LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

27 juillet, 2020

LE MIC-MAC TOURNE ROND

Classé dans : Mythe — inconnaissance @ 21:40

Chaque mot est destiné à être entendu, c’est sa vocation, sa nature même. Il vient des autres et il y retourne. Quand on est dans son jardin, qu’on le regarde ou qu’on s’en occupe, qu’on en jouit, on n’éprouve pas le besoin de penser au mot jardin. Si on le fait, c’est parce que les autres sont entrés dans notre esprit par la pensée (ou ont franchi la grille) . Quand on le fait, on donne au mot un sens que les autres comprendront, un sens que les autres ont coutume, selon nous, de donner au mot jardin. Le but est de parler du jardin que l’autre connaît. Ce jardin ne nous appartient pas.

Ainsi, quand on emploie un mot ou qu’on l’entend dans la bouche de quelqu’un qui parle de nous, il y a des chances pour que nous donnions à ce mot le sens qu’il semble avoir dans le langage courant, dans le discours établi, même si c’est un mot enraciné dans la vie. (vous êtes fatigué nous dit-on) Quand le but recherché est la compréhension et l’approbation, c’est forcément le cas; (chez les politiques ou les journalistes, c’est toujours le cas). Quand Darmanin parle d’ensauvagement, que croyez-vous qu’il fasse sinon donner au mot un sens qu’une partie de la population reconnaîtra, c’est juste ce qui s’appelle : envoyer un signal)

L’absence d’emploi du mot jardin, le fait que nous n’en parlions jamais à quiconque, le fait que notre expérience du jardin suffit et qu’aucune pensée contenant le mot ne vienne interférer, va probablement nous conduire à faire de notre jardin quelque chose de très personnel, très original. Mais c’est, évidemment, sans aucun désir que notre jardin fasse école. C’est pareil pour tout et notamment les formes de plaisir sensuel. Mais on devine aussitôt les résistances et les problèmes que cela posera dans la société.

A contrario, il est absolument certain que lorsqu’une chose est destinée à être vue et à plaire, c’est l’opinion qui fera la loi. Mais dans ce cas-là, cela veut dire que l’on est le jouet de l’opinion, que l’on fait et aime ce que l’opinion fait et aime, même si ses idées et désirs ont été intériorisés.

On peut se demander, à cet instant, combien de choses nous faisons conformément aux idées et désirs de la société et dans le but de les montrer. . On peut même se demander : qui disparaît quand ces désirs disparaissent en nous, nous ou les autres ? C’est la suite logique, c’est le sort mérité de ceux qui ne conçoivent rien d’autre, absolument rien, que de satisfaire les idées, désirs et volontés de la société dans leur vie que le post-humanisme qui sera la forme idéale de cette obéissance. L’apprentissage parfait et les réponses parfaites. Le totalitarisme vient de loin .« quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur. » (Matthieu – 5)

Je suis égoïste : ceci est la déclaration solennelle que l’on n’est qu’un objet socioculturel ou que l’objet d’un discours établi ou courant. C’est pareil que « je suis facteur »; Le mot a le sens que ce discours lui donne. Le je le fait correspondre à soi-même. Il n’y a plus trace d’un sens personnel que l’on pourrait donner au mot, de conscience personnelle du rapport entre ce mot et soi. C’est très bien. On vous encourage. Vous voilà devenu un bon camarade. Vous avez fait plaisir. C’est sur ce principe que fonctionnaient certains procès. (ou a contrario, vous avez la forme : éloge officiel : il est généreux) Eh bien c’est partout pareil. De deux choses l’une : ou bien on existe et on voit ce que ce mot peut bien avoir comme rapport avec soi, ou bien on n’existe pas, c’est la société (ou son représentant) qui existe, et elle dit bel et bien ce que nous sommes. 0 ou 1.

Et on veut tout le temps être ceci ou cela.

A l’origine, le désir d’enfant des parents, même quand la nature y est pour beaucoup, n’est pas toujours si joli. Mais cela ressemble à un désir (maintenant un projet) Puis, il y a une adhésion, un oui d’instinct, innocent, à ce qui se présente, ce qui se manifeste, bien ou mal, bon ou mauvais C’est l’envie de vivre. Il y a un partage, une empathie avec les soucis, les désirs de l’entourage pourtant pas toujours justifiés, ou bien une tendresse pour ses goûts, affections et penchants pas forcément intelligents. Il y a une sorte de foi des parents, des maîtres qui se transmet à l’enfant. Foi dans l’avenir. Il y a pression de toutes parts pour bien réagir, bien apprendre, bien répondre. Cela doit bien être justifié ? Il y a adhésion inconditionnelle donc à une nature, un contexte de hasard, des lois, des personnes plus ou moins belles.

Initialisation terminée. La vie continue sur cette lancée, sur ces bases, avec ces présupposés, innocemment, aveuglément. . En fonction de cette prédisposition qui a un sens global dont on n’est pas maître mais esclave, c’est une nécessité pour nous de juger pour lui donner raison. On ne peut pas s’empêcher de le faire. Il faudra que ce qui arrive corresponde à cette prédisposition. C’est depuis lors que l’on veut être compris et approuvé et accepté pour que ce qui était au départ – une chance d’être en vie – ne soit pas contredit.

