LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

28 juin, 2016

ESPRIT-PRÊTRE

Classé dans : Culte — inconnaissance @ 12:35

Prêtre au sens général : « Personne qui voue à quelque chose ou à quelqu’un un culte quasi-religieux, qui y consacre l’essentiel de son activité et qui veut le répandre ou le glorifier (ex prêtre de l’amour ou de la nature) «  (TLF) Culte ? Qu’est-ce que la nature ou l’amour dans ces conditions ?

Le religieux et le croyant croient qu’il existe un Dieu, Esprit suprême, au-dessus de tout, au-dessus des hommes.

L’esprit-prêtre (spirituel, athée, agnostique, sceptique ou pas) croit qu’il existe des choses de nature spirituelle, indépendantes des corps, des choses ayant leur existence propre, auxquelles il rend un culte et qu’il veut servir, répandre et glorifier. (KANT parle d’une imagination transcendantale qui précède l’empirique ou l’expérience)

Décrivons cela plus concrètement. .

Le religieux, le croyant et l’esprit prêtre ont comme priorité de chercher, de favoriser, de construire, de servir une certaine communauté d’esprit de nature morale ou spirituelle. Il existerait donc, il pourrait exister cette nature d’esprit indépendante des uns et des autres. indépendante des corps, qui transcende ces derniers . Comme si elle n’avait pas besoin des corps pour exister. Ce n’est pas seulement que chacun de nous puisse produire, concevoir des abstractions de toutes sortes – ce qui est légitime et utile comme dans les mathématiques – , c’est surtout que ces abstractions auraient une existence propre, indépendante. Et c’est à elles que le religieux, le croyant et l’esprit prêtre font allusion. .Ce sont elles qui les motivent, ce sont elles qui les dirigent, ce sont elles qui servent de modèles, . Les mots sont en effet censés avoir des référents, les mots métaphysiques, spirituels, moraux ont des référents de même nature, humainement parlant. Les adjectifs sont devenus des entités. Ce qui fonctionnait comme un code social est devenu un dieu.

Car ces entités, ces qualités morales ou spirituelles ne renvoient pas à des comportements convenus et bien définis comme la politesse, on ne s’en fait pas une représentation claire. Paix, égalité, fraternité, amour, liberté, citoyenneté, ne sont pas de simples instruments de communication,. Il faut que ce soit général et il faut que ce soit de l’être.Et de même que l’on accepte de considérer que l’image, la représentation, la croyance, la conception de Dieu (Allah ou autre) ont évolué avec le temps mais que Dieu, Lui, n’a pas changé, on considère que nos conceptions de la paix, de l’égalité, de l’amour etc ont changé avec le temps mais que ces choses, elles-mêmes, sont immuables. Comme si tout cela n’était pas simplement et uniquement des créations humaines, comme s’il existait, d’un côté, notre représentation ou conception de l’amour et de l’autre côté, l’amour lui-même.

Pourtant, ces mots renverront toujours à des images subjectives ou fantasmatiques que l’on dit spirituelles.

Quand ces images ne sont plus simplement nos créations mais des esprits indépendants , on ne peut qu’être leur apôtre.

Ce sont les esprits dont nous parlons (ceux auxquels croient le religieux, le croyant, l’esprit-prêtre, le non-croyant, l’homme moral etc), les esprits auxquels on accorde une véritable existence et transcendance.

On peut avoir été élevé dans cette disposition profonde et générale qui consiste à prendre des images fantasmatiques ou subjectives de choses abstraites pour des esprits objets d’une foi commune. (L’esprit de la nature, l’esprit d’amour, l’esprit de liberté, l’esprit de justice etc) , avoir été habitué à croire en leur existence, à les rechercher, à oeuvrer en leur faveur, à les projeter, à s’y référer. Vous savez, cet espoir que l’on a d’une certaine union spirituelle, sur la base de valeurs que l’on croit communes, cette aspiration, cette sensibilité particulière à tout ce qui serait purement spirituel, ce souci constant de convoquer la présence de cet esprit. Dans ces conditions, notre conscience n’est-elle pas imprégnée par cet esprit commun, ne la colore et ne l’inspire -t-il pas en permanence ? Nous y croyons. Car si nous ne croyions pas en son existence , comment pourrions-nous espérer nous réunir autour de lui ou en lui ? .

Qu’est-on, au juste, quand on est l’autre, c’est à dire quand cet esprit devrait nous unir  ?

Être l’autre, c’est être l’esprit de l’autre. Il suffit d’attribuer à l’autre le même esprit qu’à nous Cet autre n’a pas besoin d’être une personne en chair et en os. Surtout pas. Il faut être esprit. Tout esprit embrasse, pense, veut, a une vision du bien . C’est ainsi que notre esprit fonctionne. Quelques exemples sous forme de dialogues inventés pour mettre en lumière ce refus d’être l’autre dans ces conditions.

- Si chacun est rétribué en fonction de son talent ou de sa productivité, quid de la fraternité

- Personne ne vous interdira d’être fraternel.

- L’Etat est au service de l’intérêt général

- Qui prétend connaître cet intérêt général ? Quel critère pour établir une hiérarchie dans les intérêts et demandes particuliers

- Le jour de notre mariage, tu m’as juré fidélité

- A aucun moment de mon existence je n’ai pensé être la fidélité ; ce n’était qu’un rituel obligé.

- Ne voulez-vous pas travailler à rendre le monde plus libre ou plus heureux

- J’en fais partie et je suis le premier intéressé à cette entreprise

- Autrui a droit à votre respect

- Je ne m’interdis aucun sentiment à l’égard d’autrui.

- Voter est un devoir citoyen

- Ah, est-ce que les politiques, dans l’exercice de leurs fonctions, ne s’abstiennent pas souvent .

