LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 août, 2020

NOBODY KNOWS

Classé dans : Conditionnement — inconnaissance @ 13:00

Face à la comédie permanente du savoir de la part des adultes, face à leur assurance et leur détermination, face à un monde qui semble bien fonctionner et s’imposer , on se sent en faute de ne pas savoir pourquoi on est là, et qui on est. On se sent bête. Bête et désemparé. Le manque, c’est le destin. On est très désireux de sortir de cette situation. Certains en sortent rapidement en se saisissant des moyens qui leur sont offerts, d’autres n’en sortent jamais tout à fait.

Alors, on se met à exister à travers le regard des autres qui déjà, nous cible et fait passer un message. On se met à exister à travers les paroles des autres qui nous attribuent une identité. On se met à exister à travers les désirs des autres qui nous donnent quelque valeur .Mais ce n’est pas tout, le monde se met à exister grâce au regard, aux désirs et surtout aux paroles des autres. La partie d’un tout, n’importe quoi, une fois nommée et définie pour la première fois, acquiert le sens qui lui a été attribué. Et figurez-vous que ce sens n’est pas innocent, il ne date pas d’hier, et il est au service d’une certaine conception du monde.

C’est dans ce sens général du monde transmis par les autres que nous, en tant que produit du regard, des paroles et des désirs des autres, nous vivons. A chaque instant, tout autour de nous a un sens, un sens immédiat, un sens automatiquement fourni. A chaque instant, on a un sens, un sens immédiat automatiquement fourni. Personne ne peut l’expliquer. Un acte accompli par un adulte donné n’aura jamais le même sens quaccompli par un enfant. Que juge-t-on quand on juge cet acte ? Le produit d’un article du code pénal ou d’une morale ? Quel rapport ? Qui sait le sens que cet acte avait pour l’enfant ?

Mais on nous ont fourni une raison de vivre, une identité, et on n’est pas prêt à y renoncer, pas prêt à admettre que c’est une raison et une identité de pacotille.

Le rapport à la chose grâce aux cinq sens et à leur effet sur soi est remplacé par le rapport au sens. Tous les parents attentifs décèlent la période où leur enfant passe progressivement du monde des sens (vie dans le présent et pour le plaisir) au monde du sens, règne de la pensée construite. (des philosophes s’insurgent contre cette mode du présentisme, en oubliant soigneusement que pour concevoir Auschwitz, il faut de la suite dans les idées)

Tout individu plongé dans une société est l’objet de demandes, d’exigences. Ces dernières peuvent être très nombreuses et changeantes. Tout demandeur – de quelque genre qu’il soit – a besoin d’avoir un interlocuteur qui entendra et prendra en compte la demande en faisant, éventuellement, ce qu’il y a à faire pour la satisfaire Cela peut être quelque chose de bien défini, de bien concret.

La langue et la société s’entendent, se lient pour faire passer aux individus de très mauvais quart d’heure. Les demandes de la société concernent très souvent, non pas des choses concrètes à faire, mais des types de personnalité à incarner. Ce qui signifie que prendre en compte ses demandes, c’est constituer un centre actif qui devra transformer, mettre au pas tout ce qui se passera chez soi, tout ce qui se manifestera dans la conscience. C’est le conflit éternel entre un centre-je obéissant à certaines pensées et la vie intime ou intérieure. Sorte de tyrannie, après que le destinataire des demandes intériorisées ou pas, s’est fait passer pour soi, un soi permanent parce qu’il a monopolisé toute notre énergie, toute notre affection. (amour de la société et narcissisme vont de pair. Narcisse a de la valeur, selon les critères trouvés dans la société)

Et puis il y a la langue. Mettre un mot sur un phénomène – quoi que ce soit – qui se passe en soi, c’est livrer ce phénomène au public. Le mot – et donc le supposé phénomène – pourra se transmettre, se répandre, il pourra évoluer au gré des événements et des contextes, et chacun pourra donner à ce mot – donc au phénomène – le sens qui lui plaît selon ses partis pris, ses intérêts, ses désirs. Cela s’appelle donner ses perles aux pourceaux ou subir toutes sortes d’avanies Or la langue en question véhicule le système de pensée en vigueur dans la société.