Conserver cet état idyllique de communion

Partout où il y a du commun, surtout du sentiment commun, il y a de l’union ou de la fusion possibles, et il y a du bien possible qui se confond – on ne pourrait mieux faire – avec l’union ou la fusion .Le bien ne peut pas être autre chose que la satisfaction d’un désir commun, collectif. Les sentiments collectifs, dans la langue, prennent l’apparence de jugements de valeur (les sentiments et les émotions sont trop informels et fluctuants)

1 considérer quelque chose 2 être soumis à un jugement de valeur initial, immédiat 3 ce jugement de valeur général est l’expression d’un sentiment général ou collectif 4 on veut coller à ce sentiment et à cette collectivité. 5 on n’a plus d’avis personnel sur la chose, on fait partie de l’opinion courante. Exemple d’actualité et saisonnier : feux de forêts il y a forcément, d’emblée, un regret . c’est associé à l’idée de nature et sa préservation est précieuse pour tout le monde, on s’est fondu dans ce collectif. Faites du bien à l’idée de protection de l’environnement qui, elle-même, fait partie d’une idéologie plus vaste.

Ce n’est que de cette façon que l’on commence par vouloir exister – et parfois qu’on le veut toute sa vie – en se reconnaissant ou en s’investissant dans des idées générales qui sont un moyen de trouver l’union espérée et de faire le bien en répondant à une demande collective (prenez n’importe quel élément fédérateur de la religion ou de la politique par exemple) Maladie de jeunesse qui se prolonge souvent bien au-delà. :

Dans le secret de notre esprit les jugements de valeur sont au départ et défilent à propos de tout et n’importe quoi, il suffit d’en être conscient. C’est la réaction naturelle d’un être qui est formé d’une certaine façon au monde et c’est son besoin fondamental de se garder tel qu’il est.

Le mic-mac tourne rond dans la persistance d’une espérance folle de résoudre cet écart irréductible entre soi et le monde si différent. La langue procure cette espérance. Il suffit d’essayer de trouver son créneau.

Les valeurs morales, collectives, communes, sont souvent d’inspiration chrétienne, en y adhérant, on adhère à la communauté des chrétiens anonymes et fondus dans la masse. (mais athée dehors, caté dedans, c’est pas trop mon truc)

Les valeurs féminines et les valeurs masculines sont l’aboutissement d’une longue histoire faite de mythes, de légendes, d’épopées ou de littérature, on adhère à toutes ces choses si attendrissantes et on rejoint ceux qui ont contribué à cette histoire.

Les concepts de père ou de mère, sont aussi issus d’une longue histoire du même genre. A chaque fois, c’est à une conception issue du passé que nous nous rallions. De même pour le concept d’homme, ? Quoi ? Homme ? Mais il y a quelques siècles la question se posait de savoir ce que c’étaient que ces sauvages que l’on découvrait ici ou là. On avait d’abord un enfant de Dieu, puis un sujet du Roi, puis l’incarnation d’une catégorie nationale et sociale, (avec des recoupements) maintenant le symbole douteux d’une humanité aussi polymorphe qu’inconstante. C’est cette idée et ce parti que l’on sert.

Les larmes, si c’est intime, peu importe, mais si elles sont visibles, désignées, intégrées dans un discours en vogue et attribuée à une catégorie sociale en vogue, alors là, ça compte. Et celles que l’on verse alors, dans ce cadre, ont le sens et la valeur que leur donne ce discours. Problème, ce n’est plus un individu qui verse des larmes, c’est une idée générale. Ce n’est pas très affligeant. Mais heureusement il y a 1 la chose larmes, 2 un jugement 3 un sentiment collectif 4 une communion 5 l’idiot utile que nous sommes. Pareil partout.

Dès l’instant où un jugement de valeur initialise nos pensées, elles ont tendance à suivre le processus qui va du jugement au sentiment, au groupe et au désir de lui appartenir. Le processus est hyper-rapide et actif quand on considère une valeur morale. C’est le jugement qui nous fait passer de l’être singulier que nous sommes à l’être impersonnel et général.

Voyager dans le passé ne serait pas seulement changer de décors, ce serait aussi changer quelque peu sa façon de penser et de voir le monde, mais pas tant que ça. Entre deux anagrammes, Etienne Klein nous rappelait qu’on parle des notions comme le temps ou l’énergie ou l’origine comme on en parlait il y a des siècles. Pareil pour le reste. On avait plus de mal à changer la société autrefois qu’aujourd’hui, et pourtant, aujourd’hui, ce n’est pas facile; La transmission est culturelle mais aussi génétique. Le rouleau-compresseur continue sa route.

A-t-on envie de perpétuer des grands mythes, des fictions ? A-t-on envie de soutenir et de propager des idées générales si douteuses ?  Les grandes professions tiennent à conserver les prérogatives et les mentalités d’autrefois avec des idées anciennes de leur mission. .

ah si on pensait « sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons ».

C’est ainsi que l’on passe de la modestie à l’hubris, de l’individu singulier à l’être général. On ne se sent pas toujours grand et fort en faisant partie d’un groupe nombreux – les occasions sont rares -, mais ses propres pensées ont une dimension mirifique quand on se fond dans le grand collectif. (voir les zigotos lors des meetings politiques) Les grands drames ne sont jamais venus des gens modestes.

En fait, tout était trompeur dans les données qui se présentaient à nous au départ.

Je me dis parfois que si c’est la France qui a fait la Révolution, ce sont d’autres pays européens qui en ont tiré le meilleur parti : pas d’esprit monarchique, pas ou peu de privilèges, et les religions ont moins d’aura et d’importance. Elle est out.

https://youtu.be/6dgJdPBeXRg?t=86

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