LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

18 octobre, 2015

FACON DE PENSER, FACON DE MARCHER

Classé dans : Conditionnement — inconnaissance @ 14:08

On peut, en écoutant la radio, la télévision, ou les gens parler, discerner l’angle sous lequel ils abordent les choses, le genre de regard qu’ils jettent sur elles. On peut ne pas être d’accord avec eux. Quand on a affaire à un interlocuteur présent, on peut toujours se démarquer, quand on a affaire aux médias, l’impossibilité où nous sommes de répondre, d’interrompre le locuteur, nous habitue à la passivité et notre conscience est ainsi façonnée progressivement à notre insu. On adopte insensiblement leur regard sur le monde, surtout si ce regard a l’air d’être partagé. Quand on accepte les présupposés au sujet de ce qui est important, de ce qui compte pour nous, il est assez vain, ensuite, de vouloir corriger les mots employés. En vérité, on ne va jamais assez en amont de tous les discours ..

A des sottises du genre :  » être citoyen français c’est vivre sur le territoire français, c’est adhérer aux valeurs de la France, à son histoire, à son projet  » (BELKACEM) on peut répondre : encore faut-il définir ces valeurs et ce projet. Mais cela implique que l’on accepte la simple idée de vivre sur le territoire et d’adhérer. On peut répondre que le lieu de vie et l’idée d’adhérer peuvent ne pas suffire, parce que c’est trop facile. Mais cela implique que l’on admette l’idée que c’est une affaire d’action à accomplir (les actions habiter et adhérer) On peut répondre que le faire est insuffisant, que c’est plus ontologique ou génétique » Mais admettre qu’être Français peut se définir, que des conditions peuvent être formulées, c’est admettre que le politique peut le faire. Or de quel droit quelqu’un pourrait-il le faire, tout ministre ou président qu’il fut ? (aujourd’hui, il l’est, demain il ne le sera plus) Même les chefs religieux ne s’amusent pas à légiférer au sujet de la vraie foi. Quand on entend cette phrase de la ministre, à quel niveau se situe-t-on ?

Moins on risque d’être interrompu, et plus on peut faire passer un angle de vue pour une évidence. C’est tout l’art des communicants, des politiques, que d’activer les angles de vue déjà présents et enracinés dans notre esprit, d’activer le conditionnement socioculturel.

« On est bien, hein, Tintin » ou partage d’un regard ou union souhaitée…..On peut être habité, poursuivi par tout ce que nous prêtons aux autres comme pensées, désirs, émotions, nous nous les disons à nous-mêmes, nous déterminons en fonction de cela. (mais certains sont assez savants pour savoir et exploiter ce que nous prêtons aux autres comme pensées, émotions, désirs) On peut même par notre type d’éducation (devinez laquelle) avoir été rendu très très sensible, voire obsédé par ce que les autres éprouvent, désirent, et être sans cesse hanté par des pensées à propos de ce que les autres éprouvent ou désirent. Ou on peut ne pas l’être du tout. (je n’accepte pas votre…c’est votre problème) C’est une évidence de dire que la dépendance ou l’interdépendance, l’emprise sur autrui sont bien plus affectives, sentimentales que rationnelles.

Dans ce blog : http://didier-m.over-blog.com/trop-gentil-pour-%C3%AAtre-heureux-une-n%C3%A9vrose

l’auteur posait les questions : Dans vos relations personnelles, y a-t-il des domaines où vous évitez de fixer les frontières qui s’imposeraient ? Par exemple :

- Tolérez-vous certains comportements inacceptables ?

- Evitez-vous d’affronter une situation qui risquerait de provoquer un conflit ?

- Renoncez-vous à demander ce que vous voulez ?

Il est clair que si on répond oui, c’est parce que l’on fuit le conflit, qu’on ne veut offenser personne, qu’on ne veut pas faire de peine etc (A quel type de personne, dans notre enfance, ne voulions-nous pas faire de peine ?)

