LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

15 juillet, 2020

CONSTRUIRE : TRAVAUX FORCES

Classé dans : Fourmi — inconnaissance @ 15:06

Soi-même est multi-facettes, multicouches, ce sont les éléments culturels auxquels on s’est identifié, ceux qui étaient directement ou indirectement le sujet de nos pensées.

Il suffit de faire la liste : être bien en tant qu’humain, bien en tant que citoyen, bien en tant que penseur, bien en tant que mari, que père, qu’employé ou patron, bien en tant que personne de sexe masculin, bien en tant que consommateur, bien en tant que croyant ou militant, bien moralement, bien physiquement, bien comme on s’habille etc Ce ne sont là que les repères les plus marquants, chacun s’identifie à des dizaines de repères plus modestes.

Chaque pensée du moment nous permet de nous penser en tant que tout ça; alternativement ou successivement. (et de prendre au sérieux ce soi créé) C’est notre rapport au monde. Un rapport, si possible, à notre avantage. Le sens de soi, c’est le bien. Il y a des gens qui enfreignent la loi. Ce sont des gens bizarres, ils se revendiquent irresponsables, parce que quand ils sont pris, découverts, ils n’assument pas; ils regrettent, ils renient ce qu’ils ont fait. Mais c’est vrai que la loi les punirait plus gravement s’ils ne se confondaient pas en excuses, et elle le sait. Pénitence, pénitence !

Que serait-on si tout cela disparaissait ou changeait, tous ces concepts ou éléments culturels issus de la société, définis par la société ? Ils constituent le sens du monde où l’on vit, le sens pour les hommes. (on n’est pas des animaux, on fait son devoir de citoyen, on essaie de bien penser, on se reconnaît comme mari, père etc)

Dans les pensées du monde, il y a ce qu’on doit être. Cela va des coutumes à respecter aux personnalités à incarner. Si on n’avait absolument aucune idée de ce que c’est qu’un père ou un employé; que ferait-on ? Changez le sens et la valeur de l’un de ces concepts et vous verrez le résultat. Heureusement, notre éducation, notre apprentissage nous ont permis de donner un sens à tous ces concepts, ou plus exactement, on nous a indiqué quels sens ils avaient; C’est pas comme un amnésique total qui aurait tout oublié et qui ne respecterait rien;

Comme on n’a qu’une envie, c’est de faire partie du monde, et qu’on confond le monde avec le sens qu’on lui donne, qu’on a appris à lui donner, on n’a qu’une envie, c’est de répondre comme il faut en campant le personnage adéquat. A tout moment. . Dans tel cas on est ceci, dans tel cas on est cela. Il ne faut surtout pas mélanger. Mais c’est automatique. Vous n’avez rien à faire, c’est comme pour marcher, pas besoin de réfléchir. La pensée est là pour se penser comme il faut.

Mais si ça fonctionne comme cela, cela veut dire qu’on peut nous imposer beaucoup d’autres concepts à respecter, et si on veut être dans le coup, on fera ce qu’il faut; Quoi ? Vous ne voulez pas être un républicain, vous comporter en républicain, penser comme un républicain, voter comme un républicain ? Dictionnaire : rép… républll…là, républicain, qu’est-ce qu’ils disent. (je plaisante)

Comme ça, dans la vie sociale, on peut utiliser successivement les sens communs que l’on trouve dans les concepts. (vacances, par exemple, réflexion entendue : profitez-en bien)

Y-a-t-il un moment où on n’est le produit d’aucun concept, fut-ce même de l’idée de bien, ? Même les jugements à propos de tout ou n’importe quoi, pour peu qu’ils émanent de quelque personne en vue ou qu’ils soient passés dans les moeurs, sont des incitations à se penser et à se créer une identité ad hoc. Gare à l’intox, elle n’arrête pas. L’écologie est à la mode, on ne pense qu’à ça. Il y a quelques concepts avec leur sens qu’on nous serine en permanence. C’est mal d’être contre, bien d’être pour.

Mais quel intérêt, au fond, de passer sa vie à mettre en pratique des concepts dont on a appris le sens ? Le bien ! La satisfaction d’être un bon et un bon et un bon….Mais posez-vous la question, le bien, ou le mal de qui, de quoi ? Le mal de tête ? le bien poli ? Est-ce le bien ou le mal d’une personne ou d’une idée, d’un système de pensée, d’une vision de la société, d’une nation, d’une idéologie, d’un Dieu  ? Qu’est-ce qu’une personne ? Qu’est-ce qu’un homme ? Qui êtes-vous ?

