LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

19 septembre, 2017

LES DEUX CÔTES DU LIEN

Classé dans : Lien social — inconnaissance @ 19:52

Quand on arrive sur terre et que l’on prend conscience, peu à peu, du monde qui nous entoure, on en tire vite la conclusion que l’on a affaire à bien plus fort que soi, que l’on est impuissant face à certains ordres qui règnent. L’ordre des adultes pour commencer. L’ordre de la nature ou des phénomènes naturels : eau, feu, gravité, maladies, vieillissement etc L’ordre auquel semble obéir la société  (il est cinq heures, Paris s’éveille etc) L’ordre de ceux qui possèdent le pouvoir et la force. L’ordre du collectif, de l’usage, des mœurs, des traditions. (bravo, bravo..hou hou) L’ordre représenté par tous les codes et règlements. Le projet ou l’objectif du groupe ou de la collectivité dans lequel les aléas de la vie nous ont placés. Cela fait beaucoup pour un petit individu surtout quand il commence par être ignorant. Il n’a pas d’autre choix que de s’y plier. Il fait plus, souvent, il fait de certains ordres, un idéal, un objectif éthique, comme l’ordre qui régit une société. (L’idéal républicain, l’idéal communiste, l’idéal religieux, l’idéal capitaliste etc) L’ordre doit s’imposer à tous. On s’y habitue. On peut compter dessus. C’est à la fois contraignant, pénible et rassurant. D’où l’angoisse quand le désordre s’installe, la mauvaise humeur quand il devient usuel lui-même (bouchons de la circulation, métros sur-bondés) . Mais on remarquera que l’on ne semble pas vouloir fixer de limites à l’ordre, à tous ces ordres. D’où la facilité avec laquelle on peut passer d’un régime de surveillance à un régime autoritaire et d’un régime autoritaire à une dictature. Le désordre fait désirer l’ordre. Le désordre de la circulation automobile fait accepter l’ordre écologique. C’est que l’habitude étant prise de se plier à tout ce qui passe pour être un ordre établi, on ne se demande plus si cet ordre est bien légitime et bien solide.

Ces différentes sortes d’ordre ne sont pas tous équivalents, ils ne sont pas tous immuables. Certains ordres existent depuis toujours, d’autres sont anciens (comme l’autorité des parents sur les enfants) , d’autres sont récents et fragiles. Tous ces ordres fonctionnement à coups de liens : les règles communes que l’on accepte, les usages que l’on accepte, les comportements collectifs que l’on accepte, les lois que l’on accepte, les sentiments collectifs que l’on accepte, les valeurs morales que l’on respecte etc

Le lien est un moyen privilégié par lequel un ordre se fait sentir. (exemple la discipline pour l’ordre militaire. On salue tous ou on obéit tous par discipline. La discipline est un lien que l’on accepte)

En tant qu‘altruistes, c’est à dire dans la mesure où nous sommes au service de ce qui est collectif ( la société, une communauté, une entreprise, un parti, un projet collectif, les mœurs,les usages bref les ordres en question ) il importe de savoir quel genre de lien on honore, quelle est la nature du lien pour lequel on se dévoue. Et il faudrait d’abord discerner, dégager à quel genre d’ordre appartient chaque lien que l’on honore. C’est d’autant plus utile que non seulement l’altruiste éprouve le besoin de servir un ordre ou des liens, mais il éprouve aussi constamment le besoin d’y être confronté. (quitte à en inventer. Tous unis « contre la vie chère » « contrelaviechère » quoi ? Mais ma vie et celle des autres m’est chère ha ha) .

A chaque ordre, ses types de liens. Pour les phénomènes naturels, les liens sont les vérités scientifiques. A un moment, tout le monde admet que..;se base sur, compte sur. Ces vérités relient solidement les gens entre eux. Vous pouvez vouloir sauter dans le vide ou marcher sur l’eau, pas besoin d’un policier, pour vous punir, vous le serez naturellement.

