LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

7 janvier, 2018

TEMOINS ET PASSEURS

Classé dans : Fidelite — inconnaissance @ 9:40

Les témoins, c’est souvent dans le christianisme, les passeurs, c’est dans la culture (les tamis dans les médias et les passoires dans les salles de classe) .

Il n’y a que deux façons d’envisager la vie :

1 faire ce qu’il faut

2 faire ce qu’on désire.

La vie n’est pas la même selon que les « faire ce qu’il faut » sont des obstacles à surmonter pour satisfaire son désir ou des conditions dont il faut faire son affaire ou que c’est son désir qui représente un problème à régler pour réussir à faire ce qu’il faut. Faire ses devoirs de classe, est-ce faire ce qu’il faut ou faire ce qu’on désire ? On ne les fera pas de la même manière selon le cas.

On commence sa vie par faire ce qu’on désire, on peut la terminer en ne faisant que ce qu’il faut. Dans ce cas, on ne peut pas dire de quelqu’un qu’il n’est pas fini, parce qu’il est fini. (Chez soi, c’est une micro-société. Tout est rangé comme il faut, tout est nettoyé comme il faut, tout a la fonction qu’il faut, les horaires sont respectés comme il faut, on dit toujours les paroles qu’il faut, la vie obéit à tous les codes qu’il faut…comment se fait-il qu’ils aient changé l’horaire de mon feuilleton?)

Beaucoup de bonimenteurs aiment dire qu’il faut donner un sens à sa vie, parce qu’aussitôt , on se met en quête de ce sens prêt à l’emploi. Et on le trouve !. Nombreux sont les organisations, les groupes, les associations, les clubs, les partis etc qui proposent le leur. (ne reste donc pas prostré chez toi à ne rien faire et à tout critiquer, rends-toi utile, pourquoi ne t’inscrirais-tu pas aux Jeunesses hitlérienne. Tu verras, on y trouve des gens dynamiques qui font des choses intéressantes. Ils te diront quoi faire)

Le problème pourrait être le vide de la vie qui ressemble à un raccourci pour la mort, car s’il n’y a plus grand-chose entre maintenant et ma mort…c’est un peu comme le temps entre l’endormissement et le réveil,  il est neutralisé.  ! D’où l’angoisse. L’absurdité, serait alors la soudaine confrontation entre la vie qui bouillonne en soi, et le vide proposé par le monde ou le vide apparent de sa propre vie. D’où l’irrépressible besoin de faire quelque chose, n’importe quoi. Être actif pour meubler ce vide. On peut aussi s’enivrer, comme le suggère BAUDELAIRE mais il y a toujours des réveils pénibles.

A moins que ce soit l’inverse. Si on est très occupé, on a l’impression que le temps passe très vite, donc cette activité nous rapproche de notre mort. Tandis que si on s’ennuie, le temps semble passer lentement, semble s’allonger, ce qui éloigne celle-ci.

En fait le problème est ailleurs. Il est dans le fait que la conscience de soi nous rappelle que l’on vit avec un problème que l’on n’a jamais réussi à résoudre. Ce soi dont on est conscient est-il quelque chose de réel ou n’est-ce qu’une idée sans fondement, une création de l’imagination. Conscience de soi, conscience de quoi ? Qui vit, qui meurt ? Le problème est toujours là et on se doute qu’il nous accompagnera jusqu’à la fin. Il est pourtant d’importance.

Découragé, désespéré par notre incapacité à répondre, on préfère fuir le problème dans une façon de vivre qui nous évite d’être conscient de soi. Donner un sens à sa vie, s’occuper, a donc ces trois avantages de nous faire oublier un moment notre incertitude quant à ce qu’on est , de répondre à un besoin profond des hommes, de l’organisme de s’activer, d’agir, de bouger et de viser un soi plus grand, plus intéressant. Pas de souci, on ne restera pas sans rien faire  Les bonimenteurs essaient seulement de faire adopter leur sens de la vie à eux.

Mais il n’est pas sûr que cela ne nous ramène pas à la conscience de soi. Irréel ou réel, soi se présente comme une idée de soi. Et l’idée de soi que certains actes, certaines décisions impliquent peuvent heurter l’idée de soi que l’on a. Comparaison = jugement. (j’ai battu mon enfant pour son bien…ah zut, j’ai des remords) Jeudi je me suis inscrit dans une association, vendredi j’ai démissionné.

