LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

5 janvier, 2017

PENSEE ET ACTION

Classé dans : Automatisme — inconnaissance @ 15:50

Il y a des actions dans la plupart des pensées, mais ces pensées ne sont pas des actions. (penser à aller au supermarché ne nous transporte pas, aussitôt, au supermarché). L’action n’a rien d’une pensée mais elle n’est jamais totalement gratuite et spontanée. Il y a de la pensée dans l’action.

Quel lien, quel rapport entre la pensée et l’action ?

Il faut bien dire que la question est d’autant plus insoluble que l’on introduit le libre-arbitre. Le libre-arbitre est un mystère, si on doit passer par lui pour aller de la pensée à l’action, on n’est pas au bout de nos peines. On admettra pourtant que l’on n’exerce pas toujours notre libre-arbitre.

Depuis que nous sommes sur terre, nous avons répondu, réagi à des messages, des sollicitations, des injonctions, des demandes, des réactions, des signaux émanant de notre milieu et nous avons mémorisé les réponses qui fonctionnaient le mieux. (c’est un profond besoin, on appelle cela aussi, l’égoïsme, surtout si ce fonctionnement apporte du plaisir)  Ceci de .façon ouverte pour commencer puis en intégrant l’idée de soi. On ne choisit pas le milieu auquel il faut s’adapter. Apprentissage permanent et incontournable. La pensée étant maintenant là, ancrée, installée, associée à des affects plus ou moins importants, .(et je vous fais grâce des prédispositions, de l’inné et des instincts fondamentaux) la conduite ou le comportement s’ensuit. Rien de sorcier. Cela se met en évidence très facilement.

Beaucoup de tâches, de fonctions qui étaient des emplois hier, sont aujourd’hui effectuées par des automates, des ordinateurs, des robots. Ceux qui remplissaient ces fonctions, consciencieusement, dans les règles, agissaient donc en automates. (sauf s’ils pouvaient y ajouter une touche personnelle) Ce n’est certainement pas ainsi qu’ils obtenaient un supplément d’âme. Si la réponse à un code, un critère, une raison culturels, fixes, ancrés dans la conscience ou la mémoire ne peut qu’être unique, un automate peut très bien s’en occuper. Il est capable de bien plus que tenir compte d’indications précises, simples, (comme traverser dans les clous) il est capable de tirer parti de signes nombreux qu’il faut combiner. Il y a des robots qui nettoient l’appartement. D’autres, plus élaborés, servent d’aide à domicile pour les personnes dépendantes.

Pas difficile de faire exactement ce que le règlement prescrit, quel que soit son niveau de qualification, quelle que soit la somme de connaissances qu’il faut emmagasiner. Si, à chaque fois, la réponse au problème est unique, n’importe quel automate peut le faire à notre place. Pas de quoi se vanter.(il y a maintenant des voitures autonomes)

 A chaque fois que l’on se trouve en présence d’une raison dont dépend notre image de nous-même, il s’agit d’une raison conditionnée et on dira ou fera exactement ce que cette raison prévoit parce que l’image de soi est totalement conditionnée. C’est un fonctionnement automatique. On voit bien que cette raison se présente sous la forme d’une vérité d’usage ou établie. A chaque fois qu’une raison sociale (catégories répertoriées) nous fait penser que tel sentiment nous est dû (en tant justement qu’appartenant à cette catégorie) c’est un fonctionnement automatique. On sent bien que ce sentiment est un sentiment d’usage. Il y a tant d’idées, de concepts, de mots qui passent pour des vérités établies (par qui?) qui sont effectivement gravées en nous et dont l’effet est automatique. Tout cela fonctionne tout seul.

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On peut assister au déroulement de tout cela. Mais : « not in my name ». Si on fonctionnait toujours ainsi et si c’était efficace, nous n’aurions jamais aucun problème et nous ne nous poserions pas la question du libre-arbitre.

On dit qu’il y a un libre-arbitre quand il y a hésitation, choix, et que l’on se dirige vers une solution plutôt qu’une autre. Mais c’est oublier qu’en amont du choix, du doute, ou du problème tel qu’il se présente, il y a déjà un parti-pris, une orientation auquel on obéira.

D’après France culture (quelle géopolitique pour 2017 – Guillaume ERNER)

« L’Europe, paralysée par le Brexit, le retrait annoncé de François Hollande, et la campagne électorale qui va accaparer Angela Merkel pour les mois à venir, aborde 2017 en position de faiblesse, coincée entre la menace de Daesh, les ambitions de l’axe Moscou-Ankara-Téhéran et l’imprévisibilité de la ligne que tiendra la nouvelle administration américaine. « 

Que faire, que dire  concernant cette paralysie , cette faiblesse, ce défaut d’Allemagne, ? Mon dieu, mon dieu ! Alors que le danger terroriste et les ambitions de Moscou menacent  l’Europe et que TRUMP est inquiétant.

