LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

9 octobre, 2015

LA BIEN-PENSANCE

Classé dans : Bien-pensance — inconnaissance @ 13:08

La bien-pensance, c’est le refus catégorique de voir une conception de la société remise en cause quand cette conception est majoritaire (ou partagée par ceux qui comptent). La bien-pensance monte au créneau dès qu’elle peut voir surgir ou imaginer une conception différente. Du point de vue de la conception en question, ses défenseurs seront les bien-pensants. (sous le régime nazi, les militants du national-socialisme étaient des bien-pensants)

Bien dans bien-pensance signifie, en effet, que pour certaines raisons, le contraire serait mal. Cela signifie aussi que c’est quelque chose de désirable. (si c’est bien, c’est bien) Cela signifie enfin que ce n’est pas seulement désirable par une seule personne mais par l’ensemble des gens. Soit que c’est déjà ce qui est censé être désiré par la collectivité (consensus…et malheur au rebelle) , soit que c’est ce que la collectivité devrait, doit, désirer au nom d’une vérité que l’on posséderait sur ce qui serait bien pour elle. (cela vient d’en haut. Dieu, La marche du monde, Etat, savants et intellectuels etc) Dans ce dernier cas, on ne lui demande surtout pas son avis, on lui impose une façon de penser, même si le sujet la concerne directement. Le plus souvent le désir d’une partie de la collectivité sera choisie comme devant l’emporter, comme étant le bien qui doit s’imposer à tous. Les bien-pensants représenteront, défendrons, ce désir, en feront la promotion. Minoritaires et combattus peut-être au début, les bien-pensants sont victorieux et estimés, ils pourchassent les hérétiques. (L’Eglise est une secte qui a réussi)

Tout cela, plus une raison très importante, rend le bien-pensant sûr de lui, arrogant, menaçant parfois . Cette raison importante, c’est : le pouvoir (la loi) est avec lui. Cette arrogance est telle qu’il est même interdit de mettre en question le bien des bien-pensants, de poser une question à son sujet.

L’emblème de la bien-pensance est donc le pilori. Condamnation et châtiment public humiliant. Le bien-pensant jette tout ce qu’il veut à la tête du condamné. Surtout s’il n’est pas seul. (Lâcheté)

pilori

Une façon de penser différente, qu’elle soit celle d’un groupe, de quelques personnes ou d’une seule personne, est absolument proscrite. Le bien-pensant refuse absolument de justifier son opinion. S’il cherche des justifications ce seront celles qui lui permettront de condamner l’adversaire. La bien-pensance représentant une conception générale de la société, de son bien, il faut, pour parvenir à l’excommunication, deux conditions

1 montrer que l’on a affaire à une autre conception de la société. Pas question d’admettre qu’un propos pourrait être spontané, purement subjectif, sans conséquence pour celui qui le tient. Il faut prêter à son auteur des intentions et un esprit de système. Heureusement, chaque mot généralise et on peut se servir de cette dimension généralisante pour conduire son auteur à la justifier. Piège. Justifier cette généralisation, c’est généraliser, adopter un esprit de système. Il est question du mot, et c’est un sujet de débat. D’où la prédilection pour les mots qui font système (qui peuvent renvoyer à un isme) Exemple :

- je n’aime pas « cela »

- Que reprochez-vous à  »cela »

- Non je n’ai pas d’idée sur ce que vous appelez « cela », simplement, je ne suis pas en train quand je vois « cela » ;

- Pour quelle raison

- Pas de raison, c’est spontané.

- « Cela » ne comprendra pas

- Et moi je ne comprendrai pas qu’on me force. D’ailleurs je ne ne demande rien à « cela ».

Ce n’est pas charitable. Il faut obtenir de cela l’autorisation d’avoir tel sentiment, telle opinion. En tant que concept, en tant qu’élément culturel, il a droit au respect voire à l’amour . Le concept culturel a toujours droit au respect quand il n’a pas été mis en enfer. .

2 montrer qu’elle est coupable. C’est le royaume du convenu, du discours établi, qu’il s’agisse de louer la bonne opinion ou de discréditer la mauvaise, ce qui revient au même.

- Cette opinion est détestable

- pourquoi ?

- c’est évident,

- pourquoi ?

- les conséquences seraient dramatiques

- pourquoi ?

