LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

9 septembre, 2020

C’EST DE LA FOLIE

Classé dans : Folie — inconnaissance @ 16:09

De la folie douce ou de la folie furieuse, cela doit dépendre des cas, mais c’est de la folie que cette course ou cette compétition de plus en plus acharnée pour exister en société. (voir l’exacerbation voire l’hystérisation des passions idéologiques, politiques, historiques et sociétales)

Il y a d’abord une tendance lourde, très très lourde, que je m’évertue à décrire. Elle se confond avec notre destin. .

Quand ils élèvent leurs enfants, les parents interviennent souvent pour indiquer le bien et le mal, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire, sans toujours expliquer le pourquoi de leurs propos, il est vrai que c’est parfois compliqué. Ils interviennent, forts de leurs connaissances et de leur expérience et en fonction de leur propre vision du monde et de la morale, sans oublier leurs intérêts et leur désir plus immédiats.

Ainsi, souvent, c’est d’autorité, que les parents interviennent dans les rapports de leurs enfants au monde, aux autres. .Il y a des parents qui exercent une pression et un contrôle constants, d’autres sont plus libéraux. Evidemment, cela ne s’arrête pas là, l’école et tous les adultes jouent plus ou moins le même rôle. La plupart des enfants trouvent tout à fait normal ce contrôle et ces obligations. (après tout, leur sécurité est aussi à ce prix)

Il s’habituent donc à ce que les adultes donnent à ce rapport au monde le sens, la forme qu’il doit avoir. Qu’il s’agisse de leur rapport avec leurs camarades des deux sexes, avec les adultes, les biens, les activités, les idées etc Les enfants perdent la faculté d’avoir un rapport direct, spontané avec le monde. Il est maintenant médiatisé par les adultes. C’est l’éducation. Cependant, ils se ménagent des espaces de liberté en l’absence des adultes.

On pourrait croire que ces derniers, libérés de leurs tuteurs et ayant acquis une indépendance matérielle, sont beaucoup plus libres. Plus personne n’est là pour façonner leur rapport au monde. En fait, c’est le contraire, ils le sont beaucoup moins que les enfants ;

 Depuis quand ne sommes-nous pas très sensibles à l’opinion que les autres ont de nous ? Depuis quand n’essayons-nous pas de nous montrer sous un beau jour ? Mais où les autres trouvent-ils les critères pour se faire une opinion de nous, Où trouve-t-on les critères qui, pensent-on, serviront à nous juger , Sur Mars ? Au ciel ? Les éléments dont dépend notre image font autorité. On leur obéit.

Depuis quand ne joue-t-on pas un rôle en société , consciemment ou inconsciemment ?

Quel lien, quel rapport possibles entre les autres et soi ? Dans l’immense majorité des cas, c’est la langue, les mots., les idées qui font le lien Apprendre comment fonctionner dans ce monde, c’est apprendre essentiellement à communiquer avec les autres puisque c’est principalement eux qui nous sollicitent, nous interpellent.

N’utilise-t-on pas, dans nos échanges, des mots, des idées dont on croit qu’ils seront compris et approuvés par les autres ? Ne sommes-nous pas, dans ce cas, dépendants de ce que peuvent être ces mots et idées  que les autres comprendront et approuveront ? Déjà, faire cela est un souci important. Nous sommes soumis aux conditions de la réussite de ce projet. C’est dans ce cadre que se situe le rôle que nous allons jouer.

 En fonction de ces éléments qui doivent permettre une communication réussie, on joue un rôle car notre vérité est différente d’eux. Ce n’est qu’une interface mais il faut tout le temps l’entretenir.

On n’échappe guère au devoir de jouer ce genre de rôle . On n’est surtout pas libre de ne pas jouer le jeu et on se scandalise quand un enfant qui ne respecte pas les règles de la sociabilité en vient à choquer son entourage. Mais nos réactions ou élans spontanés sont aussi très mal vus. Les règles du jeu sont impératives, il faut mettre les formes, user de diplomatie, savoir présenter les choses, et pas besoin, la plupart du temps, d’un éducateur pour nous les rappeler. Oui, mais que sait-on des autres ? De quoi se créer des difficultés pour trouver comment faire.

Depuis quand sommes nous certains de ne pas nous apercevoir que, sincérité ou pas, conviction ou pas, impression d’agir conformément à notre désir ou pas, on est le jouet d’un rôle que nous dictent nos pensées, que nous soyons dans le cas de communiquer ou pas ? .