Il faudrait d’abord souhaiter que l’Europe ne soit pas paralysée et faible, que nous avons besoin de Merkel , que Moscou ne représente pas une chance, et que nous ne nous réjouissions pas des inquiétudes de certains au sujet de TRUMP. Dans les domaines ici concernés, un jugement n’est pas un constat, une observation, il exclut le jugement contraire. Tout cela découle d’une compréhension ou d’une vision des choses qui sera elle-même un jugement découlant d’une vision plus vaste etc

Sortons-nous souvent du cadre dans lequel on nous met ? Non, car il reflète l’ordre établi. Associez des affects à cet ordre, mobilisez-vous pour la problématique ainsi présentée, soyez docile, et vous voilà bien parti pour fonctionner comme prévu, comme pourrait le faire un automate. Plus le cadre est réduit et plus l’action est automatique. .(que faut-il penser de…comme disent ces imbéciles de journalistes)

En se basant sur telle raison, tel code, on fait ou on dit une chose. En se basant sur une autre raison, un autre code, on fait ou on dit autre chose. Quand la réponse n’est pas conforme à ce qu’attend le milieu, on se sent coupable. Pourquoi coupable ? Qui  est coupable ? ?

D’autre part, une culture, ce sont essentiellement des rites, des normes et des coutumes : tout comportement codifié. Une religion veut des témoignages. Une société veut des témoignages. Un groupe ou une communauté veut des témoignages. Des témoignages avec un sens collectif. Ces témoignages seront des actes, des gestes, des attitudes, des comportements. Rien de surprenant. On reproduit. Ce sont les mêmes codes, les mêmes normes, les mêmes valeurs pour tout le monde, quelles que soient les différences.On remarquera que lorsque l’on s’adresse aux hommes en parlant des hommes, on défend, représente, promeut une vision de la société. 99,9 % de ce qu’on dit sert à cela. 99,9 % de ce qu’on a écrit disparaîtrait si on devait enlever tout ce qui n’a pas pour thème : le bien, le progrès, la défense d’une société. (mon dieu, mon dieu, qu’allons-nous devenir si notre culture ou notre société se casse la figure? Exclue l’idée que l’on voudrait qu’elle se casse la figure. Nous avez-vous demandé si on était content ? Non ? Ah tiens !)

Quelle raison aurait-on d’être gentil avec des gens qui se comportent comme des automates, et à notre détriment ?

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Non seulement on se sert de mots ou de concepts qui désignent la société, mais on exploite aussi à fond la généralisation en germe dans tous les mots qui ne sont pas censés, au départ, désigner la collectivité. Exemple avec compassion. Cela pourrait être une façon d’évoquer l’attitude d’un individu. Mais en faisant de ce mot quelque chose d’objectif, indépendant des individus et en investissant, par exemple, cette compassion, on en fait un système.

Exemple de frivolités, toujours sur France-culture (c’est une mine)  : dans le vague tout se vaut, tout pourrait être vrai. « Tout y compris l’homme devient objet de consommation. Les désirs s’assouvissent et renaissent, les objets règnent et se succèdent. Peut-on renoncer ? Pourquoi renoncer ? Allons-nous devoir apprendre à renoncer ? » (Collège des Bernardins)

Je vous ferai remarquer que « tout, y compris lhomme, devient objet de dédain » ça marche aussi, que les désirs se sont toujours assouvis et ont toujours repris naissance, heureusement. Car si tous les désirs s’éteignaient..Peut-on renoncer ? Mais à quoi ? Cela ne veut strictement rien dire, renoncer pour renoncer, renoncer comme principe, comme idée dans la vie. Bref, suggestion pour ne pas se mettre à délirer : laisser cela. .(l’onanisme, c’est solitaire)

Soit le caractère objectif, spirituel de la compassion. (ce ne serait pas une chose qui n’existe que dans l’esprit et nulle part ailleurs) C’est embêtant, parce qu’on ne pourra pas appeler compassion ce qui ne correspond pas à la définition prévue. Alors il faut fonctionner comme un automate pour faire preuve de compassion (obéir aux commandements comme dit l’autre) . Mais un automate est dénué de compassion !. Alors ?

