LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

7 août, 2012

IL FAUT BIEN QUE

Classé dans : Imagination — inconnaissance @ 13:27

Donner un sens à sa vie, c’est donner un autre à sa vie, car bien sûr, le sens ne tombe pas du ciel ou ne naît pas ex nihilo dans la conscience, il vient de l’autre, c’est à dire qu’il vient de la demande de l’autre.

La demande de l’autre, c’est le sens du monde, de la vie qu’il faut adopter et mettre en pratique ; c’est le désir qu’il faut satisfaire. Mais alors, il faut partir de l’idée que cette demande est justifiée, légitime ou se fonde sur un vrai savoir. Il faut croire à ce savoir, faute de pouvoir le vérifier. C’est l’autorité.

L’autre – surtout si, en plus, il y a de l’amour et de la dépendance – donne un sens à ma vie, une raison, une place, une utilité, à travers sa demande : conformité, utilité etc

Sinon, sa propre existence, l’existence, semble n’avoir aucune justification, aucune utilité. (problème de l’enfant qui n’est pas du tout désiré)  

«Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » se demandait LEIBNITZ. (En général les philosophes dissertent sur le rien et le quelque chose alors que ce qui est important, c’est le fait de demander pourquoi) Cette question n’a pas de réponse si on ne lui en invente pas une. En général, on tombe sur l’expression suivante : « il faut bien que » (du genre, il faut bien une raison, un créateur etc) Mais la réponse ne peut-être qu’une fiction, un roman, une croyance. C’est à dire que l’on refuse qu’il puisse ne pas y avoir de raison, de fin et que l’on s’impose de lui en trouver, inventer, imaginer une (hypothèse, supposition séduisante, satisfaisante, positive etc). C’est le grand dessein et son créateur.

IL FAUT BIEN QUE dans Imagination auto1-200x300

La raison, la fin tourne à la vérité et la recherche de celle-ci tourne au devoir absolu.

Quand l’existence d’une raison est admise, elle justifie la demande. L’existence de cette raison tourne à l’avantage du principe d’autorité dont émane la demande. Il faut que ce savoir et son détenteur existent pour que la demande soit justifiée, il faut que cette demande soit justifiée pour que sa propre existence ait un sens.

L’école, avec ses airs, ne surfe-t-elle pas sur cette idée fausse que nous nous sommes faite qu’il existe une vérité, un savoir, une raison qu’il faut acquérir parce que cela explique tout, cela permet de tout comprendre ? Pas de pourquoi, il faut admettre.

C’est pourquoi les grands leaders religieux, politiques ne démontrent rien du tout – comment le pourraient-ils – mais insistent sur le fait qu’ils sont ou qu’ils détiennent la Vérité. (Dieu m’a parlé, je suis le fils de Dieu, je connais la vérité du monde etc)

Et depuis toujours, on explore cette raison : elle devient religieuse, morale, philosophique, politique, anthropologique ou paléoanthropologique ; plus prosaïquement, elle devient psychologique ou sociologique.

Tout cela s’écroule si on admet que le pourquoi est un mystère ou qu’il n’y a pas de pourquoi ou si on demande la preuve du pourquoi proposé. L’inconnaissance est notre état naturel.

Mais remarquons que cette question est une question intellectuelle, un problème de pensée ou pour la pensée. Seulement pour la pensée. C’est la pensée qui a un problème et qui trouve des solutions, des solutions dans la pensée, pour le penseur. Mais les trouvailles du penseur ne règlent jamais le problème et n’apportent jamais le bonheur.

Et pourtant on y tient à nos histoires, et il y a du rififi dans la culture. On se bat pour être calife à la place du calife, vizir à la place du vizir, chef à la place du chef, gourou à la place du gourou, maître à la place du maître etc pour que son histoire passe devant.

On entend parfois le témoignage de gens qui avouent s’être étonnés un jour d’exister, et s’être demandés pourquoi ils existaient. A partir de là, ils trouvent tout naturel de chercher un sens à leur existence, à leur vie. Ce sera même l’oeuvre de toute leur vie. On aura déjà bien de la chance s’ils concluent que ce qu’ils ont trouvé leur convient, simplement, à eux.

Ils n’ont pas compris qu’à partir du moment où on se demande pourquoi on existe, c’est qu’on se pense, que l’on devient le sujet de ses pensées. C’est à ce sujet qu’ils cherchent un sens, une raison, pas à eux-mêmes. Ce sujet de leur pensée ne peut exister que grâce à la pensée. Son existence dépend de l’existence de pensées. D’où la nécessité de chercher des pensées de soi sur lesquelles on puisse compter. On est tous plus ou moins dans ce cas-là puisqu’on cherche ce sens ou, au moins, un sens satisfaisant, jusqu’à la fin de notre existence.

Avant cela, un enfant de 2 ans ne s’étonne pas d’exister et ne cherche pas un sens à la vie : il ne se pense pas. Se sentir exister lui suffit. 

Une existence sans raison, c’est cela qui est insupportable dès que l’on se pense ; il faut absolument à l’objet de pensée, une pensée rassurante. On a vu que c’était ce que certains appellent une preuve de civilisation : gérer celui que l’on semble être quand on se regarde de l’extérieur à partir de critères ou d’êtres conceptuels divers et variés. Il faut pouvoir répondre au juge.

 » Le monde vous dit-il : je suis le monde ? Le corps dit-il : je suis le corps ? C’est vous qui dites : ceci est le monde, ceci est le corps et ainsi de suite. Ce ne sont donc que vos conceptions….Avez-vous besoin de vous regarder dans un miroir pour connaître votre propre existence ? « (MAHARSHI)

Mais l’enfant est confronté à un devoir permanent, omniprésent, celui d’apprendre, comme si c’était le sens de la vie. S’il y a des savoirs qui se vérifient expérimentalement, c’est un grand malheur, une erreur lourde de funestes conséquences, de considérer que les valeurs morales, psychologiques ou sociales sont des savoirs. . 

Vis à vis de l’enfant, la place du sujet supposé savoir devient le principal atout, la seule occasion où l’adulte est assuré de briller, en dehors de sa supériorité physique. Car est-il plus heureux que l’enfant ? Non. Est-il meilleur que l’enfant ? Non. Est-il plus équilibré que l’enfant ? Non. Est-il plus sûr de lui que l’enfant ? Non. Réfléchir avant de vouloir donner des leçons de vie à un enfant.

Puisqu’il en est ainsi, puisque tout le monde tient à croire en l’existence d’un sens, d’un savoir, d’une raison, et de quelqu’un qui sait, il devient indispensable, bénéfique, méritoire, digne d’éloge d’imaginer, de croire, de participer.

Ne pas imaginer, ne pas croire, serait s’opposer à tout le monde, se refuser au travail collectif de recherche, mettre tout le monde mal à l’aise, attenter à l’espoir général, s’exclure de la collectivité.

Dès lors, l’intention déclarée bonne suffit à se justifier, le simple fait d’imaginer une raison d’être est unanimement approuvé.

troup Imagination dans Imagination

 

 

 

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