LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

12 mars, 2017

LIBERTE ET POUVOIR

Classé dans : Liberte — inconnaissance @ 8:22

La liberté résume, contient toutes les vertus raisonnables. Pas de bien, de morale, de vertu qui ne se justifie du respect d’autrui et de la liberté individuelle. Je suis un autrui pour les autres.

Faisons une expérience de pensée. Supposons que par l’effet d’une loi naturelle – une nouvelle force qu’on ne connaissait pas – toute personne qui chercherait à contraindre, à forcer une autre personne, à la soumettre à une action qu’elle refuse, perdrait instantanément connaissance, et pour un bon moment. Ainsi, chacun serait sûr que sa volonté sera respectée. Ce serait justement le règne absolu du respect de chacun par chacun. (en attendant de faire du bien, dont la justification et le résultat sont toujours douteux, au moins, on ne ferait pas le mal).

Il y a un égoïsme altruiste, et ce n’est pas un hasard si on a toujours omis de l’admettre. 

En tant que faisant partie de l’espèce humaine et, au-delà, du règne des mammifères, nous ne sommes pas libres par rapport à des besoins ou des instincts fondamentaux. On en hérite à la naissance. Ils continuent à s’imposer toute notre existence. Ces besoins sont d’abord l’instinct de conservation (d’où le besoin de se nourrir et d’être en sécurité) . L’instinct sexuel. L’exercice de nos facultés intellectuelles et de nos sens ( d’où la liberté de s’instruire, de penser, de goûter le monde). L’expression de notre vitalité (d’où la liberté d’agir, d’entreprendre, incluant une certaine part de destruction et des singularités propres à un individu) ; Nous sommes tous, à des degrés divers, et de façon diverse, soumis à ces besoins fondamentaux de l’existence. (même les légumes ne sont pas si sages que cela) Et l’idéal serait que l’on puisse les satisfaire pour vivre pleinement. On sait que ce n’est pas le cas. Certaines existences sont précaires et pénibles. Certains désirs sexuels ne peuvent pas être satisfaits. L’exercice de nos facultés intellectuelles et de notre vitalité est sérieusement contrôlé et canalisé, voire empêché. L’égoïsme altruiste consisterait pourtant à servir et à faire fructifier ces manifestations de la vie en soi, manifestations qui ne sont pas le résultat d’une volonté propre, que l’on a reçues en héritage, dont on est responsable au premier chef. C’est la forme d’humanité dont on a la charge. (façon de comprendre le nietzschéisme)

Le pouvoir, nous contraint, nous oblige, par tous les moyens - dont la force - à renoncer à servir complètement cette vie en soi, à renoncer à satisfaire tous nos besoins fondamentaux, à renoncer à exercer toutes nos facultés. Le pouvoir s’y prend de multiple façons. Mais derrière les propagandes, les pressions, les répétitions, les campagnes, on trouve toujours des lois et des règlements dont le non-respect entraîne des sanctions plus ou moins importantes. Et derrière ces sanctions, il y a la force que le pouvoir en place a toujours la possibilité de mettre en œuvre et qui visera à restreindre encore davantage la satisfaction de nos besoins fondamentaux. (prison, amendes, déchéance, etc) Preuve que c’est ainsi qu’on a du pouvoir sur nous.

Vous me direz, à juste titre, qu’étant donné le nombre de tordus, de désaxés, de pervers, de malades que la société et ses principes absurdes ont produits, il vaut mieux des forces de l’ordre pour nous protéger de leurs pulsions malsaines.

Sans cette force ou sans l’existence de notre dépendance à l’égard de nos besoins – nos besoins qui sont notre nature – que se passerait-il ?

Il s’agit pour nous et pour tout le monde de justifier l’acceptation de ces contraintes et de ces renoncements. Comme c‘est impossible si on part de soi, on cherche ou on nous fournit des raisons extérieures supérieures que l’on appellera : l’intérêt général sans jamais élucider le rapport existant entre cet intérêt général et notre intérêt particulier. Ne pas creuser le sujet permet de ne pas en arriver à se demander : est-ce que cet intérêt général va m’apporter quelque chose ? Ou que ferai-je si cet intérêt général ne me rapporte rien et même me nuit  ? En tout cas, on se fait une raison de renoncer à nos désirs et d’accepter la peine qui s’ensuit.

