LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

1 juillet, 2017

BOUFFE AUX MYTHES

Classé dans : Mythe — inconnaissance @ 16:09

On s’est aperçu ou on devine que lorsque l’on s’appuie complètement sur un jugement a priori pour agir, on est souvent désappointé ou désarçonné. Les choses ne sont pas comme on les prévoyait. Ou bien on a fait l’expérience que lorsque l’on compte sur quelque chose que l’on a jugé a priori, le bénéfice, le plaisir , ne sont pas au rendez-vous. Ces jugements a priori ne sont pas un savoir, c’est plutôt le résultat d’un conditionnement. Si on ne donnait pas à ces jugements une valeur pérenne, si on n‘en faisait pas des repères fiables, on ne compterait pas sur eux à ce point.

Quelle différence y-a-t-il entre une valeur morale ou sociale et un jugement a priori personnel ? Par exemple dans : «Ils sont homosexuel(le)s, bisexuel(le)s, transgenres, queer ou intersexes et seront des milliers dans les rues de Paris demain pour revendiquer leurs droits. Après « 40 ans de marches, 40 ans de luttes » en France, on pourrait enfin être LGBTQI et être heureux en 2017. « (France-culture)   LGBTQI, droits revendiqués , heureux en 2017   ou dans : « La littérature prévient les dangers, oui, mais au sens où elle alerte sur une catastrophe qui, précisément, parce qu’on en a été alerté, ne vient jamais comme on l’avait imaginé » (Patrick BOUCHERON France-culture) littérature, catastrophe annoncée. Le jugement a priori contenu dans les termes relevés est-il purement personnel ou purement social ou moral  ? Il ne peut pas y avoir de distinctions parce que les jugements a priori sont des morceaux de jugements répandus. Entre ces jugements qui nous semblent personnels – alors qu’ils ne le sont pas – et des valeurs que la société a instituées, qui servent éventuellement de raisons sociales à des institutions ou des organismes, il y a continuité. Ces derniers ne sont pas plus sûrs, plus justes, plus efficaces que les premiers, ils ne donnent pas de meilleurs résultats.

Or nous ne sommes jamais sûrs que nos jugements a priori reflètent bien, expriment bien les jugements officiels, ou en vigueur, l’ordre établi. Est-ce que ce doute ou cet écart va être assumé ou va nous poser des problèmes ? Plutôt le second cas. . On voudrait que nos jugements durent, qu’ils soient des vérités pour pouvoir légitimement les avoir à priori. Pour cela, il vaut mieux qu’ils rejoignent une opinion générale. Ils ne seront pas contestés et on pourra se penser avec eux tranquillement, avoir une certaine autorité.

Pourtant le fait est que l’on est plein de jugements en quête de reconnaissance ou de certification. Le fait est que les impressions, inclinations personnelles, spontanées, n’osent pas s’affirmer, ils cherchent une légitimité en se raccrochant aux valeurs collectives. Bref, on a tendance à partir de jugements a priori mais ces derniers nous causent bien des tracas.

Le bien étant ce qu’il faudrait à tout le monde, (dès que cela devient un peu particulier ou spécial, il y a de l’égoïsme) c’est le jugement a priori par excellence. Jamais validé par tout le monde, jamais vérifié sur tout le monde. Ni même sur un groupe. Ce jugement à priori par excellence est champion en matière de tracas. On se sent un devoir de le faire mais ce n’est jamais celui qu’il faut. Et quand on a affaire à des formes plus officielles ou plus reconnues de l’intérêt général, on ne nous donne pas la liberté de ne pas le faire et on ne vous donne pas la liberté de le faire. Il faut juste obéir, exécuter. Car prendre la responsabilité de le faire serait prendre l’initiative de concevoir et de fabriquer un intérêt général, un type de société qui n’est pas celui qu’il faut, et ne pas le faire, serait choquant. Choquant exactement.

