LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

7 octobre, 2018

NORMALITE, ANORMALITE

Classé dans : Liberte — inconnaissance @ 10:52

C’est simple, imaginez un monde où le jugement de valeur collectif (partagé par tout le monde) n’existe pas, où lorsque quelqu’un vous juge, vous critique, vous condamne, vous jauge, vous évalue, vous êtes absolument tranquille sur le fait que ce n’est que son jugement, sa critique, son évaluation, sa condamnation à lui, et seulement à lui. Ce n’est que son opinion à lui, même s’il emploie des mots qui servent à tout le monde et peuvent concerner beaucoup de monde. (devoir de mémoire, « devoir » et « mémoire » servent à tout le monde et l’expression est censée s’adresser à tout le monde. Eh bien imaginez que cette formule ne soit pas du tout partagée, que cette injonction ne soit que l’opinion de celui qui l’emploie et que personne d’autre ne soit d’accord avec lui. Imaginez que chaque fois que quelqu’un émet une opinion sur vous, vous soyez absolument sûr que ce n’est que son opinion.

Voilà le fait très intéressant à approfondir : que reste-t-il d’un jugement de valeur quand il n’a plus rien de collectif ? Autre exemple sur France Culte on lit : «  l’apport des sciences aux sociétés est extraordinaire, il faut soutenir son financement «  déclare Alain PROCHIANTZ. Oui, merci pour les armes de destruction massive et les satellites armés, tout cela va mal finir. Merci pour les produits industriels innombrables conçus grâce à la science et merci pour le réchauffement climatique – énergie est synonyme de force, c’est la loi du plus fort – cela va mal finir . Merci pour la robotisation du travail. Merci pour les techniques et manipulations génétiques présentes et à venir. Cela va mal finir. Merci pour les cultures et aliments traités chimiquement ou biologiquement. Merci pour l’espionnage informatique, le savoir sur les autres, c’est un pouvoir, le pouvoir corrompt. Cela va mal finir. Merci pour la croissance insensée de la population mondiale grâce à la médecine, cela va mal finir Merci pour tout.  Si cette opinion n’est pas seulement celle de son auteur, qui la partage ? En quoi ? Pourquoi ? Au nom de quoi  ? Si ce n’est que l’avis de PROCHIANTZ, nous voilà tranquilles. (les scientifiques sont des gamins irresponsables)

Poser la question est seulement une façon percutante de demander sur quoi repose un jugement de valeur ; On ne peut pas prouver qu’il est vrai, tout simplement parce qu’il s’applique à tous les cas, tout le temps, et parce qu’il ne repose sur rien de prouvé. (qui va parler au nom des sociétés ? Qui sait ce que veulent les sociétés aujourd’hui, demain, après-demain ? Qui sait ce que c’est que l’extraordinaire ? Quelle science ? Personne)

Ce qui donne à un jugement son poids, son apparence de vérité, c’est seulement le fait qu’il est partagé, collectif. Il est d’usage de dire cela dans tel cas. D’usage. C’est le collectif. Donc si vous lui enlevez cela, il ne reste rien. La valeur est le fruit d’un consensus.

Cela veut dire que le bien, c’est la normalité. La normalité consiste à être comme tout le monde, à penser comme tout le monde, à se comporter comme tout le monde. Sinon, ce n’est pas bien. L’apport des sciences aux sociétés sera extraordinaire quand cette idée sera passée dans les mœurs, pas quand on l’aura démontrée, parce que c’est impossible. IM POS SI BLE !

Normalité, un concept fructueux pour le totalitarisme. Il lui suffit, d’abord, de pousser à fond la propagande, l’endoctrinement de la population, de faire pression, puis de pourchasser ceux qui ne sont pas comme tout le monde.

Dans l’immense majorité des cas, ce qui donne à une pensée son pouvoir, sa force déterminante, ce n’est pas le fait que sa vérité est avérée, c’est le fait qu’on peut supposer qu’elle exprime l’opinion générale ; Emmanuel CARRER sur F.CUL. « Ecrire permet de donner forme à sa vie «  Opinion générale sur l’écriture ou opinion personnelle ? Ce qui va s’ensuivre dépend du fait que ce sera l’un ou l’autre. Pourquoi faudrait-il donner forme à sa vie ? Opinion générale ou personnelle ? Quelle forme , ? Problème général ou personnel ?

Vos pensées ont donc d’autant plus de pouvoir sur vous qu’elles vous semblent collectivement partagées. Leur force, c’est le nombre.

Dans la pensée on ne fait pas attention à ce qui surgit, dans notre regard sur le monde, on ne fait pas attention à ce qui se passe. Peut-être vivons-nous sous la coupe de jugements collectifs à propos de tout .

