LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 décembre, 2020

DE LA GRANDEUR

Classé dans : Grandeur — inconnaissance @ 15:58

Ma lanterne allumée à la main, de jour comme de nuit, je cherche un grand homme désespérément.

Freud parlait des 3 grandes blessures narcissiques pour l’homme 1 le fait que la terre ne soit plus au centre de l’univers 2 le fait que l’être humain soit l’aboutissement d’une longue évolution qui le fait remonter à des créatures assez simiesques 3 le fait que l’homme n’est pas le maître dans sa propre maison, la psychanalyse – donc Freud – ayant démontré (?) que l’inconscient gouverne le conscient .

C’est vrai que tout cela a changé notre façon de penser.

Mais depuis toujours, il y a deux blessures narcissiques, à mon avis encore plus graves, nous touchant d’encore plus près : nous ignorance-impuissance et notre petitesse-précarité. Alors la grandeur, ce n’est pas gagné.

Oui je sais on a beaucoup glosé, disserté, sur ces deux thèmes, et on en a fait de beaux livres philosophiques pleins de raison, de références culturelles et de perspectives historiques. C’est plus dur quand on se heurte réellement, concrètement à la réalité de ces choses.

Un enfant ou un jeune adolescent se sent 100 fois moins dépendant de la société, 100 fois moins lié à elle que des adultes bien mûrs. C’est un fait. Forcément, les derniers ont bâti leur vie dedans. Les jeunes disent : je veux vivre, les seconds disent : il faut durer et construire. (il faut servir) Ils ne se conçoivent plus en dehors.

Le je, qui dépend totalement des pensées ou du savoir dont on hérite, qui ne se développe que progressivement, finit par occuper toute la place, par se confondre avec notre être, ce qui nous condamne à n’être plus qu’un rouage d’une société malfaisante, malsaine et en perpétuelle décomposition.

Au départ, on se cherche une raison d’être là dans la société et ainsi se développe le je qui est son sous-produit. Mais il est hors de question que la culture ou la société aient à légitimer leur propre existence. C’est à nous de nous adapter à elles et pas le contraire. (Peu importe à quelle société on entend se soumettre, on se soumet à une société qui reste la référence et le but) .Ce n’est pas encore évident chez les jeunes ; les adultes l’ont bien entériné, ils.se pensent beaucoup. Ils ignorent tout cela et sont impuissants à le changer. Je repars avec ma lanterne. .

Autre blessure. La question de savoir ce qu’on fait là, nous, n’a pas disparu malgré le sens que l’on peut se donner grâce à la société ou la culture. Ce n’est pas étonnant. Tous les sens qu’on nous propose légitiment, renforcent l’existence du je. On n’existe plus qu’en tant que je . Mais ce je, objet de pensée n’est pas réductible du tout à l’être vivant biologique que nous sommes. Dans ce dernier domaine, la culture ne sert pas à grand chose. Petitesse-précarité ? . L’être biologique est faible, tandis que la culture ou la société est grande et puissante Les mots les concepts sont grands, beaux, intemporels, alors que les cellules, sont petites, laides et éphémères Ah c’est dur, c’est dur c’est dur de passer d’un état où on a de grandes idées, de grands projets, mais non encore réalisés, à l’état de malade ballotté, malmené, infantilisé. Et même si on n’est pas malade, notre fragilité se rappelle à nous sans cesse.

Au bout du compte, on s’est remis à ramper, et on meurt misérablement.

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