LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

4 septembre, 2020

SON NOM EST LAIDEUR

Classé dans : Laideur — inconnaissance @ 13:34

Par la pensée, on n’existe, on ne vit que pour fonctionner dans le monde, en fonction de lui et en ayant lui comme but, comme s’il ne se passait rien en soi, et que tout se passait dans le monde. Par lui, avec lui, en lui, pour les siècles des siècles, amen;

Ce qu’il se passe en soi est à la fois un fait de conscience, un phénomène de notre parcelle d’humanité et quelque chose d’involontaire, c’est la réaction de l’être vivant au monde extérieur, tandis que le monde est forcément un produit de la pensée. (il disparaît dans des circonstances que nous connaissons bien)

 Si le christianisme s’est opposé, au début, à l’ordre établi, il est bientôt devenu lui-même; ordre établi. Or tout son souci, tout son message a comme thème : les relations entre les hommes, la forme que devrait avoir la société. . Au bout de tous ces siècles, on a fini par confondre la réussite religieuse et la réussite sociale, la volonté de Dieu et la volonté de la société. Et c’est comme si c’était la société qui devait nous juger en dernier ressort. Si on séparait radicalement les deux, (comme au bon temps du paganisme) nous serions beaucoup plus indépendants de la société.

Comment, initialement, pouvait-on ne pas faire toute confiance à ceux qui nous accueillaient dans ce monde inconnu , et puisque l’amour est l’unique vraie justification de notre existence, -le plaisir, autre justification, est toujours passager – comment pouvait-on ne pas le désirer ardemment, comment pourrait-on renoncer à la seule chance que nous ayons d’avoir envie de vivre. Être aimé et aimer. A la limite, peu importe qui nous fait espérer cet amour, sauf que sa trahison est terrible.

Quand l’amour croit avoir trouvé un être à sa mesure, cet être remplit tout l’espace. Il n’y a plus que lui.

A peine avons-nous commencé à bouger, à parler, à agir, à paraître, à nous émouvoir, que le savoir des adultes nous est tombé dessus pour tout classer, cataloguer, étiqueter., expliquer, juger.

Etait-on content, comblé, par le regard, les paroles, les désirs de notre entourage à notre endroit ? Ou était-on plutôt dégouté ? Et plus tard, comment cela a-t-il évolué ? Ce que nous sommes devenus à travers le regard, les paroles et les désirs des autres est-il quelque chose de beau que nous leur devons ?

On élève son enfant dans le but de le rendre sociable, de l’adapter à la société, en fonction de ses critères; Se sent-il plus beau, plus grand après cela ? S’il a de sérieux problèmes psychologiques ou existentiels qu’il vivra comme des échecs, à qui doit-il s’adresser ? A ses éducateurs ou à la société et ses représentants ? .

Le soi dont on a le souci ou la pensée-je ou le sachant, (bref la conscience d’un soi séparé) nait avec l’apparition d’une valeur de la société à incarner, cette valeur se présentant et apparaissant de multiples manières. . C’est le désir de la société et c’est le pont qui doit nous permettre de rejoindre les autres puisque c’est elle qui compte. (quand on veut plaire à quelqu’un, on fait ce qui lui fait plaisir)

Tous les moyens sont bons : ce qui passe pour des codes en usage, des critères de qualité en usage dans une discipline donnée, des objectifs, des activités convenues, des idées communes, des jugements communs, des types de personnalité, des sentiments en usage, des positions sociales estimées une moralité de bon aloi etc Tout y passe.

Si dans chaque chose, chaque personne, chaque situation, chaque événement on voit cela, on est le personnage prévu dans le monde connu, on n’est que l’objet de la pensée en question. C’est la scène sociale de notre existence. .

Que notre imagination nous mette en relation avec telle ou tel, dans une situation donnée, aux prises avec telles idées, c’est le même schéma .

 Ce que prétend éprouver le soi dont on a le souci, ou la pensée-je, ou le produit de l’endoctrinement, le personnage en train d’essayer de satisfaire quelques désirs de la société, d’incarner ses valeurs, c’est ce qu’il a appris à éprouver. Imitation, répétition.

Il y a un « autre » avec lequel il veut communiquer en rendant l’objet de sa communication recevable. C’est s’exprimer dans l’intérêt de la société. Ce qu’il éprouve est factice; ce sont les émois d’un concept. Aventures d’un concept. Se sent-on plus beau, plus grand plus aimable après cela ?