N’a-t-on pas le choix quand on voit quelqu’un faire quelque chose entre penser que cela correspond à son désir personnel et penser que cela satisfait un jugement de valeur collectif ?

N’a-t-on pas le choix quand on voit un lieu ou un décor quelconque entre penser que c’est le résultat du désir de quelqu’un ou penser que c’est le résultat d’un soi-disant accord général ?

Notre réaction, notre réponse ne sera pas la même selon que l’on pense que c’est le désir d’un individu qui s’exprime là ou selon que l’on pense que c’est ce qui a été mis en place par une collectivité suite à un jugement collectif. Dans le second cas, que peut-on faire ? On n’a guère de prise sur cette réalité, sauf à vouloir affronter un système. Et ce ne serait pas normal. (le bouquet de fleurs sur le bureau de l’hôtesse d’accueil, c’est une idée de l’hôtesse, ou c’est mis là, systématiquement, par l’entreprise ? Dans le premier cas, dire : « jolies fleurs », lui fera plaisir, dans le second, ce sera un peu ridicule. Si je jette les fleurs, dans le premier cas, l’hôtesse sera en colère, dans le second, c’est atteinte au bien public)

Quand on est en présence d’un groupe de personnes, quand on est en public, l’affaire se corse . Si on voit l’expression d’un jugement de valeur collectif ou l’expression de coutumes et d’usages auxquels tout le groupe tient mais auxquels on est étranger, autant faire demi-tour et rentrer chez soi parce qu’on risque trop de passer pour anormal à ses propres yeux. Si on voit cela comme une successions de désirs ou d’avis différents, d’essais personnels d’être au goût du jour, là, on peut faire quelque chose.

Et pourtant, le pouvoir sur nous de tout cela repose uniquement sur le fait qu’on est persuadé que tout le monde pense la même chose, porte le même jugement : le sens du bouquet de fleurs, l’importance des coutumes etc

Ce qui serait tragique, ce serait de voir partout du jugement de valeur collectif. On n’ose pas toucher à ce qui est désigné par un mot exprimant un jugement de valeur collectif, (ça, c’est de la fraternité ! Aah aah mon dieu ! Que c’est beau!) et on en arrive à ne plus toucher au mot lui-même.

Vous aurez toujours un profond respect pour la science si vous pensez que l’opinion de PROCHIANTZ est l’opinion de tous. Tout ce qui passe pour être le résultat d’un jugement de valeur collectif, d’une conclusion collective devient intouchable sauf à passer pour anormal. Pourquoi adopter des tas d’opinions courantes, alors qu’on est déjà si surchargé d’idées préconçues ?

La normalité, depuis quelque temps, se concentre sur le psychologique. La normalité sociale en a pris un coup. D’abord parce que le pluralisme, le relativisme ont fait des progrès dans les consciences, ensuite parce qu’au multiculturalisme, au communautarisme croissants s’ajoute la montée en puissance de revendications de catégories sociales variées, tant par leur taille que par leur nature.  Revendications et expressions aussi nombreuses que parfois farfelues. Modes de vie et mœurs de tous genres. Enfin, parce que la morale a mauvaise presse avec le déclin de la religion chrétienne. Quelle normalité si les opinions se fragmentent dans ces domaines  ? Sans compter que dans une société aussi complexe que la nôtre, il y a de nombreux endroits où les comportements obéissent à d’autre jugements de valeur que ceux qui circulent généralement. La société se délite. Et certains aggravent son cas à coup de déréglementations, d’ubérisation et de sape des corps intermédiaires représentatifs.

Dans une démocratie (pour le peu qu’il en reste)  où en principe, on jouit de la liberté de penser, le médico-psychologique est le nouveau mode de raisonnement, et un terrain tout trouvé pour l’anormalité. On n’est plus anormal parce qu’on est méchant ou parce que l’on veut s’en prendre à la société, on est anormal parce qu’on est psychologiquement détraqué. (avez-vous bien pleuré ? Non ? Vous n’êtes pas normal. Vous êtes un sociopathe) Mais la normalité psychologique n’offre pas plus de garanties que la normalité morale ou sociale. Les jugements de valeur collectifs ne sont pas si collectifs que cela. Pourra-t-on se mettre d’accord sur le degré de dangerosité ou de nocivité de ce que la psychologie a classé comme pathologique, à supposé même qu’elle sache de quoi elle parle ? Non, c’est juste pour essayer de faire partager à une majorité de gens l’idée qu’untel a des problèmes psychologiques, avec pour conséquence l’idée qu’il n’est pas comme tout le monde, qu’il est anormal, parce que tout le monde le pense. Ah l’opinion publique ! Quel enjeu pour bon nombre d’idéologues et d’assoiffés de pouvoir ! Quelle importance a, maintenant, un petit mot que l’on jugera de travers. Quel foutoir ! Cris et pleurs ! Coupables et victimes (Emoi, émoi, émoi.) Toujours les mêmes d’ailleurs, et des procureurs autoproclamés jouent les arbitres. D’un autre côté, c’est tordant.

