LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

27 mars, 2017

LE MONDE DES BISOUNOURS

Classé dans : Empathie — inconnaissance @ 22:05

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Il y a plusieurs façons de s’y prendre pour trouver sa place dans ce monde. Quand il n’y a pas d’enjeux, d’intérêts et de désirs importants, la douceur et la gentillesse peuvent être très utiles voire efficaces. Dans le cas contraire, il faut faire appel à d’autres ressources, d’autres moyens. Le christianisme et le socialisme ont tendance à voir le monde et les hommes tels qu’ils devraient être ou plutôt à vouloir que le bon peuple se comporte sur terre comme si leur idéal était déjà réalisé ou en passe de se réaliser sans se soucier de la réalité. (le bon peuple oui, parce que en haut de la hiérarchie on ne se comporte pas ainsi. C’est l’illustration parfaite du propos de SADE : « il ne faut jamais arracher le bandeau des yeux du peuple ; il faut qu’il croupisse dans ses préjugés, cela est essentiel. Où seraient les victimes de notre scélératesse, si tous les hommes étaient criminels ! Ne cessons jamais de tenir le peuple sous le joug de l’erreur et du mensonge : étayons-nous sans cesse du sceptre des tyrans ; protégeons les trônes, ils protégeront l’église « )

C’est comme si ce comportement irréaliste devait être suffisant pour faire advenir le monde qu’ils souhaitent. Et le christianisme, met en exergue le caritatif ou la charité ou la bonté, l’humilité et la sainteté. C’est la mentalité dominante de beaucoup d’Européens, notamment des Français qui ont inventé un Etat super-caritatif, super-modeste, très axé sur la morale. C’est tout un rapport à autrui qui est ainsi institué. Le christianisme a détruit l’Empire romain, il est en train de détruire la civilisation occidentale. .Le catholicisme voit dans la disparition de toutes les frontières, dans le grand mixage des populations en cours et dans le partage des richesses généralisé la réalisation de son grand dessein : l’universalisme. (voir l’émission « Répliques » du 18 mars)

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C’est une folie de fonctionner ainsi dans le monde actuel. C’est même le chemin du désastre. (en contrepoint, les Occidentaux devraient méditer sur le judaïsme et tirer des enseignements de la politique israélienne)

Ces vertus chrétiennes (charité, humilité, sainteté) semblent belles et bonnes quand on les généralise et qu’on imagine un monde régi par elles dans un lointain… lointain. En attendant, on refuse de regarder les conséquences sur soi-même de leur adoption et les conséquences pratiques de leur application. (ne serait-ce qu’avec la société de consommation, de compétition, du fric qui nous entoure et que MICHEA dénonce non sans de bonnes raisons)

L’altruisme, c’est la religion de l’autre. (alter + isme) C’est un système de pensée.

Sachez distinguer tout de suite un altruiste ordinaire d’un non altruiste. L’altruiste, même s’il est concerné, impacté au premier chef par une situation, cherchera à développer des raisons qui devraient être valables pour tout le monde et bonnes pour tout le monde . (il y a du bruit, le voisinage pourrait être perturbé) Mais ces raisons sont toujours plus ou moins hasardeuses et légères. Le non altruiste invoque des raisons personnelles de se plaindre ou de réclamer quelque chose . C’est toute une façon de penser valable, notamment, en politique. (Altruisme : est-ce que ce que l’on me propose semble aller dans le sens de l’intérêt général tel que je le conçois, dans le sens du caritatif, de la modestie et de la moralité ? Si oui, je vote pour. Non -altruisme : qu’ai-je à gagner personnellement à ce qu’on me propose ? Si c’est rien ou si c’est contre mes intérêts personnels, je vote contre)

L’altruiste prétend pouvoir se mettre à la place de tout le monde, connaître l’intérêt général, et décide en fonction de cela.

Cette posture est constante.Le non altruiste laisse à chacun le soin de représenter ses intérêts et ses besoins de façon à ce qu’une synthèse se dégage. L’intérêt et l’idée communs créent l’association. Les intérêts, les valeurs et les objectifs communs créent la nation.

