LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

8 mai, 2018

EN MEMOIRE DE CAÏN

Classé dans : Individu — inconnaissance @ 11:36

Le pauvre Caïn a eu le malheur de ne pas plaire à Dieu en offrant des produits de la culture. Il a eu le malheur de se révolter contre l’arbitraire divin, contre la préférence de Dieu pour la race des bergers. Il a eu le malheur de rappeler à Dieu que son frère n’était pas sous sa tutelle. Il a tué son frère soit. Mais ne faisons pas d’anachronisme. Que valait la vie d’un homme à cette époque ? Dieu n’a-t-il pas procédé quelque temps après au premier génocide de masse, avec le déluge ? Que je sache, le « tu ne tueras pas «  n’avait pas encore été inventé. 

On a utilisé et on utilise les méthodes, les recettes, les conseils, les solutions des autres pour résoudre toutes les sortes de problèmes que l’on a dans tous les domaines sans jamais se demander si le fait de vouloir appliquer les méthodes, les recettes, les conseils, les solutions des autres ne créent pas de nouveaux problèmes ou des problèmes là où il n’y en avait pas.(astuces pour …les astuces pullulent. Les astuces pour quoi ? Les solutions prolifèrent ) Surtout quand on ne se permettrait pas d’exiger des résultats. Imaginez que vous êtes un singe qui va boire un verre d’eau et essayez de boire ce verre d’eau sans penser à un singe. Si on nous répète à longueur de temps qu’on est individualiste, va-t-on .pouvoir vivre sans penser qu’on est individualiste ? Sera-t-on mieux si on suit les bons conseils pour ne plus être individualiste ?

bouc3

Finalement, j’aime, tu aimes, il ou elle aime, nous aimons, vous aimez, ils ou elles aiment les méthodes, les recettes, les conseils, les astuces, les solutions.

On a présenté le dialogue intérieur comme un témoignage de notre humanité, comme une conquête de la conscience, comme la manifestation d’un rapport intime avec quelque chose d’essentiel qui nous dépasse ; Dieu par exemple. On a fait d’une maladie une qualité. Car enfin, si ce dialogue est incessant, prégnant, c’est une obsession, c’est éreintant. Et si on commence à l’exprimer à voix basse puis plus haut, on se retrouve à l’asile.

Cela ne fait rien : on nous submerge de problèmes et on nous harcèle avec des solutions.

Allons, ce n’est pas seulement un dialogue, un échange plus ou moins verbal, c’est beaucoup plus que cela. Ce dialogue s’inscrit dans un rapport global au monde, le monde étant vu comme ce qui n’est pas soi. C’est donc toute notre histoire, notre existence sur terre, qui se présente et se vit ainsi : comme un théâtre intérieur . Mais de quelle nature est ce rapport ? Comment se présentent les deux parties. Faut-il, dans ce rapport, que nous nous effacions toujours, que nous nous soumettions ? Docilité, conformisme, obéissance, modestie, effacement, mendicité crainte ?. Il est clair que si on a affaire à quelque chose qui s’impose automatiquement à nous, le dialogue intérieur sera aussi un rapport d’esclave à maître. Est-ce cela l’humanité, la conscience, la spiritualité dont il était question, celle d’un esclave  ?

Le monde donc. Le monde de tout le monde. L’homme donc, l’homme qu’on est tous. La société donc, la société de tout le monde. La justice donc, à laquelle tout le monde souscrit. Bingo !

Ce qui est général semble contenir une loi d’airain qu’il serait vain de vouloir enfreindre, puisque tout le monde semble lui obéir. Le postulat, c’est que le général règne. Or, par magie, l‘obéissance à cette loi devient de l’altruisme, du désintéressement, de la générosité. Vous ne vous soumettez pas à des lois, des personnes, des idées, vous leur rendez service. Vous ne vous conformez pas au groupe, vous lui apportez votre contribution. Vous n’obéissez pas à un devoir, vous donnez de vous-même. Vous ne payez pas des impôts pour financer des parasites, vous faites preuve de générosité.

Car la loi d’airain, c’est aussi une demande, un besoin permanents, un chef d’oeuvre en péril, une nécessité. Comment se fait-il ?

L’altruisme, généralité à destination de tous, a besoin de s’appliquer à des généralités. C’est idéologique. Il n’est pas question d’altruisme quand on vient en aide à quelqu’un de particulier, pour des raisons particulières venues de soi, et qu’on a soi-même estimé qu’il y avait lieu de le faire. D’autre part, on a vu que dans la conscience, il y avait l’altérité soi/ pensées du monde. Enfin, la perfection n’existe pas. Zut ! Toutes les belles idées, les belles valeurs connaissent des problèmes. Il faut agir ;

Donc : généralité représentant « les autres » +altérité + appel = altruisme.

A un niveau au-dessus, on remarquera que la mondialisation est présentée comme un fait inéluctable, un nouvel ordre, une réalité incontournable. Sauf que lorsqu’une autre idée générale ou valeur occidentale à vocation universelle comme les droits de l’homme, sont bafoués quelque part, il n’est plus question de mondialisation, ce sont quelques pays qui s’auto-missionnent pour intervenir. En fait, ce sont les pauvres individus qui sont mis à contribution. Ici, on pourrait dire :: la mondialisation, c’est la loi d’airain. Les droits de l’homme, c’est l’altérité (les autres) L’appel, ce sont les injustices.

