LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

19 juillet, 2020

LA SOUPE A L’UNION

Classé dans : Bobard — inconnaissance @ 13:59

Qu’est-ce qui nous appartient ici-bas ? Qu’est-ce qui nous appartient que nous avons nommé, quel que soit le domaine – monde matériel, monde des idées, monde des hommes, notre corps, notre intériorité. Pensez à ce que vous voulez, prenez n’importe quel mot, vraiment n’importe lequel, et vous vous apercevrez qu’il désigne du général. Même le mot « moi », même le mot « je » désigne du général. Ces vocables sont utilisés par tout le monde, donc ce qu’ils désignent est commun aussi.

On n’a pas la liberté de faire ce que l’on veut de quelque chose qui appartient à tout le monde. Peut-être qu’on aura l’impression qu’on ne parle que de soi quand on parle de sa santé, de sa colère, de sa main, de sa liberté, de son ambition. En réalité, par la pensée, on ne connait rien d’autre, nos interlocuteurs ne connaissent rien d’autre, que la colère, la santé, la main, la liberté tels que la culture les définit, tels qu’elle leur donne un sens.

Ainsi, ce n’est pas parce qu’on voudrait parler de ce qui nous est propre qu’on peut le faire avec des mots. Il y a un peu plus d’espoir entre les mots. Mais ce n’est pas ce qui fera référence. « je me suis fait tout petit devant une poupée » (Brassens) fait allusion à la petitesse que tout le monde connaît, à la poupée (familièrement une femme) que tout le monde connaît. Il désigne « petitesse » et « poupée » devenues communes. Et pareil pour « je ». C’est le je que tout le monde peut prononcer. S’il en est ainsi, petit et poupée ne lui appartiennent pas, il a des devoirs envers ces mots. Des devoirs envers la collectivité; On peut supposer, momentanément, qu’il s’agit seulement d’un devoir à l’égard de l’usage courant et du bon français.

Le tout petit enfant, qui n’a pas nommé un livre, ne sait pas ce que c’est, il ne se sent aucun devoir envers le livre; il le déchire.

Si rien ne nous appartient de ce que l’on nomme, si cela appartient à la culture ou la société ou la collectivité, seule l’absence de contrôle nous permettra d’en faire usage plus conformément à ce que l’on est, ce que l’on ressent vraiment. Absence de contrôle de la part de gens agissant pour le compte de l’ordre établi, absence de contrôle intérieur.. (oui parce qu’on devient, pour soi-même, son propre tyran)

Cet entre-deux, cette inconscience de « à moi, pas à toi, à moi là, non pas là,) est le royaume du malentendu et des disputes.

Parmi tout ce qui est ainsi nommé par la culture, dans tous les secteurs de notre existence et qui ne nous appartient pas, dont on ne peut disposer à sa guise que hors du monde social, éventuellement, difficilement, probablement rarement, qu’est-ce qui ne fait pas l’objet d’une demande, qu’est-ce qui ne contient pas un devoir ? A propos de quoi peut-on dire avec certitude : pas de compte à rendre, je fais ce que je veux ?

A chaque fois que l’on pense quelque chose, un sentiment du devoir nous envahit subtilement. Et pour cause…..

On a tous hérité, d’abord, d’une certaine vision ou conception du monde qui donne un sens et une valeur à tout. (le résultat d’un fil rouge) Pour le chrétien, le monde est chrétien, pour le moraliste, le monde est moral, pour l’ambitieux, orgueilleux cupide, le monde est financier, pour celui pour qui tout est amour, tout est amour, Ce ne sont pas seulement des qualificatifs en accord avec le système de pensée qui passent dans la pensée et les paroles, toute chose est envisagée ou jugée conformément au système. De même que l’architecte, comprend en architecte un bâtiment, qu’un couturier juge en couturier un vêtement, on juge tout en fonction de sa façon de penser. L’architecture est une discipline qui sert à certains, la psychologie est une discipline qui sert à d’autres, l’idéologie politique est une discipline qui sert à certains, la charité chrétienne est une discipline qui sert à d’autres. A chaque fois, on se met au service de certaines idées générales.

Il y a beaucoup de choses à faire, beaucoup de conditions à remplir pour devenir architecte, il y en a beaucoup pour parler de littérature, de peur, d’espoir, d’amour, de religion, de liberté et de vie. Et il y a beaucoup de devoirs à remplir pour être digne des mots et concepts que notre système de pensée a façonnés; qu’il s’agisse de charité, de compétitivité, de République, d’écologie, d’humanisme etc etc

Fonctionnement de base : on se sépare de la chose par la pensée, la pensée fonctionne à coups de généralités, ces généralités sont l’objet de toutes sortes de façonnages en fonction du système de pensée global, et ce système en est un parmi beaucoup, rien n’en fait une vérité incontestable. (à part la foi)

Dans la pensée donc, toute chose appartient à la collectivité, et les mots et concepts qui sont présents dans la pensée et qui appartiennent à la collectivité ,reflètent notre système de pensée. Le principe initial, de compte à rendre à la collectivité se concrétise sous forme de comptes à rendre à une certaine collectivité à laquelle nous appartenons.

