LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

18 octobre, 2017

HARO SUR LE BAUDET !

Classé dans : Culpabilisation — inconnaissance @ 14:10

Zon du mérite, I se donnent du mal, sont pas au bout de leurs peines, tous ces révoltés, protestataires, militants regroupés dans des partis, des syndicats, des associations, des corporations. Le pouvoir se moque d’eux tant qu’ils ne sont pas capables de le mettre en péril ou tant qu’ils ne lui servent pas. Et savez-vous pourquoi ? Savez-vous pourquoi l’arbitraire, l’immunité règnent au niveau du pouvoir ? A cause d’un phénomène que tout le monde peut constater s’il en a envie.

Ce phénomène est le suivant : à partir du moment où on a admis que le général s’impose sur le particulier, qu’il serait scandaleux de ne pas être au service du général, de ne pas lui donner la priorité, automatiquement, celui qui parle au nom du général est au-dessus de chacun de nous, a une valeur supérieure, une nature supérieure. Quiconque parle au nom du général revêt l’habit le plus valeureux ou prestigieux qui soit. Puisque le général est au-dessus de chaque personne particulière, Il suffit de le faire, et on s’élève automatiquement au-dessus de tout le monde. Il suffit d’utiliser tout ce qui passe pour être une référence commune, une idée-valeur commune (comme « détermination sans faille »…parce que la détermination avec failles, c’est comme le jambon inférieur, c’est difficile à trouver). Promotion instantanée D’abord, celui qui fait cela serait de la trempe de ceux qui toisent la foule, ensuite, cette même foule qui fait passer le général avant le particulier et qui est prête à se dévouer pour lui, le reconnaît, l‘intronise dans cette position. C’est magique !

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Mais il faut quand même que ce soit crédible, il faut que celui qui parle ainsi, soit un inconnu dont on fera l’éloge ou ait un minimum de crédit ou d’importance dans la société. Refaire le monde à « nuit debout », c’est gratifiant, mais risible. Critiquer le gouvernement quand on est dans un parti, et proposer une autre politique, permet d’endosser cette posture de supériorité et de susciter la mobilisation de ceux qui veulent y croire, mais il ne suffit pas d’être un leader, de savoir parler, de s’élever au-dessus des foules, de parler au nom du général, de recueillir des applaudissements, pour trouver le chemin du pouvoir. Zon du mal je vous dis, malgré un bon départ.

Zon du mal parce que, évidemment, vouloir être le Calife à la place du Calife, vouloir occuper la place de celui qui prétend être au-dessus de tout le monde, qui prétend représenter le général, c’est justement emprunter le même chemin, adopter les mêmes travers que ceux qu‘ils critiquaient. Zon du mal de ne pas se contredire. Car , l’emploi du général est le moyen incontournable de parvenir au pouvoir en exploitant la croyance des gens en l’existence de l’intérêt général, du bien général, etc Il reste juste à trouver les idées-valeurs communes propres à un temps et une situation, et à penser à utiliser les idées-valeurs particulières aux catégories sociales les plus en vue (on appelle cela aussi, le clientélisme)Mais ça, avec les moyens techniques modernes d’auscultation de la population, on peut les trouver si on est assez bien placé pour les mettre en œuvre.

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement à partir du moment où on accepte l’existence d’un trône situé bien au-dessus de nous et sur lequel se trouvent les mentions : intérêt général, éthique sociale, bien public etc et où on accepte que ce trône soit occupé.

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Zon du mal parce que le pouvoir n’est pas arrivé là par hasard, il a été élu et il a pour dorer son blason le prestige de sa fonction et tous ses attributs, il a les institutions et ce qu’elles représentent, il détient la force., il a le secret d’Etat ou apparenté, il a la reconnaissance internationale et ses signes ostensibles de majesté, Il suffit d’être sur la photo. Impressionnant pour beaucoup car c’est une sorte d’apothéose concentrée du général.

Le général considéré comme tel, ne semble jamais arbitraire. Le général, considéré comme tel, est assez supérieur et englobant pour être « au-dessus de tout soupçon » Comment ? Vous osez me suspecter, moi qui représente l’intérêt national, son caractère sacré et qui prend les mesures qu’il exige ? !

Vous n’aurez donc jamais, dans les discours politiques, particulièrement en temps de campagne, que des défilés de généralités à la mode. Pas question de s’engager ou d’avouer ses fautes personnelles. C’est un moment privilégié pour l’abêtissement d’un peuple. Il s’enfonce dans la crédulité et la bêtise. .