L’altruiste attend que l’intérêt général représenté par quelque autorité ou institution veuille bien se pencher sur son cas . Les adolescents, en récréation, se plaignent de tas de choses, de leur professeur en particulier. Ils invoquent, en vain, tout un tas de bonnes raisons raisonnables, ils s’approuvent mutuellement . Cela fait toujours plaisir. Les employés se plaignent d’un tas de choses, de leurs chefs en particulier. Ils invoquent, vainement, tout un tas de bonnes raisons raisonnables , ils s’approuvent mutuellement. Cela fait toujours plaisir. Dans une soirée, on refait le monde. On critique un tas de choses. Le pouvoir en particulier. On invoque tout un tas de bonnes raisons raisonnables, on imagine un autre monde. On s’approuve mutuellement. Cela fait toujours plaisir. Demain, un jour, on pourrait…on attend que d’autres. …pour l’instant, on procrastine. C’est toujours le même schéma indiqué ci-dessus.

Est-ce que quelqu’un décide d’agir, pour améliorer sa propre situation, en trouvant le moyen de le faire ?

C’est parce que l’on est profondément altruiste ou convaincu que c’est un devoir sacré, parce que l’on doit avoir le souci de faire plaisir à l’autre, de l’aider, de l’assister, de le comprendre, c’est parce que instinctivement, en pense à partir des autres, qu’on a vraiment besoin de se mettre à leur place, d’être empathique, pour deviner, savoir ce dont ils auraient besoin. La communion, le partage sont rendus nécessaires par le souci de bien servir l’autre. Sinon, si on n’avait pas envie d’être serviable, si l’autre nous était indifférent ou si on lui était hostile, pourquoi diable tenterions-nous de nous mettre à sa place ?

L’empathie, la sympathie, la sensibilité sont des instruments puissants pour formater et gouverner les hommes. Les différences et les conséquences sont tellement grandes selon que les hommes seront empathiques ou ne le seront pas, le seront tout le temps ou le seront seulement quand nécessaire.. L’empathie cependant, peut être une faculté précieuse, utile, mais il faut en rester le maître, en disposer à sa guise. Il ne faut pas qu’elle devienne une religion.On construit toute une civilisation là-dessus. Il faut bien avoir à l’esprit ces conséquences pour choisir en connaissance de cause.

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Avoir tendance ou avoir l’habitude de se mettre à la place des autres, signifie que l’on est sous l’emprise de l’altruisme, que l’on fonctionne comme des altruistes, qu’il s’agisse de se mettre à la place d’un proche ou de quelqu’un de lointain, d’un groupe ou d’une société. (il y en a qui ont la chance qu’on se mette beaucoup à leur place, par les temps qui courent, n’est-ce pas, et d’autres qui ne sont pas dans le radar) L’empathie, rendue nécessaire par l’altruisme, consiste la plupart du temps à utiliser le sentiment, la gentillesse, la douceur, l’écoute etc pour apprivoiser l’autre, entrer dans sa vie et le convaincre qu’on le comprend. C’est la démarche propitiatoire la plus fréquente. L’altruiste est vraiment une bonne pâte. On n’a même pas besoin de se fatiguer pour le mettre à contribution ou le mobiliser, c’est lui qui vient, qui se met à l’écoute des autres et qui est content qu’on lui demande quelque chose., toujours certain que les sentiments qui sont les siens seront reconnus et lui vaudront des sentiments réciproques. Il vit dans ce monde-là.

Une pensée qui fonctionne toujours de telle façon qu’elle part toujours de l’autre est obsédée par l’empathie, et manifeste l’enracinement en soi de l’altruisme.

Tout ce qui est émanation, manifestation, expression d’une présence humaine : les créations, les activités, les mœurs, les liens entre les choses, les concepts, les causes, les groupes, sont prétextes à être gentil, à faire du sentiment, à faire preuve d’empathie L’altruisme fonctionne à l’égard de tout le monde. Il suffit de voir de l’altérité pour que l’altruisme fonctionne. Ainsi, il y a des malades de l’altruisme, ils passent leur temps à guetter, détecter tout ce qui pourrait passer pour un intérêt collectif ou un bien commun, petit moyen ou grand et à essayer de se dévouer pour lui. Le sentiment de culpabilité ou le repentir est le résultat d’une entorse à la charité, à l’humilité, à la perfection morale. (voir les insultes et les outrances dont sont victimes ceux qui se rebellent contre le caritatif, la modestie et le moralisme . On dirait qu’ils ont tué père et mère, tellement leur absence de culpabilité choque les altruistes)

