LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

22 octobre, 2017

DES MILLIONS D’APÔTRES

Classé dans : Moi — inconnaissance @ 19:05

Quelque chose d’autre que le moi ou l’être social (c’est la même chose)

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existe en amont, sinon, on a raison de tout miser sur la culture et sur la conformité parfaite à une société. On peut appeler cela l’individu ( être vivant distinct, par opposition au groupe ou à la société) ou autrement, peu importe.

Ce quelque chose d’autre se manifeste quand un hiatus apparaît entre ce qui est dû à la socioculture, ce qui lui plaît, ce qui en émane (bref : son désir à elle souvent intériorisé) , et la nature propre d’un individu. En fait, il y a hiatus entre une pensée et une nature. Dans le langage courant, cela donne : je n’étais pas fait pour ça (erreur d’orientation) , je me suis mépris ou égaré (trop écouté des pensées) , je me suis laissé influencer ou entraîner (par quelqu’un) , qu’est-ce qui m’a pris de (aveuglement) , je me suis fait avoir par les raisons (persuasion) , ce n’était pas ce que je voulais etc

Plus finement, cela donne une personnalité dont la fausseté ou la fragilité finissent par devenir évidentes (contradiction entre ce qui devrait être et ce qui est) ou une difficulté à trouver son propre plaisir, sa propre vérité (absence d’écoute ou de connaissance de soi) tant ils sont contaminés, occultés par les désirs de la société ou une souffrance permanente résultant d’une contrainte permanente ou un goût très prononcé pour l’utopie ou le rêve. La pensée avait gagné, mais ses ambitions n’étaient pas tenables.

Pourquoi ce quelque chose d’autre n’est-il pas davantage écouté, respecté, pris en compte ? . Il est clair que c’est une lutte permanente de faire le tri entre ce qui est vrai par rapport à soi et ce qui est emprunté ou fortement suggéré, entre ce qui nous fait plaisir à nous et ce qui est destiné à faire plaisir aux autres, entre la satisfaction de l’individu et la satisfaction du moi ou de l’être social, ces deux satisfactions n’étant pas du même genre.

Mais vous aurez du mal à trouver des gens qui ne représentent pas essentiellement les intérêts, les désirs, les valeurs de la société tant ceux-ci sont prégnants. On ne parle que d’elle, on ne pense qu’à elle. Soit on la considère comme une grande malade, soit on la considère comme une cause sacrée. Mais le résultat est le même. Curieux non, que son service nous laisse si peu de temps libre, si peu de temps pour ne plus du tout s’occuper d’elle, ni par l’action, ni par la pensée, ni par les sentiments.. Oublier un moment les relations conflictuelles, le lien social, les problèmes sociaux, les conflits et guerres dans le monde, sa misère et ses atteintes aux droits de l’homme, la planète en danger et les bonheurs et malheurs de son parti etc etc Oui, c’est vrai, pour cela, il ne faut pas allumer la télévision qui vous replonge dedans, même à travers ses séries, plus vraies que vraies, où les scènes de ménage, le stress, les cas de conscience, les violences et les meurtres se succèdent. Ou alors, on prend du plaisir à voir les malheurs des autres , comme autrefois on prenait du plaisir à voir les gladiateurs s’entre-tuer. Alors là, c’est autre chose. ILL combat de boxe

Et pourquoi pas, même en société, oublier un moment tout ça, de temps en temps. Ou plus souvent.

Alors, quel pourcentage de notre énergie employons-nous pour plaire à la société ? Nous arrive-t-il de ne pas faire référence à des idées-valeurs en vigueur, de ne pas faire allusion à du général, pour s’en autoriser, les défendre ou disserter à leur sujet ?. Le plus souvent, pensées et paroles expriment, relaient les désirs de la société (c’est à dire ceux du moi ou de l’être social) . Pensées et paroles viennent d’elle et ont la même nature qu’elle, donc on s’occupe d’elle Prétention à l’objectivité et à la généralisation et non distinction radicale entre elles et nous..