Alors non seulement la société tourne au totalitarisme en voulant régenter notre vie intérieure, mais en plus, la langue qui est à son service déforme notre vie privée, intérieure, et la salit en permanence pour mieux nous condamner et nous utiliser.

Et les hommes se livrent à des rites et des processions pour demander pardon. .

On sait ou on devrait savoir avec le temps comment fonctionne la pensée conditionnée, oh pardon la pensée de l’homme éduqué et socialisé à sa façon. C’est toujours pareil. Dès que, rassemblant des éléments épars et judicieux de la réalité on en fait un système, cela tourne mal. Il faudra représenter ce système, en défendre l’orthodoxie, .l’imposer et le faire respecter par tous les moyens. Moins que les civilisations, ce sont les systèmes qui, après avoir fait leurs ravages, meurent. On connaît les fins funestes du nazisme, du fascisme, du communisme, du monarchisme, on assiste au déclin du christianisme, on verra tôt ou tard la ruine de l’islamisme, du libéralisme, du féminisme, de l’humanisme universel etc.

Les lois de la nature et les circonstances (tel homme et telle femme) produisent un être vivant. Il est indifférent à la nature que cet être soit exceptionnel, réussi, raté, médiocre, infirme) Par-là-dessus, une socioculture secrète une personne. Que cette socioculture génère, chez cette personne, de graves problèmes, des troubles persistants, cela ne lui importe pas non plus si elle n’en pâtit pas; C’est à la personne de se corriger pour s’adapter à la société du moment. La société ne fournit pas à un phobique un lieu de vie où sa phobie n’aura pas lieu d’apparaître, elle lui dit de se faire soigner.. Je ne vois pas pourquoi un peureux, un complexé, un naîf, n’auraient pas le droit d’exister en tant que tels. C’est curieux d’être exigeant, directif avec quelqu’un qui n’a pas demandé à exister et à être ce qu’il est.

Ce qui apparaît spontanément dans la conscience est innocent, par définition (aucune intention), et sa nature-même sera différente de celle que la socioculture lui attribuera, car elle est assez vicieuse , malveillante et bornée, les enfants le découvrent, et cela a de quoi les dégoûter. On devient mauvais en prenant pour argent comptant ce qu’elle déclare..

On ne défend pas toute sa vie le destin que la nature nous a attribué, pourquoi défend-on un destin socioculturel ?. On ne prend pas la défense d’une épidémie , pourquoi prend-on la défense d’un sens dans l’apparition duquel on n’a aucune part puisque avec un minimum de lucidité on peut voir qu’à tout moment, dans toutes les circonstances de notre vie, un sens est déjà là que l’on n’a en rien choisi, et qui va déterminer nos décisions et notre comportement. Et si on se ressaisit et que l’on rejette ce sens, c’est un autre sens, déjà là, qu’on n’a pas choisi, qui prendra sa place. A aucun moment on n’est l’auteur du sens des choses.

Ce qui caractérise essentiellement le sens dont on sera le produit, c’est que c’est un jugement (bien-mal donc) mais ce jugement concerne une situation, un cas nouveau Il doit en tenir compte. et en même temps rester fidèle à l’apprentissage, l’éducation, le conditionnement reçus. Donc il aspire à être exaucé .

Le bien et le mal n’existent pas, on ne peut pas les penser. Ce que l’on fait à quelqu’un est bien, s’il trouve que ça lui fait du bien, mal, s’il trouve que ça lui fait du mal. A chacun de dire. Si vous lui faites, au nom d’une idée ou d’une idéologie, quelque chose qu’il refuse, vous faites le mal. Le bien ou le mal défini par une société est idéologique, c’est le bien ou le mal d’une idée, d’un système, c’est le bien au nom duquel on fait le mal. Donc c’est une erreur de vouloir être exaucé.

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