Et puisque l’altruisme est notre mode de pensée fondamental en Occident, les Etats vont s’en autoriser, sans informer personne ou sans demander l’avis de personne, pour être généreux à l’égard de certaines catégories de personnes, certains projets dits utiles, certains pays dits nécessiteux, certaines populations dites en souffrance. Ils vont même faire passer un intérêt général (international) avant les intérêts du pays dont ils ont la charge. Ils vont orienter leur politique étrangère dans le sens le l’altruisme, c’est à dire de la charité, de la modestie et de la morale. Au niveau international, comme au niveau du quotidien, l‘altruiste invente le monde qui va avec, il voit dans chaque personne ou chaque pays une opportunité éventuelle d’être altruiste, il les peint si possible sous le jour qu’il faut (comme des nécessiteux évidents ou en puissance) . Dans la vie personnelle , on se dévoue, on fait passer les autres avant soi. Dans la vie internationale, on fait passer les autres pays avant celui dont on a la responsabilité. Dans la vie quotidienne, soi est un instrument au service de l’autre. Dans les relations internationales les pays sont des instruments au service des autres pays. De la même façon que l’altruisme, au niveau individuel, ne se soucie pas de ce que devient le bienfaiteur, l’altruisme employé comme moyen par les chefs d’Etat au niveau international ne se soucie pas de ce que devient chaque nation. Le sacrifice est au cœur du message évangélique. (voyez les politiques qui sollicitent le plus les sentiments, l’empathie, l’altruisme)

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C’est pourquoi la civilisation européenne a toutes les raisons de disparaître. La faiblesse, la naïveté, la mansuétude, la bêtise, dont nos dirigeants font preuve le montrent. Mais sans doute veulent-ils cette disparition..

Et pourtant l’altruiste est hypocrite quand il se présente comme tel.

Le plaisir est égoïste pour deux raisons. La première, parce que c’est du plaisir, la seconde, parce que c’est son propre plaisir, son propre ressenti, pas le ressenti de l’autre. Ce qui fait disparaître, de facto, la priorité accordée à l’autre .

On éprouve pourtant du plaisir à faire le bien. Cela flatte notre moralité si cela ne nous réjouit pas aussi de voir le pouvoir qu’on a sur l’autre. Même les soucis, les peines que nous cause la situation de l’autre ou les tourments que peut nous procurer la qualité de notre empathie ou de notre compréhension de l’autre, ne sont possibles que parce qu’ils sont moralement estimables, et donc sources d’un certain plaisir. C’est le prix à payer pour éprouver ce plaisir que l’on condamne. Cachez-moi ce plaisir que je ne saurais voir. Si on n’éprouve aucun plaisir à faire le bien, il n’y a rien à cacher mais c’est qu’on ne fait pas le bien. Si on éprouve du plaisir et que ce plaisir n’est en rien gênant, honteux, coupable, il n’y a rien à cacher. Si on éprouve du plaisir et qu’on le cache, c’est qu’il nous donne des remords. La cachotterie prouve l’existence du plaisir et de la gêne qui lui est associée.. Dans la vie, il arrive assez souvent qu‘on le cache. Pourquoi ?

Si on fait quelque chose en sachant que cela nous fera plaisir et que cela fera plaisir à l’autre, ce n’est pas vraiment de l’altruisme. Et si ce n’est pas de l’altruisme, de deux choses l’une : ou on n’est pas altruiste, et il n’y a plus de problème, ou on se prétend altruiste, visant le bien de l’autre, et il faut cacher ce plaisir. Ce plaisir irait contre le sens de l’altruisme (l’absence d’égoïsme) qui veut qu’on lui tourne le dos. L’altruisme « a endoctriné les hommes avec l’idée que valoriser un autre être humain est un acte altruiste impliquant, de ce fait, qu’un homme ne peut avoir d’intérêts personnels dans les autres, que valoriser autrui signifie se sacrifier soi-même, que tout amour, respect, ou admiration qu’un homme peut ressentir pour autrui n’est pas et ne peut pas être une source de sa propre jouissance, mais une menace à son existence, un chèque en blanc sacrificiel signé au profit de ceux qu’il aime «  (Ayn RAND)

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L’altruiste a beaucoup de choses à se faire pardonner, et beaucoup de soucis avec le plaisir. Il ne pourra jamais dire que le problème de l’autre, quel que soit cet autre, quel que soit le cas, n’est pas le sien. Par définition, et conformément à l’empathie, le problème de l’autre est le sien. Les principes, valeurs, normes, auxquels on s’identifie et se compare ne sont que des faux-nez.  Ce sont finalement des moyens validés par la société ou la culture pour se faire plaisir. Des préceptes dont tout le monde se fiche ou que tout le monde ignore ne vous intéresseraient pas je présume. D’où l’immense importance de ne pas faire de la société ou de la culture une référence.

