LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

16 septembre, 2015

LA VOLONTE DE DIEU ET LES DROITS DE L’HOMME

Classé dans : Humanisme — inconnaissance @ 16:57

Quel rapport ? Ils sont nombreux.

En guise d’introduction, disons que si Dieu n’existe pas, sa volonté non plus. Evidemment ! Si « L’Homme » n’existe pas, ses droits non plus. Ensuite, la volonté en question descend ou émane du ciel ou d’un Esprit absolu. Les droits en question descendent ou émanent d’une sorte d’esprit ou d’essence universels. (L’humanité peut, à la rigueur, désigner l’ensemble des individus classés humains, l’Homme désigne une essence commune) La volonté de l’un est un truc qui s’impose et que l’on doit chercher à connaître et à servir, les droits de l’autre sont un truc qui s’impose et que l’on doit chercher à connaître et à servir. N’est-ce pas que ça y ressemble.

Comme Max STIRNER avait presque tout prévu de ce qui se passe aujourd’hui (plus de 150 ans plus tôt, et à une époque où les nationalités étaient l’enjeu, le coeur du débat) il me paraît juste de lui rendre hommage en apportant quelques éléments pour tenter de vous en convaincre. Cela devrait permettre aussi d’anticiper l’évolution du monde.

Je mets un H majuscule à homme, même quand elle n’apparaît pas dans la traduction française que j’ai (Table Ronde) , quand il me semble clair que le mot désigne l’essence homme.

Homme, humanisme, la nouvelle religion, avatar du christianisme ou christianisme revitalisé. .

 » L’histoire a été jusqu’ici l’histoire de l’homme incorporel…..L’homme commence seulement maintenant à être et à vouloir quelque chose . Quoi donc ? Beau, bon, vrai, plus précisément : moral, pieux, aimable etc Il veut être un Homme véritable, il veut faire de soi quelque chose de bien. L’Homme (en français dans le texte ndr) est son but, son devoir, sa destination, sa mission, sa tâche, son idéal, il est à soi-même un être d’avenir, d’au-delà « 

 » Le christianisme n’est pas anéanti et les croyants ont raison d’accueillir pleins de confiance les assauts qu’on lui livre et qui ne peuvent servir qu’à l’épurer et à l’affermir, car il n’a fait en réalité que de se transfigurer et le christianisme révélé est le christianisme humain » (morale chrétienne fortifiée, avec peu ou pas de dogme)

 » La religion humaine n’est que la dernière métamorphose de la religion chrétienne « 

« Il en est de l’Homme comme de Dieu, celui-ci veut béatifier le monde, l’Homme veut faire son bonheur, rendre heureux tous les hommes  » Tous…vaste programme. Tiens, on va apporter la démocratie en Irak.

 » l’Homme à la place de Dieu est devenu le préjugé nouveau, une foi nouvelle apparaît, la foi en l’Humanité, en la Liberté. Le Dieu de tous l’Homme » (en français dans le texte) est devenu le Dieu de l’individu. Notre but suprême est d’être Homme »

 » Je sais maintenant ce que je dois être et le nouvel évangile peut être écrit. De nouveau, le sujet est subordonné au prédicat (qui traitera d’une catégorie humaine générale ndr) , l’individu au général ; de nouveau l’autorité est assurée à une idée et la base est posée d’une nouvelle religion…C’est là un progrès dans le domaine religieux et spécialement dans le domaine chrétien, mais on n’a pas fait un pas hors de ce domaine….On cherche mon être, comme ce n’est pas le Juif, l’Allemand etc c’est l’Homme. L’Homme est mon être  »

Pour s’en convaincre, regardons comment cette nouvelle religion fonctionne en pensant à la comparer à la précédente.

 » La société humaine que nous promet l’Humain (en français dans le texte) ne reconnaît rien qui soit particulier à tel ou tel individu, pour elle tout ce qui a un caractère privé est sans valeur  » (et on a aussi pensé à tout ce qui faisait résistance à l’Humain à un niveau un peu plus macroscopique.)

« L’homme doit être élevé à cet amour qui se fonde sur l’essence de l’Homme  » Ah je vole !

La catégorie Homme est devenue quelque chose de transcendant, d’universel, de suprême. Ce qui donne l’humanisme : système de pensée fondée dessus.

« L’Homme, c’est à dire l’humanité, place en moi cette exigence : il m’ordonne l’amour, l’amour est mon devoir. (on est tous frères, n’est-ce pas ? Ndr) Ainsi, au lieu d’être conquis réellement pour moi,, il l’est au profit de la communauté, de l’Homme comme étant sa propriété ou sa chose particulière.  » Devoir.