Tout le monde est censé se référer à ces concepts et leur sens commun

La communication, surtout quand elle est voulue, recherchée, désirée, est une chose bien hideuse et bien funeste, parce que non seulement il faut avoir recours à ce qui est collectivement connu, mais il faut aussi avoir recours, pour plaire, à ce qui est collectivement aimé ou approuvé. Et puis pour justifier nos propos, nos positions, on a recours à des raisonnements collectivement admis (articulation du sens des concepts)

Cela revient à construire, compléter, renforcer continuellement, minute par minute, heure par heure, jour après jour, le monde collectif, le sens dans lequel nous vivons. C’est de lui que nous nous occupons en permanence. Nous sommes des fourmis, mais des fourmis très généreuses. Travailler activement à trouver ce qui serait commun, travailler activement à le présenter d’une façon qui plaise, travailler activement à faire du sens avec ça. Attendez, j’en rajoute, et c’est pas tout, et c’est pas tout.

C’est parce qu’un concept est collectif, c’est parce qu’il est apprécié collectivement, qu’il s’impose, pas pour autre chose. Il s’impose parce qu’un sens a réussi à se répandre, pas à démontrer son exactitude.  (dans les « relations sociales », politesse, courtoisie, serviabilité sont de mise et non pas, surtout pas, spontanéité ou franchise. La politesse s’impose parce que tout le monde est poli, pas pour autre chose) L’idée du nombre, du général, du partagé est ce qui nous détermine.

Donc, si on veut critiquer, exprimer sa détestation, il faut faire attention à utiliser certains sens communs et approuvés.

La communication est devenue un devoir sacré et une tâche permanente. Il suffit de voir à quel point l’idée « les autres » ,en société ou dans la solitude, est présente. Il suffit d’imaginer le cas où on ne serait absolument pas soucieux de faire partager ce qu’on pense ou ressent, et de trouver les moyens pour le faire; Est-ce que ça arrive seulement ?

Si les autres – quelle que soit la nature de leur parole quand elle résonne en nous – sont dans la raison qui décide dans notre fort intérieur, on est dans la soumission totale à la société. Y-a-t-il un seul moment où on est vraiment égoïste, où le service des concepts, du sens commun, de la communication ne nous mène pas ? Chacun a sa façon de servir la société

Mouvement du dehors vers le dedans et du dedans vers le dehors, ça cause dehors et ça cause dedans. Dès que l’idée : « les autres » est présente, toute la structure décrite au-dessus se réactive; et on a vraiment besoin que son propre point de vue, sa propre vie affective ou émotionnelle, soient adoubés par eux.. On passe sous la tutelle de la collectivité;

Si on travaille pour le maintien, la gloire, le succès, la défense, la transmission de ces concepts et de leur sens commun, on est au service de la société.

Le moment où il nous apparaît clairement, que ce qu’on nous dit est un pur échantillon de sens commun en vigueur – sorte de cliché – nous évite carrément de nous y laisser prendre.

Que serait une vie dont le ressort ne serait pas dans la société, mais en soi, qu’est-ce qui nous motiverait qui ne dépendrait pas des autres et du sens commun.

Ni avoir recours au jugement des autres, ni avoir besoin d’être adoubé par eux

Oublier le bien et le mal, c’est ne plus avoir à penser à soi. On ne pense à soi que pour s’interroger sur ce qu’on vaut. On ne s’interroge sur ce qu’on vaut qu’en fonction des critères et valeurs qui caractérisent une société. Et il y a des obsédés, j’en connais.

Alors quoi ? On a été projeté sur terre d’autorité, on a toujours ignoré ce que nous, on faisait là, on ignore en grande parie sa propre intelligence, au-delà de ses performances, l’état de ses propres facultés, de ses propres capacités, la nature de ce qui nous détermine (notre manque) mais on est invité par tout le monde à croire que ce qui pourrait nous venir en aide, c’est quelque sens supérieur, quelques idées géniales sur le monde, pour éviter de prendre conscience que notre problème est dans ce que nous sommes et sommes devenus. On est complètement pris dans une façon de penser et de fonctionner qui fait de nous des automates, tout est fait pour le bénéfice de la société et pas pour le nôtre, et on vient encore nous maltraiter ou nous chercher des noises .La continuité ou non de ce monde n’est pas notre problème. Par exemple, qu’avons à voir avec les montages politiques et économiques de nos dirigeants qui agissent sans nous consulter , Que pouvons-nous à leurs problèmes. Pas de droits, pas de devoirs. Pourquoi voter alors qu’on ne peut plus rien sur les décisions prises par des organismes internationaux dans la main desquels nos dirigeants ont mis la France ?

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