Mais nous parlons là des couches supérieures de l’atmosphère, pas de l’air que nous respirons tous les jours. Plus bas, au-dessus de notre troposphère, on a d’abord la stratosphère. Pour ne prendre que quelques grands titres de France-Culture un jour comme un autre :

Le droit, péchés capitaux, le mal, l’indifférence et la résignation, harcèlement sexuel, tisseur d’histoires, réfugiés (avant, c’étaient des migrants, bientôt ce seront des déportés) , mythe de la virilité, libérer les individus

Tout cela, n’est-ce pas, ce sont des notions générales, tout cela, ce sont des valeurs générales, tout cela implique notre adhésion (ou notre rejet symétriquement) , tout cela fera que l’on taira nos revendications ou critiques individuelles, tout cela entraîne notre soumission. (Vous n’avez qu’à être attentif à ce qui se passe en vous quand vous lisez ces mots) L’altruisme (idée-valeur primordiale, priorité des priorités), c’est la priorité donnée au plaisir des autres, aux besoins des autres, au bien-être des autres, aux problèmes des autres , c’est la priorité donnée au général. Puisque c’est la valeur primordiale, il suffit de la représenter. 

C’est obligatoire, toutes ces idées, toutes ces références ne font pas de détails. Elles rassemblent dans l’anonymat et la standardisation. Et voilà. C’est simple ! Il n’y a plus qu’à trouver un porte-parole présentable. Et le tour est joué. On a un populo médusé. Car le populo médusé est aussi fasciné par ces généralités qu’autrefois au Moyen-âge, il l’était par les figurines, statues et vitraux des églises. Dans le troupeau, il n’y a pas d’individus égoïstes, il ne connaît pas la distance, l’indépendance, l’esprit critique, le scepticisme, la conscience de soi, la lucidité. Il est accroc au bien. 

Et on a des propos qui partent d’une conclusion ou d’un jugement de valeur pour les illustrer ou les confirmer par tous les moyens, sans peur du parti-pris total. Le populo aime. Donc, jugement d’autorité. Si on ne le remet pas en cause, c’est mort.

La soumission n’est pas un vain mot. On a vu que ces idées-valeurs générales, ces références communes, adoptées,, exigent que l’on soit tels qu’elles le stipulent. Vous devez vous arranger pour ne pas contrarier, à travers vos comportements et vos paroles, le sens commun ou officiel exprimé ou supposé par : droit, péchés capitaux, résignation et indifférence, mal, harcèlement sexuel, tisseur d’histoires, réfugiés, mythe de la virilité, libération. Vous ne pouvez pas dire : cela ne me plaît pas, je suis différent, et j’assume. Vous ne dites pas : qui êtes-vous pour vouloir m’imposer vos dadas ? Vous ne dites pas : je pense différemment et je n’ai pas de justifications à vous donner. Pas de justification ? Vous voulez dire que vous n’invoquerez pas des raisons générales ? Mais comment osez-vous mépriser l’intérêt général ? Comment pouvez-vous ne pas être sensible à tout cela, ne pas vous intéresser à tout cela et ne pas vous interroger ? Affreux égoïste !

Quand on veut donner encore plus d’importance et de sérieux à toutes ces références, on raconte leur histoire, on parle de leur étymologie, de leur origine, on en fait une étude sociologique ou politique, Mais le goujat du dessus vient dire : je ne me sens aucun devoir à l’égard de l’étymologie, de l’histoire etc Plastronnez entre érudits. Les jugements en fonction de soi, de ses ressentis ne sont pas moins honorables que les jugements d’autorité qui circulent dans la société. Bien au contraire.

On a bien du général et un jugement d’autorité au départ. Si on ne les démasque pas, on est cloué sur place.

A ras des pâquerettes, il y a la troposphère. Ce qu’il s’y passe est la conséquence de ce qui se passe dans les couches supérieures où la technique citée est utilisée en connaissance de cause, quelque fois très savamment. (il y a des spécialistes pour cela) Leurs utilisateurs se situent dans la lignée des grands leaders politiques et religieux qui ont causé tant de drames, qui ont fait tant de mal. C’est toujours le même schéma, toujours les mêmes tragiques conséquences, toujours le même aveuglement et la même crédulité des foules. Et cela fonctionne toujours aussi bien. Savez-vous quel est le point commun de tous ces bonimenteurs, de tous ceux qui se font les porte-parole du général ? Leur objectif n’est pas de régler tel et tel problème pratique, leur objectif, c’est vous ! (ou au minimum votre portefeuille) . C’est votre personne qu’ils ont dans leur collimateur .. Mais n’espérez pas qu’ils vous demandent votre avis et qu’ils en tiennent compte. Ils sont là pour vous endoctriner et vous manipuler, c’est tout. Après, cela donnera de nouveaux problèmes concrets qui feront jaser.