. L’individu n’est pas dans le radar. On connaît l’expression : « je ne suis là pour personne » (La classe !) On devrait utiliser le plus souvent l’expression : «  je suis là pour tout le monde « 

Quand il est question de libertés à octroyer, de problèmes à résoudre cela concerne toujours des groupes, des catégories (gays, femmes, chauffeurs de taxi etc c’est à dire idées, ou pans de société) pas des individus.Je ne recommence pas à citer la longue liste des sujets proposés par France Culture. Ce serait lassant. Je pense que tout le monde a compris à quel jeu de construction cette chaîne s’amuse. Laissons-la à sa propagande constante. (c’est une sorte de détournement de l’argent public) à son misérabilisme, à ses appels continuels à la pénitence. Mais elle illustre parfaitement, à grands coups d’idées générales, de causes politiques, culturelles ou sociales, de questions d’éthique, ce qu’est la priorité dont je parle, ce que peut être le désir d’un certain type de société (limpide pour qui sait voir de quel jugement d’autorité elle part) .

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Vouloir promouvoir ou instaurer certains types de rapport entre les gens, entre les catégories sociales, entre les gens et les catégories sociales, entre les gens, les catégories et les structures sociales et politiques, c’est faire de la politique sans le dire ouvertement, sans le reconnaître, c’est militer sans prendre sa carte. .

Les professionnels au contact avec le public, qui servent-ils , pour qui travaillent-ils , quels intérêts servent-ils ? Si l’Education Nationale parlait récemment de mettre l’enfant an centre, c’est qu’il ne l’était pas, qu’est-ce qui l’était ? . Que fait un médecin ? Est-il au service de la politique de santé publique du gouvernement ? Est-il au service des intérêts de sa corporation ? Est-il au service de sa carrière ou de sa réputation  ? Est-il au service de la médecine ou de sa conception de la médecine ? Tout ça, ce sont des idées, tout ça, ça fait partie du fonctionnement d’une société. Dans quelle mesure est-il au service du patient qu’il a en face de lui (pas d’un autre) ? Comment un médecin peut-il prétendre qu’il est au service d’un patient en chair et en os s’il ne tient aucun compte de ses désirs et de ses particularités à lui ? A ce moment-là il ne fait qu’utiliser le patient en supposant que c’est ce que ce dernier attend, mais surtout sans jamais lui poser la question. (pas fou!) Dommage que l’on ne puisse pas leur envoyer notre organe malade par la poste pour ne pas se déranger .

Un journaliste, au service de qui est-il ? Quels intérêts défend-il ? Ceux de son groupe de presse ? Sert-il la ligne politique de la direction ? Sert-il les intérêts de sa corporation ? Il n’apparaît pas clairement qu’il soit au service du besoin d’information de chacun d’entre nous. A l’évidence, il travaille pour des idées, ou des gens qui représentent des idées.

Mais faites parler n’importe quel représentant d’une profession ou d’une catégorie sociale, et vous avez 99, 9 % de chances qu’il vous parle d’éthique – éthique professionnelle, éthique sociale. On tombe exactement dans le schéma ou le phénomène décrit dans l’article précédent. Je suis un bienfaiteur de la société, je parle de l’intérêt général – c’est à dire que je m’élève au-dessus des vicissitudes de mon groupe – je parle d’éthique, -c’est à dire que je pratique l’altruisme (l’éthique c’est le bien de tous) . Comme c’est curieux, ce n’est pas si fréquent lorsque l’on interroge des particuliers qui nous parlent de leur existence particulière. Alors pourquoi ? Ils ont besoin d’honorabilité, manifestement ! Manifestement, il doit y avoir un hiatus entre ces discours et les actes. C’est toujours compliqué de démêler les mobiles et les motivations dans un groupe constitué..

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Des spiritualités semblent vous proposer des voies pour aller au-delà des difficultés que vous rencontrez, des problèmes que vous avez, des voies pour retrouver une sorte de sérénité ou d’équilibre, de bonheur ou de paix. (ça, c’est pour ceux qui ont la fibre qu’il faut) Mais vous remarquerez que souvent, il est difficile de distinguer les méthodes de développement personnel, d’épanouissement de soi, et ces spiritualités même si elles veulent se démarquer. C’est qu’en fait, les unes et les autres ont un fort point commun : elles proposent toutes de trouver votre salut, votre délivrance ou votre épanouissement en cultivant certaines valeurs, une certaine éthique sociale. C’est à dire qu’elles proposent toutes de vous servir des valeurs d’une société pour vous affranchir des problèmes causés par la société. Le salut dans les concepts. (Qu’il s’agisse de RICARD, de ANDRE, de LENOIR, etc etc) Et d’ailleurs ce sont à peu près les mêmes concepts que l’on retrouve. Tous ces gens-là ont l’air de s’être élevé au-dessus du commun des mortels. C’est une autre catégorie, la catégorie des spécialistes en sciences humaines, en humanité, en qualité d’âme. Vous voyez, eux aussi ne vous parle que d’éthique sociale. Ecoutez-les bien, et vous verrez qu’ils trouvent leur raison d’être dans l’utilité sociale, dans l’intérêt de la société,. C’est l’altruisme. C’est le bien de la collectivité. La société comme justification. Ils ne se distinguent pas des autres qui précèdent ;