Une oeuvre, ou un ouvrage ressemble à son auteur. La vie de celui qui est ainsi sera assez dérisoire.

Quelle joie ! Aujourd’hui il n’est plus seulement question d’être très courtois, gentil avec les autres, dans nos relations, il faut aussi être très mignon, docile dans nos façons de parler des catégories humaines, des idées religieuses, morales. On n’est plus seulement sollicité à travers notre vision du monde conditionnée , on est obligé d’adopter la bonne vision du monde conditionnée et de le faire savoir. Il y a un angle sous lequel on doit aborder les choses, un type de regard que l’on doit porter sur tel événement, telle idée, telle catégorie humaine.

Eh bien non !

On ne peut pas nous obliger à construire le monde des autres en parlant et en donnant aux mots le sens général qui leur plaît. Chacun a un rapport unique avec ce que chaque mot est censé désigner. Et ce rapport personnel, a le droit d’exister.

On ne peut pas nous obliger à épouser le monde des autres en parlant. On ne peut pas nous contraindre à nous falsifier en trahissant notre rapport au monde.

On ne peut pas nous interdire de concevoir un monde qui nous plaît. Car enfin, il faut être cohérent, si les autres se saisissent de nos propos pour leur attribuer une portée générale, pour en faire un projet de construction du monde commun, ils ne peuvent pas nous forcer à construire le monde qu’ils veulent, à admettre que ce monde commun doit être le leur. Si, en citant telle catégorie humaine, nous devons obligatoirement lui donner le sens voulu par nos interlocuteurs sous peine de poursuite, c’est ridicule de notre part de dévoiler nos opinions et de nous soumettre à ce jugement d’un tribunal autoproclamé.

La tendance totalitaire consiste à encourager, développer, instaurer des pensées conditionnées. (via un matraquage continuel et une surveillance continuelle.) puis à les convoquer.

Car malheureusement, chacun d’entre nous est aux prises avec un destin qui n’a rien d’amical et de favorable. Lequel ?

Ce que l’on peut constater, c’est que l’on obéit à une pensée qui préexiste à notre choix, à notre délibération, à notre liberté. On a adopté un angle de vue; Il y a un déjà là qui précède l’examen libre. Pour mettre ce phénomène en évidence, il suffit de vouloir faire quelque chose d’absolument neuf ou de vouloir être absolument différent ou simplement de vouloir être totalement libre de son choix. C’est très difficile. C’est la pensée habituelle, notre nature qui s’impose automatiquement. Et non seulement c’est automatique, immédiat, mais cela se renouvelle sans cesse. Pour les choses pratiques, concrètes, c’est utile, reposant, pour les choses qui nous engagent moralement, socialement, ce n’est pas pareil

Cela peut même nous révolter d’être, à ce point, déterminé d’avance et constamment par notre socioculture, notre éducation, notre histoire, d’être à ce point toujours le même, d’être le jouet d’un conditionnement qui nous fait voir le monde comme il l’a décidé. Comment accepter cela. Comment ne pas comprendre les révoltes, les pétages de plomb de ceux qui sont en conflit avec ce qu’ils sont et qui refusent d’être ce qu’ils sont, après en avoir pris conscience ? C’est une révolte plus qu’honorable. Mais le plus souvent, le problème est tellement ardu que l’on se dévoue pour quelqu’un qui nous promet de nous libérer.

Sans être rousseauiste, on doit bien constater que la socioculture nous salit. Un objet de conscience est un objet de pensée, sans la pensée, on ne se dissocierait pas de l’objet. Les objets de conscience sont ses enfants (éclairage venant de l’arrière, prisme etc ) et ces objets de conscience, d’abord naturels, propres, deviennent louches, problématiques, On perd le contact direct, sans problème, avec soi-même pour adopter le point de vue plus ou moins pernicieux de la culture. Comment peut-on accepter que l’on corrompe ainsi, sans qu’on y soit pour rien, notre existence. La médiatisation via la culture est un empoisonnement.