Vous ne pouvez pas faire le bien, avoir le sentiment d’avoir fait le bien, sans être tourmenté ou critiqué. Car ce que vous avez fait alors ne correspond pas exactement au bien officiel ou convenu. Il entre toujours de la subjectivité. Votre initiative entre en conflit avec un système. Tout écart est mal vu.  Vous êtes conditionné pour faire le bien – c’est le principe qui guide vos actions et vos pensées – mais vous êtes coupables quand vous le faites – forcément avec votre sincérité ou votre personnalité.  Seul un robot peut faire le bien. Mais alors la responsabilité individuelle disparaît. Et il n’en est pas question.

Une religion et une société qu’un Etat aura organisée et ordonnée ont exactement les mêmes objectifs : réglementer les relations entre les hommes eux-mêmes et entre les hommes et les structures, les institutions et autorités. Ce n’est pas un rapport avec du concret, mais avec de la métaphysique, du spirituel, du sublimé.

Au commencement était le Verbe parait-il. S’il s’agissait du verbe, que la grammaire définit comme « un mot exprimant un procès, un état ou un devenir «  (TLF) , alors autant dire : au commencement était la continuité. (ce qui est un sacré oxymore) Car c’est le verbe dans une phrase qui introduit une sorte de rapport de cause à effet, de processus ou de loi qui se voudrait comparable aux lois de la physique . « Je pense donc je suis » Voilà le je soudain pourvu de deux facultés penser et être dont nul ne peut dire ce que c’est exactement. Autrement dit, c’est un savoir. Or la continuité est inhérente au savoir, sinon ce n’est plus un savoir. Les lois physiques ne changent pas.

Il n’y a pas de verbes qui puissent être vérifiés toujours et partout, comme les lois physiques, dès qu’il s’agit de la vie des hommes. Et il n’y a pas de continuité, de permanence dans les perceptions, les sensations, les productions psychiques. Les verbes ne sont là, n’ont été inventés, que pour leur en donner une, que pour donner aux rapports entre les choses la forme de lois. .

«  Chaque sensation a sa durée à elle, son intensité à elle, mais vous allez vouloir l’intensifier ou l’amoindrir, la prolonger ou vouloir y couper court…..Vous avez maintenant conçu la situation et maintenant que vous avez une idée de votre plaisir un désir de faire quelque chose va immédiatement s’ensuivre «  (UG) Faire quelque chose, en faire quelque chose, s’en servir dans le cadre d’un système. Et ce système sera métaphysique ou spirituel. Vous avez maintenant conçu un verbe, c’est à dire une forme de loi, de façon à faire de votre plaisir ou déplaisir quelque chose, peut-être un système de pensée. .

Imaginez que l’on vous dise : . »Je, un symbole de quoi que ce soit., charge très lourde. » Trois éléments plutôt disparates….et alors ? Pas de lien, pas de continuité. Et si on vous dit : « cherché à devenir, ou à rester, aimerais, libère, «  Là c’est une agitation confuse. Alors on va relier les trois premiers éléments avec ces verbes. « Je n’ai nullement cherché à devenir, ou à rester, un symbole de quoi que ce soit. J’aimerais, au contraire, qu’on me libère de cette charge très lourde. » (Mahmoud DARWICH France culture) C’est bien gentil mais est-il certain que la loi qui relie « Je » et « symbole » soit effectivement « cherché à devenir ou à rester »  ? Pourquoi faudrait-il le croire ? Il parle de lui. Mais cherché à devenir, aimerais, libère sont des procès, des actions généraux et on n’a aucune idée de la façon dont cela se passe, du phénomène en question.