 » Ce qui originairement était mien, mais issu du hasard et de l’instinct, me fut concédé comme étant la propriété de l’Homme….; je devins feudataire de l’humanité, je n’étais plus qu’un spécimen de cette espèce, et j’agissais en aimant, non comme moi, mais comme Homme «  

« La critique vraie ou humaine se borne à reconnaître si une chose convient à l’Homme , à l’Homme vrai, tandis que par ta critique propre, tu découvres si elle te convient »

« Les hommes consistent en croyants et impies. Si je critique ayant pour croyance l’Homme comme être vrai, aussitôt il n’y a plus pour moi que l’Homme et le non-Homme  » (Aujourd’hui, d’autres qualificatifs enrichissent ce concept de non-Homme.)

« Et l’esprit dont je ne puis me rendre maître peut prendre les formes les plus diverses, il peut s’appeler Dieu ou esprit national, Etat, famille, raison ou encore liberté, humanité, Homme  »

« Cette possession de l’amour tient au caractère étranger de l’objet, autrement dit à mon impuissance, en face de son essence étrangère et de sa force supérieure  »

 » tant que l’on exigera du respect pour un être spirituel, la parole et la presse devront être, au nom de cet être sacré, asservies  car l’égoïste pourra toujours, dans ses expressions, lui manquer « 

 » Maintenant, en opposition au dogme religieux qui nous ordonne de nous aimer les uns les autres pour l’amour de Dieu, le rapport des hommes entre eux prend position humaine et devient : aimez-vous les uns les autres pour l’amour de l’Homme  »

« Le critique n’a pas trouvé l’Homme (et ce n’est pas demain la veille qu’il va le trouver ndr) mais l’Homme a été fixé comme vérité par le dogmatique  »

Les droits de l’Homme, ce sont les droits d’un concept, et ils dépassent les autres droits.

« La civilisation est absolument un régime féodal, car la propriété est celle de l’Homme ou de l’humanité, non la mienne. Il a été fondé un énorme Etat féodal, tout a été ravi à l’individu et transmis à l’Homme  » (d’où les différences de traitement : plus on peut vous assimiler à l’Homme universel, et plus on vous reconnaît de droits par rapport à un individu plus localement ou spécifiquement déshérité.

« La question de notre temps n’est pas soluble quand on la pose ainsi : est-ce le général ou l’individuel qui a droit ? » Comme elle n’est pas soluble, comme l’individuel, c’est l’ennemi, comme le général est une chose dont on peut se servir pour embrigader les peuples, il faut imposer son règne.

 » l’homme individuel peut prétendre à tant de droits, parce que c’est l’Homme (en français dans le texte) ou le concept Homme, c’est à dire parce que son état d’Homme lui en donne le droit  » autrement dit, tout dépend d’un concept et du sens qu’on lui donne.

 » Ne pas voir autre chose entre toi et moi que des « hommes », c’est pousser à l’extrême la conception chrétienne suivant laquelle chacun n’est qu’un concept pour l’autre « 

 » Il n’est guère difficile de dire en termes frustes ce qu’est un non-Homme, c’est un homme qui ne correspond pas au concept de l’Homme, de même que l’inhumain est de l’humain qui ne correspond pas au concept de l’humain » Si on remonte dans le temps, d’autres catégories d’hommes ont eu du mal à ne plus être considérés comme non-humains. (ou dépourvus d’âme) Mais aujourd’hui on est plus sur le plan moral.

Les difficultés à prévoir. Effets (dévastateurs) ordinaires d’une religion universelle, d’une croyance en un Esprit supérieur assimilé au Bien suprême , qui prétend détenir la Vérité

Politiquement correct jusqu’à la nausée :  » il faut que toute opinion personnelle soit abolie ou rendue impersonnelle. A la personne il n’appartient aucune opinion ; mais de même que l’on a transféré la volonté personnelle à l’Etat, la propriété à la société, de même l’opinion individuelle doit être transportée à un être général , à l’Homme et devenir par là une opinion générale  » du kantisme extrême ou de l’impersonnalisation extrême. Comment vous avez dit ce mot qui..;autrefois ..a été…dans telle circonstance…dit par…procès d’intention effréné. Au fou ! Car il y a des catégories obligatoires, des façons d’en parler obligatoires. etc Faut pas froisser l’Homme.

« maintenant, il apparaît que l’Homme cherche à devenir moi et à acquérir en moi une corporalité, je remarque bien pourtant que tout dépend de moi, et que l’Homme, sans moi, est perdu  » (forcément, ce genre de catégorie, n’existe que dans l’esprit et nulle part ailleurs. ) On va pousser les feux du conditionnement au maximum.