Par exemple, tout le mal, ici-bas, vient de Dieu, (y-a-t-il un seul objet de conscience, fruit d’une foi en Dieu, qui ne soit pas rongé par le mal ? A-t-il jamais cessé de faire couler le sang et de maltraiter les hommes ? ) Tout le bien vient des hommes quand ils sont délivrés de Dieu, qu’ils agissent en conscience, selon la raison. (« Mais toi, tu n’es pas le bon dieu, toi tu es beaucoup mieux, tu es un homme  » BREL)

Il semble bien que notre arrière-plan de pensée, que le fond de notre conscience procède beaucoup de deux puissances mentales, de deux sources différentes dont l’idée de soi est très dépendante. une source paternelle, et une source maternelle. Ici il s’agit de bien plus que des deux personnes qui nous ont élevés. Père et mère sont des mots courants, des faits sociaux. La culture, un conditionnement séculaire leur ont donné un certain sens même si ce dernier évolue rapidement dans la société actuelle . Le jugement de valeur au nom du Bien, du Beau, du Vrai sera plutôt associé au Père. En fonction de ce jugement, on a une certaine nature abstraite, plus ou moins spirituelle, de caractère moral, éthique. La fonction aimante, aimable, le pouvoir de rendre heureux, seront plutôt associés à la Mère. En fonction de ces critères, on a une autre nature abstraite et plus ou moins spirituelle : nature sentimentale, affective, sociale, avide de plaire.

Très difficile de savoir, en explorant le fond de notre conscience, sous quelle égide nous vivons. Plus simple est de prendre conscience de ce que nous cherchons, de ce qui nous préoccupe le plus. Soit on prête aux autres le désir qu’on leur fasse plaisir, qu’on les aime, forme maternelle (société, institution etc) soit on prête aux autres le désir que nous respections la loi, (désir de l’autorité par exemple), . Il suffit de prendre conscience de ce que l’on veut ou de ce que l’on fait. Correspondre à un modèle ou faire plaisir. C’est l’un ou l’autre. Pour rendre plus sensible tout cela, imaginez que vous fassiez le contraire. La pensée du faire plaisir n’est pas la pensée de se mettre en règle. Soit notre vie , nos relations se passent sous le signe de l’amitié, de l’affection, de l’amour – en cherchant la réciprocité – soit elle consiste à essayer d’incarner un certain type d’homme correspondant à un modèle. Mais à chaque fois, on voit le monde en conformité avec le schéma en vigueur.

Aucune raison de ne pas mépriser une nature abstraite plus ou moins spirituelle qui n’existe que dans notre esprit et nulle part ailleurs, une nature découlant de certains types de jugements et qui se fiche de l’efficacité, des résultats. Les bonimenteurs ne livent jamais la marchandise. C’est même à cela qu’on les reconnaît. (Vraiment, vous y croyez à quelqu’un dont on vous dirait qu’il habite en France et qu’il dit adhérer aux valeurs de la France et à son histoire ? ! tss tss) C’est à dire que lorsque l’on accorde de la valeur à quelqu’un, il s’agit de savoir si c’est une nature abstraite, plus ou moins spirituelle que l’on admire selon notre arrière-plan de pensée. Si c’est le cas, c’est le moi qui mène la danse. En effet, tenir à une image de soi, une idée de soi, une identité, une continuité de soi-même, c’est tenir à une nature de soi, une nature abstraite et plus ou moins spirituelle, puisque la pensée ne peut produire que ce genre d’abstractions quand il s’agit d’esprit, de conscience, de personnalité, d’identité etc c’est à dire d’une chose qui n’existe que dans son propre esprit et nulle part ailleurs, une chose imaginaire. Ce n’est pas avec des chimères pareilles qu’on va se comprendre et comprendre les autres. « Contentez-vous de voir comment vous fonctionnez  » (UG)

Aucune raison de ne pas mépriser ses propres pensées. Leur intérêt est seulement fonction des résultats qu’elles permettent d’obtenir. Peu importe à qui on les doit ou leur provenance.

12

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...