LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

20 janvier, 2009

SAPEUR CAMEMBER

Classé dans : Concepts — inconnaissance @ 13:41

Le Sapeur Camember creuse un trou pour avoir de la terre en vue de boucher un trou….

Nous utilisons des concepts pour définir des concepts. 

L’intellectuel, tout particulièrement, tient à nous faire oublier qu’il utilise des concepts non définis pour définir un concept, de façon à faire croire qu’il sait de quoi il parle, qu’il dit la vérité sur ce concept.

Nous ne prenons conscience d’une chose qu’à partir du moment où nous l’identifions, où nous pouvons la nommer, où nous la reconnaissons.

Il faut que le concept soit déjà présent en mémoire et que cette mémoire soit réactivée.

Il y a, bien sûr, plusieurs niveaux de reconnaissance. On reconnaît un bruit ou une odeur comme étant un bruit ou une odeur. On peut reconnaître dans ce bruit celui d’une cloche et dans cette odeur celle du lilas. On peut reconnaître dans la cloche, celle de telle église, puis telles harmoniques etc (Et si, moi, je ne connais pas les harmoniques, pas d’harmoniques)

Pensez maintenant à ce qu’il se passerait si vous n’aviez jamais senti de lilas. Pensez à ce qu’il se passerait si, ayant déjà respiré, sans le savoir du lilas, jamais ce parfum n’avait été nommé. Vous ne le distingueriez pas. 

Pensez même à ce qu’il se passerait si jamais une odeur n’avait été nommée : odeur ou parfum ? Il y aurait bien une captation par l’odorat, mais il n’y aurait aucune prise de conscience d’une odeur.

La prise de conscience signifie qu’il y a un connaisseur et un connu séparés. Cette dualité est mentale. Ce n’est pas une expérience brute.

On peut penser que lorsqu’un bébé réagit en entendant une musique qu’on lui a passée pendant qu’il était dans le ventre maternel, ou juste après : il ne sait pas qu’il réagit. Il n’identifie pas consciemment cette musique et ne sera pas capable de se la remémorer à volonté. C’est aussi pourquoi nous n’avons aucun souvenir de nos premiers mois d’existence.

Quand nous parlons de conscience, nous parlons de conscience consciente, de conscience qui se sait, de connaissance avec un connaisseur distinct, nous ne parlons pas de la réceptivité, ou de stimuli que nous ne reconnaissons pas.

Le monde dans lequel nous sommes conscients de vivre est le monde des concepts, de la mémoire. Le monde connu.

 » Ce qui ne ressemble à rien est inconnaissable » (Paul VALERY)

C’est un fonctionnement qui est toujours à l’ordre du jour :

« Sans différences dans l’esprit, pas de différences dans la réalité ; sans élaborations dans l’esprit, pas d’élaborations dans la réalité, car toutes les facettes de la réalité sont des métamorphoses commandées par l’esprit.  » (HOUANG-PO .- Ed; Les deux Océans)

Aussi, quand Alfred KORZYBSKI dit : « la carte n’est pas le territoire » , d’une certaine manière,  il se trompe.

Le mot pain ne permet pas de se nourrir. Le mot eau ne mouille pas etc Certes. Mais chaque instant où l’on est conscient de manger du pain ou d’être mouillé renvoie à une connaissance conceptuelle. Le mot rose ne sent pas mais le parfum de la rose est une mémoire.

Le territoire n’est constitué que de cartes, de nombreuses cartes, sous-cartes, sous-sous-cartes….Le reste nous est inconnu.

«Reconnaissance et nomination ne font qu’un. Quand je vous reconnais en tant qu’homme, et que j’appelle cet objet coussin, j’utilise une dénomination qui existait déjà, le nom est déjà là, que je l’utilise ou non. C’est la raison pour laquelle je dis à ceux qui prétendent que le nom n’est pas la chose, qu’à mon sens le mot est justement la chose ; sinon, que diable est-il ?» (U.G. .- La pensée est votre ennemie .- Ed. Les Deux Océans)

C’est pourquoi on se sert nécessairement des concepts – de nos concepts, de notre mémoire – dans toute démarche de connaissance ou de prise de conscience. On se sert de concepts pour définir les concepts ou la chose désignée par le mot. Et ces concepts servant à la définition sont eux-mêmes définis par d’autres concepts etc à l’infini. Et on se définit  soi-même par  des concepts.

Il apparaît donc que si je ne connais pas un concept, rien dans l’existence ne sera nommé ainsi. Si je ne connais pas un concept, je ne pourrai pas m’en servir, l’incarner ou incarner son contraire. Si je ne connais pas un concept, je ne construirai aucun système de pensée dessus.

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