LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

12 septembre, 2016

A QUEL SAINT SE VOUER

Classé dans : Imaginaire — inconnaissance @ 12:44

Quand on a une longue habitude de faire quelque chose, on ne se demande plus si on va la faire, quand on a admis telle ou telle idée, on ne délibère plus. Il n’est pourtant pas impossible de revenir en arrière si on commence à s’apercevoir que ces préjugés sont dommageables.

On peut avoir admis comme une évidence que la vertu ou la qualité morale ne concerne ou ne désigne jamais un bénéfice pour soi, mais toujours un bénéfice pour les autres. Il en résultera que tout ce qui nous est bénéfique ou profitable n’est pas vertueux et que tout ce qui est vertueux ne doit pas nous être bénéfique. Or la vertu, les qualités morales sont hautement et unanimement appréciées et globalement recherchées. De là à considérer que la recherche de notre bien est condamnable ou répréhensible, il n’y a qu’un pas. Si on pense à soi, tant pis pour nous, si on pense aux autres, tant pis pour nous, mais ce ne sera pas pour les mêmes raisons. (réprobation ou être victime)

Dans le prolongement, on a admis comme une évidence que nous devons chercher à être utile à la société, à apporter notre pierre à la société, à travailler pour elle, à sa préservation et son progrès, et que son intérêt prime de loin sur le nôtre. (certains font même profession de cogiter, cogiter pour détecter ses problèmes et apporter leurs solutions) Et pourtant, il en résultera que l’on sera au service d’une société donnée, d’un système donné – non négociable -qui fait autorité, et peu importe si ce système nous est préjudiciable, à nous et à d’autres. De là à se servir des autres et à nuire aux autres dans l’intérêt de ce système, il n’y a qu’un pas. Si on autorise les autres à se servir de nous, à faire de nous des instruments, tant pis pour nous, si on refuse d’être instrumentalisé, tant pis pour nous, mais ce ne sera pas pour les mêmes raisons.

Cela ne fait aucun doute, il est hors de question pour la plupart d’entre nous de considérer que les êtres humains sont des créatures de la nature au même titre que les autres animaux, que son célèbre neocortex est le fruit d’une évolution et son fonctionnement aussi naturel que le reste. Longtemps certaines religions ont eu beau jeu d’opposer l’esprit à la matière, sachant très bien que les hommes n’accepteraient pas d’être seulement de la matière tant les prouesses et la nature de leur esprit leur paraissaient supérieures. Et puis on a commencé à montrer que ce que l’on prend pour du divin, du surnaturel, etc était surtout fantasme, imaginaire, rêve. Puis la matière n’était plus aussi stupide que cela. Elle était pleine de vide, d’interactions subtiles et pleine d’énergie sinon transformable en énergie.  N’empêche, nos pensées et notre génie continuent à nous fasciner. On n’est pas prêt d’admettre que la pensée est un phénomène naturel, biologique, de même que le contenu des pensées, c’est à dire les objets de pensée.

La conséquence, c’est que l’on tient à croire que les abstractions spirituelles de la religion ou de la morale choisies par notre « libre-arbitre » (objets de pensée) peuvent orienter, inspirer notre vie ou changer le monde, que nos belles idées sauront convertir ceux qui se sont égarés sur le chemin de la violence, bref qu’elles sont efficientes parce que adaptées à notre nature. Comme si l’incorporel, le pur mental , conditionné,pouvait régir l’organisme vivant ! Ces généralités abstraites et imaginaires font fureur. (C’est la spécialité de la gauche de penser de cette manière et de vouer aux gémonies tous ceux qui ne seraient pas sur la même longueur d’onde qu’eux. Et les politiques, contaminés, n’instruisent pas, n’informent pas, ils prêchent.) Dans certains cas, il est mal vu de suivre la foule, de se comporter comme un mouton de Panurge, dans d’autres, il est bien vu de suivre la foule, de se comporter comme un mouton de Panurge. Il est tantôt recommandé de faire ce que la foule fait et tantôt décommandé ou bien tantôt recommandé d’agir différemment de la foule et tantôt décommandé d’agir différemment. Tout dépend de ce que fait la foule ou de ce qu’on fait. Il n’est pas recommandé d’être le seul à croire en un dieu ou une valeur morale, il est recommandé de croire dans le même dieu ou les mêmes valeurs morales que la foule, non pas pas que ce dieu ou ces valeurs morales sont plus réels ou plus bénéfiques pour nous, mais parce que tout le monde y croit.