Dès que l’on saisit un mot ou une idée, dès qu’il devient pour nous un appui, une référence, ce mot ou cette idée est immédiatement relié à tout un sens ou tout un ensemble de pensées qui va quelque part.

Attrapez un mot qui vous convient comme « confiance’, et vous montez dans le train de sens qui apparaît.

Nous voilà devenus quelqu’un de défini, de situé, en rapport avec ce sens. C’est le sachant. Hum ! Un parfait petit personnage dans le monde socioculturel personnel conditionné. Il n’y a pas de liberté pour un objet de pensée, il est pris par le rôle qui en découle. Pensez à la confiance, parlez-en, vous ne serez jamais vous-même.

Quand est-on complètement insouciant ? Quand est-ce que le soi séparé dans la conscience d’un soi séparé (ou l’objet de pensée-soi) ne nous préoccupe plus ? Parfois ? Rarement ? Jamais ? ,

Avec quoi, par quels moyens cherche-t-on à résoudre les problèmes d’un soi séparé qui doit fonctionner dans le monde et communiquer ? . Au moyen d’un savoir. Quel genre de savoir ? Un savoir de ce qui a de la valeur. Où trouve-t-on ces valeurs ? Vous connaissez la réponse. On est terriblement dépendant alors du besoin d’en trouver où l’on sait. Si le souci de ce qu’est le soi séparé nous habite très souvent, presque en permanence, le souci de trouver des valeurs pour lui nous habite aussi sans cesse.  Quel contrôle et quelle surveillance sont les plus forts, les plus constants , ceux exercés par des adultes sur un enfant qui a tendance à considérer qu’ils parlent une langue qui n’est pas la sienne, qu’ils viennent d’une autre planète que lui, ou cette dépendance à de bons éléments culturels ?

Ah non, la plupart du temps, personne ne nous dit ce qui est bien ou mal, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. On a l’impression d’être libre. En réalité, on est plus surveillé, plus contraint, plus enrégimenté, plus soumis que n’importe quel enfant de 10 ans dont l’éducation est stricte. Cela ne m’étonne pas que Sartre ait dit que les Français n’avaient jamais été aussi libres que sous l’Occupation. (à peu près)

En tant qu’objet de pensée, que soi séparé dans la conscience d’un soi séparé, que soi dont on a le souci, on est tellement, sous l’autorité de tout ce qu’il faut faire pour habiter le monde des hommes, de tout ce qu’il faut produire comme personnage, de tout ce qui peut se donner de la valeur que c’est un esclavage.. Entre tout ce qui existe dans le monde, à chaque instant, et nous, il y a une parole sans auteur apparent qui nous indique fermement quel rapport on doit avoir, pour avoir de la valeur aux yeux du monde, des autres passés, présents et à venir.

 Le soi séparé dans la conscience de soi ou le soi dont on a le souci, ou l’objet de pensée-soi est l’esclave absolu de tout ce dont il a besoin pour exister, continuer, se protéger, prospérer. Et pourtant, il n’est rien qu’un bouton sur le costume d’un des personnages qui jouent dans la pièce-société . Une fois identifié à ce sous-sous produit de la socioculture, toute forme de vie, en soi, doit s’adapter à la nature de ce bouton, s’y intégrer. La possibilité de se situer à l’extérieur est quasi nulle. Ah oui, vous pouvez regretter votre enfance, cela se comprend !

Et en plus, comme si toutes ces lois et structures qui nous ligotent ne suffisaient pas, on a à se défendre d’une saleté qui nous atteint sans cesse, d’un mouvement qui tend à nous salir, nous rabaisser, nous corrompre, nous enlaidir etc Prenons un exemple pourtant des plus engageants.. .

Aimer quelqu’un ? De quel amour s’agit-il ? Par quoi sera-t-on guidé ? Uniquement par nos sens et par la poésie ou par ce qu’on a entendu dire et ce qu’on a lu sur ce sujet mystérieux et inépuisable ? .

Aimer, c’est le mot de tout le monde, tout ce qu’on raconte à son sujet, et pas des plus jolis, tout ce que des partis divers peuvent lui confier comme mission se glisse en nous. Qui aime ? Le produit des pensées ainsi contaminées par l’usage public du mot amour ? Celui qui aime est-il plus beau, plus aimant après avoir pris en compte l’amour dans ce qu’en a fait la société ?

Et c’est pareil pour tout. Pour tout !