Les jugements de valeur de nature politique, sociale, psychologique, morale ne sont que des témoignages de fidélité à une collectivité ou un type de société, qu’une profession de foi dans cette collectivité ou cette société. Rien d’autre. Des jugements de valeur collectifs à propos de quelque chose dans ces domaines, n’ont aucune valeur en soi. Ne pas être déterminé par tous ces jugements de valeur apparemment collectifs suppose de n’avoir aucune envie, aucune intention de faire partie de quelque collectivité que ce soit. Tous ces jugements de valeur impliquent que l’on pense pour nous, que l’on décide pour nous, que l’on parle pour nous. J’ai tout à fait le droit de ne pas souhaiter que la science ait de l’importance dans la société où je vis, j’ai tout à fait le droit de ne pas vouloir vivre dans une société islamisée, j’ai tout à fait le droit de ne pas être chrétien et de ne pas avoir l’intention de le devenir, j’ai tout à fait le droit de ne pas vouloir donner forme à ma vie, j’ai le droit de ne pas pleurer quand des envahisseurs se noient , j’ai le droit de ne pas me sentir coupable pour des actes que je n’ai pas commis etc J’ai le droit de ne pas souhaiter la société dont rêvent ceux qui ont un avis différent. (J’ai le droit par exemple de ne pas désirer une société où on se promène en burqa, et où on fait des enfants bricolés) Alors, où sont les vindicatifs ?

Vos jugements de valeur ne concernent que vous.  Quand est-ce que ces gens vont cesser de nous polluer avec leurs opinions  ? Quel rapport, quel lien entre quelqu’un qui agit conformément à un jugement de valeur collectif et quelqu’un qui ignore les jugements de valeur collectif ? Aucun.

Quand nous ne savons pas, nous acceptons trop facilement l’idée que les autres savent. Le besoin de donner un sens à notre existence et à ce monde nous conduit très facilement à croire que si les autres prétendent savoir, c’est qu’ils savent. Le désir est fille de la connaissance ( Le Dieu de la Bible a créé l’homme ? Il a créé un homme curieux. Alors qu’il la ferme. ) l’intention suit la pensée.  Mais cette connaissance peut être une affirmation des autres, et la pensée peut être la pensée des autres. Dans ce cas, le désir ou l’intention est celui de la collectivité. On se soumet au désir des autres parce qu’on croit que les autres savent ce qu’on ne sait pas. Pour tout ce qui concerne la vie des hommes, les société, on se soumet aux jugements de valeur collectifs, et à leur résultat si on croit que ces jugements de valeur sont vrais.

Nous avons donc à régler le problème des jugements collectifs que l’on croit à l’origine de tas de choses, et à affronter ceux qui obéissent aveuglément aux jugements collectifs qu’ils ont cru à l’origine de tas de choses.. La butée, c’est leur pouvoir effectif

C’est une lutte à mort entre la société ou la collectivité et l’individu. La pensée est là pour proposer une autre réalité que la nôtre, celle que la société véhicule de générations en générations.  C’est ce qui devrait être, ce qu’on pourrait être, ce qu’il serait souhaitable d’être selon elle, selon la culture. C’est le jugement de valeur collectif. Il faut choisir entre ce qui est et ce qui pourrait être. Si on choisit ce qui pourrait être, on rejette ce qui est, on se consacre à ce qui ressort d’une opinion générale. On se rejette. Quand on se soumet à une opinion générale, on se fond dans le collectif après lui avoir donné raison. On disparaît en tant qu’individu.

Quand on refuse catégoriquement que qui que ce soit parle, pense à notre place, fut-ce tout un groupe, l’individu affirme son existence et la société devient évanescente. « L’expérience d’être une femme, c’est l’expérience de se soumettre aux hommes « (Manon GARCIA), c’est un des propos féministes du jour de F.CUL. Vous soumettez-vous à cette opinion générale ? Vous n’êtes plus rien, vous faites nombre pour penser cela. Si la dimension collective de ce jugement est absente de votre esprit, vous n’êtes pas du tout engagé.

Un musicien est-il grand parce que quelques experts autoproclamés en ont décidé ainsi ou à cause du plaisir, de la joie, du bien qu’il a apporté à chacun de générations en générations :  

https://youtu.be/La08LYpRiWY?t=577

https://youtu.be/v5CDnftdyvA?t=590

 

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