Si je vous donne les verbes, saurez-vous les mettre à leur place connaissant les éléments de départ . Eléments : leçon de cette année, pour moi, l’espace, vous, gens, ils… verbes : est, compte, savez, vivent, pouvez prévoir, vont voter. (pourtant, en physique, vous avez une idée assez claire de ce qui peut se passer entre deux éléments dans des conditions données) C’était : «  La principale leçon de cette année, pour moi, est que plus que jamais, l’espace compte. Quand vous savez où les gens vivent, vous pouvez prévoir ce qu’ils vont voter. » (Jean-Nicolas FAUCHILLE)

Mais la décision personnelle direz-vous, qui empêche de prévoir l’avenir . La décision n’est qu’une idée qui était déjà là et qui passe à l’action. Mais le fait que tout le monde comprenne de quoi il s’agit ? «  La merveille des merveilles est la faculté des hommes de dire ce qu’ils n’entendent pas comme s’ils l’entendaient, de croire qu’ils le pensent, alors qu’ils ne font que le dire «  «  Tous le monde s’entend sur les mots, ce qui ne veut pas dire que chacun s’entende et puisse mettre sous les mots une pensée précise » (Paul VALERY)

Vous voyez bien que c’est une histoire que l’on se raconte, un rapport que l’on imagine entre l’idée de soi et l’idée du monde pour satisfaire l’idée de soi. Pas de responsabilité sans savoir, n’est-ce pas, et pas de savoir sans « se penser ». D’ailleurs, pour avoir un rapport différent au monde, il faut se faire une autre idée de soi. Mais on ne sait rien de la réalité des processus, de la réalité du verbe. Si vous considérez soigneusement les verbes dont nous parlons, impossible d’observer, d’expérimenter l’effet ou l’action qu’ils désignent. Rien n’est observable, mesurable, détectable, prévisible tout est dans le mental, l’imagination, l’incorporel, l’abstrait. .Jamais de démonstration ou de preuve. Tout est élaboration subjective, idéologique. Comment pourrait-il en être autrement quand les éléments sont de même nature que les verbes. .

Notre fringant président, s’adressant au CFCM à l’occasion de la rupture du jeune du Ramadan : « Le combat de la pensée et de la foi, il faut le poursuivre sur le terrain, notamment auprès des plus jeunes qui ont des réticences à franchir la porte de vos mosquées. »La pensée – c’est clair comme de l’eau de roche, il sait de quoi il parle – de la foi – encore plus – le terrain – suffit de le dire – les plus jeunes – ils se reconnaîtront à coup sûr – et ce qui est censé se passer entre tout ça, c’est « poursuivre le combat » et « réticence à franchir la porte des mosquées » – je vous dirai, c’est pas là.

Rendez-vous compte de tout ce qu’on nous fait croire, de tout ce qu’on fait croire.

On est dans le mythe et l’épopée. Le mythe, ce sont toutes ces lois, ces nécessités, ces continuités, qui n’en sont pas, ces éléments qui n’existent que dans notre esprit et nulle part ailleurs tels que dans notre esprit. L’épopée « Long récit poétique d’aventures héroïques où intervient le merveilleux «  dit Larousse. C‘est le caractère grandiose, héroïque, de notre aventure quand on s’obstine à atteindre ce monde abstrait, métaphysique, imaginaire, incorporel et à incarner les verbes. L’épopée, c’est quand le pronom personnel censé représenter des gens en chair et en os doit être l’auteur de cette action-là avec la nature qu’elle a . Il n’y a que le sentiment et la croyance qui puissent faire en sorte que les hommes marchent dans l’histoire. Il y en a chez qui l’épopée saute aux yeux. 

D’ailleurs tout le monde peut constater que ceux qui prétendent vouloir libérer les hommes de leurs chaînes ou de leur asservissement, ceux qui sont humanistes, utilisent les mêmes moyens, les mêmes ficelles que ceux qui ont asservi les hommes : le sentiment, l’émotion, l’idéal. Rien de tel pour mettre hors-circuit l’intelligence et la compréhension du monde. Votez pour moi, je suis si humain. et saint ,

