LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

17 mars, 2018

VIVE LA PEUR !

Classé dans : Culte — inconnaissance @ 12:23

La peur ici, c’est le stress, l’appréhension, la crainte, l’inquiétude, le trac, l’angoisse, l’impuissance, la déroute.

Auparavant, le danger était à l’extérieur, maintenant il est à l’intérieur. Auparavant, le danger était connu, maintenant, il est inconnu. Auparavant, on craignait pour sa vie, maintenant, on craint pour son être. Auparavant, l’ennemi était étranger à soi, maintenant, c’est soi-même.

La question est : dans quelle mesure, à quelle fréquence redoute-t-on ce qui vient de soi, ce qui sort de soi dans notre vie quotidienne  ? Ou, ce qui revient au même, dans quelle mesure se contrôle-t-on, se réprime-t-on, se surveille-t-on, se combat-on, se châtie-t-on, se crispe-t-on ? Dans quelle mesure ne sommes-nous pas les modernes descendants des flagellants du Moyen-Âge ?

flag

Eux se fouettaient le dos pour se punir ou se purifier, nous fouettons peut-être notre être pour le purifier aussi. Au Moyen-Âge comme aujourd’hui, il y a la peur. La peur que toutes nos tentatives pour nous maîtriser échouent, la peur de voir triompher ce que l’on voulait cacher, supprimer. Au Moyen-Âge comme aujourd’hui, la peur était à peu près permanente. Au Moyen-Âge comme aujourd’hui, on ne discutait pas les raisons pour lesquelles on devait avoir peur. La peur était et est toujours normale, nécessaire, justifiée. Vive la peur !

Mais comment pourrait-on ne pas avoir peur quand on a fait de toutes les demandes, exigences, normes, règles, codes, désirs, de la société, depuis que nous sommes sur terre, des impératifs auxquels il faut nécessairement se soumettre parce que ce serait la vérité et qu’on a entériné le fait que c’est la vérité. ? Tout manquement est inacceptable. C’est soit la honte, soit le sentiment de culpabilité, soit l’angoisse, soit le remord 

Pour se débarrasser de cette peur de soi-même, déjà, il y a une chose qui rend service.  C’est de se rendre compte que nous ne pensons pas nos pensées, que nous ne sommes pas les auteurs de nos sentiments, de nos émotions et de nos désirs. Si nous n’en sommes pas l’auteur, il ne faut pas s’en prendre à nous. Si on s’en prend à nous, c’est sous le double chef d’accusation de ne pas avoir eu la volonté suffisante de nous maîtriser et d’avoir eu ces désirs, ces pensées, ces émotions. Si on s’en prend à nous et que le reproche porte, c’est parce que l’on n’a pas admis véritablement que nous ne sommes pour rien dans ce qui surgit et parce que nous nous sommes identifiés à notre volonté. Or la volonté, c’est d’abord une directive fournie par nos pensées. (pas de pensée, pas de volonté) L’énergie que nous fournissons vient après. Et puisque ces pensées, ce n’est pas nous qui les pensons, cette directive, n’est pas notre affaire non plus. L’affaire de qui alors ?

Bon, alors nos réactions d’êtres sensibles dans le monde sont naturelles. Le monde étant ce qu’il est à chaque instant, et puisque nous sommes ce que nous sommes (et qu’on ne peut pas se changer instantanément) , c’est comme cela.

Cela veut dire aussi, et surtout, que nous ne sommes pour rien dans l’impression que nous donne autrui, dans l’idée que nous nous faisons d’autrui. Cela aussi est indépendant de notre vouloir. Cela fait aussi partie des pensées que nous ne pensons pas, des sentiments ou désirs dont nous ne sommes pas l’auteur.

Qu’est-ce qui peut bien nous empêcher d’acter le fait que tout cela est naturel, spontané, innocent  ? D’abord l’idée que ce que nous pensons, éprouvons, désirons, a un sens caché, un sens plus vaste, un sens important qu’il faut comprendre, parce que cela nous permettra peut-être de résoudre notre problème. Joli projet, mais il concerne quelque chose qui est déjà passé, et rien ne nous garantit que le sens caché que nous trouverons se révélera utile pour l’avenir. Cela va même charger notre barque de pensées supplémentaires .Et c’est sans fin.

Or, nous ne renonçons pas à découvrir un sens qui mettrait tout ce que nous pensons, éprouvons, désirons en perspective, parce que ce sens n’est pas ordinaire. Oh non !