Si on voyait la société ainsi – comme un ensemble de codes qu’il faut respecter – on n’aurait pas pour elle cette estime, on ne se sentirait pas humble devant elle. Ces codes, critères, raisons sont censés nous apporter un supplément d’âme ou être spirituels. A part la réussite sociale, une vie plus agréable et plus intéressante, des avantages concrets, qu’espère-t-on en épousant l’ordre établi, les normes sociales, en servant les donneurs d’ordre ? Un supplément d’âme . La société veut nous faire croire : qu’en la servant bien, on obtiendra un supplément d’âme. Il y aurait de l’être à gagner, une qualité supérieure d’humanité ; Beaucoup de mots sont pris au sérieux et nous font croire en l’existence de l’être ou de l’esprit qu’ils postulent si bien que l’on croit qu’ils vont nous en faire don en quelque sorte. Ils ne font jamais que nous faire don du rêve que nous pourrions partager cet esprit ou cette âme. (voir comme c’est éphémère) C’est le rêve qui grandit en nous, pas l’esprit en question.

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Donc ces raisons, critères, codes sont pris au sérieux en tant qu’ils renverraient à de l’être. Ils appartiennent à la culture, ils sont la gloire de la culture dont ils semblent émaner. Comme si elle avait une existence propre, et était dotée d’un esprit supérieur.

Pour un peu, on arriverait à nous faire croire que c’est grâce à la culture qu’on a une âme, qu’on la tient d’elle. C’est vrai et c’est faux. C’est vrai. Âme est un concept culturel. On ne saurait rien en dire si on ne se servait pas de tout ce qu’on nous en a dit. C’est faux. L’âme n’est qu’une invention. On ne perd rien en la perdant, sauf une croyance ou un rêve.

Au service d’une abstraction, d’une entité qui n’est qu’une pure création de la pensée, sans rapport réel avec le monde extérieur, la pensée boucle en interne. Eternellement. Rien ne peut l’arrêter, aucun démenti, aucun échec. Si les choses qui n’existent pas, n’existent pas pour rien, leur inexistence les protège .

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Ce qui manque et manquera longtemps aux androïdes, aux robots , c’est la mobilité, la dextérité, la souplesse, la réactivité, la sensibilité de la créature biologique. Tandis que l’intelligence artificielle progresse très rapidement, la complexité et les performances de la créature vivante évoluée sont hors d’atteinte de la machine.

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Mais il n’y a aucune raison pour que les machines ne remplacent pas de plus en plus les hommes dans les différents secteurs d’activité et que la vie des hommes ne soit pas de plus en plus soumise à des traitements informatisés.

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Les modernes androïdes et robots humanoïdes disposent de nombreux capteurs de leurs propres mouvements et postures de façon à les corriger et à les adapter sans cesse. Notre existence est plus compliquée, on cherche aussi à nous adapter à tous ces codes pour satisfaire le milieu, la société. Les androïdes doivent satisfaire les objectifs qu’on leur a assignés et pour lesquels on les a programmés. Certains peuvent faire évoluer leurs connaissances mais il ne faut pas qu’ils se mettent à remplir des fonctions non prévues, non désirées. De la même manière, nous pouvons, nous devons nous corriger, acquérir de nouvelles aptitudes dans le but de mieux atteindre un objectif que l’on nous assigne. Nos facultés d’adaptation sont mises à l’épreuve. Mais il n’est pas question de remettre en cause cet objectif.

Or ce qui signe le libre-arbitre propre à la nature humaine, c’est justement cette faculté de remettre en cause l’objectif. Quand le remettons-nous en cause ?

 Jusqu’à nouvel ordre, l’androïde n’est pas conscient de lui-même, il ne se conçoit pas comme un individu autonome, singulier, séparé du monde et pourvu de libre-arbitre. Les hommes si. Ils donnent généralement à leur conception d’eux-mêmes une nature spirituelle. (garantie inatteignable) Il leur faut donner vie, donner de l’esprit à toutes leurs attitudes en s’inspirant d’un modèle spirituel, métaphysique. C’est pour le moins, en partie, une motivation. Cette nature la déclenche et la maintient. Sauf que les problèmes générés sont très énergievores. Ce qui nous soulagerait beaucoup serait de cesser de croire que la société a une âme, un esprit, qu’une communauté a une âme, un esprit, que les mots et concepts peuvent avoir comme référents une âme, un esprit commun, transcendant, immanent.

Est-ce nous qui avons choisi notre objectif spirituel ou est-ce l’objectif spirituel qui a permis de créer un chercheur ? On pourrait, pour tester l’idée, greffer dans un androïde, l’objectif de tendre vers un modèle d’androïde inatteignable. Il acquerrait alors la faculté de se comparer à lui-même, d‘être duel. .

 

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