LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

15 avril, 2009

NOMINALISME

Classé dans : Nominalisme — inconnaissance @ 8:06

Le site :  http://atheisme.free.fr/  définit ainsi le nominalisme :

«Le nominalisme est une théorie philosophique selon laquelle les « universaux », les concepts, les idées générales, les espèces (Exemple : « bonté », « homme », « arbre », « chien »,…) ne sont que des mots, des dénominations créées par l’homme, sans existence véritable, seuls existent les individus. »

Voir aussi cet article : http://www.cosmovisions.com/Nominalisme.htm

Cela rejoint ce que nous avons expliqué dans l’article : « Sapeur Camenber»

Le nom commun, par définition, est commun à tous les êtres ou tous les objets appartenant à la  catégorie, la classe, l’espèce. Il exprime une catégorie, une classe.

N’est-il pas étonnant, alors, que nous ayons à l’esprit la représentation d’un chat, alors que le mot devrait faire jaillir un nombre considérable de chats ? Un nom commun évoque une entité alors qu’il devrait désigner une collection.. Mais ce n’est pas tout.

Pour qu’un être ou une chose soit un homme, une table etc il faut qu’il satisfasse un certain nombre de critères : ceux qui sont stipulés dans la définition. Autrement dit, un nom commun désigne un ensemble de critères, de  caractéristiques : opération de l’esprit permettant de classer une réalité sensible. (C’est un chat parce que ceci et cela)

Le nom commun, par lui-même, préexiste à la chose en tant que série de caractères mémorisée.  L’esprit repère des points communs qui correspondent à un nom.

Un nom commun ne sert jamais à désigner un individu ou une réalité particuliers, uniques, singuliers, mais des critères, caractères reconnaissables.

Exemple : Automobile

«Véhicule se déplaçant sous l’action du moteur dont il est muni et utilisé pour transporter le conducteur seul ou accompagné d’un ou plusieurs passagers» (TLF)

Tous les critères sont nécessaires, sinon une charrette (véhicule) est une automobile. Mais des automobiles curieuses voient le jour (C’est une automobile, ça ?). Bientôt elles seront électriques. Un moteur électrique est-il vraiment un moteur ? Peut-être, un jour, le conducteur ne conduira plus.

«aucun universel n’est une substance existant hors de l’âme», écrit Guillaume d’Ockham» Les caractères en tant que caractères, les critères en tant que critères sont chez l’homme, sont des créations de l’esprit humain. Ce ne sont pas des réalités sensibles.

Sans doute que les griffes, les oreilles d’un chat frappent les sens. Mais les caractéristiques propres des griffes et des oreilles ne frappent pas les sens. Triangulaires pour les oreilles, pointues et rétractables pour les griffes sont des qualités. Elles sont attribuées au chat après que l’homme les a conçues.

Un enfant de deux ans ne sait pas décrire en détails son grand frère. Il ne remarque pas les caractères particuliers de son corps tant qu’il n’a pas appris les mots.

La raison en est simple : il n’existe pas de mots pour désigner, décrire des choses singulières, des réalités uniques ; tous les mots sont des catégories, des classements, et les critères, caractères entrant dans une définition, sont, eux aussi, des catégories, des classements. Nous avons simplement un système de tiroirs, de cases pour y ranger les choses, mais bien évidemment, les tiroirs ou les cases ne sont pas les choses, ce sont des créations de l’esprit, des abstractions. Qui a déjà vu, perçu, expérimenté une abstraction ?  

Cette mémorisation des critères est le fruit de la transmission. Elle a comme support, des images-mémoire.

Les catégories, classes sont, stricto sensu, transmises par le langage. Je ne connais pas un seul enfant qui fabrique lui-même ses catégories, ses noms communs, à partir de son expérience et qui invente lui-même les définitions des noms. Tout cela lui est inculqué. Il doit faire avec. C’est un donné incontournable. Mais ces catégories peuvent évoluer, disparaître. On peut en créer d’autres. C’est la façon dont l’homme décrypte, classe le monde.

Nous voyons le monde en fonction des critères qui nous ont été transmis via les mots.

Alors pourquoi associer dans notre esprit une entité particulière à un nom commun ?  Un nom commun ne devrait renvoyer à aucun individu particulier puisque non seulement il ne désigne pas un individu particulier, mais il ne désigne pas non plus une collection d’individus. Il désigne des critères, des caractères partagés par ces individus, caractères et critères propres à l’esprit humain.

Aucune représentation ne devrait être associée à un nom commun. Pour le moins, ce sont des caractéristiques qui devraient frapper l’esprit et non des entités ou individus. 

Mais qu’en est-il des noms communs quand les individus n’existent pas ou quand aucune réalité sensible n’existe ? Que peut bien désigner exactement une catégorie dans ce cas ?

La catégorie «sociabilité» ou «courage» ne désigne pas un ensemble d’individus accessibles aux sens ayant en commun un certain nombre de critères, c’est une catégorie de comportements ayant en commun un certain nombre de critères. Mais le comportement est déjà  quelque chose de mental. La catégorie inventée par l’homme ne renvoie qu’à une catégorie inventée par l’homme.

Dans les cas précédents, les griffes existent, les oreilles existent et impressionnent les sens. Dans ce  cas-ci, le comportement étant une qualité, il n’impressionne pas les sens. C’est une projection pure et simple. Dans une autre société où ces catégories n’existent pas, de tels comportements n’existent pas n’étant pas qualifiés. Un enfant de 3 ans ne voit pas le monde comme un adulte.

On est capable, à partir de deux ou trois critères – rapide, fin, brillant ou agressif et imprévisible par exemple – d’imaginer, de nous représenter quelque chose qui leur correspond en absence de toute perception et de donner un nom à ces représentations. Comme nous l’avons expliqué dans l’article « Sapeur Camenber » en absence de ce nom (et donc de cette représentation) on serait bien incapable de reconnaître cette chose dans la vie. C’est notre représentation que nous désignons ou nommons.

Dans ces conditions, l’homme s’auto-persuade en tournant à l’intérieur de son propre système.

Les représentations, images associées aux mots sont des compositions répondant aux exigences du mental , ces images ne correspondent à aucun individu réel. Ces images de composition sont une sorte de synthèse ou d’amalgame de souvenirs.  Si le souvenir est lointain (un zèbre ou un marteau-piqueur) l’image est moins nette et plus composite.

La représentation a quelque chose d’arbitraire puisque les critères peuvent changer et la changer. En tant qu’objets de pensée, ces images sont, elles-mêmes, irréelles. (On n’entend pas miauler le chat de notre représentation).

La représentation associée au signifiant est le rendu de l’organisation de l’esprit en catégories mentales. Cela n’a rien à voir avec la réalité sensible.

La réalité sensible stimule les sens. Quel rapport avec une catégorie abstraite ? Le phénomène n’est pas du même ordre quand on passe du fonctionnement des sens aux représentations.

Cette image se substitue d’autant plus facilement à la réalité sensible que l’on n’est pas attentif à cette dernière ou que cette dernière n’existe pas.

Le connaisseur de cette fiction-là prise pour la réalité est dans l’illusion.



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