LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

1 septembre, 2012

LA CREATURE DE FRANKENSTEIN

Classé dans : Conscience — inconnaissance @ 13:45

Qu’est-ce qui peut bien briser notre quiétude, notre complétude ? Qu’est-ce qui provoque la défaillance de l’être ? Qu’est-ce qui suscite le manque existentiel ? Qu’est-ce qui fait que l’enfant, autrefois pleinement lui-même, un peu comme ceci :

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se met à douter de tout et de lui-même ? Un peu comme cela :

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Avant, aucun critère social ; après des milliers de critères sociaux, de codes nous poursuivent jusque sous nos draps.

Avant, on est chez soi, on est soi ; après le monde dans lequel on vit n’est pas le sien, sa propre conscience est étrangère.

Avant, on repose en soi ; après on dépend des autres.

Avant pas de doute, pas d’idée de doute ; après, des doutes partout et tout le temps.

Les psy trouvent cette déchéance merveilleuse (vive le désir !), ils l’entretiennent, ils l’aggravent, ça leur fait des «pratiques» . «Echec, pour l’idiot sans manque à être et par conséquent, sans désir » parce que pour eux, tout se ramène à la mère « manque à être l’objet du désir de sa mère » l’enfant n’a jamais été qu’un objet. Comme ça, évidemment ! Sauf que c’est exactement l’inverse : c’est la mère qui veut être l’objet du désir de son enfant. « La naissance du désir est contemporaine du moment où l’enfant naît au langage «  (Jacques SIBONI)

oui, mais peut-être pas pour les raisons qu’il donne. En tout cas :

Cela fait marcher le commerce.

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Pub : regardez comme je suis heureux et bien sous tous rapports grâce à [ceci-cela]

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Cela grossit l’auditoire des leaders de tout genre, et remplit les églises. (voir la citation de SEPARI).

Cela donne tous les fantasmes, la culpabilité. etc

En réalité, on a besoin de l’autre pour savoir que l’on existe, pour savoir qui on est – que = objet de savoir, qui = identité sociale – on n’a pas besoin de l’autre pour exister, pour être.

Comme dit STIRNER : « Je suis avant que de penser » Autrement dit, on ne devrait pas dire « je pense donc je suis », ce qui implique que son existence n’est pas sûre lorsque l’on ne pense pas ; mais « je suis donc je pense » parce que je suis qui je suis, je suis capable de penser.

«Tous les prédicats des objets sont mes affirmations, mes jugements, mes créatures. S’ils veulent se détacher de moi et devenir quelque chose pour eux-mêmes, ou m’en imposer le moins du monde, je n’ai rien de plus urgent que de les faire rentrer dans leur néant, c’est à dire en moi, leur créateur «

Car, justement, il y a défaillance, manque existentiel, non pas parce que l’on a envie de tas de choses (la vie fournit, à coup sûr des envies qui seront, à coup sûr, des plaisirs) non pas parce que l’on convoite quelqu’un d’autre que sa mère, non pas parce que l’on n’est plus l’objet du désir de sa mère, non pas parce que l’on se glisse dans l’identité sociale nécessaire aux convenances (jouer avec cela est un vrai plaisir), mais parce que l’on est (devenu) convaincu que l’on dépend de l’autre pour être, pour exister.

On ne se permettra d’être, on ne retrouvera sa plénitude que lorsque l’autre nous y autorisera, et dans les conditions prévues. En attendant l’Arlésienne, on ne peut exister qu’en tant qu’identité sociale, l’identité sociale étant vue comme le moyen qui nous permettra, peut-être, un jour, si tout se passe bien, si on est gentil, de retrouver l’existence indépendante des autres.

Si on en est là, c’est effectivement un film d’horreur, car « Aucun être ne peut prouver votre existence, car son existence doit d’abord être confirmée par la vôtre.» (NISARGADATTA) Autrement dit, il nous manque l’existence (dont dépend l’existence de l’autre) indispensable pour parvenir à l’existence (octroyée par l’autre).