Seul est authentique , vrai, ce qu’on éprouve en jonction ou en corrélation avec la soif d’amour originaire et fondamentale.

Sinon ce sont des choses du genre : ce que j’aime en toi, c’est la ménagère ou la mère de mes enfants. On n’a jamais entendu un enfant de 7 ans se plaindre parce qu’on l’empêche d’être un enfant, un fils, un élève.

Alexandre qui disait à Georges : mais ça ne compte pas les murs pour nous, on s’échappe et on s’en va.. a eu raison de se suicider puisque Georges et le monde n’étaient pas dignes de lui. (l’agneau du sacrifice. Enfant-martyr comme saint Tarsicius, mais lui non pas parce qu’il refusait de livrer l’hostie qu’il portait, mais parce qu’il refusait de livrer son coeur. Ce qu’il se passe entre Georges et moi, cela ne vous regarde pas)

Mais plus tard, le goût démesuré que l’on affiche pour telle personne, telle chose qui font partie du catalogue de la société, en même temps qu’il nous donne une valeur sociale, est un symptôme de notre désir intarissable d’aimer beaucoup. C’est ainsi que la société peut vendre ses stars et ses produits commerciaux.

C’est ainsi que nous ne nous pensons pas sérieux, recevables, valables, convenables si on ne donne pas aux choses qui se passent en nous des noms, des qualificatifs, des explications du genre de ceux que l’on nous a appris patiemment depuis le début . .

Quand on a besoin d’une raison ou d’un but, c’est par complaisance à l’égard de la société. Ce n’est pas naturel. !.

Quand on juge, c’est par complaisance à l’égard des autres ou de la société, ce n’est pas naturel. L’amour originaire ne juge pas. Un enfant ne juge pas sauf pour plaire à l’adulte.

 On abandonne un amour sincère que l’on avait pour quelqu’un ou quelque chose quand des gens expérimentés et persuasifs parviennent à allumer en nous, avec des raisons et des arguments en vogue , un désir plus fort de coller aux valeurs en vigueur. On est plus beau, sans doute, après. Mais c’est aussi pour se protéger. Se protéger de ce que font le regard, les paroles, les désirs des autres de notre coeur.

Pour pouvoir parler de choses qui nous touchent de près, on fait l’averti, le blasé, l’expérimenté ou on se coule dans la façon de penser en vigueur. .

Ce qui compte, c’est le sort, l’avenir social de tout ce qui nous concerne. Le savoir est une protection contre l’émotion;

Comment pourrait-on garder sa propre innocence alors qu’il faut être hypocrite, rusé, vulgaire, incisif, méprisant, insensible, calculateur, c’est ce qui a la cote

Si on ne distingue pas nettement, dès le départ, ce qu’il en est de notre conscience et le sens qu’un mot lui aura donné et si, on en vient à croire que ce sens est le bon, on aura sans doute l’occasion en se reconnectant plus tard à cette conscience, de se rendre compte à quel point ce mot et son sens l’avaient salie, rabaissée.

Il y en a qui prospèrent grâce au discours établi, à la propagande officielle – on les voit souvent d’ailleurs – quand l’occasion se présente, on n’est plus que l’objet de leurs discours et rien d’autre.

Se savoir, se comprendre, se contrôler, se prévoir grâce à l’arrière-plan de pensées dont on a hérité. Le soi dont on a le souci a de beaux jours devant lui. Finalement, on ne se rend plus compte s’il s’agit d’un rapport soi fabriqué et sali par la société/ monde ou d’un rapport soi innocent/monde. Est-on plus beau quand on a adopté les normes, les valeurs les codes sociaux ? On est devenu beau comme la société.

Tant que la question fondamentale est : ce que je suis dans la société, on ne peut sortir de sa cage. (cela entraîne évidemment, dans le but de traiter cette question : les moyens utilisés, la façon de s’y prendre , le produit de son action.)

Tant que la priorité est de donner un sens social et culturel à tout ce qui se passe en soi, on ne peut sortir de sa cage. Tant que le but c’est l’autre, les autres – et tout leur monde – on ne peut sortir de sa cage. Parler, penser se fait alors dans le cadre de cette priorité. Car notre référence, notre but sont alors les autres, la société dans le cadre d’une communication générale et on leur servira ce genre de marchandise avariée qu’ils aiment. On se salit et on s’enlaidit sans cesse. Si la référence est soi, ce n’est pas le cas.

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