n‘est pas écrit ou c’est constamment réécrit. Mais cela ne remet absolument pas en cause le fait que ce qui se décide en nous, à chaque instant n’est pas de notre ressort. Et parmi les interactions fécondes quand elles sont intégrées, il y a la connaissance.

A cela les croyants répondent « Dieu », et l’homme, créé à l’image de Dieu, aurait un libre-arbitre. (D’où le jugement)

Dieu est la réponse à tout. Il est super-nécessaire. Ah ah ah, la science ne sait pas tout, notre foi nous apporte une réponse. Le mystère est le refuge de la croyance.

Il y a deux sortes d’ignorance, tout à fait distinctes pour nous. Il y a l’ignorance que l’on accepte, reconnaît, et il y a l’ignorance que l’on n’accepte pas. Dieu est l’expression de l’ignorance refusée, surtout quand elle concerne la raison de notre existence et le sens de la vie.. Double ignorance alors : celle de départ (d’où viens-je, où vais-je et dans quel état j’erre ?) , et celle que l’on va ajouter . Quand l’ignorance est refusée, quand elle crée un problème insupportable, on invente des réponses ou des solutions. Dieu est la bouée de sauvetage de ceux qui veulent donner un sens à ce monde absurde , de ceux qui veulent trouver une âme à ce monde vide, de ceux qui veulent voir triompher leurs propres idées du bien dans ce monde injuste. La culture est le monde de Dieu . Et les civilisations sont mortelles.

Et comme ces solutions représentent tout un système, un système imperméable à la remise en cause, cela conduit à la cécité. Non seulement on ne sait pas, mais on va se rendre aveugle à ce qui peut être vu. L’ignorance est devenue mystère, et alors que l’ignorance à mauvaise presse, le mystère a bonne presse. Il est même très estimé. (Au fait, de quoi le mystère est-il le nom ?)

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Il n’est pas question, par chez nous, de penser que les autres et nous, sommes, depuis l’origine et jusqu’à notre propre existence individuelle, le produit du hasard, et que notre existence n’a rien de nécessaire. D’ailleurs, quand nous nous pensons, quand nous pensons à nous, c’est tout un arrière-plan et des considérations culturelles qui tournent autour de nous. Comme si on était le centre du monde. On peut, cependant, s’apercevoir que l’on met en oeuvre une partie plus ou moins large de ses facultés, qu’on est plus ou moins étroit d’esprit (idées fixes, obsessions, blocages éventuels) , que son esprit fonctionne bien et rapidement ou pas.

Il faut quand même bien avouer que certains êtres sont plus utiles que d’autres. C’est difficile de nier l’apport, à de nombreux points de vue, des grands scientifiques, des grands artistes, des grands écrivains, des grands découvreurs. D’autres êtres, en revanche, passent sans rien laisser sauf, peut-être, bien des problèmes et de cuisants souvenirs à ceux qu’ils ont côtoyés.. Et il faut quand même bien avouer que certaines conditions de départ, pour un enfant, sont tragiques. A cela les croyants répondent : « Dieu ». Chaque vie serait sacrée en tant que don de Dieu.

Il serait toujours question d’un Dieu qui nous connaîtrait personnellement, tout pour faire de la personne l’élément significatif de l’histoire. Cette personne. Moi. Moi dont la vie et la mort deviennent alors des événements importants.

Les croyants, sans s’en rendre compte, sont d’une prétention magnifique. L’hubris les guette sans cesse. Ils ne sont pas sortis de la cuisse de Jupiter, ils sont enfants de Dieu, et en tant que tels, ils se croient supérieurs. (On en a la preuve tous les jours) En tant qu’enfants de Dieu, pourvus d’une âme immortelle,, ils se croient d’un prix extraordinaire. Et l’humilité, l’affabilité, la bonté qu’ils témoignent sont une comédie supplémentaire qui sert à les élever encore un peu plus à leurs yeux.

Evidemment, quand on a été élevé dans l’idée que l’espèce humaine devait exister, que tel ou tel individu particulier devait exister, que cet individu peut être libre de tous les déterminismes, qu’à l’aide de son libre-arbitre, il peut écrire sa propre vie, que la culture le met en valeur, en fait quelque chose d’extrêmement précieux, la mort, et surtout la mort prématurée suite à des événements tragiques, paraît un scandale. Et ce serait vrai pour tous les hommes de la terre. Voilà aussi une raison pour certains de faire entrer beaucoup de subjectivité dans leurs décisions et d’être inhumains avec ceux qu’ils considèrent, selon leur propre système de pensée, inhumains. Tandis que l’idée de sa non-existence, avant sa naissance, n’a jamais causé de peur, l’idée de sa non-existence, après la mort, en cause parce qu »on croit à la persistance d’une certaine forme d’existence.

Jusqu’à il n’y a pas très longtemps, faire preuve de bonté, rendre service à quelqu’un obligeait. L’obligé se sentait une dette et, par conséquent, se sentait rabaissé jusqu’à ce qu’il ait pu rendre la pareille. Ce qui fait qu’on ne demandait pas d’aide sans de sérieuses raisons. Cependant, ce donnant-donnant, cet échange de services et d’amabilités s’est banalisé à l’extrême. C’est devenu un jeu permanent et ridicule dans notre société bien-pensante. Maintenant cela a un peu changé. C’est l’Etat qui mène le jeu. Il nous contraint à la charité au nom de quelque loi générale dont il a le secret, et l’obligé ne nous doit plus rien puisque c’est l’Etat qui octroie. L’obligé peut même réclamer l’application des lois en question et devenir exigeant. Et ce n’est pas l’Etat qui paiera le prix de cette exigence.

Si les croyants pouvaient comprendre un jour – mais ils en sont par nature incapables – que Dieu, ses enseignements, sa spiritualité, ses sublimes vertus, sa morale et ses grands sentiments, ne gouvernent pas le monde. Ils ont beau croire aux esprits de toutes ces choses-là, cela ne sert à rien. Cela ne « marche » pas. Depuis le temps ils auraient dû l’admettre. Il est de plus en plus rare aujourd’hui de rencontrer des gens qui ne fassent pas appel à ce genre d’arguments, qui ne se situent pas au niveau de ces principes spiritualo-romantiques quand on parle des choses de la vie et de la société. Les principes -sacrosaints- se multiplient à vue d’oeil.

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