LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

22 septembre, 2017

LE MALHEUR DES ENFANTS

Classé dans : Enfant — inconnaissance @ 9:03

Les enfants n’ont aucun devoir à l’égard du monde ou de la société.

1 Ils sont le résultat automatique d’un processus biologique et d’une loterie génétique.

2 Ils n’ont pas demandé à venir au monde

3 Ils n’ont pas choisi le milieu dans lequel ils tombent et le sort qui va s’ensuivre.

4 ils n’ont pas le droit de critiquer ou de vouloir changer ce milieu.

Imaginez que l’on se saisisse de vous manu militari, que l’on vous jette dans une organisation quelconque, que l’on vous force à endosser telle fonction de cette organisation, et que vous n’ayez pas droit au chapitre, vous sentirez-vous des devoirs envers cette organisation ?

Mais les parents ont besoin de se persuader qu’ils font quelque chose de généreux en mettant un enfant au monde pour ne pas voir que cet enfant leur permet d’acquérir une existence sociale (je suis maman ! Je suis papa ! Ça se fête) et une raison de vivre, de s’occuper, un moyen de combler le vide de leur existence. La société tient à faire croire qu’elle aime cette nouvelle vie pour cacher le fait qu’elle a toujours besoin de nouveaux bras et de nouvelles têtes à son service.

Personnellement, Michel ONFRAY m’insupporte de plus en plus, mais il a eu des propos très lucides à ce sujet : « :Les enfants, jamais à l’origine demandeurs de l’être plutôt que du rien, peuvent légitimement exiger de leurs géniteurs une assistance matérielle, certes, mais aussi psychologique, éthique, intellectuelle, culturelle et spirituelle pendant au moins les deux premières décennies de leur existence «  « Je ne saurais assez préciser combien il faut effectivement ne pas vraiment aimer sa progéniture pour la destiner au monde tel qu’il fonctionne avec ses hypocrisies, ses fourberies, ses mensonges, sa négativité, avec son cortège de douleurs, de peines, de souffrances et de maux «  «  Quel adulte assez cruel destinera dès la naissance ses enfants au labeur, à la discipline, à l’obéissance, à la soumission, à la frustration que lui préparent la crèche, l’école, le collège, le lycée, naguère la caserne, puis l’usine, l’atelier, l’entreprise, le bureau ? Il faudrait appeler amour cet art de transmettre pareilles vilenies à la chair de sa chair ? «  C’est une vision complètement pessimiste de l’existence, une vision dépourvue d’espoir que ne partagent pas certains enfants devenus grands. Mais elle a au moins le mérite de bien poser le problème.

https://www.youtube.com/watch?v=_8FkZPW4q_o

Aucun devoir, aucune dette. Pour sortir au plus vite l’enfant de cette position de force ou de supériorité dans laquelle il se trouve naturellement sans le savoir (à ne pas confondre avec l’enfant-roi, l’enfant-roi est un enfant gâté qu’on a mis au centre pour satisfaire les adultes) mais que l’on ne saurait supporter, il faut le culpabiliser en lui donnant la fausse idée de lui-même appropriée. Car cette fausse idée consistera à lui faire croire qu’il n’est pas légitime ou digne d’exister tel qu’il est, mais qu’il lui faut vivre la vie d’un penseur, le penseur de ce qu’on lui présentera comme la vérité. (la vérité de telle religion, de telle doctrine psychologique, de tel système politique, de telle éthique etc)

On dit que la vie est un don, une bénédiction . Cela n’a strictement aucun sens. Ce n’est pas la vie, telle qu’on l’évoque de cette façon, que nous vivons, c’est notre vie particulière. Où avez-vous trouvé la vie qui viendrait en plus de notre vie ou qui serait autre que notre vie  ? Si c’était le cas, aucune vie ne devrait être supprimée en aucune circonstance, en aucun cas, pour aucune raison. Même celle du pire terroriste ou du pire tyran sanguinaire. Même celle d’un insecte. (vous me demandez d’abréger votre vie trop pénible, je ne peux pas, en tant que médecin je défends LA vie. Eh oui, les médecins vous imposent leur métaphysique. Vous ne l’auriez pas deviné à les voir. Mais cela doit cacher quelque chose de plus concret comme le pouvoir) . Où avez-vous trouvé une conscience qui s’ajouterait à notre conscience ? Au ciel des idées creuses où l’on trouve le roi des idées creuses  ? Où avez-vous trouvé un amour qui ne se confondrait pas avec celui que vous vivez et concevez, qui ne se confond pas avec le vôtre ? Au ciel des religions où l’on peut nommer amour n’importe quoi, même le bûcher  ? Où avez-vous trouvé un homme en plus de ce que vous êtes personnellement ? Dans les discours humanistes à la mode, dans le journal « Le Monde » sur France-Culture ou France-Inter  ? Où avez-vous trouvé un libre-arbitre dont l’exercice ne dépend d’aucune alternative, d’aucun choix fournis par vos pensées ? Chez les philosophes bien-pensants ? Où se trouve donc ce bien que nous prétendons faire alors que ce que nous faisons c’est du mal ? C’est la fable dans laquelle on éduque les enfants.