Ou prenons les choses autrement. Prenons un individu. Quoi ?  rien . Mettons-le dans une catégorie adaptée. Oui, ça fait partie de ce qu’on a appris. Clic clac, le processus altruiste se déclenche . Prenons un événement. Quoi ? Rien. Relions cet événement à une noble cause, clic clac .Le processus altruiste se déclenche. etc

La servitude n’est ni volontaire, ni involontaire, elle est inconsciente donc incomprise. ..

Nous arrive-t-il de ne pas travailler pour la société ? Nous arrive-t-il ne ne pas fonctionner selon la trilogie : généralié (les autres), altérité, appel. ? Quand nous cherchons à plaire aux autres, nous travaillons pour la société car nous cherchons à plaire avec des codes sociaux. Quand nous fonctionnons conformément à des concepts conditionnés (père, mère, citoyen, chrétien socialiste etc) nous travaillons pour la société, nous mettons en œuvre ce conditionnement. Quand nous exerçons un emploi, nous travaillons pour la société. Quand nous transmettons et vantons toutes les valeurs en vigueur, nous travaillons pour la société. Quand nous renvoyons à la société l’image de nous-même qu’elle attend, nous travaillons pour la société. Quand nous participons à un de ses innombrables groupes reconnus, nous travaillons pour la société . ; Quand nous respectons les lois, les coutumes, les fonctions sociales, nous travaillons pour la société. Quand nous volons au secours de quelque corporation, quelques catégories en difficulté, nous travaillons pour la société, ce sont des corporations ou des catégories inventées par elle. Quand nous assistons aux fêtes, cérémonies officielles, nous travaillons pour la société en les cautionnant. Quand nous tenons à donner raison aux mots pour dire la vie, quand nous objectivons, conceptualisons des ressentis, nous travaillons pour la société si cela nous échappe parce que nous transformons du singulier en général. Quand nous tenons à donner raison à un parti, une idéologie, une cause pour dire ce que nous voulons, ce que tout le monde veut, nous travaillons pour la société. Quand nous aimons ou désirons ce qu’elle nous a appris à aimer ou désirer et non ce que nous aimons ou désirons réellement, nous travaillons pour la société. Quand nous poursuivons ses buts et non nos buts, nous travaillons pour la société.

Elle est dans tout cela. A l’origine de tout cela – même si après on peut y trouver quelques satisfactions. La société veut canaliser toutes vos pensées selon ses besoins .

La pensée du monde en nous, cela commence comme une inquiétude, et cela finit comme un impératif.

Tous ceux qui agissent en faveur de la sociabilité, des concepts conditionnés, des valeurs, des coutumes, des corporations et fonctions sociales, des idées en vigueur, des idéologies, partis etc sont des fidèles serviteurs de la société (même quand ils semblent la critiquer). Ce qu’ils proposent, ce qu’ils disent, ce qu’ils font importe peu. Qu’est-ce que ça peut faire ? Ce qui compte, c’est leur témoignage . (de la même manière que lorsque les médias parlent à longueur de journée d’Emmanuel MACRON, ce qu’ils disent n’a aucune importance, c’est du vent – même pas du vent, parce que le vent, on le sent – l’important, c’est qu’ils en parlent .

MACRON, c’est MACRON de tout le monde ! C’est le MACRON de tous les MACRON. 

Fonctionnement du système. Dans notre esprit, dans tous les cas, il y a l’idée que c’est ce que la société, les autres attendent, il y a l’idée préalable que l’idée est bonne, que c’est bien. Et c’est ce qui initie le processus. Mais la société est comme Dieu. Elle n’en a jamais assez. Elle en veut toujours plus. Elle est insatiable. Elle s’immisce toujours un peu plus. Et elle vient se plaindre de notre individualisme ?. Il n’y a pas plus égoïste, plus individualiste que la société. Si c’est pour la société que l’on travaille, ce n’est pas pour des individus, c’est pour personne en particulier..L’IA pourra sans problème vous sortir des discours édifiants, convaincants, généreux (à la MELENCHON ou à la France Culte) . Mais ce qui suit la dépasse complètement.

« Dans Arles, où sont les Aliscams,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des
choses

Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour,
Au bord des tombes. » (P.J. TOULET)

https://youtu.be/MP-unj7_fSk?t=742

Prends garde à la douceur des choses

Mais deux esclaves ne se comprendront jamais s’ils n’appartiennent pas au même maître. Ils ne vivent pas la même chose, Quand on est l’esclave d’idées, on ne peut plus espérer communiquer vraiment. Chacun selon ses idées vivra une vie différente. Avez-vous déjà vu deux idées arrêtées et différentes se comprendre , Non. Chacune reste sur ses positions. Il en est de même de ceux qui en sont esclaves. Le seul point commun, qui sera source de plaintes, c’est l’esclavage, sans que l’on sache ce qu’il est ni ce qu’on peut faire.