On invente des systèmes, des morales, des religions divers et variés – mais branlants – qui n’ont qu’un seul but, celui de définir et de promouvoir le bien et le bonheur de la société, de la collectivité. Rêver à la place de combler un manque. C’est Sisyphe et son rocher. . .

Chaque fois que le lien entre un bien, une valeur, une norme et notre propre intérêt (la satisfaction des besoins ci-dessus) est inconnu ou non avéré nous sommes dans la croyance. (on voit rapidement l’intérêt que l’on a de rouler à droite en France, on ne voit pas l’intérêt de pratiquer certaines vertus)

Mais que peut bien nous faire l’intérêt ou le bien d’une société, pourquoi devrions-nous nous en soucier, si c’est au prix de notre propre malheur, si c’est au détriment de la satisfaction de nos besoins fondamentaux ?

On devrait savoir que le bonheur, le plaisir, la satisfaction sont choses éphémères. Déjà, pour cette seule raison, le service de l’intérêt général n’a pas de fin. En plus, cet intérêt général, ce bien de la collectivité est d’une tout autre nature, est d’une autre sorte que notre notre intérêt particulier. C’est l’intérêt d’une idée abstraite générale.

Considérez ce genre de propos d’E. MACRON (France-culture. La fabrique de l’histoire . (je souligne) « Je suis toujours très prudent avec le sujet de l’identité car beaucoup de candidats à droite et à l’extrême utilisent ce terme pour replier la France sur la haine de l’autre, sur le fantasme d’un passé qui n’a jamais été. Je crois beaucoup plus au concept d’appartenance à une nation qui n’est pas la même chose qu’une identité « 

Associer Identité à replier, haine, et à fantasme n’est pas sans lourdes conséquences. L’identité devrait être honteuse ou répréhensible. A bannir. Promouvoir le concept d’appartenance, c’est suggérer qu’on appartient, qu’on est la propriété de la nation. Exit l’initiative, la création de la nation par ses membres. Là aussi, c’est très tendancieux. Il est vrai que dans le cadre de la globalisation, la standardisation souhaitée de tous les produits s’oppose aux identités notamment nationales.

Dans tous les cas, il s’agit de forger un rapport commun à la nation, un usage commun de la nation (tout le monde serait dans la haine et le fantasme en tenant à cette identité) pas d’exprimer une façon de se vivre et de se vouloir français. .Et cette façon de se vivre et de se vouloir français peut très bien ignorer le roman national (idée d’appartenance partagée) à propos de la nationalité française. (et surtout les idées de ce monsieur)

Préférez-vous :  https://www.youtube.com/watch?v=m9oAbV15n8o

Dans le cadre de la globalisation, le christiano-gauchisme s’exprime ainsi : c’est un devoir sacré de satisfaire la demande du monde entier, il doit être prioritaire. Refuser, c’est avoir la haine de l’autre. Et tac !

Ne me racontez pas d’histoires, quand on utilise ce genre de mots, de concepts, d’idées, censés nous concerner, nous interpeller, c’est pour construire un monde commun ou plus exactement pour adopter une idée commune du monde à construire, pas pour améliorer notre cas,, c’est pour témoigner de notre dévouement , pas pour exprimer un désir personnel. Presque tout ce qu’on fait, on le fait pour répondre à une demande extérieure, pas pour satisfaire un des besoins cités plus haut. Cela commence très tôt. Les enfants sont invités, à l’école, à correspondre à des normes, à faire plaisir aux adultes, à se comporter comme de bons élèves, pas à travailler dans leur propre intérêt, pour leur propre réussite. Que se passerait-il si on vous demandait, là, séance tenante, de faire quelque chose qui n’ait pas pour but de répondre à une demande, une nécessité extérieures, un devoir quelconque, mais de satisfaire un de ces besoins fondamentaux ?