Le petit enfant ignore cette contradiction. Il est égoïste. Il cherche et montre son plaisir sans vergogne, et il ne s’occupe pas de faire le bien ou de faire plaisir à l’autre avant ou en même temps A l’opposé, nous avons ces caricatures de personnes qui ne supporteraient pas qu’on leur dise que ce qu’elles font n’est pas toujours désintéressé. Parce que c’est leur raison d’être. Il y en a beaucoup à notre époque, surtout dans certains milieux.

On comprend alors pourquoi l’empathie a une si bonne presse de nos jours et à quoi cette publicité sert. .

Le plaisir était un bon exemple, mais ce n’est qu’un ressenti parmi beaucoup d’autres. Tous les ressentis peuvent être un enjeu, peuvent avoir à passer sous les fourches caudines de l’altruisme obligatoire. Est-ce que cette tristesse, cette envie, cette angoisse, cette colère etc sont bien conformes à l’altruisme, au désintéressement, à l’effacement  ? Elles ne le sont pas si elles ne sont pas totalement causées par l’altruisme. Il faut que cette envie, cette tristesse, cette angoisse, cette colère soient rapportées à l’intérêt d’une bonne cause, suite à l’empathie pour la cause. On peut les éprouver conséquemment au service de cette cause (cette injustice me met hors de moi, j’ai envie que mon parti arrive au pouvoir etc) , Et les causes à servir sont innombrables.

Car il ne ne faudrait pas que ses propres ressentis, égoïstes, heurtent l’ensemble des sentiments qui sont dus à ce qui est précieux, sacré . Il ne faudrait pas qu’ils aillent à l’encontre de tous les altruismes obligatoires. (ne te plains pas, il y en a qui sont plus à plaindre que toi. Pas de colère s’il te plaît, obéis au maître etc) Il ne faudrait pas remettre en cause la propitiation, celle qui doit faire qu’on a une approche sentimentale, attentive de ceux qu’il.y a derrière les fabrications, les activités, les mœurs, les liens entre les choses, les concepts, les causes, les groupes, etc On fait du sentiment avec tout cela sans s’occuper de savoir si ceux qui sont derrière le méritent, bêtement, par altruisme, c’est à dire sans prendre en compte nos intérêts. Pour un peu, tout ce qui paraît, tout ce qui rassemble un certain nombre de gens, peut compter que nous lui donnions le bon dieu sans confession.

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Donc un désir que l’on croit sien peut être le désir de la société qu’on a endossé, un sentiment que l’on croit sien peut être la conséquence de l’altruisme.

L’altruisme fait peu de cas de la liberté d’autrui : « Si un homme spécule sur ce que la société devrait faire pour les pauvres, il accepte de ce fait la prémisse collectiviste que la vie des hommes appartient à la société et que lui, comme membre de la société, a le droit de disposer d’eux pour déterminer leurs buts et planifier la distribution de leurs efforts…d’où la consternante insouciance avec laquelle les hommes proposent discutent et acceptent des projets humanitaires qui devront être imposés par des moyens politiques, c’est à dire par la force, «  (Ayn RAND) .

L’altruiste prétend (sans pouvoir y réussir comme on vient de le voir) s’exclure délibérément et complètement de tout raisonnement, de toute pensée du bien, c’est pourquoi il part toujours de l’autre sans penser à soi. Il s’interdit de penser à l’intérêt de l’autre et à son propre intérêt en même temps, d’où la perversité du système.

Pour se sauver de la décadence, la civilisation européenne (composée des différentes nations et de leur singularité) n’aurait qu’à décider fermement de ne pas se sacrifier en tant que civilisation. Sinon, au-delà, ce sont les Européens eux-mêmes que l’on sacrifiera, c’est à dire que, en pratique, on leur enlèvera tout ce qu’ils possédaient en tant que citoyens d’une nation ou membres d’une civilisation, dans les domaines matériel, financier, culturel, législatif.

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