LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

7 février, 2009

N’ÊTRE A CAUSE DU NOM

Classé dans : Nom — inconnaissance @ 13:13

Nos parents nous ont appelés Caroline ou Xavier ou Bertrand ou Fabienne….ils auraient pu nous appeler autrement. Souvent, d’ailleurs, ils ont hésité. Ils n’étaient pas d’accord. A moins de sombrer dans la superstition et de croire que notre prénom était prédestiné, il est évident que l’on aurait pu s’appeler autrement. Qu’est-ce que cela aurait changé de s’appeler Fabienne au lieu de Caroline ou Xavier à la place de Bertrand ?

Et pourtant, n’avons-nous pas l’impression que notre prénom nous colle à la peau, colle à notre histoire ou à notre identité ? Si l’on devait en –> changer , là, immédiatement et définitivement, quel bouleversement !

Il y a beaucoup de sentiments, de connaissances, d’histoire attachés à ce nom ! Peut-on y renoncer ? Non, on essaierait de les greffer sur l’autre prénom. Et puis le premier prénom resterait en mémoire.

Et maintenant, pensons à ce qui arriverait si nous oubliions totalement notre prénom et notre nom !

Plus de nom, plus de souvenirs associés  (souvenirs à propos de qui ?). Mais plus de nom, plus de problèmes d’identité (problèmes de qui ?) . Notre personnalité, notre identité tient à peu de chose ! Se pourrait-il que la conscience de soi ne soit que la mémoire du nom et de tout ce qui lui est associé ?

Qu’est-ce qu’un nom ? C’est un signifiant (un son ou un graphique) attribué par quelqu’un, mémorisé, auquel on s’identifie.

Certains animaux répondent à leur nom . Mais très probablement ils reconnaissent le son et s’arrêtent là, alors que nous savons bien que ce nom nous a été attribué, qu’il est émis par une personne séparée de nous,  qu’il convoque sourdement une certaine idée de nous.

Les bébés se fichent du nom qu’on leur donne comme de l’an quarante !

Le nom, en tant que signifiant mémorisé, introduit l’existence en même temps que la permanence. (Voir l’article : «L’existemps») Fabrication d’une entité (idée de sujet dans le sujet).

«Un nom, c’est bien souvent tout ce qui reste pour nous d’un être, non pas même quand il est mort, mais de son vivant» (Marcel PROUST)

Nommer, c’est aussi isoler, séparer de ce qui porte d’autres noms.

Si le nom commence par être un signifiant ou un son reconnu auquel on s’identifie, il suppose un témoin qui en jouit. On croit être doté d’une existence permanente. (Se savoir exister)

D’autre part, le nom ne vient pas de soi mais d’un autre. Quel besoin aurait-on de se nommer pour soi-même ?

Le nom introduit donc aussi l’autre. Il introduit la reconnaissance de soi par –> l’autre  . Un son suffit pour se sentir reconnu, désigné, visé quand on s’est identifié à lui. Aucune autre preuve ou manifestation ne sont nécessaires.

«Pour se faire un nom, il faut être connu» (Jules RENARD)

En tant que point de convergence d’une pensée, le nom représente un centre, une origine.

«Shakespeare n’a jamais existé. Toutes ses pièces ont été écrites par un inconnu qui portait le même nom que lui» (Alphonse ALLAIS)

Existemps, séparé, reconnu et origine : de cette façon toutes les qualités, caractérisations vont pouvoir fonctionner. Elles seront aussi pérennes.  Il/elle est ainsi.

Car, que vaudrait une qualité qui serait impermanente ? Ou que vaudrait une qualité permanente attribuée à quelque chose d’impermanent ou d’intangible ?

En tant qu’origine, que centre, le nom servira de bouc-émissaire, il supportera les jugements, il assumera des enjeux, la responsabilité des actes. On va pouvoir le nourrir de sens.

Mais pourra-t-on assumer cette permanence, cette existence séparée et ce sens dans la vie ?

Nous avons une idée  des opinions à notre sujet  Nous sommes conscients du signifiant-nom ou du son-nom. (Xavier ou Caroline). Mais sommes nous conscients de –> l’entité  que désignait le nom ou que caractérisaient les mots,  indépendamment du nom ou des mots ?

L’entité serait permanente. De quelle permanence sommes-nous conscients ? L’entité serait définie et distincte. De quelles définition et distinction sommes nous conscients en dehors des pensées et paroles ? De quel autre permanent et réel sommes-nous conscients ?


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