LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

28 mars, 2019

CONNAIS-TOI TOI-MÊME

Classé dans : Multi — inconnaissance @ 8:35

Cette phrase attribuée à SOCRATE pourrait être comprise comme un objectif à poursuivre, et elle pourrait aussi être comprise comme une nécessité de l’instant il vaut mieux se connaître soi-même.

En effet, si on veut bien y réfléchir un peu, combien de problèmes, d’erreurs, de déceptions, d’égarements, de fautes ne sont pas dus au fait que l’on s’est mépris sur soi-même, que l’on se faisait une idée fausse de soi-même, car alors, c’est cette idée fausse qui était à la manœuvre dans notre vie. On croyait qu’on était fait pour ;..on s’était cru capable de ..;on croyait que les autres nous voyaient ainsi…on a réussi à donner aux autres une idée fausse de soi-même…on pensait qu’on se connaissait etc

On décide, on choisit, en fonction d’une pensée, d’une raison. Si cette pensée ou cette raison intègre une fausse idée de soi, la décision ou le choix seront mauvais. Car cette pensée ou cette raison impliquait que c’était bon pour soi, qu’on était fait pour, capable de etc Evidemment, si on s’occupe de choses qui semblent n’avoir aucun rapport avec soi, le choix est plus facile. Vous êtes pour la mondialisation ? Êtes-vous sûr que c’est ce qui vous convient ?

Il vaut mieux se connaître signifierait : on n’est pas n’importe quoi, tout ce qu’on veut.  On est une certaine personne. Certaines données sont incontournables. (sinon la connaissance est impossible)

Cela signifie ensuite : si on sait qu’on est comme ceci, on ne fera pas une chose complètement contraire à ce qu’on est.

Cela signifie encore : on accepte ce que l’on est. C’est un fait.

Cela signifie enfin : on cultive son jardin.  

Seulement ce n’est pas si simple. Si on se pose la question : qui suis-je ? Avec quoi va-t-on répondre ? Une réponse sera fournie par la pensée. Qu’est-ce que c’est que cette pensée ?  

Est-on dans la vérité quand on se fait une idée de soi en fonction de buts, d’objectifs que les autres nous assignent ? . Il faut être ceci, faire cela. Echec ou réussite. Est-on celui qui a échoué ou a réussi ?

Au bout du compte, l’idée de soi que l’on s’est faite en fonction d’un nombre considérable de critères de ce genre et de conclusions est-elle la bonne ? Déjà, si les critères avaient été différents, nos réponses n’auraient pas été les mêmes. On se serait donc fait une idée différente de ce que nous sommes.

La seule chose qu’une culture ou une société soit capable de dire à propos de l’homme – vraiment la seule en fait – c’est ce qu’il doit être pour coller, correspondre à ce qu’elle est. Tout le reste, c’est du vent, des boniments. Car la nature de l’Homme, son essence, l’Homme ontologique et même anthropologique, personne n’en sait rien. (France Culture ne peut qu’imaginer un Homme qui satisferait son idéologie humaniste universaliste à grands renforts de morale et de sentiments..)

L’idée de ce que chacun doit être, et qui est le produit d’un mythe, d’un système philosophico-religieux sur lequel s’est bâtie la société, est le résultat de tout ce qu’on a pu absorber de la culture où nous sommes. Un système de ce genre est facile à reconnaître : on y trouve tous les mots abstraits, métaphysiques, ontologiques, que l’on veut. Il se trahit par ceux qu’il emploie. Ce que l’on présente, le plus souvent comme une évidence, une vérité incontournable, n’est qu’accidentel. Autre temps, autre lieu, autre système, autre idée de l’homme, autres exigences, autres mœurs. Pensez-vous (question à 1 milliard) que la mondialisation va réussir à harmoniser ou intégrer tous les systèmes de pensée pour parvenir à un monde unifié ? C’est impossible puisque cette mondialisation s’effectue sous l’égide d’un certain système de pensée. Mais passons. Revenons à nos petits moutons humains.

C’est par rapport aux images, aux conceptions idéales ou convenables de l’homme que l’on nous a inculquées que l’on se pense ; ce sont elles qui nous font imaginer que nous pourrions être autre, elles qui se présentent sous forme de pensées incessantes. J’aurais pu, j’aurais dû, je devrais, il faudrait, je n’ai pas été, je pourrais être , on se projette, on s’imagine etc tout un tas de pensées qui nous donnent une image peu reluisante de nous. On se pense en fonction de ces objectifs.

Se connaître soi-même, est-ce connaître ce produit relatif, discutable de pensées conditionnées, ou est-ce connaître ce qu’on devrait être ? Ni l’un ni l’autre .

Et pourtant, la conséquence on la connaît, on vit avec. Conscient d’avoir des problèmes, on veut être quelque chose d’autre que ce qu’on croit être. Ce qu’on croit être étant la somme de toutes les conclusions que l’on a tirées sur soi-même. Croire cela ou croire qu’on est proche des exigences qu’on s’est fixées, c’est se méprendre sur soi-même.  La culture ou la société nous met dedans. Merci Ëtre autre chose que ce qu’on n’est pas…en voilà une idée ! Le danger, c’est donc de partir sur ces bases.

Ce qu’on est, c’est de bons petits soldats dociles de la culture du moment. Machinalement. Consciencieusement. On fait constamment une sacrée publicité à son modèle. Que ferait-elle sans nous ? Et on ose nous traiter d’égoïstes alors qu’on lui consacre sa vie ? Les valeurs, ce sont des objectifs , des désirs que l’on est censés avoir, que l’on doit tous partager. On ne nous a pas demandé, on ne s’est pas demandé si on voulait avoir ces désirs ou ces objectifs. Comme s’il n’existait qu’une seule volonté, celle de la société.  

Mais ce n’est plus la mode. La mode est au multi. Multicartes, multifonctions, multiusages, multinationale, multimilliardaire, multicouches, multivers, multirécidiviste  multicitoyenneté.. …tout est multi dans notre vie. 

Déjà, dans la vie quotidienne, le moraliste, le redresseur de torts, le rôle de sage réussissent de plus en plus mal avec les autres. Alors pourquoi ce mode de fonctionnement a-t-il encore du succès avec soi-même. On ne peut plus dire : tu devrais, mais on se dit toujours à soi-même : tu devrais. Cela fait bizarre hein ? Une morale personnelle qui peut de moins en moins s’exprimer. Cela vous attriste peut-être. Mais on ne peut pas bouleverser les repères, balayer les valeurs anciennes et espérer que les gens conservent leur image de soi habituelle. La pagaille ne vient pas d’en bas.

On n’a jamais su pourquoi on est là et qui on est, la seule chose certaine, c’est qu’on voulait faire partie de la communauté, être accepté, intégré.. Il n’y aura bientôt plus rien dont on puisse faire partie.  

La connaissance de soi, c’est la conscience de constantes sur lesquelles on ne peut plus rien et qui ne manqueront pas de se manifester sans que nous y soyons pour quelque chose. On en tient compte quel que soit ce que disent ou veulent les autres.

regard historique :  http://planetdsaintje.unblog.fr/2019/03/23/le-romantisme/

p.s. Pouvez-vous m’aider s’il vous plaît, je vois défiler sur la page d’accueil de Windows 10 des visages de sportifs, de pédophiles, de stars, d’homme politique éminent, de journalistes, d’artistes etc …cela tourne, je ne sais plus qui est qui, qui a fait quoi, je confonds. 

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