A partir du moment où on se pense et où on s’identifie à cet objet de pensée-soi, c’est fini, car on se pense avec le conditionnement socio-culturel que l’on a reçu, et ce conditionnement est fait de jugements, si bien que se penser peut se réduire à une seule petite formule : suis-je bien ou mal selon les critères de ce conditionnement. L’être social se pense avec chaque lien – et ce lien n’est pas né d’hier – et il s’identifie à l’objet de pensée, que ce soit l’objet d’un usage, d’un sentiment collectif, d’une valeur morale. etc (Je suis comme ceci, je suis cela)

Se penser mal, c’est être condamné par la société, par les autres. L’être soi-même puisqu’on se confond avec cet objet de pensée. Se penser bien, c’est être le jouet de ce conditionnement. . Dans ces conditions, on peut comprendre que la première chose à faire, la chose la plus fondamentale, serait de ne pas laisser germer en soi l’idée d’un bien à faire, d’un jugement de valeur, ou de ne pas laisser germer en soi l’idée que chaque lien est une idée du bien, car l’idée du bien était le cœur, le ressort, la raison d’être du conditionnement socio-culturel ou de l’éducation que l’on a reçu ; ou bien, ce qui revient au même, de ne pas laisser s’implanter en soi l’idée d’une généralité humaine, comme l’idée de société. (ou de collectivité ou de communauté ou tous ces concepts qui recouvrent du collectif) c’est à dire l’idée qu’un lien est réel. car c’est se mettre sous son autorité. L’être social ou l’être moral, c’est personne, une marionnette, c’est personne, à moins que vous puissiez me prouver ou vous prouver que le bien que vous concevez ne doit strictement rien à l’éducation que vous avez reçue et aux idées ultérieures que l’on vous a transmis. Un ordre social, quel qu’il soit, est toujours contraignant, il s’impose toujours par la contrainte, pour exister en tant qu’ordre établi. Non, sérieusement, vous ne croyez pas une seconde que l’ordre politique, l’ordre d’un groupe, l’ordre militaire, l’ordre religieux, voire l’ordre familial etc vous laissent libre d’agir conformément à vos opinions  ? Et l’ordre économico-socio-politique mondial ? Si contrainte il y a, agrément (dans les deux sens du terme) il n’y a pas.

(à méditer ..https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/saison-28-08-2017-08-07-2018

.cela confirme un certain nombre de propos tenus dans ce blog) .

Si vous voulez savoir quels sont les ordres les plus douteux, les liens les moins solides, il suffit de mesurer à quel point on mobilise de service d’ordre, de monde, de messages, de propagande, pour les préserver ou les répandre. La quantité d’énergie dépensée pour faire la promotion de certains liens (comme sur France Culture) trahit le caractère très louche de l’ordre en question. C’est de la propagande en sa faveur. (comme en URSS on faisait la propagande du communisme en ramenant sans cesse les notions, les valeurs qui étaient les siens) . L’interdiction de tuer est admise par quasiment tout le monde, les crimes sont rares comparés à la population. (l’essentiel du travail des policiers ou des gendarmes est consacré à bien d’autres choses Aussi on ne nous répète pas tous les jours qu’il ne faut pas tuer tandis que dans certains médias, on nous ressasse infatigablement les mêmes messages, les mêmes idées. Parfois, cela frise l’extrémisme.

L’ordre établi, ce qui est collectif et l’idée du bien : trois idées pour désigner la même chose. La preuve ? Cessez complètement de vous comparer aux autres, et vous verrez.

Les deux côtés du lien.

Suite au retour de bâton des militaires birmans à l’encontre des Rohyngias - avec les victimes qui s’ensuivent - France Culture écrit : « Alors que l’ONU dénonce un « nettoyage ethnique », comment expliquer le silence d’Aung San Suu Kyi (prix Nobel de la paix) face à ces violences ? «  Nous sommes en présence de 2 liens supposés :1 les violences perpétrées à l’encontre des Rohyngias sont un crime intolérable. Défense des droits de l’homme. 2 La mission d’un prix Nobel de la paix est d’intervenir dès que de tels crimes ou de telles atteintes aux droits de l’homme sont commis. Peu importe les détails, peu importe l’histoire – le même discours pourrait s’appliquer à un grand nombre de cas . L’ordre ici défendu est un internationalisme humaniste (l’humani-terre) Les gens comme ceux de France-Culture utilisent le schéma habituel, mais ils ne savent pas pourquoi (on ne sait pas pourquoi) 1 Ils n’acceptent pas le monde tel qu’il est. 2 Ils ont une idée assez claire de ce qu’il devrait être. 3 Ils sont certains que cette idée est la bonne. 4 Ils rejettent ou condamnent ceux qui ne sont pas d’accord avec eux et voudraient les rendre responsables. Remarquez : ces gens-là exploitent votre sensibilité, votre compassion, et ce n’est certainement pas vous, dans ces conditions, qui seraient la cause des maux décrits. En revanche, ceux que ces arguments ne touchent pas, ceux à qui ils ne sont pas adressés sont du genre à l’être.