Une forêt, c’est l’ensemble des arbres, si beaucoup d’arbres sont malades, la forêt ne peut être belle. Peut-il exister une société indépendamment des individus qui la composent, une institution indépendamment des individus qui la font fonctionner, une morale indépendamment de la nature des individus, un pouvoir indépendamment des gens qui détiennent ce pouvoir, une présidence de la République indépendamment de la personnalité et de la compétence de la personne qui est à ce poste  ? Il n’y a pas d’ensemble, de collectivité, que l’on puisse désigner, indépendamment de chacun des membres qui les composent ; Indépendamment, cela n’existe pas. La Justice, la morale, ces trucs dont on aime à parler, cela n’existe pas. Cela n’existe que comme idée d’un monde à construire. Et jusqu’à nouvel ordre, ce monde n’existe pas. Cela a de l’effet sur ceux qui veulent construire ce même monde (je fais tout ce qu’il faut pour pouvoir me convaincre que j’appartiens à une nation, mais c’est pas gagné) ou à qui ce genre de monde plairait. Mais jusqu’à nouvel ordre, ce monde n’existe pas. C’est le monde à construire. Construisons. En attendant, cela nous détourne de la satisfaction de nos besoins. Cela nous occupe. L’exercice de nos facultés intellectuelles et de notre vitalité peut être en partie satisfaite. Pas toujours, loin de là. Mais si c’est le cas, si on réussit, les autres besoins pourront plus facilement être satisfaits.

Remettre à l’honneur le perspectivisme. (corollaire de : nous sommes tous uniques)

« Le perspectivisme signifie que toute manifestation de la réalité ou de la vérité est conditionnée par un point de vue, ou perspective particulière. On trouve des développements significatifs de cette philosophie chez Montaigne, Leibniz, Nietzsche, Ortega y Gasset, entre autres. On en perçoit quelques traces chez Pascal également.

Le perspectivisme rejette l’idée que l’homme pourrait avoir accès à une réalité objective, indépendamment d’une situation, d’un contexte culturel ou d’une appréciation subjective. Il n’y a pas de faits objectifs ou en soi, pas plus qu’il n’y a de connaissance d’une chose sans la perspective d’un sujet connaissant. Par conséquent, il n’y a pas d’absolu métaphysique, épistémologique ou moral. » (Wikipedia)

Vous connaissez probablement l’histoire des jumeaux de LANGEVIN. L’un reste sur terre pendant que l’autre voyage en fusée à une vitesse approchant celle de la lumière. Quand ce dernier revient sur terre, des siècles se sont écoulés pour ses habitants, à l’horloge de la terre, et son jumeau est mort depuis longtemps. Et pourtant, lorsque le voyageur interplanétaire voyageait, le temps passait pour lui à la même vitesse que sur terre. Il mettait toujours 3 heures pour lire un livre de 200 pages, il dormait toujours 8 heures à sa pendule etc Pour voir le décalage, il aurait fallu qu’il puisse être à la fois dans la fusée et sur terre, ce qui n’est pas possible. Si chacun de nous est unique, si le perspectivisme est juste, il y a un point commun avec l’expérience précédente, et ce point commun, c’est que personne ne peut sortir de sa perspective et juge toujours en fonction de sa perspective. Quand on parle de perspectivisme, de pluralisme, voire de relativisme, bien des philosophes montent au créneau pour condamner une conception qui signifierait que si tout est relatif, tout se vaut. Mais ça, c’est parce qu’ils imaginent pouvoir adopter une position de surplomb qui leur permettrait d’établir une échelle de valeurs objective. Et là..ah non, tout ne se vaut pas ! Cette position de surplomb n’existe pas, ils jugent toujours en fonction d’eux-mêmes. Mais ils se montrent intolérants. Si d’autres gens qu’eux ont une autre échelle de valeurs, cela ne signifie pas qu’ils vont vouloir l’imposer ou la généraliser ni même qu’ils vont comparer les différentes façons de vivre. En revanche, ceux qui refusent le perspectivisme en finissent toujours par conclure que leur façon de penser est la meilleure et par vouloir l’imposer aux autres ;

C’est le travers : je suis l’intérêt général.