Combien de penseurs ou plutôt de bonimenteurs avez-vous rencontrés qui ne suggèrent pas ou ne partent pas du principe que l’on peut vivre conformément à ses idées, que l’on peut changer le monde grâce à la pensée, bref que le penseur est ou peut parfaitement être l’acteur, le décideur  ? Où avez-vous vu traiter la question du rapport et des distinctions entre le penseur et celui qui vit ? Si le penseur est l’acteur, nous sommes une machine, parce que nous ne créons pas nos pensées. Sinon quoi ? Pourquoi tout d’un coup y-t-il une levée de boucliers contre le transhumanisme qui prévoit de changer l’espèce humaine ? C’est le rêve de tous ceux qui étaient sûrs de posséder la vérité, on va pouvoir programmer les nouveaux hommes avec les idées, les valeurs qu’il faut. FINKIELKRAUT va être content, on va pouvoir programmer les enfants pour qu’ils soient polis, respectueux, travailleurs, et cultivés comme il faut. Est-ce que ce n’est pas ce qu’il voudrait qu’ils soient ?

Je vais vous dire ce qui les effraie, c’est l’idée que soudain ils seraient responsables des conséquences et qu’ils devraient peut-être en rendre compte. Les religions seraient entièrement responsables de la vie de leurs ouailles, les psychologues seraient totalement responsables du bonheur de leurs adeptes, les politiques seraient totalement responsables du succès de leur politique.. Au moins le chef d’une armée disciplinée n’est pas inquiété par les erreurs qu’il fait en temps de guerre. Les victimes sont mortes.  ;..

Tandis que là, tous les bons apôtres, tous les bonimenteurs, toutes les prétendues autorités morales ou politiques peuvent toujours alléguer que le penseur soi-disant acteur n’a pas appliqué les bonnes pensées ou n’a pas voulu les appliquer ou n’a pas su les appliquer ou je ne sais quoi de façon à faire retomber la faute sur nous. Les raisons, les facteurs qui nous auraient fait agir et qui n’obéiraient pas au penseur ne sont pas envisagés, ou s’ils le sont, c’est pour dire que c’est une maladie, un égarement, un dysfonctionnement, une dérive, une pathologie etc Car surtout, derrière cela, il y a l’idée du jugement qu’il faut absolument sauver. On doit pouvoir juger les gens. Car des juges, missionnés, auto-investis ou autoproclamés, on en trouvera toujours. Ils se bousculent au portillon.

L’homme est un être de raison. Mais la raison, hélas pour eux, c’est comme la vie, la conscience, cela n’existe pas. Il n’y a que des raisons. Mes raisons, vos raisons .Comment peut-on laisser quelqu’un parler de la raison en notre nom dans son petit costume  ? .De quel droit quelqu’un viendrait-il parler de la vie, de la conscience, de l‘amour en notre nom ? Au nom de quel savoir supérieur  ? Au nom de quelle vie, de quelle conscience, de quel amour qui ne seraient pas tout bêtement les siens ? Comment peut-on laisser quelqu’un utiliser des idées ou des concepts généraux en notre nom  et nous faire du mal avec ça ?(vous voyez la porte ? Eh ben prenez-là !)

Et donc le pauvre gosse à qui les raisons de son milieu sont comme les ailes d’un avion à un oiseau, est sommé de penser avec elles, de réussir avec elles, d‘être coupable en fonction d’elles, de s’identifier à elles.