Faire ce qu’il faut peut-il nous épargner les cas de conscience  ? Oui, éventuellement, à condition que l’idée de soi qui nous est chère (1) coïncide exactement avec l’idée de soi qu’implique une action ou une décision (2). (1 être un bon employé, 2 être un bon employé)

Faire ce qu’il faut c’est alors tout ce qu’on veut. L’avantage, quand on a choisi de faire ce qu’il faut, c’est que le chemin est tout tracé. A priori, on n’aura plus le temps de s’ennuyer ou de se poser des questions. Est-ce qu’un rouage se pose des questions ? Non, alors ! Penser, désirer, c’est réservé à d’autres qui savent.

C’est être un robot. Le robot fait toujours ce qu’il faut et il ne connaît pas les cas de conscience. D’ailleurs pour que les ordinateurs deviennent autonomes, ne suffirait-il pas de les concevoir de telle façon qu’ils puissent dire « non » en auto-générant les programmes destinés à justifier ce refus, des programmes qui prendraient en compte les résultats de nous inconnus de capteurs. Si le destin des hommes était d’être actif par tous les moyens (donner sa vie d’un seul coup ou à tempérament, petit à petit) en faisant ce qu’on leur dit qu’il faut faire, à quoi bon la conscience et le discernement. Un robot peut le faire. Il fait tout comme il faut. Technocratie triomphante.(elle crée l’homme à son image)

Oui mais l’idée de soi préexistante qui serait en conflit avec l’idée de soi que suggérerait une action ou une décision n’est-elle pas, elle aussi, le résultat des actions et décisions antérieures. On ferait toujours ce qu’il faut, on aurait toujours fait ce qu’il faut, seulement les « ce qu’il faut » d’hier ne correspondent plus aux « ce qu’il faut » d’aujourd’hui, ou devraient être complétés. Alors quand est-ce qu’on ne fait pas ce qu’il faut ? Pour changer la conscience de soi, ne suffirait-il pas d’être frappé d’amnésie quant au passé et de ne plus prendre en compte que ce qu’on fait et décide dorénavant.

Faire ce qu’il faut, c’est dire toujours oui. Oui à ce que le passé a déposé et à ce que le présent propose. Faire ce qu’on désire, c’est dire parfois non au nom d’une prise en compte du vivant ou de la vie . En phase avec elle, il n’y a pas de cas de conscience. La vie maintenant ne se compare pas avec la vie d’hier. La continuité, la cohérence, c’est l’affaire de la pensée.

On a déjà parlé des caractères proprement humains dont sont pourvues parfois des généralités ou des abstractions .Il s’agit ici de décrire la méprise occasionnée en faisant croire que les directives inhérentes à certaines pensées se confondent avec les désirs des individus.

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris l’arrivée de cette nouvelle victime de son imbécillité. Il sera des nôtres ! Il nous sera fidèle.

Bienvenu chez des gens qui vont réussir à lui faire croire que les directives involontaires contenues dans les pensées involontaires sont volontaires, viennent d’eux, leur sont propres. Bienvenu chez des gens qui vont réussir à lui faire croire que des abstractions sans existence existent, que des abstractions sans existence agissent, et qu’ils font uns avec ces abstractions vivantes. Bienvenu chez des gens qui vont passer leur temps à lui raconter des histoires à dormir debout.

On ne s’étonne pas d’entendre des choses comme :

La gauche a promis le droit de vote…qui ?

La justice triomphe…elle doit être contente

Une ville qui a vu naître….elle est donc pourvue de conscience et de mémoire

Le temps a fait son œuvre …ne pas déranger, le temps est occupé

C’est Dieu qui vous envoie …mazette ! Quelle responsabilité !

Le doute m’envahit ;..le doute serait une partie identifiable de ce que je suis

Une philosophie pour éclairer notre vie…. avec quelle énergie ? etc

En tout cas, la gauche, la justice, la ville, le temps, Dieu, le doute, la philosophie font l’action. Et vous, que faites-vous pendant ce temps-là ? Je vous donne la réponse : la même chose. Vous (ou quelqu’un d’autre) avez promis le droit de vote, vous avez triomphé, vous avez vieilli, vous parlez pour Dieu, vous perdez votre assurance, vous philosophez. Etonnant ! C’est faire croire que vous et ces abstractions vous unissez pour agir ou que vous êtes ces abstractions elles-mêmes. .

Bien sûr, c’est une façon de parler. Imagée. C’est tout. Autant d’images de la société. Prenons-nous cela vraiment comme de simples façons de parler imagées. Les valeurs de la République ont été outragées ! Façon de parler imagée. Si personne n’a été outragé, c’est à elle de porter plainte. C’est ma responsabilité de père. Façon de parler imagée. C’est pour ton bien. Façon de parler imagée. Il y aurait une responsabilité de père, un bien qui seraient une part de ce que seraient un adulte ou un enfant. Et l’action suivrait. S’agit-il ici de faire ce qu’il faut ou de satisfaire son désir ? L’idée de soi, est-ce le résultat de façons de parler et de penser imagées successives ?