Vous pouvez être absolument certain que le pouvoir qu’ont sur vous des paroles invoquant, des valeurs morales ou sociales ou des nécessités quelconques ne vient pas du tout de la justesse ou des bienfaits de ces valeurs ou des logiques évoquées, mais de ce que vous tenez à être aimé, approuvé, reconnu par les autres et surtout par ceux que vous estimez, admirez, aimez. Ce qui a du pouvoir sur vous, ce n’est pas la raison à travers ces valeurs et ces logiques, c’est le jugement, l’opinion des autres. Les rapports humains fondés sur le savoir personnel et sur la compréhension, c’est autre chose. C’est automatique, se penser en tant que faisant parti des hommes, c’est adopter les valeurs propres à l’homme et se comporter comme les hommes, se penser comme faisant parti d’une religion, c’est adopter les valeurs de cette religion et se comporter comme les autres membres de cette religion, se penser comme appartenant au sexe masculin ou féminin, c’est adopter les valeurs associées à ces sexes et se comporter comme ses semblables, se penser en tant que faisant partie du groupe des polytechniciens, des politiques, des journalistes etc c’est adopter les valeurs de ces catégories et se comporter comme les membres de ces catégories, se penser comme représentant de telle ou telle valeur morale ou sociale, c’est se comporter comme les autres adeptes de ces valeurs. Se penser comme faisant partie d’une catégorie, c’est se concevoir comme semblable aux autres membres de cette catégorie et c’est tout faire pour être fidèle à cette catégorie. A chaque catégorie son comportement moutonnier, ses jugements a priori à la fois personnels et collectifs. Les jugements a priori dont on ne peut pas se passer, c’est l’écho en soi des vérités établies, des normes et valeurs officielles.

On vous fait souffrir ou on vous culpabilise pour vos écarts par rapport à ces catégories et ces logiques et vous n’y pouvez rien, vous êtes impuissants, les paroles de reproche font mouche parce que vous voulez le beurre et l’argent du beurre. Vous voulez à la fois prendre des libertés par rapport aux autres, par rapport à ces catégories trop limitées,par rapport à des logiques ou des nécessités douteuses, et vous voulez continuer à être aimé, approuvé, reconnu. Vous voulez que l’on approuve votre liberté. Jamais un membre fidèle d’une catégorie ne vous soutiendra pour être sorti de cette catégorie.

« Au village, sans prétention

J’ai mauvaise réputation

Qu’je me démène ou qu’je reste coi

Je passe pour un je ne sais quoi

Je ne fais pourtant de tort à personne

En suivant mon chemin de petit bonhomme

Mais les brav’s gens n’aiment pas que

L’on suive une autre route qu’eux  » (BRASSENS)

Est-il bien raisonnable, alors, de consacrer sa vie à représenter, défendre, perpétuer un type de société quelconque (fut-ce le sien) , c’est à dire les histoires, les rapports, les liens qu’elle a imaginés, les valeurs morales et sociales, les croyances , si cela ne donne aucun résultat concret, probant  et rapide? Est-ce bien raisonnable quand on sait que ce ne sera jamais comme il faut et que cela fournira aux autres le moyen de nous culpabiliser ?.

Dieu n’a tenu aucune de ses promesses ici-bas, pourquoi les tiendrait-il dans l’au-delà ? La société et surtout ceux qui la gouvernent n’ont tenu aucune de leurs promesses de paix, de prospérité, de justice, de bonheur, pourquoi les tiendraient-ils un jour futur, ?

Toute cette histoire repose sur l’idée fausse que l’on en saurait beaucoup sur la nature humaine, sur ce qu’est un être humain. Et sur cette idée fausse on a construit des systèmes innombrables et complexes. Mais en réalité, on ne sait pas du tout ce qu’est un être humain en dehors de son corps. Nul ne peut dire : c’est cela. En conséquence, tous les discours qui partent d’une idée de ce que nous sommes ou disent ce qu’il nous faut, sont des contes à dormir debout. Ils n’ont qu’un seul objectif : l’intérêt d’un certain type de société.

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