Depuis qu’on a pris de la distance par rapport au christianisme en Occident, on ne sait plus très bien où on en est sinon que les croyants fervents de même que les purs athées matérialistes sont très rares.  Comme le rappelle UG, on ne quitte une illusion que pour la remplacer par une autre, probablement plus adaptée à l’époque.  Ainsi, on trouverait certainement, si on faisait une enquête qualitative approfondie et vaste, que toutes sortes de croyances, de restes de christianisme, d’arguments rationalistes, de superstitions, d’espoirs irrationnels, de rêves plus ou moins pieux se mêlent dans notre esprit. Un fond de croyance en Dieu ou dans un au-delà imprègne notre façon de penser, de vivre, et inspire notre rapport aux autres et au monde.

On n’a pas été conséquent avec notre remise en cause de Dieu, assez honnête pour se demander si on a bien éliminé l’idée qu’on aurait une origine divine, quelque chose de surnaturel comme l’âme qui nous porte à jeter un regard condescendant sur tout ce qui est matériel, charnel, terrestre. On ne s’est pas demandé si on ne croyait pas encore que notre destin quelque peu divin ne nous donnait pas des facultés spéciales au point de pouvoir communiquer par l’esprit. On ne s’est pas demandé non plus si un restant de croyance en une origine divine commune et en un destin commun ne nous faisait pas tout bonnement penser qu’on est en charge de tous les individus qui existent sur terre. On n’a pas cherché non plus à savoir si cette quête incessante de ce qui est commun, d’esprits immanents, n’était pas la conséquence directe de cette croyance. Donc on ne sait pas trop quelles formes de communautés on espère trouver, détecter, rencontrer, percevoir. C’est quoi, du spirituel, du sentimental, du fraternel, de la mémoire, du divin, du vide fécond, de l’amour, de la pensée supérieure, un lien universel ?

Comme on ne sait pas où on en est, on ne sait pas dans quelle mesure il n’y a pas du sacré, du divin, du surnaturel, de l’esprit transcendant dans la conception, l’idée, l’image que l’on a de soi et que l’on se fait d’autrui, auquel cas nous n’aurons pas du tout les mêmes rapports avec lui que si on le voyait comme un pur assemblage de cellules obéissant à des lois purement organiques. Cet individu-là, que vous avez en face de vous, quelle précautions allez-vous prendre pour vous adresser à lui, quel sera votre contact, votre attitude avec lui, quel genre de place lui accorderez-vous ? . Tout dépend de vos croyances profondes. Posez-vous la question : quel genre de lien, de points communs pensez-vous avoir avec lui. La réponse pourrait être révélatrice de l’état de vos croyances parce que jusqu’à nouvel ordre, deux corps ne se mélangent pas, même quand ils se touchent. Alors ce qui se mélangerait…..?.

Comme on n’a pas fait ce travail et que l’on continue à répéter les mêmes phrases convenues , à adopter les mêmes points de vue commodes, on ne cherche pas à répondre, par exemple, à la question : pourquoi les droits de l’homme ? Qu’est-ce qui, dans la nature de l’homme , ferait qu’il a des droits, et des droits sur ceux qui ont la même nature  et donc les mêmes droits ? Et pourquoi ceux qui ne respectent pas les prétendus droits de l’homme n’ont-ils pas le droit d’avoir des conceptions différentes de l’homme ? (c’est, à peu près, ce que pensent les Chinois)

Qu’est-ce qui doit donc être respecté et pourquoi ? On ne peut pas sauter sur sa chaise et répondre jusqu’à la fin des temps : la morale, la morale, comme si cela expliquait quoi que ce soit.

Et pourquoi des droits économiques ? Qu’est-ce qui peut bien justifier que nous soyons obligés de travailler pour subvenir aux besoins de ceux à qui il est venu à l’idée de venir en France pour profiter des avantages sociaux qu’on y trouve ou pour aider des gens de pays étrangers que des calamités diverses indépendantes de notre volonté ont jetés dans la détresse . Pourquoi n’avons-nous pas les droits économiques de ne pas être réduits, dans une certaine mesure, à l’esclavage ? La morale encore ? Pourquoi la morale serait-elle le fin mot, l’argument suprême. Qu’est-ce qui justifie cela sinon des croyances du genre de celles que nous avons relevées un peu plus haut ?