Cela fait des milliers d’années que l’on croit, inutilement,  dans ces généralités abstraites et imaginaires (c’est à dire qu’on en fait bien plus que de simples codes de conduite convenus) sans rencontrer le succès espéré, sans arriver nulle part. Pourtant, qui ne serait pas prêt à parier qu’il serait bien plus sûr et efficace de considérer que les conditions d’existence, l’environnement, le milieu de cette créature humaine ont bien plus d’effets sur elle que des concepts généraux et vaseux. Alors on choisit la croyance plutôt que de changer le contexte physique et intellectuel, psychologique et sanitaire. On tient en plus haute estime l’église, la mosquée ou la synagogue que l’école (rappelez-vous le discours du Latran) . On considère la faculté de porter des jugements de valeur supérieure à la faculté de bien raisonner. Si on préfère la croyance à la raison et la connaissance, tant pis pour nous, et si on préfère la raison et la connaissance à la croyance, tant pis pour nous, surtout dans certains milieux ou certaines sociétés.

On ne bronche pas lorsqu’on nous parle de l’homme, des droits de l’homme. Mais si on se compare à son voisin, ce que l’on peut remarquer, ce sont seulement certaines caractéristiques anatomiques apparentes communes, certains besoins fondamentaux ou instincts communs, mais c’est vrai pour toutes les espèces, et on ne parle pas de droit. Si on continue à regarder son voisin, on ne pensera pas que ses besoins, même fondamentaux, lui donnent des droits sur nous. Pourtant on admet qu’une tierce personne ou une institution peut décider que les besoins de notre voisin lui donnent des droits sur nous et cette tierce personne ou cette institution va prendre chez nous ce qu’elle donnera à notre voisin au nom des généralités abstraites et imaginaires dont nous parlions ci-dessus. Quand on admet l’idée que ce qui définit l’homme, la nature humaine, sont des généralités abstraites et imaginaires, qu’on les retrouve, à l’identique, dans chaque individu on se moque du monde et on s’autorise d’une chimère pour violer ou nier les droits des individus. Mais comment pourrait-on se servir chez les uns pour donner aux autres au nom de ces généralités en question si cet homme général ainsi défini n’existait pas ou si ces généralités abstraites et imaginaires (tout ce que la morale désigne) n’étaient pas communes ? Pourquoi aurais-je pitié de quelqu’un qui n’a pas de pitié, pourquoi aimerais-je quelqu’un qui ne m’aime pas, pourquoi ferais-je la charité à un ennemi ? pourquoi en ferait-on une obligation ? Au nom d’une morale que l’on impose à tout le monde. Si on ne pratique pas la morale des autres, tant pis pour nous ; si on la pratique, tant pis pour nous, mais ce ne sera pas pour les mêmes raisons.

Il est de bon ton de critiquer ou de discréditer certaines idées, certains systèmes de pensée, certains partis, il est de plus en plus difficile de critiquer certaines idées si bien-pensantes et certaines religions, sous prétexte, dans le dernier cas, que ce serait du sacré et donc que ce ne seraient pas des idées, des systèmes de pensée, des partis comme les autres. Le sacré ne peut pas être mauvais n’est-ce pas ? . Mais supposons que la critique soit possible. Il est cependant extrêmement délicat de critiquer les adeptes de certains systèmes de pensée ou certaines religions du fait ou en raison de leurs croyances, convictions ou idées. Tiens ! Tout à coup, les façons de penser de certains deviendraient sacrées, et les façons de penser d’autres deviendraient interdites. On admet que la liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres, mais on admet aussi, que la liberté de penser des uns ne s’arrête pas là où commence la liberté de penser des autres. Si vous exercez pleinement votre liberté de penser, tant pis pour vous, si vous traitez avec respect toutes les idées que l’on vous demande de respecter, tant pis pour vous, mais ce ne sera pas pour la même raison.

Les politiques sont idéalisés, on attend d’eux qu’ils soient des hommes supérieurs en tout. (admiration, adulation, fascination etc clap clap clap) Les politiques sont discrédités, on n’a confiance ni dans leurs intentions, ni dans leurs projets. Jolie contradiction. Symétriquement, pendant qu’ils gouvernent, ils ne tiennent aucun compte du peuple dit « souverain ». Ils s’assoient dessus. Mais quand ils sont en campagne, ils se posent en pères de la nation, en guides. Ils nous comprennent si bien. Posture morale qui consiste à prescrire le genre de société, de moeurs, de relations sociales qu’il faudrait avoir. Autorités en matière de moeurs, de relations sociales ? Ah oui, c’est vrai, les moeurs et les relations des politiques entre eux sont des modèles du genre. Leurs rapports au peuple sont des modèles du genre. Heureusement qu’ils ont pour eux leur époustouflante efficacité !

Une raison et une seule explique l’entreprise et les efforts considérables pour accréditer l’existence et le pouvoir de ces généralités abstraites imaginaires, qu’elles soient du genre religieux ou moral, c’est l’instauration et la sacralisation d’un certain type de société auquel il faudra soumettre les individus. Toute la dimension surnaturelle, irrationnelle, miraculeuse dans les religions, ou la dimension universelle dans la morale ne sont là que pour faire rêver comme on fait dans la publicité.

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