C’est pareil pour tous les mots La pensée sur les hommes salit les hommes. Alors il faudrait assumer tout ce qu’on a raconté – et pas des plus jolis – , il faudrait assumer qu’on reprend tout ce discours à son compte, il faudrait s’engager à honorer je ne sais quels sens du mot, il faudrait s’enorgueillir de toute sa saleté simplement parce qu’il fait partie de la culture ? Pureté interdite ?

Quand la pensée s’empare de quelque chose de soi, elle le souille, elle le salit. Quand la pensée s’empare d’un sentiment qui naît et qui n’est pas séparé de soi, elle le salit.

Le penseur alors, pensé en même temps, l’est aussi, que cela vienne d’une pensée religieuse, politique, sociale ou autre..

Mais ce n’est pas tout. Quand vous utilisez un mot (amour ou égalité ou autre) forcément, vous lui donnez un sens. Et comme ce mot est le mot de tout le monde, on vous accusera de vouloir dire que tout le monde lui donne le même sens, bref, de faire système. Vous voilà encore devenu louche. Vous vous êtes encore sali si ce reproche vous atteint.

Autres impératifs, autres éléments dont l’autorité sur vous est marquée : ceux qui permettraient de mettre vos propos à l’abri des critiques.

 En tant que soi séparé dans la conscience d’un soi séparé, que soi dont on a le souci, étant donné l’état de dépendance et de faiblesse extrême dans lequel on est, c’est une absence totale de liberté. Oui, je répète, on n’est rien qu’un bouton sur le costume d’un des personnages qui jouent dans la pièce-société Et dire que les enfants nous croient libres  et qu’on leur fait croire qu’on l’est pour qu’ils nous prennent comme modèles.!

Alors quand des gens rajoutent à tout cela la revendication d’appartenir à une catégorie culturelle ou sociale comme s’ils se revendiquaient d’une foi religieuse, quand ils font tout pour promouvoir cette catégorie dans la société, pour la faire reconnaître, quand leur idéal et leur combat est de s’identifier totalement à cette catégorie, quand ils veulent nous mobiliser, j’appelle cela de la folie. Cela va au-delà de la passion-société dont je parlais. Et bien sûr, il leur faut faire une propagande impossible (voyez qui en fait le plus) pour leur catégorie.Que faire, que dire pour qu’on parle de nous.  (mais assister aux combats dans l’arène, on se marre ! On se console ! Encore ! La télévision devrait organiser de grands débats entre des représentants populaires des différentes catégories en vogue – inutile de les citer, vous les connaissez – sur des sujets brûlants, il y aurait peut-être du sang. Je veux du sang ! .Que les pigeons assistent, sans intervenir, à la guerre des vautours.

Entre les deux, entre ceux qui sont victimes de ce fonctionnement de la langue et de l’esprit, et ceux qui nous harcèlent de leur propagande, il y a ceux qui, influencés par l’état des discours et désireux de se servir des concepts en vigueur, se dépêchent, en toutes circonstances, de coller sur les phénomènes et faits humains les étiquettes de l ‘actualité. Une sacrée valse ! Cela fait branché et cultivé.

Alors non seulement il faudrait se soumettre à des éléments culturels mais il faudrait, en plus, s’inscrire dans des clubs, des partis, appartenir à des catégories définies préexistantes dans le but de gonfler leur effectif ? Fichez le camp immédiatement, ouste !  et ne reparaissez plus.

C’est ainsi que la société se sert de la vitalité présente dans chaque individu pour animer des personnages qu’elle aura fabriqués conformément à ses structures et ses options.

Il ne faut pas avoir peur de sortir de tout ce système, d’être en dehors de la société. Il y a des peurs plus terribles et incontrôlables. Ici, on peut lui appliquer la phrase de l’Alexandre du film : « au fond, ce n’est pas difficile de ne pas avoir peur (réaction) il suffit de ne pas avoir peur (parti-pris) « Les paroles de la société passent, les sentiments de la société passent, les volontés de la société passent. Il n’y a pas lieu de leur donner beaucoup de valeur. Et employer sa vie à renforcer le pouvoir de la société ou de l’ordre public sur les individus, c’est être un ennemi public, c’est une très basse besogne.

Et en passant, posez-vous la question : les leaders et chefs religieux, au fil des siècles, ont-ils contribué à renforcer, développer les pouvoirs de la société ou de l’ordre établi sur les individus ou les ont-ils plutôt combattus ?

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