Ah bon ? 

Comme dans le paradoxe des jumeaux, chacun ses référentiels, et impossible d’en sortir. Pour celui qui est en fusée et qui s’éloigne à une vitesse constante (le mouvement est comme rien) , c’est la terre qui se déplace, et inversement. Comme pour les jumeaux, rien ne choque, dans la façon dont les choses se passent  par rapport à chaque référentiel. Chacun trouvera insolite ou plus le point de vue de l’autre.

Il n’y a qu’une façon de s’en tirer sans prétendre vouloir établir une hiérarchie dans les référentiels culturels, (au nom de je ne sais quel jugement tout aussi subjectif) , sans prétendre établir une hiérarchie entre différentes façons de vivre des individus, et cette façon, c’est celle que j’ai supposée au départ : la liberté, la non-contrainte.

Depuis quand est-ce qu’une pensée a autorité sur la nature des individus, sur les besoins essentiels des individus, sur la liberté individuelle qui respecte la liberté d’autrui  ? Depuis qu’on a donné la priorité au collectif sur l’individu et que l’individu, par malheur, a voué sa vie au service d’un monde qui n’existe pas, d’un monde à construire.

N’est-ce pas idiot de poser, par exemple, le pardon comme valeur à appliquer. Pardonnez si cela vous convient dans une situation donnée, mais n’allez pas imaginer un monde où tout le monde pardonnerait tout, tout le temps, c’est à dire ne donnez pas au pardon une dimension universelle. (ou allez vous faire voir avec votre appartenance… !)

C’est l’histoire d’un mec qui pénètre dans le chantier de construction d’un immeuble. On vient le trouver et on le somme de mettre un smoking. Il demande pourquoi. On lui répond que c’est parce que l’on construit un hôtel de luxe. Comme il n’a pas de smoking, il s’en va et ses pas le mènent sur un autre chantier. On lui crie qu’il n’a pas le droit de rentrer parce qu’il a gardé ses chaussures, et qu’ici, on construit une mosquée. Bref bref bref, dans tous les cas, on lui demande de prendre un but pour du réel.. Le monde en construction est prioritaire. Il n’existe pas, mais on doit en faire sa vérité, son repère, son référent. Ce que l’on doit être pour appartenir à ce monde possible est prioritaire. Cette idée de soi, ce soi auquel on pense dans le cadre de ce monde futur n’existe pas, mais on doit en faire sa vérité, son repère, son référent.

On parle ou on s’adresse d’ailleurs à des gens qui n’existent pas, ce ne sont que des créations de notre pensée conformément au monde futur auquel nous croyons. Jésus n’a jamais parlé à personne. Il s’adressait à des gens imaginaires, des gens qu’il aurait voulu qu’il existe.. Mais les hommes ne sont pas tels qu’il les a rêvés.

Notre rapport aux gens et aux choses est semblable à notre rapport aux mots. Il nous engage parce que chacun d’eux peut représenter une certaine conception du monde et de la vie. On est donc libre ou pas libre ou plus ou moins libre par rapport à chacun d’eux..On est sous leur contrainte ou pas. On peut dire non ou pas. Si on est tout à fait libre par rapport à la pensée de quelque chose, si cette pensée n’a aucun pouvoir sur nous, (la pensée du pardon par exemple, ou la pensée du bonheur de l’autre) il n’y a pas de raison qu’on ne soit pas libre également devant la chose elle-même quand elle se présentera, peu importe ce que pensent les autres. .

Si la collectivité, si les autres sont prioritaires, si l’intérêt général est prioritaire, on sera heureux de la satisfaction de cet intérêt, comme par ricochet. On dépendra des autres. Il faudra partager les peines de la collectivité. De la même façon, on devra accepter les peines et les joies que nous procurent nos pensées. Pas question de se débarrasser ou de s’affranchir des pensées qui nous tourmentent. Ce serait égoïste.

 

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