LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

10 juin, 2020

FRANC COMME LE PLOMB

Classé dans : Mensonge — inconnaissance @ 16:57

C’est sûr, d’un côté, on est disposé à faire ce qu’il faut pour faire partie du groupe, pour s’intégrer dans ce monde, et pour se trouver une raison d’être, donner un sens à sa vie – premier besoin de faire ce qui semble bien – et de l’autre côté, les religions, les systèmes politiques, les philosophies,les psychologies, les morales, nous proposent tous une conception du bien général, de ce que le monde et les hommes devraient être pour que ce que les créatures humaines désirent toutes, la paix, l’amour, le bonheur, la justice règnent. Les problèmes et les échecs que les hommes rencontrent pour réaliser le premier objectif, font particulièrement cogiter certains qui pensent pouvoir trouver dans les systèmes cités au-dessus les moyens de supprimer ou de corriger tout cela. Le manque, c’est le destin.

Oui mais il se trouve que les systèmes qui ont réussi à s’imposer influencent, formatent, organisent, définissent la vie en société et qu’il se pourrait bien que ce soit eux qui soient la cause des problèmes des hommes pour vivre en bonne intelligence. Est-ce que les choses s’améliorent quand un système règne en maître ou au contraire quand il s’effondre ?

En tout cas, les hommes sont tous portés à faire le bien (même si parfois c’est un bien contraire à l’ordre établi) Ils ont tous besoin de penser qu’ils sont bien. Ils sont tous portés à bien faire ce qu’ils font, à faire ce qu’on leur demande, à transmettre les idées qu’ils se font du bien, à choisir les hommes politiques qui leur semblent les plus aptes à bien gouverner. Il y en a même chez qui le nombre et les exigences des critères de bien à respecter sont exceptionnels, que ces critères soient pragmatiques, concrets, raisonnables, objectifs et au service du fonctionnement de la société, ou que ces critères soient idéologiques, moraux, religieux etc

Car on peut se demander de quel bien on parle. S’agit-il du bien des choses ou des personnes ? S’agit-il de réaliser des objets devant répondre à l’usage qu’on en attend, s’agit-il d’un savoir-faire ou s’agit-il de définir ce que doivent être les hommes ?

Heureusement que la grande majorité des gens est portée à bien faire, parce que la grande majorité de ceux qui nous gouvernent a pour objectifs: la réussite de leur idéologie personnelle et le profit de ceux qui les ont portés au pouvoir, au détriment justement de l’intérêt et des aspirations généraux. Si on se comportait tous comme eux, il y a longtemps que tout se serait écroulé. D’ailleurs ce qu’ils font s’écroule. On pourrait établir une charte à l’ONU qui stipulera que, pour tous les pays signataires, les guerres ne pourront prendre que la forme d‘un coup d’Etat, une puissance étrangère s’emparant des centres de pouvoir d’un pays sans que ses habitants soient mêlés à l’histoire. (exemple tout proche de la Commission Européenne : coup d’Etat permanent. Mais elle a des complices sur place. Et puis pas besoin de soldats, c’est dans les tuyaux)

On parvient à faire quelque chose de bien quand il s’agit de construire une voiture, une maison, un viaduc, un appareil ménager, un engin spatial, un portable, du pain, du vin etc Connaissances + savoir-faire+ définition précise de l’objet à obtenir. C’est un fait reconnu. Tellement admis que ceux qui ont en tête comme idée du bien, une certaine conception des hommes, ont adopté le même schéma. Ils veulent, avec l’idée qu’ils ont les connaissances, un savoir faire et une idée claire de l’objectif, se comporter avec les espèces vivantes comme on se comporte avec la matière inanimée.

Laissez-nous tranquilles pourraient dire l’éléphant et le guépard dans la brousse, la baleine et le thon dans la mer, l’oiseau, la fleur, le bonobo dans sa jungle, vous voulez-nous transformer en objets, et si ce n’est pas en objet matériel, c’est en nourriture ou en éléments pour le loisir  des hommes. Si cela peut vous consoler – piètre consolation – les hommes agissent de même avec les hommes en vue d’en faire des instruments au service ou à la gloire d’une conception globale du monde ou d’une partie du monde ou d’un système.

