LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

1 décembre, 2020

DU DESTIN DES MOTS

Classé dans : Identite — inconnaissance @ 16:26

Qui dira le désespoir, le sort affreux des mots dont on ne se sert plus. Snif ! Y pensez-vous un peu ? Derrière ces mots, il y avait des gens car il faut bien que des gens les aient formulés pour qu’ils se soient mis à exister, il faut bien que des gens nous les aient adressés, des gens en nombre. Que sont-ils devenus ? Avez-vous une pensée pour ces pauvres oubliés ? Les honorez-vous le 2 novembre?

Si on ne se sent exister, si on ne se sait exister, qu’en se pensant à l’aide des notions, concepts, idées, mots que la société nous fournit, si on ne se sent, si on ne se sait exister qu’en tant qu’objet de ces idées, pensées etc il est absolument évident que reconnaître l’existence d’autrui, c’est reconnaître son personnage social, son identité sociale, culturelle et seulement lui.

Péché, remettons à l’honneur ce joli mot, si riche, si plein de sens. Péché, pécheur, je suis un pauvre pécheur. En tant que tel, je reconnais en autrui un autre pauvre pécheur au moins potentiel. Entre pécheurs, on se comprend. Et puis on est tous deux dans le giron de notre sainte église catholique pédophile et romaine. Ah non, vous c’est communiste ? Non, écolo ? c’est pas grave, chacun sa chapelle.Mais que dire quand on doit contenter de très nombreuses chapelles pour être réélu, il faut zapper comme un fou ! C’est facile de critiquer, je voudrais vous y voir vous.

Les valeurs sont des inventions de la culture avalisées par la collectivité. Pardon, pardon, je confesse que… . Les identités sont des inventions de la culture validées par l’usage collectif. Pécheur peuchère ! Et depuis ma naissance ! 

Le but, l’objectif, dans l’existence, le schéma de conscience présent, c’est toujours d’objectiver en espérant que les autres accorderont de la valeur à cette objectivation, c’est à dire, en fait, que cette objectivation deviendra un élément, une brique du monde, de la société. (mon idée, mon sentiment, ma création, mon action…que cela soit intégré dans le décor) Au fond, on peut se demander quelle part de nos problèmes, de notre malheur est due au fait que nous ne parvenons pas à faire partie du décor, à faire tapisserie.

La tristesse, l’amertume, la déception, voire le désespoir viennent quand l’objectivation tentée ne tente personne, n’intéresse personne. Tout le contraire, en quelque sorte, de ce que produit une autorité, un maître quelconques. On veut être quelqu’un pour la société et jouer un rôle.

Cela vient de loin, c’est parti de la relation à l’autre, aux premiers autres, quand la pensée et le désir de plaire sont entrés dans la danse. Car cette objectivation est adressée à l’autre. Il faut bien adresser quelque chose à l’autre, quelque chose de défini. L’autre est extérieur alors on produit quelque chose d’extérieur. . De fil en aiguille, l’autre devenant gigantesque et multiforme, ce n’est plus seulement par papa ou maman qu’on veut être reconnu et aimé, c’est par la société. C’est soi-même tout entier qui doit être objectivé pour être adressé aux autres. La vie, c’est rendre des comptes, rendre des comptes aux autres. Vous ne vous rendez pas compte à quel point cela occupe toute votre existence. Rendre beaucoup, beaucoup, beaucoup de comptes, ça occupe.

Être totalement dépourvu du souci de rendre des comptes quelques secondes est une révolution, mais le dialogue intérieur incessant n’a pas d’autre fonction. Et les relations n’ont pas d’autres raisons d’être.

 

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