LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

20 avril, 2009

TRANSMISSION OU TRANSFERT

Classé dans : Formatage — inconnaissance @ 8:39

Pas de remise en cause des mots que l’on apprend.

Nous commençons à apprendre les mots dès notre naissance ou presque. Mais nous ne pouvons pas savoir, alors, ni même nous demander, si ces catégories qu’on nous apprend sont fondées. Nous ne saurions remettre en cause des mots qui nous permettent de commencer à exister.

Ce sont les mots des autres qui disent le monde, ce n’est pas le monde qui secrète les mots adéquats. Il suffirait de changer nos concepts pour vivre dans un autre monde.

Si l’existence des mots et du sens qu’ils ont dans la langue échappe à toute discussion, cela signifie que les classifications s’imposent sans discussion.

Apprendre les mots et leur sens, c’est épouser la façon de voir de l’époque.

De quelle manière s’effectue la transmission ou la communication ?

Pour communiquer, il faut pouvoir compter sur le fait que notre interlocuteur va reconnaître les mots de la communication. Pas seulement les signifiants, mais aussi leur sens.  Sinon, c’est l’incompréhension.

Une même mémoire donc puisqu’on retient ce qui vient des autres (et qui était dans leur mémoire) et qu’on transmet ce que nous avons en mémoire. Cela ressemble à un simple transfert de mémoire. Ou un transfert de mental.

Nous n’avons en mémoire que ce qui est transmissible et a pu être transmis, et seules les catégories sont transmissibles et transmises.

On ne transmet ou on ne mémorise donc que ces catégories qui, nous venons de le voir, (article précédent) caractérisent seulement la façon dont l’esprit ou le mental s’organise, fonctionne, mais qui ne décrivent pas les particularités d’une chose.

Toutes ces catégories sont associées à des images mémoires qui n’ont pas besoin de la présence réelle des éléments ou individus qui la composent. Au contraire.

Quand on parle, écrit, écoute ou lit, on fait appel à des souvenirs, des images recomposées : des souvenirs approximatifs et composites du monde, des extrapolations ou des dérivés de ces derniers, des souvenirs d’images diverses vues dans des livres ou dans les médias etc (un enfant ne sait pas si la créature qu’il voit à la télévision existe ou pas). Ils serviront à la représentation. Il faut imaginer à partir de ça. 

Alors que lorsque nous sommes attentifs à une chose, la percevant aussi fidèlement que possible, il n’y a pas de représentation, il n’y a pas de communication ou de réception possibles d’un message . Il n’y a même aucun désir de communiquer, de lire ou d’écouter un discours et aucune idée d’un autre avec qui communiquer. C’est l’attention à ce qui est présent.

C’est pourquoi il est impossible d’écouter un discours. La véritable écoute est branchée sur le présent. Le décryptage des paroles est branché sur le passé (se remémorer le sens des mots et se représenter ce dont il est question) On ne se sert que de sa mémoire, du savoir accumulé. C’est l’un ou l’autre. Ou le recours à la mémoire,  ou la conscience de ce qui est, ici et maintenant.

La nature des choses (objets, personnes, sensations, émotions etc) n’est pas transmissible. Elle ne peut être dissociée de la conscience qui la perçoit. La vie, notre vie, est un processus unitaire. La dualité sujet-objet, c’est à dire connaisseur-représentation, est artificielle, théorique, abstraite, stéréotypée.

Ainsi l’esprit est composé d’un nombre immense de tiroirs, remplis de classeurs, eux-mêmes remplis de dossiers etc avec des code-barre (les signifiants) dessus, tous fournis par la société. Tout cela étant interconnecté. Les perceptions sont rangées dans ces cases, et reçoivent, ipso facto, leur sens.

 » Comme du sommet d’une pagode, l’homme pertinent voit clairement au loin le monde tout autour. Il pointe le doigt en toutes directions, et son esprit dit : « voici ceci », puis :  » voici cela », mais en vérité seul ce qui est mort peut être découpé en morceaux selon les modes de l’intelligibilité. Celui qui est présent au paysage, en vérité, que peut-il dire ? » (NAN-SHAN .- Recueil de la Colline du Sud .- ed. Les Deux Océans)

Le recours à la mémoire signifie-t-il qu’on ne fait que restituer, comme une bande magnétique stupide, ce qui a été enregistré ?

Quand il s’agit des signifiants, oui. Mais il y a un autre phénomène spécial qui se passe. Le sens de chacune de ces catégories (ou mots) n’est pas transféré tel quel. Ce n’est pas un copié/collé. Chacun a ses souvenirs, ses images mémoires, ses représentations que les signifiants réactivent. Ce sont toujours des catégories définies par d’autres catégories que nous n’avons pas choisies, mais elles ont un sens propre à l’auditeur, plus ou moins différent de celui du locuteur.

 

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