Un autre petit jeu courant. Des tas de gens au service de cet ordre (l’humani-terre) sont payés pour parcourir le monde et trouver des populations dans le besoin ou persécutées. Ils retournent en France et tentent de faire monter une opération humanitaire ou militaire, avec l’argent du contribuable, pour leur porter secours. Et ils recommencent. (Ayn RAND avait parfaitement prophétisé cela) De l’autre côté, ces populations font tout pour attirer « l’attention de la communauté internationale » fut-ce au prix d’attentats. C’est un petit jeu pervers qui a de plus en plus de succès.

Ceux-là mêmes qui passent leur temps à refuser ce qui est et à plaider pour un autre ordre mondial sont ceux-là mêmes qui ont soutenu et encensé ceux qui ont eu le pouvoir de mettre en place l’ordre mondial décrié ou d’y collaborer. Ils voudraient qu’on adopte leur cause tout en continuant à jouer sur les deux tableaux.

Qui nous a missionnés pour changer l’ordre du monde et de quel droit le ferions-nous ? Refuser que l’on emploie les termes de « nettoyage ethnique » et de « violences » et qu’on en tire des conclusions en notre nom c’est refuser l’ordre que l’on veut nous contraindre à mettre en place. Je vous interdis de penser une seule seconde que vous parlez en mon nom quand vous parlez des droits de l’homme (droits de l’homme est une généralité que j’ignore) ou de la mission d’un prix Nobel de la paix. Tout ce qu’il est légitime de faire, c’est de se débarrasser de ce qui nous nuit, nous opprime, nous cause du préjudice dans notre vie.

Quand on est d’un côté du lien – côté récepteur - on en retire peu ou on en pâtit, ce sont les autres qui en profitent. Quand on est de l’autre côté du lien – du côté émetteur – on en retire beaucoup. Que je sache, le lien « défense de la patrie » par exemple suppose que la multitude donne sa vie pour ceux qui manient cette idée dans le but de protéger leur richesse et leur pouvoir. Comme nous payons tous aujourd’hui les conséquences d’une immigration qui n’est que la conséquence d’une colonisation qui a enrichi une minorité. Ou comme nous sommes dupes d’un raisonnement qui voudrait que les musulmans sont comme nous (des semblables, des frères etc) . Leurs malheur est aussi injuste pour eux qu’ils le seraient pour nous. La nature de leur culture et de leur religion n’y est strictement pour rien n’est-ce pas. Ben voyons !

En haut de l’échelle, la société octroie à ses fidèles et zélés serviteurs, à ceux qui savent manier les liens et servir l’ordre établi, le plaisir du pouvoir (petit ou grand), le plaisir de la sensualité (confort et consommation) et le plaisir de la considération. (tapis rouge, compliments, petits fours et fanfare.)

En bas de l’échelle, tout est réduit à la portion congrue (surtout pour le pouvoir et la considération) et le populo honore les liens et les ordres.

chbela

Prédateurs et proies

Ou l’ordre économique mondialisé et ses liens.

Lien : « le moins cher ». Le populo cherche le moins cher (encouragé par la publicité) . Ce faisant, il vote avec son portefeuilles  pour la mondialisation qui lui vole ses emplois car il achète des produits fabriqués en Chine, en Inde ou je ne sais où.  Il vote peut-être contre dans les urnes, mais c’est sans conséquences. Lien : les droits acquis. Le populo ne veut  pas être réduit à l’esclavage mais il se rend complice de l’esclavage qui se pratique dans ces pays. Après, on peut lui dire qu’il est trop protégé en comparaison de ce qui se pratique ailleurs..  Lien : « faire des économies pour réduire la dette » Le populo est prêt à voter pour celui qui veut réduire la dette en lui demandant des sacrifices.  Paupériser ne peut que renforcer cette quête du moins cher.  Lien « la solidarité » Les régimes de retraite et de santé reposent sur la solidarité. Sauf que maintenant c’est la solidarité avec le monde entier. Le populo cotise pour tous ceux qui n’ont jamais cotisé. Cela renforce la paupérisation.. C’est bien pensé hein ?