« Ce n’est pas moi que tu vois, l’homme corporel, mais un irréel, le fantôme, c’est à dire un Homme  » (en français dans le texte)

 » Ainsi, qu’a donc trouvé ton amour des hommes? (ton amour de l’Homme ndr) Rien que des hommes indignes d’être aimés  »

 » Tout homme réel, parce qu’il ne correspond pas au concept « Homme » ou parce qu’il n’est pas l’homme-espèce, est un fantôme. Mais suis-je encore un non-Homme quand cet Homme qui se ressait devant moi comme mon idéal, ma mission, mon essence, mon concept et m’apparaissait dans un au-delà, je le rabaisse à mon moi propre, à ma propriété inhérente de sorte que l’Homme n’est pas autre chose que mon humanité, mon état d’homme, et tout ce que je fais est humain parce que je le fais et non parce que cela correspond au concept Homme  » Règne de l’Idée, du concept général comme aujourd’hui, (et idéologie) ou non -sujet puisque chacun est toujours un homme »

 » Moi aussi j’aime les hommes, non seulement les individus mais quiconque. Mais je les aime avec la conscience de l’égoïsme. Je les aime parce que l’amour me fait heureux, j’aime parce qu’aimer m’est naturel, me plaît….Vous aimez l’Homme (en français dans le texte) c’est pourquoi vous faites souffrir l’homme individuel, l’égoïste : votre amour de l’Homme est son tourment  »

« L’Homme n’est qu’un idéal, l’espèce n’existe que dans la pensée  » (de chacun, de façon différente, et nulle part ailleurs)

 » Le bien commun n’est pas mon bien, ce n’est que le renoncement au moi porté à la dernière extrémité. Le bien commun peut chanter d’allégresse alors qu’il me fait baisser la tête  »

 » Ainsi, ceux qui pensent dominent le monde tant que dure l’époque des frocards et des maîtres d’école ; ce qu’ils pensent est possible, mais ce qui est possible doit être réalisé. Ils conçoivent un idéal humain qui, pour le moment, n’est réel que dans leur pensée ; mais ils pensent aussi à la possibilité de son exécution  »

Facile à comprendre.

Il n’est pas très difficile de voir pourquoi cette religion, ce concept Homme, l’humanisme, a tant de succès à notre époque de mondialisation. Il sert activement au discrédit de ce qui n’est ni universel, ni abstrait, au discrédit de ce qui serait documenté historiquement, culturellement, et anthropologiquement. A communauté mondiale il faut une religion mondiale. On a juste donné un autre visage à cet universel.

La main invisible de Dieu…bon, c’est un peut désuet. La main invisible du marché…ah, c’est mieux. La main invisible de la mondialisation. Voilà !. C’est partout. C’est nulle part. C’est inaccessible. C’est inéluctable. Mais…c’est plein de promesses. Si si.

Tous ces esprits-prêtres, tous ces prédicateurs de la nouvelle religion , tous ces saints hommes nous font bien rire en voulant nous faire oublier que :.

 » L’homme est quelque chose comme ma qualité (ma propriété), de même la virilité, la féminité  » Allons-nous légiférer mondialement sur les droits de la virilité ? Certains sauront (savent, parce qu’on leur a soufflé) exploiter cette invention d’une idéologie. Mais qui a le pouvoir de donner à quiconque, ou de lui retirer, une telle qualité ?

L’Homme n’existe pas, ses droits non plus par conséquent. Le droit n’est pas hors-sol, hors contexte, hors histoire. Le concept d’Homme et les droits qui lui sont associés ont été concoctés par les puissants pour agir dans le monde entier conformément à leur projet mondialiste. C’est bien la plupart du temps au nom des droits de l’homme que l’on va faire la guerre partout ou que l’on fait des lois en faveur d’une idée abstraite ou d’un ordre mondial. On n’a plus rien à dire en tant qu’individu ou en tant que membre d’une communauté nationale, on nous bombarde d’idées universelles;

Eh ben non.

 » maintenant je cesse de me présenter à moi-même comme étant l’inhumain, je ne veux plus me mesurer ni me laisser mesurer à l’Homme  »

 » que m’importe si ce que je pense et ce que je fais est chrétien, Ou si c’est humain, libéral, inhumain, antilibéral ! Du moment que mes pensées et mes actes n’ont pas d’autre but que ce que je veux, que j’y trouve ma satisfaction, donnez-leur les prédicats que vous voudrez, peu m’importe ! « 

 » Mon action n’est jamais humaine in abstracto, mais elle m’est touours propre, c’est à dire qu’elle diffère de toutes les autres actions humaines et que c’est seulement par cette différence qu’elle est un fait réel et qui m’est propre  »

 » Si je n’ai qu’à me contenter moi-même, je ne suis pas pêcheur quand je ne le fais pas, car je ne blesse en moi rien de sacré « 

 » Aucune idée n’a d’existence, car aucune n’est capable de réalité corporelle  »

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