Les choses ne se passent pas vraiment comme dans l’oeuvre de SHELLEY, la créature devient le maître de son créateur et le réduit en esclavage parce qu’il se passe ceci : avant, la pensée est dans l’individu ; après, l’individu est dans la pensée.

Savoir que l’on existe ou qui existe : le savoir en question suppose toujours un connaisseur et une connaissance. Et avec quoi le connaisseur va-t-il être un connaisseur ? Avec quoi ?

Comprendre d’abord que (je souligne) :

 » Le stimulus et la réaction constituent un seul mouvement unitaire – ils ne peuvent pas être nettement séparés…..nous ne prenons conscience d’un fait que sous l’action de la mémoire et de la connaissance. Autrement l’espace et la conscience séparée qu’il crée ne sont pas présents. Regarder un objet n’est pas possible sans intervention de la connaissance. Pour voir, nous avons besoin de l’espace et la pensée crée l’espace. Ainsi donc l’espace lui-même en tant que dimension n’existe que comme une création de la pensée….La pensée a créé toutes ces divisions, rendant ainsi possible ce que vous appelez l’expérience  »

En bref « si vous dites : c’est lumineux, alors vous n’êtes pas en train de regarder mais vous ne faites que projeter votre connaissance….l’oeil physique ne traduit jamais ce qu’il voit en tant que : soleil vif ou nuit noire» (Uppaluri Gopala KRISHNAMURTI )

«Ce qui ne ressemble à rien est inconnaissable » (Paul VALERY)

La conscience de quelque chose sera donc la conscience de la connaissance à propos de ce quelque chose. Et le connaisseur, séparé de cette connaissance, mais prenant cette connaissance pour argent comptant, pour la réalité elle-même puisque c’est son seul et unique horizon, son horizon indépassable, est conforme à cette connaissance. Le connaisseur est séparé, mais il n’est pas indépendant et différent.

« Il y a une femme qu’un homme appelle son épouse, l’autre l’appelle sa soeur, le troisième l’appelle sa fille. En fait, elle n’est rien qu’un morceau de chair et d’os. Ce que vous déclarez prend forme. Tout est conceptuel et dépend des concepts du sujet. Le monde et les êtres sont des concepts relatifs à un sujet particulier  » (SIDDHARAMESHWAR Maharaj)

Soit X le premier homme, Y le second. Imaginons – c’est un peu scabreux – que l’on arrive à annuler le conditionnement socio-culturel de Y pendant son sommeil, et qu’on le remplace par le conditionnement socio-culturel de X. A son réveil, Y prendra sa sœur pour sa femme, et ….

Le connaisseur n’est pas indépendant et différent de la connaissance. Si on m’a toujours mis en garde contre les serpents, si on m’a communiqué la peur des serpents, la vue d’un serpent – ranimant tout mon conditionnement – provoquera un sentiment de peur chez moi. Je serai cet individu effrayé qui s’enfuit. Si j’ai eu l’occasion d’observer puis d’apprivoiser puis d’aimer les serpents, la vue d’un serpent provoquera un tout autre sentiment, je serai cet individu captivé, de la même façon que ma vie à l’égard de la femme ci-dessus sera celle d’un mari, d’un frère ou d’un père.

Soyons un peu modestes, ne croyons pas que l’on choisit alors que l’on est choisi ou déterminé. Naître en Arabie Saoudite, c’est être musulman, naître au Tibet, c’est être bouddhiste, naître au Mexique c’est être chrétien, naître en Israël, c’est être juif etc la probabilité est extrêmement grande. Si vous êtes pour l’athéisme, le mieux est d’aller vivre en Suède (où, selon St-Paul, il devrait se passer des choses moralement effroyables) Mais les mécréants, les hérétiques et les infidèles sont la grande majorité si on se place du point de vue d’une religion donnée. Ce qui veut dire que c’est la guerre perpétuelle avec le reste du monde si on pense que l’on détient la Vérité et que les autres sont coupables de ne pas y adhérer.

Ma conscience, en tant que juif, chrétien, phobique du serpent etc n’est pas ma conscience. C‘est étranger (pas propre, pas naturel) Mais le sujet du sens ne s’en aperçoit pas.

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