LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

13 septembre, 2018

L’ENNEMI PUBLIC NUMERO 1

Classé dans : Impermanence — inconnaissance @ 13:05

C’est l’impermanence. C’est le fait que tout passe. Tout est mouvant. La religion, la politique, tous les systèmes de pensées ont comme principal objectif de créer du permanent, du durable, du fixe, de l’éternel même. L’impermanence, l’autorité y est allergique. Pas de savoir sans permanence. Qui a raison , l’impermanence ou la permanence ?

Pêle-mêle : sentiments, renommée, vérités humaines, nécessité, institutions, société ou civilisation, univers, Dieu, bonheur, idéal, vie permanents ou impermanents ?

Des tas de doctrines ou de spiritualités nous suggèrent le détachement. Mais ce serait idiot s’il y avait du permanent, car on aurait une chance de l’obtenir. C’est l’impermanence qui justifie le détachement Heureusement, les intellectuels assurent la continuité . Ils écrivent des livres à la mode universitaire ? Cela veut dire qu’ils ont lu beaucoup de livres – de préférence autorisés ou convenables – et qu’ils en font quelque chose qui tient du compte rendu de lecture, d’une note de synthèse, d’une compilation, d’une concaténation, d’une resucée personnelle sous la forme d’un nouveau livre. Rien de nouveau sous le soleil !

Savez-vous comment sont nés tous ces systèmes qui prétendent fournir du permanent ? On est assez sensible pour savoir si on se sent bien ou mal, si on éprouve du plaisir ou de la souffrance. Aucun organisme vivant sur terre n’aime souffrir ou dépérir. On aspire donc tous profondément, fondamentalement, à faire cesser les moments pénibles et à nous trouver dans des états agréables ; Or il se trouve que les êtres vivants, en interaction avec le monde et eux-mêmes fragiles, soumis à l’usure, passent par toutes sortes d’états. C’est leur condition d’êtres sensibles. A partir du moment où on a été capable de penser et de mettre certains mots sur nos ressentis, on a été capable, plus ou moins, de formuler ce que l’on désirait. On savait qu’on le désirait. Voilà le mot clé : désir . Il était facile à partir de là de nous faire croire que l’on comprenait notre désir et que l’on connaissait les moyens de le satisfaire. Le problème n’est pas que l’on veuille qu’un état pénible s’interrompt ou qu’un état agréable se prolonge – c’est naturel – c’est d’abord que l’on croit que la permanence est possible, et c’est que l’on adopte un système de pensée qui prétend posséder la clé de la permanence de l’état agréable. Tous les mots utilisés par les bonimenteurs peuvent être entendus comme des formes de bien-être divers et variés ou comme des conditions pour y accéder.

En fait on a changé de plan sans s’en apercevoir. Si on savait distinguer ce qui nous atteint au moral et ce qui nous atteint au physique, on saurait que toutes ces belles sagesses ne visent que l’être moral. Ce qui nous touche au moral, c’est à dire ce qui touche à notre idée de nous-même, à notre honorabilité, n’atteint qu’une idée qui dépend d’une culture. C’est une idée de nous-même qu’on nous a appris ou conduit à adopter (je suis malheureux pour les raisons qu’on m’a enseignées) , tandis que ce qui nous atteint au physique est ressenti directement et inconditionnellement. .Mais on a été tellement conditionné par tous ces discours, qu’on a tendance à donner la priorité au moral sur le physique. Et puis le physique est trop fluctuant, oublions-le. Le moral, grâce à la pensée, ne l’est pas. 

Avez-vous remarqué que les mots se présentent comme du permanent tout le temps qu’on les a à l’esprit ? Le signifiant est fixe. Ce qu’il est censé désigner est fixe aussi. Le mot amour est toujours le mot amour, pour tout le monde. On le reconnaît aussi bien qu’un objet familier. Mais la chose que le mot désigne ne peut pas changer, sinon il faudrait changer le mot. Donc elle est fixe. Amour toujours. Même pas la peine d’ajouter toujours. Félicité éternelle. Pas la peine d’ajouter éternelle, penser la félicité, c’est penser sa permanence. . Et voilà comment la pensée crée du permanent dans l’esprit. C’est juste un effet mental. Et c’est avec ce joujou à deux balles qu’on a berné le monde. (Voilà pourquoi ce genre de pensée est morte. Inerte. Figée)

Pourtant, si la faculté de penser – et de penser de façon morale -qui nous distingue des animaux nous avait permis de devenir de plus en plus vertueux, de plus en plus heureux, nous éloignant toujours plus de la condition animale, cela se saurait. Depuis des millénaires que ça dure, la terre devrait être un paradis. Il n’en est rien. Si on n’avait donné à HITLER qu’un gourdin pour conquérir l’Europe, il n’aurait pas été bien loin. On a des armes de destruction massives et des envies de destruction massive.

Donc, les problèmes initiaux ne sont guère résolus : toujours de l’impermanence au niveau des sensations, des états d’âme ou d’esprit, des sentiments, des émotions. Seulement, avec ces pensées qui nous promettent la lune, on ne sait plus où on en est. La confusion s’est installée entre le moral et le physique.

