LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

16 décembre, 2011

L’AVALEUR DE VALEURS

Classé dans : Imaginaire — inconnaissance @ 15:47

Notre rapport aux pensées, à celles qui apparaissent spontanément dans notre esprit et à celles que nous confondons avec les paroles de l’autre – et ce n’est que le sens que nous donnons aux paroles de l’autre – est la question essentielle de notre existence. Le sujet, le sujet de la grammaire – le sujet dans la langue ou le sujet du sens exprimé par la langue – est complètement lié, intégré dans le sens, dans la langue. C’est pour lui la référence absolue et unique, c’est la cage de l’écureuil. Il en est le jouet.

Identifié au sujet-je ou au pronom personnel (te, me etc) on cherche ce sens, on s’y réfère, on n’est content que lorsque ce sens fonctionne parfaitement.  Jusqu’à ce que la seconde ou la minute suivante, tout cela soit relativisé, remis en cause ou balayé.

Ainsi, nous passons d’un instant de satisfaction à un moment de déception puis à un autre moment de satisfaction. De pensée en pensée, c’est l’illusion d’un soi qui perdure. Tel l’écureuil qui réussit à faire tourner la cage puis s’arrête. Mais mais mais, c’est sûr, on va quelque part, on avance, on va y arriver un jour. 

Il nous semble, on nous persuade pourtant, que l’enjeu – le seul – consiste à trouver du sens, alors qu’il consiste à démystifier notre rapport au sens, à la langue, aux pensées.

L’identification au sujet n’est que la conséquence immédiate de notre dépendance aux pensées, à la langue, au sens. Plus il y a dépendance, et plus c’est dur. C’est pourtant évident. Lorsque, par exemple, nous sommes totalement libres, détachés, indépendants affectivement et intellectuellement des paroles de l’autre, nous sentons bien que nous sommes, en même temps, totalement libres, détachés du rôle de sujet que voudrait nous voir jouer l’autre. Pareil avec nos pensées.

Le sujet de la grammaire ne nous attrape pas quand le sens ne nous mystifie pas.

Mystification : on ne sait pas ce qui s’est passé, comment ça s’est passé, on ne se rend même pas bien compte de ce qui nous arrive, mais on est pris. C’est exactement ainsi qu’agit la pensée.

Est-il possible de démystifier la pensée ? Si ce n’est pas possible, si le sens, la langue, c’est la vérité, la réalité de la vie, ils ne craignent rien. S’y attaquer ne changera rien . Inutile de prendre leur parti. Si, au contraire, ils nous illusionnent, s’ils se jouent de nous, il est capital de les démasquer. Comment cette démystification peut-elle intervenir ? Faut-il démontrer, à chaque fois, que le sens est faux ? Eh bien on n’est pas au bout de nos peines, surtout que pour le faire, on va utiliser du sens tout aussi faux.

Faut-il visiter, décrypter les liens qui existent entre le sens et le sujet, et mettre à jour la géographie psycho-affective de ces liens ? (ce que fait la psychologie en général : ah ah ! ce mot, c’est le support d’un fantasme) On n’en finira jamais non plus je crois, d’autant qu’on est logé, à cette occasion, à la même enseigne.

Les psy ne peuvent pas nous libérer, ils croient au sujet-je, aux pensées, ils s’occupent de la prison, ils l’aménagent dans le meilleur des cas – le sens a horreur du vide, aussitôt qu’un sens s’écroule, il est remplacé par un autre dans le cadre de la thérapie – ils la renforcent très souvent, ils l’endommagent aussi…

«En réalité, la thérapie ne nous conduira jamais en dehors de la prison dans laquelle nous croyons être. La prison est notre sentiment de séparation et seule la libération peut révéler qu’il n’y a jamais eu de prison pour commencer » (Richard SYLVESTER).

Sans parler du scandale qui consiste à devoir payer pour se débarrasser de problèmes que l’on doit aux autres, à la société, dans le but de mieux servir la société, et ceci, sans aucune garantie et sans aucun moyen de recours si le résultat est déplorable (« I want my money back »). Grand mensonge de la responsabilité (choix, volonté) à un niveau ou à un autre.

Non, le seul moyen est de couper le cordon avec la langue, les pensées. Couper le cordon, signifie, quand on parle de personnes, une dépendance affective qui disparaît ( on ne se soucie plus de fâcher de déplaire ou de plaire) ; cela signifie exister, vivre indépendamment de la personne à laquelle on était lié (on n’est plus dans le même bateau) ; cela signifie la banaliser (rien de spécial). Le cordon est affectif. Dans la pensée, c’est pareil.

On n’arrêtera pas de chercher la solution ou notre bonheur dans le sens , d’y mettre notre espoir, tant qu’on accordera de la valeur, du prix au sens, aux mots. (valeur affective, intellectuelle, morale)

Cette valeur recherchée, c’est pour notre valeur. Car il est capital que « nous », nous ayons de la valeur, tant « nous », est précieux pour nous. Ecoutez-les, lisez-les tous ces bonimenteurs des sciences humaines, tout ceux qu’on a cités et tous les autres, tous ceux qui font briller l’image d’un Homme, ils n’ont qu’une seule occupation, qu’un seul but, nous vanter leur camelote, à savoir, nous proposer leurs valeurs humaines, leurs concepts de valeur, leurs portraits d’hommes de valeurs. Ils déploient tout leur talent pour nous faire adopter à travers leurs idées et leurs concepts : leur idée de l’Homme. Ils ont tous trouvé le Saint-Graal ! ! Ben voyons.! (Relire les citations).

Immense histoire que cette quête de valeurs. 

Mais « nous » est précieux pour nous, non pas parce que c’est un besoin fondamental, parce que notre intuition profonde nous le souffle. Au contraire, on aimerait bien être débarrassé de ce souci de se donner de la valeur  : rien de ce dont on est conscient, à aucun moment, ne nous représente véritablement, ne vaut qu’on s’y attache pour toujours, ne peut être confondu avec soi.

 

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