Ces raisons, comme nous l’avons suggéré de nombreuses fois, ces critères de jugement, ces liens, sont ceux d’un milieu, d’une collectivité ce qui signifie qu’ils ne désignent que du général, et jamais un cas particulier. Exemple « Le paysage est une vision des choses, et pas une réalité physique (Bas SMETS France-culture) Il redécouvre l’eau tiède. Qui dirait le contraire ? On sait ça depuis l’Antiquité. Cependant « paysage » ne désigne pas un paysage particulier avec ses caractéristiques particulières. Vision désigne une sorte de fonction générale assez abstraite. Choses, n’en parlons pas. Réalité physique désigne une idée générale, pas une réalité particulière. Cette fonction générale d’une idée générale doit-elle se substituer à ce que l’on voit quand on regarde un paysage particulier ? Non ? Alors pourquoi une conception générale sur un phénomène général devrait-il se substituer à notre conscience particulière ?

Et si vous prenez la phrase de CYRULNIK :  « Ce qui peut aider un jeune à trouver sa voie, c’est son pouvoir de rêve » est-ce que chaque mot (aider, jeune, voie, pouvoir de rêve) ne désigne pas un aspect social ou sociétal, une image de la société, un comportement collectif  ?(Il y a une solution pour tous les jeunes. C’est trouver sa voie. Il ne convient pas de rester dans le doute, dans le non-savoir, dans l’ouverture. Pour cela il faut avoir le pouvoir de rêver. J’ai mis au point une méthode et ouvert une école. C’est 5000 euros par trimestre) Donc, ce qui est pensé, suggéré, proposé, c’est uniquement une certaine société, leur type de société. Où ont-ils pris que nous voulions vivre dans leur société ? Qu’est-ce qui lui prend à CYRULNIK (le psychiatre le plus maternellement étouffant de la psycho-sphère) de croire que l’on veut construire une société et justement la sienne ? Non, mais je rêve !

voie

Des gens comme lui sont coupables de faire croire que la société a en vue le bien, le bonheur de l’enfant et que les belles, bonnes et grandes idées de ce genre n’ont pas pour objectif le succès d’un certain monde indépendant du bonheur des enfants. Au mieux, c’est un idiot utile comme disaient les communistes.

Se demander quel intérêt, quel projet défendent les mots, les idées que l’on nous sert ou que l’on utilise. Est-ce l’intérêt général, un type de société, est-ce un certain projet collectif ou est-ce notre propre intérêt en prenant en compte ce que nous sommes ou l’intérêt particulier de l’autre en prenant en compte ce qu’il est . Dans le premier cas, disons-le clairement et ne faisons pas croire qu’on est dans le second cas.. Comment avons-nous pu nous laisser convaincre que quelque chose qui était de l’ordre d’une attirance ou d’une répulsion, d’une émotion, d’une tristesse, d’une trouvaille, etc et que l’on ressentait dans le cadre de notre existence pouvait être généralisé c’est à dire objectivé puis attribué à un grand nombre de personnes ? Du fait de la fascination exercée sur nous pas la langue et par ceux qui la manient..C’est à bon droit que l’on peut dire : je me fiche de l’amour, du respect, de la compassion, de l’amabilité, du pouvoir de rêver, de la sagesse, de l’empathie, de la générosité, de la vie, de la conscience, de la raison, de l’homme, du libre-arbitre, du Bien etc je ne trouve pas autre chose que ma façon particulière de vivre quelque chose qui ressemble vaguement à ces généralités que l’on trouve dans le dictionnaire. Où avons-nous trouvé un amour général, un respect général, une compassion générale, une sagesse générale etc qui ne seraient pas notre façon particulière de vivre quelque chose comme ça ? Nulle part. Alors les autres non plus...

Non il n’y a pas -comment pourrait-on le soutenir – un je, un moi, une âme, etc séparés, indépendants du fonctionnement de votre cerveau, de votre organisme, de votre milieu. Un je autonome. Un penseur autonome.

J’en connais une bien bonne…si si il y a un penseur, et ce penseur est une substance isolée, cette substance isolée est capable de penser abstractivement de tout le reste ah ah ah AH AH AH AH!