L’humanisme est en train de devenir encore plus affligeant et culpabilisant que le christianisme d’autrefois. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. La liste des victimes de notre indifférence, de notre égoïsme s’allonge. C’est une honte. Bobby LAPOINTE aurait peut-être dit : on tatoua, tatoue-toi

Que font les parents ? Ils apprennent aux enfants à se juger en fonction des idées-valeurs en vigueur de leur époque et de quelques unes plus récentes.

Il s’agit toujours de se juger favorablement, positivement en fonction d’idées-valeurs issues de la société ou de la culture si on les a fait siennes et d’idées-valeurs qui font autorité à un moment donné. Le professionnel avec les critères de sa profession, les psycho-spirituels veulent que vous vous jugiez en fonction de critères psycho-spirituels – résilience ou empathie ou religion de l’altérité etc chacun ses dadas – les politiques veulent que vous vous jugiez en fonction de critères politiques, les humanistes en fonction de critères humanistes, les écologistes en fonction de critères écologistes, les moralistes en fonction de critères moraux ou éthiques. Le résultat, c’est le moi ou l’être social.

- Pourquoi ces gens-là courent-ils comme des fous

- parce qu’ils le sont

- mais pourquoi courent-ils si vite

- pour gagner du temps disait DEVOS

(la vitesse , ça grise, à condition d’accélérer souvent. L’accélération a remplacé l’action)

Vous avez, pour vous juger, votre position sociale, votre réussite sociale, vos signes extérieurs de bonheur, votre éthique et principes personnels, vos discours et engagements etc Tout ça, c’est prévu . C’est dans le registre. Vous avez pour améliorer votre opinion de vous-même une armée d’experts. Les piliers du temple. Les recettes pleuvent, les conseils font fureur, les interpellations se suivent, les exhortations aussi, les remèdes s’empilent. Les arbitres sont d’un côté, les concurrents de l’autre.

Et la pression est plus ou moins forte. Les prétentions et le dogmatisme de ceux qui représentent ces idées-valeurs sont plus ou moins grands. Eux sont des modèles, non seulement ils se sont élevés au-dessus de tout le monde, mais en travaillant à la diffusion d’idées-valeurs générales dont le but est le bien général, ils ont une excellente idée d’eux-mêmes.

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Qui n’a pas envie de les imiter. Les beaux discours, les bons sentiments font fureur. L’apostolat : un métier d’avenir décidément. Allez convertir toutes les nations, enrôlez-les au nom du Bien universel. (on a déjà vu ce genre de film, ça finit mal) Les concurrents, il faut les comprendre. eux aussi ont envie de devenir arbitres Mais ne devient pas arbitre qui veut. Il faut faire partie d’une certaine classe. Le risque c’est d’ajouter aux critères de jugement que l’on a intériorisés et à toux ceux que l’on nous sert dans notre vie quotidienne, au travail, à la télé ou ailleurs les critères du bon apôtre. Mieux vaut diriger une fondation que d’être le prêtre d’une petite paroisse, mieux vaut avoir des relations que des convictions. .

1 les idées-valeurs sont des généralités, des notions générales.

2 ce sont déjà des valeurs de référence dans la collectivité

3 le sens de ces idées-valeurs est : le bien des autres

La boucle est bouclée. CQFD

Quête. Toujours trouver sa valeur à l’extérieur, hors de soi.

Général abstrait + altruisme + libre-arbitre. Triangle infernal. Ce sont simplement trois idées qui ont besoin les unes des autres pour se soutenir. -à quoi servirait le libre-arbitre sans bien ou mal général. A quoi servirait les idées-valeurs sans altruisme) Mais bien soudées dans l’esprit des hommes, elles sont terribles. Séparons-les . Le général, ça existe ? L’altruisme, ça existe ? Le libre-arbitre, ça existe ? J’ai un doute. Un doute persistant.

Est-ce que l’individu existe en tant qu’organisme avec des caractères spécifiques, en tant que personne différente des autres, en tant qu’être organisé pour satisfaire ses besoins propres et ses aspirations particulières ? Là, j’ai pas trop de doute.