On se pense donc avec ceci -une petite pensée conditionnée -ceci vient spontanément à l’esprit, c’est un truc que tout le monde apprécie, c’est un truc qui représente un ordre (psychologique, politique, moral etc) par exemple avec ce petit propos bien gras, bien collant, bien poisseux de CYRULNIK : « Ce qui peut aider un jeune à trouver sa voie, c’est son pouvoir de rêve » « Aider » voilà un truc qui rassemble et qui est important, « jeune », voilà un terme générique qui rassemble et qui est important, « voie » pareil, « pouvoir de rêve » pareil. (Je vous laisse deviner de quel ordre cela procède) Mélangez les quatre liens, ajoutez-y sentiments et réputation de l’auteur, mettez-ça dans l’esprit adéquat…Si vous vous pensez avec ça, vous êtes mentalement colmaté pour un moment . 

C’est bien parce qu’on est gentil, affectueux même, que l’on accepte de se penser avec les éléments de langage fournis par notre interlocuteur (aider, jeune, voie, pouvoir de rêve) ou par notre esprit qui répète ce qui se pratique. C’est pour faire plaisir. L‘amour nous met dedans. Peut-être qu’on a été éduqué de telle manière que l’on devait manifester notre amour, notre attachement à nos parents (puis à nos maîtres) en réponse à l’amour qu’ils disaient nous donner, qu’on se sent obligé d’être ainsi aimable. Des parents qui aiment leurs enfants sans rien leur demander en retour leur rendent un immense service, leur octroient une grande liberté. Oui parce que je peux vous garantir que si une personne a de l’emprise sur vous, si vous êtes désarmé face à elle, c’est vous, et vous seul, qui lui accordez cette importance et ce pouvoir (l’importance consistant à représenter un lien ou un ordre) en l’aimant ou en l’idéalisant. Méprisez-là, et tout s’arrête. Mais il faut, pour cela, mépriser le lien ou l’ordre.  

Mais si on a besoin d’amour, si on veut être aimé, on est en quête de tout ce qui fait lien, de tout ce qui rassemble, dans tous les domaines, pour lépouser, s’y dévouer afin de plaire au groupe. On est ainsi conforme à l’ordre que ces liens reflètent. Les autres font ceci, ceci est un lien, j’adopte. Les autres pensent cela, cela est un lien, j’adopte. Les autres aiment ceci, ceci est un lien, j’adopte. Les autres détestent cela, cela est un lien, j’adopte la détestation. Les autres obéissent à ceci ou celui-ci , ceci ou celui-ci est un lien, j’adopte. Les autres se présentent comme cela, cela est un lien, j’adopte. Les autres utilisent tel et tel mot, tel et tel mot sont des liens, j’adopte. Les autres rendent un culte à cela, cela est un lien, j’adopte. Tel bonimenteur ressort l’idée de pouvoir de rêve (on se croirait en 68) pouvoir de rêve est un lien, j’adopte. France-culture défend les Royingas, la défense des Royingas est un lien, j’adopte. Il faut même détailler : plusieurs personnes font quelque chose. je collabore, plusieurs personnes éprouvent telle émotion, je partage, quelque chose se passe ou un ordre de choses semble régner, je m’inscris. .Je fais absolument tout pour honorer les liens qui semblent exister, pour plaire. Je suis même attentif à tout ce que je peux détecter comme lien pour m’y associer..

Dès que quelque chose semble pouvoir faire lien, semble rassembler du monde, on y souscrit si on a envie d’être aimé.

De l’autre côté du lien, il y a ceux qui passent pour être des acteurs ou des responsables de l’ordre en question. Il y a celui qui parle au nom de l’ordre politique et qui diffuse les liens qui représentent cet ordre politique (les valeurs de République blique bllique). Il y a ceux qui parlent au nom de l’ordre social et qui enseignent les liens qui représentent cet ordre social (être responsable sable sable) . Il y a ceux qui parlent au nom de l’ordre moral et qui posent les liens qui représentent cet ordre moral (à bas la discrimination tion tion, sauf quand elle est positive) . Il y a ceux qui parlent au nom de l’ordre culturel et qui défendent les liens qui représentent cet ordre (ce chanteur est une légende, cette chanson est un tube tube tube) etc etc Certains sont passés maître dans l’art de les faire miroiter, je m’y précipite aussitôt comme un idiot. Faire beaucoup d’enfants est une valeur ici, je fais beaucoup d’enfants ( qui ajouteront à la misère du monde tout en recueillant des compliments . Consternant!), faire peu d’enfants est une valeur là, je fais peu d’enfants. Mais imaginez une seconde, lorsque l’on essaie de vous convertir à quelque chose, que tout le monde, absolument tout le monde, est indifférent à ce dont parle votre interlocuteur, et que vous le savez, que devient votre intérêt pour lui ? L’expérience fonctionne avec n’importe quel lien.

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