On partage des réflexions douces-amères, des commentaires vains, des analyses futiles, savantes si on est savant, mais utiles à la société. 

Quand l’altruisme est devenu le fonctionnement automatique du mental, quand c’est un schéma ancré qui structure tout, les bons sentiments, les bonnes intentions, servent d’alibi à tout, justifient tout et la vérité ou la réalité ne comptent plus.  Dans ces conditions, pas d’intégrité possible. L’intégrité suppose de respecter ce qui est, ce que l’on est, ce que les autres sont, et d’être en accord avec ce que l’on est. Non, maintenant, la falsification est de mise. On en arrive même, tellement ce besoin d’être altruiste est ancré, à prendre nos bons sentiments, nos bonnes intentions pour notre véritable nature. On se trompe sur son compte.

« Ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé . Trois écueils ! La trop grande confiance diminue le respect, la banalité nous vaut le mépris, le zèle nous rend excellent à exploiter «  (BALZAC) Si la trop grande confiance diminue le respect, c’est qu’il y a toujours quelque chose à mépriser dans celui auquel nous nous fions. Et l’ignorer nous attire du mépris en retour. Car n’est-il pas méprisable ne ne pas mépriser ce qui est méprisable. Alors si en plus, à la trop grande confiance s’ajoute l’empressement…on imagine le résultat.

STOP !

Servitude inconsciente mais pas indolore.

Parfois, on détruit en soi ce qui semble venir des autres. On se détruit. Parfois, on déteste ou on méprise ce qui en soi semble venir des autres. On se déteste ou on se méprise. Parfois, on corrige ce qui en soi semble venir des autres. On se corrige. Parfois, on piétine en soi la morale qui semble venir des autres. Bref, on s’en prend à l’esclave. Mais la liberté, réclame ses droits.  La vie essaie de supprimer cet étranglement. Chhuut. Pas touche à l’esclave ! La société ne veut pas que vous détruisiez son bien, que vous abîmiez son bien, que vous modifiez son bien sans sa permission ou en dehors des cas prévus. Elle a ses représentants, ses piliers qui exercent des fonctions sociales et qui s’occupent de vous encadrer pour vous empêcher de le faire et ses fidèles serviteurs qui vous exhortent d’agir autrement dans l’intérêt de la société. 

Pourquoi devrait-on prendre ou a-t-on toujours pris pour soi les paroles des autres que les autres ne prennent jamais pour eux-mêmes ? Ceux qui utilisent des expressions comme : le devoir de la mémoire, pour l’amour de l’autre, s’inspirer de DIDEROT (France culte) prennent-ils cela pour eux ? Non, ils sont dans leur rôle d’altruiste.

L’image de soi que l’on veut préserver est notre point faible, notre talon d’Achille, parce que cette image est celle qui doit plaire à la société, et parce qu’on veut plaire à la société. C’est la sincérité, la vérité de notre désir de plaire à la société qui est alors mise en cause. Ce désir sera exploité par d’autres pour nous fragiliser, nous faire souffrir, nous dominer.

Ce qui est et ce désir ne seront presque jamais d’accord.  Il faut choisir son camp. 

Si ficher de la société, c’est se ficher de ce qui lui appartient. Ne pas être la société, c’est ne pas être ce qui lui appartient.  Tout ce qui vient de la société appartient à la société si on ne peut rien y faire comme le tribut appartenait à CESAR. Le rite sacrificiel au temps de Caïn appartenait à Dieu. 

Ce qui de soi vient de la société, de la culture, du monde, n’est pas soi si on ne peut pas s’en emparer et en disposer à notre guise. On n’est pas plus l’infirmité dont on a eu le malheur d’hériter que le produit d’un conditionnement. Les malheurs, les défauts, les limites du maître, ce n’est pas l’affaire de l’esclave. Tous les systèmes, les idéologies (religions incluses) qui prétendaient libérer les hommes ont toujours exclu que les hommes disposent de davantage de libertés. Ils voulaient tous que les hommes cessent d’obéir à un maître pour obéir à un autre maître. Cela fonctionne : on ne demande jamais au futur de livrer la marchandise.

Quand le marionnettiste parlait à sa marionnette, on y croyait quand on était enfant. Devenus adultes, il n’est plus temps de prendre au sérieux une société qui ne s’adresse qu’à sa propre image d’elle-même en nous-mêmes.

Cher lecteur. S’il vous plaît, baissez le son sur votre ordinateur, pour que ce soit très doux…

Merci

Un peu agacé mais mobilisé, votre attention est retenue par toutes sortes de choses comme si vous conduisiez en ville. C’est un moment sans plaisir. Un moment ordinaire. Cependant, vous ne vous en rendez pas compte, mais une mutation s’opère en vous. Ce n’est que lorsque vous prenez conscience du baume qui vous envahit intérieurement que vous entendez la musique. C’est cela. Tout est simple, tranquille..Chaque note flotte et se résorbe lentement dans le silence.  https://youtu.be/rUpZvRKfdvk?t=410

( » Je pense à toi « Shio », divine enchanteresse, à ton front inondé des clartés d’Orient » )

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