Il ne s’agit pas seulement de faire des choses utiles à la communauté, il s’agit d’être utilisé au profit de la puissance, de la grandeur d’une nation, d’un empire, d’une idéologie politique (par exemple la mondialisation) , d’une religion  Voilà, à chaque fois un bien suprême, à chaque fois une pensée conquérante sortie de je ne sais où, devenue obligatoire..Et la compétition exige qu’on se sacrifie.

Il faut être comme cela, il faut se comporter comme cela, il faut penser comme cela, il faut servir le maître comme cela. C’est absolument évident, cela saute aux yeux quand on écoute ceux qui prétendent savoir ce que les hommes doivent aimer, désirer, penser, faire, c’est pour qu’ils soient de parfaits serviteurs de la superstructure ou de l’idéologie qui représente la priorité des priorités. Toute leur habileté consiste à jouer sur les deux tableaux, à passer habilement de l’un à l’autre, le tableau de la vie quotidienne et le tableau de l’objectif collectif.

Et ces gens-là, parce qu’ils sont au service d’une idée de la collectivité, sont écoutés béatement comme s’il nous était devenu impossible d’imaginer que l’on puisse vivre sur cette terre sans avoir toujours présent à l’esprit une conception globale du bien commune . Et puisqu’il faut qu’elle soit commune, tiens, j’en ai une à vous proposer !

Être bien conditionné, bien entraîné, bien endoctriné, bien embrigadé, bien empoisonné par cette obsession de faire le bien - bien qui étend ses ramifications à tous les niveaux de notre existence - c’est être complètement sous l’autorité de la pensée dans tous les domaines. La pensée du plus fort est toujours la meilleure, question de moyens et d’habileté.

Et la pensée sait d’avance ce qu’on doit être pour correspondre au gigantesque système.

A-t-on, oui ou non,, l’expérience d’un flot assez continu de pensées, d’un défilé parfois ininterrompu de pensées, dassauts parfois puissants de pensées. Ne peut-on pas en tirer trois conclusions. D’abord elles sont très prescriptrices, ensuite elles sont assommantes, pénibles, obsédantes, enfin ces prescriptions ne sont pas toujours, loin de là, pertinentes, judicieuses. Ce n’est pas vivre que d’être constamment sous leur empire. Il y a d’un côté un être sensible, et de l’autre un ordinateur .

Être sensible ? Que l’on ait donné un nom à un arbre, une fleur, un animal, une couleur, une forme, une odeur, un son, une douleur, c’est pratique pour la communication et pour discerner les choses. Que l’on ait acquis des connaissances sur la nature de ces choses, c’est très utile aussi. Mais que notre rapport à tout cela ait été programmé conformément à une conception du monde et de l’homme, cela ne va plus. Si la pensée doit régir complètement ce rapport, cela ne va plus . La pensée, elle-même, ne ressent rien. On est devant un arbre, une fleur, une couleur, un son, un contact, un décor, un paysage, un tableau, une musique on ne ressent rien parce qu’on a la tête envahie par un flot d’informations, de prescriptions, de jugements etc et que tout cela ne ressent rien. Absolument rien de neuf, d’inédit ne sortira de notre rapport à ces choses. L’ordinateur a fourni la réponse prévue.

Notre état du moment, la particularité de la perception, son effet sur soi, ses répercussions, rien de tout cela n’apparaîtra . La question qui pourrait nous plonger dans la perplexité, l’hébétude ou la gêne, c’est : quel effet a cet arbre, cette fleur, cet animal, cette couleur, cette odeur, ces sons, ce paysage cette musique, cette douleur sur nous, indépendamment de la pensée ?

Laissez nos émotions, nos sentiments, nos impressions, nos goûts, nos envies tranquilles tant qu’on ne fait de mal à personne.

A l’heure où les grandes idéologies fières d’elles-mêmes, ne font plus recette, où la désillusion s’est installée, il faut aussi faire en sorte que des gouvernements qui se comportent un peu comme autrefois mais en cachant soigneusement leur pensée et leur intention -menteurs professionnels, illusionnistes patentés -  soient remplacés par des régimes politiques plus adaptés à l’époque.

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