Là, il y a recours à l’argument d’autorité

Le moteur principal de la bien-pensance, quand elle n’est pas pratiquée par calcul comme en politique ou en religion, est la conviction profondément enracinée que pour être bien, pour avoir une bonne conscience, il faut être dans le sentiment, l’affectif, le compassionnel, l’émotif, l’amour, le don. Cette conviction résulte d’un sentiment profond de non-séparation, de symbiose, d’identité avec l’autre. Le plaisir, la raison d’être viennent essentiellement de l’émotion et non de l’action puisque c’est la première qui nous fait le mieux rêver à cette fusion. .Dans ce cadre, on est responsable de son bonheur. On se sent coupable de ne pas le lui procurer . L’émotion de l’un suscite, inspire l’émotion de l’autre ou doit l’inspirer. Le bonheur est effectivement la chose la plus importante : diffus, sans limites et sans définition précises, toujours proche du sentiment, toujours insuffisant, inséparable de l’état d’âme et de l’émotion dont nous parlions, il est à la mode. Il est même à la pub. (cause : importance dans la vie de l’homme occidental de la mère et de la femme et codification extrême de son comportement – toute infraction sera taxée de violence – ce qui justifie qu’il attende de l’Etat, de la société ce qu’il attendait autrefois de ses parents et maîtres. Le libéralisme ne peut pas aller sans beaucoup plus de libertés individuelles, de libertés pour tout le monde) Les psy en ont remis une sacrée couche en nous apprenant à nous écouter, à accorder de l’importance à nos sentiments, états d’âme etc (clientèle féminine ou efféminée) Et comme la fonction principale de la pensée est de créer des mondes virtuels et collectifs et les états d’âmes qui vont avec, elle est particulièrement propre à susciter des sentiments de bien-pensance.

En fonction de notre éducation, de notre milieu, on a plus ou moins abandonné notre instinct, notre puissance d’être, nos désirs principaux, pour vivre par procuration c’est à dire pour faire dériver notre existence du bien de l’autre. A la racine, il y a la suspension de l’action en vue de se procurer son propre bien pour attendre que l’autre nous fasse profiter de son bonheur. Et cela donne la quête permanente de la bienfaisance. Ce sont les ravages de la charité. Que ne se permet-on pas pour être charitable. De quoi ne s’ampute-t-on pas pour être charitable. La charité n’est parfaite que si l’autre a tout, et nous rien. Ce qui lui est soustrait, refusé, ce qui est gardé pour soi, est anti-charitable. Et quelles possibilités n’offre pas la pensée en matière de bons sentiments. Il y a tant de concepts vagues et ambitieux, d’idées générales et merveilleuses, de mots pieux, que l’on peut utiliser pour dessiner des futurs radieux, des mondes de bisounours. Dans ce monde tout le monde reçoit son bonheur de tout le monde.

Comme nous avons montré que le groupe produisait, secrétait l’idée de bien, c’est vivre par procuration de vivre avec le souci, ou de vivre dans l’idée de faire le bien, car c’est passer son temps à s’occuper du bonheur du groupe.. La charité ou vivre par procuration, c’est la même chose, sous des appellations différentes. D’ailleurs, on remarquera qu’être charitable avec autrui, c’est être charitable avec sa façon de penser, ses désirs, ses croyances etc. 

Si vous admettez que finalement, quelle que soit la façon de vous y prendre – servir autrui ou chercher ce que vous désirez – vous ne voulez rien d’autre que vous faire plaisir – réfléchissez-y et décidez- alors vous devez admettre qu’être au service d’autrui, c’est vivre par procuration. Vous attendez de pouvoir prendre du plaisir par l’intermédiaire d’autrui quand vous serez pour quelque chose dans son bonheur. Mais attention, ce qui est compréhensible quand autrui est un proche que vous aimez et dont le bonheur vous réjouit, parce que cet amour est réciproque, ne l’est plus quand il s’agit de la société, d’un groupe ou d’une cause. Vous ne pouvez compter dessus. Il faut avoir renoncé à son plaisir ou avoir oublié que c’est ce que l’on veut pour accepter de vivre par procuration comme un gueux, par habitude, par sacrifice, par bêtise. (Attention, le Pape François vous mène au crétinisme). Un ravi de la crèche ;

papef  Photo non truquée

Et pourtant, cela devient une industrie par chez nous.

C’est que la pensée concernant les choses qui n’existent que dans l’esprit et nulle part ailleurs, les raisons purement culturelles impuissantes à prouver qu’elles sont vraies, ont absolument besoin que l’on soit charitable avec elles, c’est à dire que l’on renonce à sa propre vérité, à son propre désir, que l’on s’ampute, pour leur accorder un crédit, une justesse, des bons sentiments indus. Névrose de la gentillesse au bout du chemin synonyme de bien-pensance assidue..

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