Et si ce ne sont pas des croyances, qu’est-ce que c’est ? Mais ce sont des croyances. Au nom de ces esprits immanents et transcendants, les dévots, habités, possédés,  souffrent ou tombent au service de leur chère foi, de leur parti, de leur leader, de l’idée d’humanité, de l’idée d’égalité (utile à l’obéissance) de l’idée de justice, de l’école, de la Vie, de la société etc . Ces causes sont contentes. Tous ces sacrifices les rendent florissantes Les dévots ou apôtres feront l’objet de quelque article élogieux pour transmettre la flamme.

La preuve de notre cécité par rapport au christianisme est cette idée stupide qui circule admise par beaucoup d’intellectuels que les Evangiles et le message chrétien, ne se mêlent pas de politique. Comme si avoir du pouvoir sur la façon de penser et d’agir des gens n’était pas politique. Comme si le message chrétien ne privilégiait pas certaines valeurs, et ne condamnait pas certains comportements ce qui revient à dessiner un certain type de société, donc à favoriser certains partis, et donc à faire de la politique. Comme si le pouvoir de l’Eglise sur les gens ne forçait pas l’Etat à la traiter comme un partenaire politique incontournable. Comme si même le fait d’être apolitique ne revenait pas à adopter une posture politique.  C’est faire de la politique sans le dire comme beaucoup de journalistes. Quand on ne brigue pas un mandat, c’est malin et efficace.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’islam fait aujourd’hui ce que le christianisme faisait autrefois. Le christianisme était par nature hégémonique puisque la foi des fidèles, leur certitude d’être dans la Vérité les portaient à une politique expansionniste, colonisatrice. Depuis qu’il a remisé ses prétentions, le christianisme comme religion s’affaiblit, il est en récession semble-t-il, sauf que les valeurs évangéliques et une certaine vision du monde et de la vie sont passées dans les mœurs en se laïcisant. Dans un sens et jusqu’à un certain point, elles règnent. (voir le nombre de culs-bénis qui s’ignorent) Reste à s’inquiéter du succès et de l’avenir des sociétés bâties sur ce genre de morale. C’est irréaliste, c’est voué à l’échec.  A priori, seuls les USA sont encore fiers et sûrs de leur destin. Les pays européens palissent et se perdent en dévotions ridicules. 

Tout ce que la société a consacré comme valeurs communes, comme repères est objet de culte. Et ce sont des valeurs d’inspiration chrétienne, donc rien de pratique, de rationnel dans tout ça. 

Sur France-Culte, on lit que SOFIANE dit : « La Lumière ne suffit plus, maintenant je veux être l’interrupteur «  Ouaaaaah. N’y-a-t-il pas de la mission dans l’air, du salutaire dans l’air ? Heureusement qu’on l’a. Ou alors , toujours sur FC, « Le premier homme » de CAMUS «  revient sur le passé d’Albert Camus pour comprendre d’où il vient et qui il est. Il évoque la vie dure, l’école libératrice, la passion de vivre «  De quelle sorte de valeur humaine, et donc de quelle sorte d’Homme est-il question ? Quel genre de dévotion est requise ?

Pas de liberté s’il y a un culte. Jugement automatique s’il y a un culte. C’est le ressort principal des pensées qui servent de directives dans la vie et sont sources de jugements. Qu’est-ce qu’un culte , Il faut trois conditions. 1 Un concept (Dieu, Humanité, hospitalité, République, démocratie,) 2 l’idée que lorsque les autres pensent à ce concept ils pensent à la même chose que soi. (même dieu, même Humanité) 3 investissement affectif, sentiments forts et collectifs pour ce concept. C’est le sens caché que nous croyons important parce qu’il n’y a rien de tel qu’un mystère, qu’un rêve, pour croire que ce qui est présent peut trouver son vrai sens. La phénoménologie, c’est l’absence d’intentionnalité. Quand une pensée avec la directive qu’elle inclut semble émaner de quelque chose de sacré, il n’est plus question d’en faire la manifestation d’une fonction naturelle indépendante de notre volonté. On est appelé.

Sur France Culture : Zakhar PRILEPINE : « L’essence même d’un écrivain c’est d’être à l’écoute du peuple » C’est quoi le culte ? Peuple..il me semble. D’où la dévotion : essence, écoute. Résumons. Libération. Lumière. Ecoute. …Mais oui mon fils, vous êtes dans l’obscurité, vous appelez un libérateur, vous voudriez qu’on vous écoute..

Que dirait-on de quelqu’un qui passe son temps à observer les autres, qui attend de savoir ce que pensent les autres pour prendre une décision, qui en toutes circonstances, suit le troupeau, qui ne vit que pour plaire aux autres . C’est la vie du croyant dans une communauté, cela peut être la vie du citoyen moderne quand la citoyenneté est une affaire de qu’en dira-t-on.