Qu’est-ce que le bien (et tous les mots qui vont dans ce sens) ? C’est partir du désir satisfait, du problème résolu. Facile ! ( quoi, vous ne désirez pas ce que vous désirez ?. Si ? Alors. Vous le désirez pour vous et pour les autres, même ceux que vous ne connaissez pas ? Oui, alors ? ) C’est partir de ce que tout le monde désire basiquement puis c’est échafauder tout un système pour expliquer comment, pourquoi, par quels moyens, à quelles conditions on peut y arriver en amalgamant insidieusement, adroitement, malicieusement, le moral et le physique pour entretenir le trouble. Penser, c’est naturel, organique. Oui, mais le contenu des pensées, lui, ne l’est pas. Mais si vous ne pensez pas bien, on vous interdira de penser. Le contenu des pensées produit l’être moral. Désirer être soulagé est naturel, mais donner un sens culturel, métaphysique, moral à ce désir ne l’est pas. Et on peut vous refuser un soulagement au nom d’un système de pensée quelconque. On peut même, pour des raisons morales, religieuses, sociétales, politiques, aggraver vos conditions d’existence et s’en laver les mains. Un individu peut avoir des problèmes avec sa conscience, une fonction sociale, non.

Malentendu permanent savamment entretenu. Les plaintes, les peines sont nombreuses mais on les traduit, d’un côté ou de l’autre, en réclamations ou demandes idéologiques, politiques ou religieuses. On nous vend des salades.

Plus facile de faire des promesses que de changer ce qui cloche.

Parler au nom du bien collectif (ou de l’intérêt général) c’est parler au nom du bien de personne. Le collectif n’a pas de physique, de corps. C’est une abstraction pour les mots abstraits. « Very comfortable » pour les bonimenteurs.  Ils tiennent à ce que l’on continue ainsi. Ils tiennent à s’adresser au moi, produit de la pensée. .Les systèmes et leurs créations abstraites et permanentes assurent ainsi leur pérennité. Ne soyons pas naïfs, les Etats, les religions ont tout intérêt à créer du besoin, du malheur. car cela produit du désir, et le désir permet la manipulation et le rêve. Il vaut mieux que le populo croupisse dans ses préjugés Le populo doit rester dans l’erreur et l’illusion. (Y a la télé -joli sketch de Blanche GARDIN -  les politiques et les religions) Le bien sera toujours là, à l’horizon, fidèle au poste. Tandis que l’on ne fera rien avec des gens dans le bien-être.

« Quand l’jour de gloire est arrivé,
Comm’ tous les autre’s étaient crevés,
Moi seul connus le déshonneur
De n’pas êtr’ mort au champ d’honneur «  (BRASSENS)

L’inconnaissance où nous sommes de la raison de ce monde et de notre existence, de notre propre nature est difficilement supportable  ;Dangereuse ignorance. On a tendance à adopter le premier sens de la vie possible . Et rien de plus tentant qu’une philosophie qui nous promet ce qui nous touche de très près : la disparition des affres de l’existence.

Cette inconnaissance va loin. On ne peut pas décider de savoir ce qu’on ignore ignorer, on ne peut pas avoir des capacités que nous n’avons pas désiré avoir autrement qu’en rêve, on ne peut pas comprendre sur le moment les limites de notre compréhension. On ne sait pas non plus quelle est la teinte, le parti-pris de nos pensées quotidiennes, sinon on en tiendrait compte , on ignore notre erreur sinon on ne l’aurait pas faite, on ignore le tort que nous faisons à autrui par nature parce qu’on ne connaît pas notre nature,. on ignore le pourquoi des pensées qui surviennent et nous font agir. On sait ce que la morale ou la loi interdit , mais on ignore ce qu’est le mal réel dans ce que la loi ou la morale interdit. Le mal de qui ? (la douleur physique, oui, mais le mal?)

On nous fait miroiter du bonheur permanent, du plaisir permanent, de la paix permanente, de l’amour permanent etc en nous conduisant à penser parce que la pensée semble fournir du permanent. On se met à rêver d’être dans ces états, c’est la raison de l’identification aux images qui semblent toutes avoir résolu tous les problèmes et baigner dans le bonheur.

jesus

On est tous, depuis si longtemps, pris par ce système que l’on tient davantage à la sauvegarde de notre moi qu’à celle de nos conditions de vie.

Non, cessez de penser que je vais me ranger à une raison commune que vous utilisez parce qu’elle est commun,e et vous donner raison parce que vous l’utilisez.

.Le fait de reconnaître que les émotions, les sensations, les sentiments, les convictions sont impermanents, que ce n’est pas en désirant qu’ils ne le soient pas ou en rêvant à un monde où ils ne le seraient pas que cela va changer les choses, est libérateur ;

Le fait d’acter en profondeur que l’on est dans l’inconnaissance de ce que l’on est (voir articles précédents) nous éviterait de croire qu’on peut être une de ces belles images de soi que la pensée nous propose. Tous les beaux discours tombent à l’eau. Cette inconnaissance implique que les autres soient dans le même état, car penser qu’ils se connaissent, c’est penser qu’il est possible de se connaître ; La belle indépendance qui consiste à n’attendre de personne qu’il nous satisfasse au moral, prenant ce qui est donné, ne se lamentant pas de ce qui est refusé.

Fin d’une Epoque BOCCHERINI   https://youtu.be/yueT80BESBo?t=1225

 

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