On est « shooté » à la valeur socioculturelle .Ce besoin de se juger est dévorant et insatiable. C’est le besoin du moi plongé au cœur d’un monde dont la nature est : affrontement, compétition, rivalité, récompense et ceci dans tous les domaines.

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Le moi est un objet de jugement avec les critères d’une société. Un jugement est d’abord une pensée, l’objet de jugement est un objet de pensée. La pensée est la pensée conditionnée, la pensée d’une socioculture. Le moi est ou l’être social est ce que la socioculture pense d’une personne. La personne est ce qu’elle pense d’elle-même en fonction des critères d’une société. Attention ! Pas touche à l’opinion que l’on a réussi à avoir de soi en fonction des critères qui nous sont chers, surtout si en plus ils sont appuyés sur une position sociale avantageuse.

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Comment sait-on qu’on est aimable ou antipathique, agressif ou pacifique, angoissé ou serein, mauvais ou bon, heureux ou malheureux, misogyne ou le contraire, généreux ou avare etc C’est la connaissance – ce qu’on a lu, entendu, retenu, compris, admis – qui observe cet état, et c’est elle seule qui le projette. Si la connaissance était différente, l’état serait vu autrement. S’il n’y a pas de projection, on ne sait pas dans quel état on est. Donc le but de la socioculture, de cette avalanche continuelle d’idées, est de nous conduire à nous voir en fonction de ses critères. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre : être un objet culturel et ne pas l’être.

Impossible de s’en sortir si on accorde, comme tous ceux dont on a parlé plus haut, beaucoup de valeur à une culture, aux idées-valeurs d’une société. Ce sera toujours là qu’on ira chercher des raisons de s’estimer, toujours d’elle que l’on dépendra, toujours en fonction d’elle que l’on verra les choses et que l’on se jugera. . Les pensées qui nous obsèdent sont des jugements qui nous poursuivent, c’est le produit de cette soif de considération. Et les solutions seront toujours cherchées dans la culture.

Si on faisait la liste de tout ce qu’on nous a fait miroiter, de tout ce à quoi on a cru, de tout ce qui nous a mobilisé, de tout ce qu’on croit encore, elle serait longue.

Avec tout ça, comment l’individu peut-il encore exister, affirmer sa singularité, protéger sa vérité intérieure . ? On pourra toujours dire : j’ai été séduit par telle idée mais j’ai un problème, j’ai cru que je pouvais, mais je ne suis pas fait pour ça, j’ai voulu passer pour mais manifestement, ça n’a pas marché, j’avais épousé telle valeur, ça ne m’a pas réussi etc On n’est pas fait pour n’importe quoi.

Mais vous êtes…..  ! !

Qu’ai-je à voir avec ces histoires que l’on propage ?

Vous ne pouvez pas dire ça

Et pourquoi pas ? Avez-vous autre chose à me proposer que ce qu’on raconte et ce qu’on racontait au sujet de ces mots, de ces idées-valeurs dont vous vous servez  ? Ce n’est pas parce que des beaux parleurs nous racontent des histoires à propos de choses que je n’ai jamais vues que je vais les croire.

Que savez-vous de moi, de ma conscience ? Vous ne savez que ce que vous voulez y mettre en vous servant de mots que vous répétez. Je ne suis pas plus un disciple d’une religion qu’un disciple de vos idées-valeurs.

Pourquoi ces histoires devraient-elles s’imposer à mon expérience du monde qui m’entoure, à ce que j’éprouve quand je suis au contact avec lui , Je n’ai pas de dissertation à rendre et je n’ai pas la vocation d’apôtre.

C’est bien vos notions générales, votre intérêt général, mais moi je n’ai jamais rien trouvé de général. Les autres, ça n’existe pas. Les catégories de gens dont vous me parlez n’existent pas. Je n’ai pas plus envie d’être l’élément d’un groupe que je n’ai envie de faire d’autrui l’élément d’un groupe.Je n’ai jamais rencontré une catégorie. Je n’ai rencontré que des individus, avec lesquels je suis en rapport en tant qu’individu. Et ce serait stupide de partir d’un a priori – l’altruisme – et de vouloir l’appliquer à tout prix.

C’est bien vos jugements d’autorité, mais soit j’agis sans intention et sans raison, soit j’assume dès le début ce que je fais, je ne vois pas ce que vos jugements d’autorité viennent faire là-dedans. Si je devais être coupable des conséquences de ce que je suis, il ne fallait pas me mettre au monde. Comment peut-on vouloir que l’espèce humaine se perpétue et la rendre coupable, ensuite, d’exister, et d’exister dans sa diversité ?

 

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