Au ras des pâquerettes, les gens ne savent pas qu’au-dessus il ne s’agit que d’une posture. Ils béent d’admiration devant tant d’assurance et de science. . C’est que ce général est l’expression de ce qui devrait être, d’un monde parfait où tous les problèmes sont résolus . Ah ah ah si les valeurs républicaines, si les droits de l’homme, si la libération étaient là, si le harcèlement sexuel, l’indifférence et la résignation, le mythe de la virilité n’existaient pas etc etc Les beaux parleurs ont l’air de bien connaître et de s’être rapprochés de ce paradis vers lequel pointent toutes les idées-valeurs. .Au ras des pâquerettes, on utilise des généralités, mais c’est involontairement et la posture n’est pas crédible. Mais à cela s’ajoute la croyance au libre-arbitre qui joue un rôle très important. Au ras des pâquerettes, les gens voudraient ressembler à Dieu, voudraient quasiment être Dieu. Dieu qui est au paradis. Si si.

Qu’est-ce qui donne tout son sens, toute sa force au libre-arbitre ? Ce n’est pas d’avoir à choisir entre 1 et 2, entre 2 lois physiques, entre 2 lignes parallèles, entre la cathode et l’anode, c’est le fait d’avoir à choisir entre deux options sans savoir laquelle est le meilleur chemin vers le paradis. Au ras des pâquerettes, croyant au libre-arbitre, on se sent toujours coupable de ne pas avoir fait le bon choix. Au ras des pâquerettes, le libre-arbitre est un instrument de toute puissance. Il suppose d’abord que l’on soit le maître de soi-même c’est à dire que la décision prise soit libre et soit appliquée par soi-même immanquablement. Il suppose que le choix conduise aux effets escomptés c’est à dire qu’il table sur un déterminisme sans faille. Il suppose aussi que le paradis est accessible pour que ce qui inspire nos choix ait un sens. Une fois encore, la bonne intention fait oublier le caractère ridicule de ce déterminisme. Le paradis, c’est commander à la planète et lui ordonner de correspondre au modèle parfait. C’est commander à la nature et lui ordonner de correspondre au modèle parfait. C’est commander à l’espèce humaine et lui ordonner de correspondre au modèle parfait. C’est commander aux événements et leur ordonner de correspondre au modèle parfait. C’est commander à l’histoire universelle et lui ordonner de correspondre au modèle parfait. Il faut bien que ce monde parfait soit possible. L’association : bien général et libre arbitre conduit immanquablement à se comparer à tout ce que nous aurions dû pouvoir faire pour que le monde soit parfait. Il faut tout sauver, de la planète au petit Africain du coin.

Et voilà, tout ce qui constitue votre vie doit être au service de cet objectif : votre portefeuille, votre mode de vie, votre comportement, etc qu’est-ce que ça pèse comparé à ces idées-valeurs. Et comme la vie met toujours en échec le libre-arbitre et son intention profonde, c’est la culpabilité assurée.

Au ras des pâquerettes, les gens qui béent d’admiration devant leurs leaders sont priés d’endosser la responsabilité des catastrophes que ces leaders ont provoquées et de les réparer.

Saloperies d’individus, salauds de braves gens, il ne faut pas qu’ils puissent dormir la conscience un peu tranquille dans leur coin. Il serait honteux qu’ils puissent travailler dans leur propre intérêt et puissent profiter de leur capacité à être heureux. On va leur pourrir la vie, on ne va pas les lâcher, on va les culpabiliser au maximum et les taxer à gogo en passant. On va multiplier les codes et les idées-valeurs locaux, on va les complexifier, on va étendre cela à la planète entière pour multiplier à l’infini les occasions de faire appel à leur responsabilité et les idées-valeurs ou les causes. On va faire monter tout ça en neige. Il faut qu’ils fassent dans leur froc.  Tous les bonimenteurs, les intellos, les spirituels à la manque, les militants de toutes sortes , tout ce que les médias comptent de vedettes à la noix ou pas vont s’y mettre .Ils vont même plus ou moins se grimper les uns sur les autres pour être le plus en vue. C’est facile, la recette réussit toujours.

 

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