Toutes ces généralités sont des illusions et le penseur de ces généralités est une illusion. Je ne collaborerai pas à la construction de ce monde d’illusions. C‘est un marché de dupe. Ma contribution passera aux oubliettes, en revanche je me compromettrai et je pâtirai de ce projet. Je ne collaborerai pas à la construction d’un monde théorique, qui me méprise.. Je ne me rallierai pas à cette bande de malfaisants qui ne travaillent que pour la réussite de leur idée de société. Je ne me joindrai pas à ceux qui rendent un culte à ces généralités-bidon. Je ne me confondrai pas avec le penseur ou le je. . .

Les malheurs de l’enfant résultent du fait que l’on veut lui faire prendre ce monde rêvé, théorique, général pour le monde réel, et le penseur de ce monde délirant pour l’être réel capable de vivre selon la vérité. Ou, symétriquement les malheurs de l’enfant viennent de ce qu’on le juge, le comprend, le définit en fonction d’un système de pensée préétabli, d’une idée préconçue (morale, psychologique, sociale, politique etc) dont les raisons d’être sont étrangères à l’enfant, et non pas en fonction de ce qu’il est mentalement, psychologiquement, génétiquement, organiquement, naturellement..Ces systèmes, ces idées préconçues sont évidemment considérés comme des solutions. Avez-vous déjà rencontré des solutions aussi minables, aussi inefficaces ? Je ne crois pas. Les malheurs de l’enfant viennent du fait qu’il sera toujours en échec pour vivre conformément au penseur qu’il est sommé d’être. L’adulte n’y croit plus, mais lui y croit encore. Le pauvre ! Comment ose-t-on lui demander une chose pareille ? C’est une honte ! Les adultes n’y croient plus pour eux-mêmes mais sont toujours assez couillons pour croire que celui qui leur fait la leçon, qui les instruit au sujet de la vie vit tout à fait conformément à ses idées, qu’il est un penseur-acteur. Ils sont toujours assez couillons pour oublier qu’ils ont leur propre connaissance, leur propre expérience des mots utilisés, et que cette connaissance et cette expérience sont, jusqu’à nouvel ordre, celles qui leur conviennent le mieux.

C’est complet, c’est fini, pour le malheur de l’enfant, quand – naturellement fasciné, impressionné par l’adulte et son savoir - il en vient à croire que la vie, ça s’apprend, que  c’est une affaire de connaissances à acquérir. A partir de là, il n’y a plus que ça qui compte. Il ne risque plus de s’apercevoir que si l’adulte en sait plus que lui, il est plus mauvais que lui, et moins heureux.

Espérons que naîtra bientôt une. race d’enfants qui ne sera plus dupe de ces délires d’adultes : Je pense = je suis le penseur de cette pensée . Cette pensée me donne une identité = je suis le penseur-pensé de cette pensée. Je suis je. Eh non. Je ne pense pas ma pensée. Eh non, je ne suis pas le penseur-pensé Cette identité est une illusion si cette pensée est une illusion.

quien

Tiens fiston, je t’ai acheté un ballon de football.  Tu verras, il est original. Il est comme le globe d’une mappemonde. Vas-y, donne un coup de pied dedans !

Ce n’est pas : l’enfant est le résultat d’un processus biologique et d’une loterie génétique, c’est : cet enfant est le résultat d’un processus …et d’un tirage au sort.

Ce n’est pas l’enfant n’a pas demandé à naître, c’est cet enfant issu de ce tirage n’a pas demandé à naître.

Ce n’est pas : l’enfant n’a pas choisi la culture et le milieu dans lesquels il débarque, c’est cet enfant, issu de ce tirage et jeté dans ce monde suite à un processus biologique aura le sort que lui destinent cette société et ce milieu. Ce n’est pas l’enfant ne peut ni critiquer ni vouloir changer le milieu où il se trouve, c’est cet enfant issu de ce tirage et de la copulation d‘un couple donné aura le sort que lui destinent ses origines et son milieu et il sera rendu coupable de ce sort. Et vous disiez que cet enfant a des devoirs ou une dette  ? 

Amour : https://youtu.be/MAkRkjyIzTE?t=345

Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ;
Dors… en attendant venir toutes celles
Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

Entends-tu leurs pas ?… Ils ne sont pas lourds :
Oh ! les pieds légers ! – l’Amour a des ailes…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Entends-tu leurs voix ?… Les caveaux sont sourds.

Dors : il pèse peu, ton faix d’immortelles ;
Ils ne viendront pas, tes amis les ours,
Jeter leur pavé sur tes demoiselles…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

Tristan CORBIERE

 

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