- La République…blabla bla les valeurs blablabla l’égalité blabla bla responsabilité blablabla

- Je ne suis pas vous quand vous êtes la République, les valeurs, l’égalité la responsabilité.

On sait comment cela se passe quand on a le sentiment de nous mettre à la place de quelqu’un d’autre, de prendre en charge ses désirs et ses intérêts, de ressentir ce qu’il ressent, de partager ses émotions, son état d’âme, d’être à son service. C‘est prendre l’autre comme référent pour savoir si son désir a bien été satisfait. C’est lui qui nous juge (alors que lorsque c’est son propre désir que l’on veut satisfaire, c’est soi-même qui juge.) Si l’autre est le référent, il est toujours en mesure d’ajouter des conditions à la satisfaction de son désir. La conclusion, c’est que l’on sera souvent coupable devant l’autre. Alors que si c’est son propre désir que l’on sert, on peut être déçu, mécontent, mais pas coupable. 

Est-on sûr que dans l’opération, on n’est pas en train d’épouser l’esprit d’amour, l’esprit de générosité ou de désintéressement, l’esprit de pardon, l’esprit d’endurance, une sorte d’essence etc Ce genre d’esprit sert aussi de référent, sert aussi de juge, représente de nouvelles conditions à satisfaire, change avec le temps, nous est indispensable pour vivre et permettrait une sorte de communion..

On sera donc heureux ou malheureux en fonction du succès de notre attente ou recherche. Le désir est l’essence de l’homme, on se pense en mouvement, on se projette. Je veux être ceci, je veux être cela. « Il n’y a pas de « vous » indépendant de votre recherche. C’est précisément le but qui a créé le « vous » « … « Vouloir être heureux est la cause de votre misère ; Ce que vous voyez ici est à l’opposé de votre but, votre désir d’être heureux, votre idée du bonheur « (UG) Mais qu’est-ce que c’est que ce bonheur qui nous rend malheureux ? Réponse «  je n’ai aucun moyen de me voir sinon par la connaissance acquise par la culture «  (UG) Quelle connaissance, de quelle sorte ? La connaissance est nulle parce que les objets de connaissance n’existent pas.

Tous ces objets de culte et de croyance des esprits-prêtres – ces créations de l’imagination – ne peuvent donner lieu à des lois. Ils ne prennent leur dimension transcendantale, ils n’acquièrent leur pouvoir que dans le cadre d’une forme de religion.

Dans ces conditions, comment peut-on laisser la société ou la culture poser leurs mains sales sur ce qui nous appartient en propre ? (intériorité)

C’est parce que le groupe ou la société sont des centres d’intérêts essentiels, des enjeux importants, des obsessions, des questions existentielles, que ces esprits acquièrent une telle importance.

Si vous considérez que la culture ou la société vous servent de guide, de référence, de modèle, - probablement parce que pour vous ce sont des esprits – alors vous devriez, en toute logique, être complètement d’accord avec ceux que cette société ou cette culture placent en haut de l’échelle, ceux qui sont nos élites. Et on constate que ce sont à peu près les pires d’entre nous, : politiques, financiers etc Ce sont eux qu’elles placent au sommet et qui régissent le monde, ce sont eux qu’elles estiment le plus. Certains dont le travail, le talent, les capacités sont incontestables, et les productions précieuses ne sont-ils pas en droit de penser que ces élites-là n’ont aucune légitimité pour imposer leur échelle de valeur, voire qu’elles font un usage dégradant de ces productions, qu’elles dilapident honteusement les richesses qui en découlent. Pourquoi, un peu comme Platon le réclamait, ne place-t-on pas au sommet ceux qui réussissent le mieux dans la réalisation de nos valeurs cardinales ? Peut-être parce qu’elles sont irréalistes. Non ? Est-ce que ces élites se caractérisent par le fait que plus que d’autres, ils se mettent à la place de l’autre, ils servent les autres, ils sont au service des autres  ? non, ils servent leur ambition personnelle. (seulement ils savent faire des discours) Et c’est au nom de notre croyance en des choses aussi chimériques que l’esprit de fraternité ou d’égalité ou de justice que nous voudrions lutter contre ces élites alors que ce sont précisément ces élites qui promeuvent et manipulent ces chimères.

Sale mentalité. Un groupe constitué est, par excellence, une forme plus visible et représentative d’un esprit commun quelconque. Il se constitue autour de critères qui prennent aussitôt une valeur morale ou métaphysique. Et on fait l’erreur d’attribuer des droits particuliers à un groupe en tant que tel. Ce qui signifie qu’aux droits individuels des membres du groupe s’ajoutent les droits du groupe. (privilèges) J’ai les mêmes diplômes et les mêmes compétences que vous, mais en tant que membre du groupe (discrimination positive par exemple ou politique des quotas) j’ai la priorité sur vous.

Qui ne voit, qui ne comprend qu’on en est arrivé là parce que les exigences et la pression de la société et l’enjeu qu’elle représente n’ont cessé de croître. On est parti de règles destinées à la coexistence pacifique pour aboutir à ce gigantesque psychodrame qui ne cesse d‘enfler. Ne vous mettez pas en frais pour elle puisque l’on va maintenant vers sa désintégration avec la mondialisation sans savoir ni prévoir comment et par quoi on va la remplacer Pour ne prendre que l’exemple de l’inflation des lois. Chacun sait ce que signifie l’inflation en matière monétaire : il faut de plus en plus de billets pour achetet un article donné parce que l’argent se dévalue. Il en est de même avec les lois (et l’UE en rajoute des couches) dont la valeur diminue. Ce qui n’empêche pas qu’elles peuvent nous gâcher la vie.

 

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