Pas étonnant que le dialogue intérieur ait comme interlocuteurs, comme but, les autres. ;

Si donc notre but, notre aspiration, est d’être reconnu dans ce que l’on dit ou ce qu’on écrit, si cela doit être la vérité de ce qu’on ressent, pense, alors on vit la vie d’une marionnette. Je suis ceci, je suis cela. Ceci et cela étant des objets socioculturels.

Vous remarquerez que les reproches que l’on vous fait quand vous voulez vous affranchir (velléité de nihilisme, de relativisme, de d’asocialité) sont du genre à s’insurger contre le refus de coopérer au maintien, au fonctionnement, à l’amélioration de la société, ce qui est immoral;

Vous avez une intention, c’est une bonne intention. Vous voulez agir, c’est le bien que vous voulez faire. Mais cela consiste à faire le bien de quelle idée ? De quelle vision globale cette idée dépend-elle ? En somme quel parti, quelle idéologie servirez-vous , parce que ce sera forcément un parti-pris ? Si, si, on veut faire le bien ? On veut savoir que l’on fait le bien. Et à qui ?. Effectivement, tout ce qu’il y a dans la pensée est du général culturel. C’est toujours à lui qu’on fera du bien. L’idée de père ou de mère, la morale, les règles de vivre-ensemble, les professions, les catégories diverses et variées, les idées politiques, les valeurs culturelles, les religions etc etc sont des occasions de faire le bien. C’est l’idée générale qu’il y a dans père, morale, sociabilité, profession qui canalise notre bonne volonté.Altruistes jusqu’à la mort !

On veut consacrer sa vie au dictionnaire, à tout ce qui, dans le dictionnaire, a la cote. Vous ne savez pas ce que c’est qu’un homme, vous ne savez pas ce que les hommes font là, sur cette planète. Vous ne le saurez jamais. Alors vous vous mettez au service d’un pouvoir ou d’un ordre établi.

Les impressionnistes, décidés à peindre ce que l’oeil voit, ne se disaient pas : je fais le bien ou je fais le mal en mettant telle teinte, telle couleur sur la toile, de même, un compositeur ne se dit pas : je fais le bien ou le mal en utilisant telle note. Quand on ne fait que constater les phénomènes qui se passent en soi (mentaux, organiques et sensuels) on ne dit pas qu »ils sont bien ou mal. Pour donner un sens à tout cela, il faut faire appel à toute une façon de penser qui dépend d’une vision partiale du monde;

Quand des mots disparaissent, c’est que le bien que l’on était censé faire à ce qu’ils désignaient doit disparaître. Et ceux qui apparaissent (comme « vivre-ensemble » ) expriment le nouveau bien.

 Tant d’idées, tant de généralités qui veulent qu’on leur fasse du bien, qui nous interpellent pour qu’on leur fasse du bien

Eduque-t-on un enfant autrement qu’en se consacrant à l’éducation qu’il faut lui donner ?

On est tout le temps sommé de se mettre au service de la société, d’endosser les habits d’un bienfaiteur envers l’une ou l’autre de ses idées, de ses concepts et de leur sens commun qui gisent au coeur de tout ce qui se présente.. C’est le but de tous ses serviteurs : vous conduire à vous reconnaître dans une idée générale, celle qui sert leur intérêt.

Mais en faisant cela, on ne sert que de l’abstrait. Ce qui est personnel disparaît complètement quand on en est là.  Vous ne ferez jamais que le bien d’un parti, d’une idéologie, d’une doctrine, qui eux-mêmes ne feront pas le bien des individus. C’est ça le bien dont vous êtes si fier ? C’est ça la morale ? Mais vous ne savez pas ce que vous faites. Tout ça parce que vous ne supportez pas que votre existence n’ait pas de sens.

« Et dans le ciel qui n’existe pas, les anges font vite un paradis pour elles, une auréole et deux bouts d’ailes » (Brel)

Les soldats ne donnaient pas leur vie pour leur patrie, ils se sacrifiaient pour l’idée de patrie telle qu’elle était maniée et utilisée, de tous temps, par les hommes au pouvoir qui se souciaient comme d’une guigne de ce que chaque Français avait dans son coeur quand il vivait dans sa patrie. Un homme politique fait référence aux grandes idées à protéger quand il veut être personnellement protégé d’un peuple en fureur.

Mais les hommes dont la seule richesse est leur expérience, leur vécu, leur sensibilité au milieu où ils vivent seront toujours des Indiens (Amérique du Nord) voués à la disparition. Ils ne sont pas de taille. Voilà pourquoi l’histoire est toujours la même. Malheur aux modestes et aux gens tranquilles ! C’est une espèce en voie d’extinction

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...