La pensée et la directive qu’elle contient ne sont pas du genre à être facultatives. Le jugement et la prescription qu’il implique non plus. En somme, pensées ou jugements involontaires, avec leurs directives et prescriptions involontaires se caractérisent par leur autoritarisme. Comme il faut, c’est comme comme il faut. C’est la vérité, Être le jouet, l’esclave de nos pensées involontaires et de leurs directives involontaires, c’est aussi et peut-être surtout être le jouet, l’esclave de leur autoritarisme. Il faut se présenter comme des témoins de la vérité, des passeurs de trésors (regardez FC : ils sont passés maître dans l’art de faire croire qu’ils trouvent des trésors, ces rodomontades culturelles qui se présentent le plus souvent possible sous forme de citations plus ou moins poétiques ou oxymoriques ravissent surtout les snobs) Le bon témoin, le bon passeur de ces vérités, le serviteur dévoué de cet autoritarisme se distinguera par son zèle, son assurance, sa conviction. Il voudra passer pour la preuve vivante du prix inestimable de ces pensées et jugements en étant la preuve vivante de sa dévotion.

Et c’est ainsi qu’on passe son temps à essayer de convaincre les autres qu’on a trouvé, qu’on est content de ce qu’on a trouvé, que ce qu’on a trouvé résout nos problèmes. On passe son temps à essayer de convaincre que ce qu’on a trouvé est le fruit d’un choix libre, d’un désir personnel. On passe son temps à essayer de prouver qu’on est une sorte de maître qui a trouvé la vérité, alors qu’on est le jouet d’une directive qui veut qu’on passe pour maître dans le service d’une pensée involontaire. Et c’est ainsi que de pantin, de marionnette de pensées conditionnées on semble passer à détenteur personnel de la vérité. On fait ce qu’il faut, docilement, bêtement, en se donnant pour les inventeurs de ce qu’il faut.

En fait, rien de tout cela n’est vrai. Le beau parleur n’a pas grand chose à voir avec ce qu’il est dans la vie. Ses vérités ne servent pas à grand-chose. Bien fou est celui qui prête attention à ce qu’il raconte. Ce n’étaient que des mots. La vie est ailleurs. Mais ne dites pas que vous ne savez pas, ce serait ôter son prix à la pensée, au Verbe.

Ce besoin de passer pour un maître, d’une façon ou d’une autre, peut être tyrannique autant qu’est tyrannique la valeur que sont censées posséder nos pensées. Car elles viennent de parents, d’autorités, de personnes qu’on a idéalisées et dont on n’a pas envie de dynamiter le piédestal. Il n’y a pourtant aucune raison d’avoir de l’estime, de la considération pour des gens qui nous ont trompés, qui nous ont fait croire qu’ils savaient ce qu’ils disaient, qu’ils assumaient ce qu’ils disaient, qu’ils en étaient les garants alors qu’ils n’étaient que de pauvres jouets et qu ’au fond, ils le savaient. Ils faisaient comme tout le monde. Faire comme tout le monde, c’est être dans la norme. Cela ressemble à de l’utilité sociale. Vraiment, tu ne veux pas t’inscrire aux Jeunesses hitlériennes ?

Ah là là, les passeurs et les témoins sont de moins en moins à la fête. Le passé perd ses couleurs, ses attraits, son prix au fur et à mesure qu’il n’est plus représenté par des personnes en chair et en os mais déposé dans des mémoires d’ordinateurs, et au fur et à mesure que le futur gagne, lui, en importance, en pouvoir, en urgence. Attentiooonn. Attentioon. Le futuuur ! Il arriiiive… ! 

Faire ce qu’on désire, c’est un « faire » maintenant, qui répond à un désir présent et personnel, ce n’est pas un projet et cela ne consiste pas à diffuser une vérité générale. Le juge de paix, le référent, c’est l’effet sur soi (pas sur les autres) . On sait ce qu’il en est.

https://youtu.be/QerRGADkRqo?t=40

Un ballet. Imaginons que ce ballet soit plus lent, qu’il se déroule au fond de soi, que ce soit le ballet de milliers de micro-émois ou de micro-sentiments ou de micro-sensations.

https://youtu.be/NIs9vhtNdLM?t=948

p.s. vous pouvez passer les 2 videos en même temps, regarder les étourneaux en écoutant CHOPIN.

 

 

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