Le simple fait de participer à quelque chose de collectif, quoi que ce soit, revient à apporter sa pierre à la société. Le simple fait , par exemple, de travailler dans une entreprise ou de suivre une coutume, revient à souscrire à cette entreprise ou à cette coutume, c’est à dire à la société dont elles sont des constituants. Lorsqu’on se réfère aux concepts de valeur de la culture dans laquelle on vit, lorsqu’on leur est fidèle, on la conforte et on l’approuve. On témoigne aussi de sa fidélité au groupe. On suit avec cœur les directives des pensées correspondantes. Rien n’est neutre. Il est très difficile de se déprendre de la pression sociale, de l’habitude, du conditionnement culturel et affectif, il est difficile de ne pas participer à la marche du train ou du bateau dans lequel on est monté. Il est rare de se situer en dehors ou à contre-courant de ce phénomène. C’est même encore pire lorsqu’on remplit une fonction sociale : à cette participation globale s’ajoute la participation aux directives spécifiques de cette fonction. Parlez-vous le pédagogue, le banquier, le policier, le médecin, l’informaticien etc et le pédagogue, le banquier, le policier, le médecin, l’informaticien conformiste et discipliné ?

Il est rare, extrêmement rare, que l’on sache où va cette société, et si le projet de cette société est bénéfique pour les hommes. (si ta main droite fait des recherches sur la toxicité de certaines substances chimiques, peut-être que ta main gauche prépare des armes chimiques) Non, il y a un train, ou un bateau, on veut y monter, on veut contribuer comme tous les autres, à le faire avancer, pour faire comme tout le monde, pour agir, pour être utile. Mais on ne sait pas si le train ou le bateau vont quelque part, et s’ils vont quelque part, où ils vont. C’est la mentalité : fourmi ouvrière. Et puisque l’on tient à participer, à collaborer, on finit par s’attacher aux éléments qui représentent le collectif, qui recueillent l’adhésion de tous. On s’en fait une idée à laquelle on accorde de l’importance, qui devient un enjeu.

On s’aperçoit trop tard que ce qui recueillait notre adhésion, notre enthousiasme, notre bonne volonté était regrettable ou pire. On était coupable de ne pas participer -cela semblait sacré – on est coupable d’avoir participé. Vous faisiez comme tout le monde, preniez ce qu’on vous proposait, portiez les mêmes jugements, vous ne pensiez pas mal faire, et aujourd’hui on vient vous accuser d’avoir creusé la dette de l’Etat, de ne pas avoir eu un comportement écologiste, d’avoir utilisé des stéréotypes sexistes etc et comme le christianisme vous a habitué à vous sentir responsable et coupable, vous vous sentez responsable et coupable. Et quel genre de sinistre et infréquentable individu, monté sur quelque piédestal, vous fait ces reproches ?

On est toujours coupable pour celui qui – institution ou chef – dit le bien, représente le bien, bref, pour celui qui n’est que paroles. Est toujours « biau » celui qui parle, surtout s’il parle à une collectivité. Il regorge de bons sentiments, de bons conseils, de belles paroles. C’est la fausseté incarnée. Celui qui dit le bien : juge. (voir la télé) Quand nous jugeons à notre tour, nous participons, coopérons. Nous utilisons une valeur qui a toutes les chances d’être parfaitement conforme.

Or justement, la réaction immédiate, la manifestation de sa propre nature sont subversives en ce qu’elles ne sont pas prisonnières de ce schéma et sont imprévisibles. D’où la peur qu’elles suscitent et les qualités qu’il faut pour ne pas fuir ou se résigner. Vive la peur inopérante !

L’autre est faux quand il parle dans le cadre d’une culture. C’est du psittacisme. C’est sans valeur par rapport à ce qu’on est. Pas besoin d’en tenir compte. Celui qui veut convaincre, qui veut bâtir une société, qui veut conforter son image, est toujours faux, sa cause, son objectif sont plus importants que la vérité. Et c’est uniquement parce que l’on a fait de cette démarche qui consiste à s’engager pour le triomphe d’un projet collectif une valeur, que l’on continue à la préférer à la vérité. Si on peut comparer ce qui vient de soi, ce que l’on est, et les idées des autres en ayant conscience que ces idées ne font que reprendre les jugements en vigueur, ça va déjà mieux.

Candide, joueur et tendre comme un enfant :  https://youtu.be/Z-n8ivtVS08?t=636

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