LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

1 novembre, 2020

DE LA BÊTISE

Classé dans : Atheisme — inconnaissance @ 20:37

Il y a une chose que l’on ne fait pas souvent : être conscient de l’effet sur soi des pensées qui passent, simplement parce que l’important, pour nous ce sont ces pensées. Mais en être conscient conduit assez naturellement à se demander s’il faut accepter d’être ennuyé, chagriné, par elles et à se demander si on ne pourrait pas avoir comme priorité : ne plus être troublé. En plus on risque fort à l’occasion de s’apercevoir que nos pensées, c’est le monde, le sens qu’il a pour nous. Si bien que, comme lorsqu’on passe de l’éveil au sommril, la disparition des pensées, c’est la disparition du monde.

Cela pour dire que comme c’est le monde que l’on pense (tout ce qui est extérieur) comme c’est sur lui que l’on a des vues, comme c’est lui qui nous fait rêver, comme il est parfois désirable, cela devient un problème quand il n’est pas , ou quand il devient, ce que l’on n’a pas prévu ou voulu. Il y a toutes les formes de réactions possibles, en gros et en détails, entre la totale acceptation et le refus total.. En plus, il y a tous les cas possibles entre un monde aberrant et un soi dans son droit et un monde qui a raison et un soi plus ou moins aberrant.

On peut prévoir que si notre objectif fondamental, notre souci permanent est de satisfaire toutes les demandes, conditions, exigences etc du monde, si on fait de lui notre référent, quasiment un modèle, on va être occupé, on va avoir de quoi penser. Penser pour savoir quelle doit être notre attitude juste, notre réaction juste, notre rapport juste.

On peut aussi ne pas penser, ne jamais le remettre en cause, ne jamais remettre en cause son milieu, l’ordre établi local, l’ordre établi général. Un excellent moyen d’être bête : pas besoin de réfléchir pour obéir ou faire comme tout le monde. Les moutons font cela très bien.

N’est-on pas quelqu’un de bien quand on a obéi ou quand on a fait comme les autres ?

N’est-ce pas bête de toujours vouloir plaire à la société, de vouloir avoir les mêmes opinions qu’elle à propos de tout à commencer par ses valeurs. N’est-ce pas bête de penser que l’ordre établi, les structures de la société sont forcément bons, justes. Les gens de droite ne sont-ils pas un peu neuneus ? Ils ne veulent qu’une chose : avoir un chef et lui obéir.

Mais je voulais surtout attirer l’attention sur un phénomène plus profond qui découle de l’article précédent. Le souci, la volonté de faire le bien, d’être bien, de trouver le bien est le meilleur moyen de s’enferrer dans son conditionnement et d’être un propagateur de son conditionnement. Cela revient à obéir sans avoir l’impression d’obéir.

Puisque c’est la société qui définit le bien, puisque c’est en fonction de notre rapport à elle que nous pouvons dire que nous faisons le bien, faire le bien, c’est se soumettre le mieux possible à ce qu’elle nous a enseigné et à ce qu ’elle continue de nous apprendre . Tout est bien chez elle, même les choses idiotes, non ? Ah non, on n’est pas neuneu, on se réfère aussi à une autre société qui n’aurait pas, bien sûr, les défauts de celle-ci.

Bien sûr, il y a aussi le cas de ceux qui ont été élevés dans une autre culture avec une autre façon de penser le bien et qui, arrivant dans celle-ci, n’ont aucune intention d’adopter le sens, les valeurs qu’elle propose. Ils ont subi un autre conditionnement, ils font un autre bien pour plaire à une autre société.

Tout cela est connu, mais ce qui l’est peut-être un peu moins et qui vous fera comprendre combien le nivellement et l’abêtissement par le bien venu de la société, sont puissants, c’est que l’extérieur dont j’ai parlé ne se limite pas à ce que vos sens perçoivent.et qui est identifié. Vous faites partie de l’ extérieur, vous êtes le monde. Le monde extérieur a immédiatement un sens n’est-ce pas, celui que l’on peut lui donner, qu’on a appris à lui donner.

Mais soi-même, même sous la surface, a un sens, on le sait, celui qu’on a pour les autres, car pour les autres on est l’extérieur, le monde. Mais le sens qu’on a pour les autres, c’est surtout le sens que l’on croit qu’ils nous donnent. On comprend toutes leurs manifestations en fonction de soi, de sa propre façon de donner un sens au monde.

Comment pourrait-il en être autrement puisque pour se sentir exister, on doit exister dans le regard, dans le désir et dans les paroles des autres, on ne se tient pas pour absent de ces lieux sinon, cela nous conduirait à penser qu’on n’existe pas pour les autres, et dans ces conditions, il n’y a aucune raison qu’ils existent pour nous.(Pourtant, il y a d’infects individus, imbus de la fonction qu’ils incarnent, qui se comportent ainsi avec nous – inhumanité -  mais on ne leur renvoie pas toujours la pareille parce qu’on dépend d’eux, et ils le savent)

On est partout dans le monde, d’ailleurs les mots pour nommer tout ce qui est nous sont les mots de la culture, les mots que tout le monde emploie. On est même dans les choses dont on s’est occupé ou qu’on a faites. Ce que nous disions au début du monde extérieur s’applique là aussi.

On est un objet de pensée, non seulement pour la société, mais aussi pour notre conditionnement culturel, les deux se mêlant. Comment peut-on s ’étonner que les gens issus d’une autre culture et refusant d’adopter la nôtre ne voient pas la même chose, ne pensent pas la même chose que nous. Celui qu’ils voient dans une action, un fait, un événement etc n’est pas celui que l’on voit.

C’est bête de nier que le bien est le produit d’une culture. Et c’est bête de nier qu’en voulant que tout le monde fasse le bien ce sera le même bien. C’est tout le contraire. .

Ceux qui représentent un parti, une Eglise. parlent comme s’ils étaient de purs produits d’une pensée conditionnée – même si c’est une comédie. Imaginons qu’on les prenne au pied de la lettre, imaginons qu’ils s’expriment comme cela dans la vie quotidienne. Ils sont dans leur rôle ? Pas drôle rôle ! En fait, ils sont un concept et les représentants d’une idéologie, d’un système de pensée . Si on les écoute volontiers, c’est parce qu’on aime leur idéologie et leur concept. Sinon..,

Dans l’idéal, seul l’athéisme permet la véritable laïcité. On laisse les religions instituées dans leur coin, on n’a pas d’opinions et de revendications politiques qui tiennent compte de croyances religieuses et ainsi l’Etat ne fait pas de politique en prenant en compte ceux dont les opinions politiques sont influencées par leur croyance religieuse. Car enfin, pourquoi des gens qui propagent activement leurs opinions politiques, qui font du prosélytisme, interdiraient-ils à ceux dont les convictions sont religieuses, d’en faire autant ? Les religions sont des visions du monde comme d’autres et le fanatisme et le sectarisme ne sont pas leur monopole . Il suffit de ne pas en faire des systèmes de pensée à part, de décider que Dieu n’est pas Dieu pour les non-croyants mais une idée comme une autre, éventuellement désastreuse à combattre .

(valse de Vienne. Vous n’aurez pas notre haine dit l’un (c’est pas chrétien), vous aurez la nôtre dit l’autre )

 https://www.youtube.com/watch?v=q1HGA-uR9LQ

.magr

 

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