LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

12 octobre, 2019

LE MONDE DE DEMAIN

Classé dans : Pensee — inconnaissance @ 19:29

La quête d’honorabilité ou de valeur personnelle nous rend faibles ou vulnérables, à moins que l’on ne se dépersonnalise et que l’on s’identifie à des idées qui sont la puissance même parce qu’elles sont des objets de croyance et d’amour extraordinaires de la part de la collectivité. C’est par exemple ce qui est en train de se passer aujourd’hui avec cette écologie apocalyptique qui envahit les consciences et annihile l’esprit critique. C’est une puissance maléfique alors qui est à l’oeuvre, et ce sont des prophètes de malheur qui sortent du rang. .

Mais revenons à l’affirmation elle-même.

Il y a au fond de soi des idées ou des pensées qui ne demandent qu’une chose : se réaliser, s’accomplir, réussir. C’est la vocation même des pensées, d’ailleurs, de convoquer un objectif à atteindre et d’inviter à l’action. C’est ce qu’on fait toute sa vie. .

Il y a au fond de sa conscience du désir, de l’espoir, du projet, du rêve, de l’aspiration, de la quête. Ce sont des pensées d’un autre soi et d’un autre monde, d’une autre réalité, d’autres conditions. Ce sont des pensées d’un monde à venir si possible. Elles impliquent du temps, un futur. C’est pour cela que des zigotos, qui ont compris le truc, nous proposent de vivre dans l’ici et maintenant. Et l’ici et maintenant devient un nouvel objectif. Car si pensée et présent pouvaient se trouver et s’unir, cela se saurait depuis longtemps.

D’où viennent-elles, comment sont-elles arrivées là, y sommes-nous pour quelque chose ? En vérité, on n’en sait rien. Mais elles sont là, elles remuent, s’agitent, surgissent de la boîte obscure de notre esprit. Elles se projettent sur l’écran de verre de notre conscience, elles se projettent sur le monde autour de nous. On est conscient de ces pensées, on est conscient du fait qu’elles nous mobilisent, on n’est pas conscient des raisons pour lesquelles elles ont ce pouvoir sur nous de nous mobiliser et des raisons pour lesquelles ce sont ces pensées-là qui viennent, et pas d’autres. Quand un homme politique déclare fièrement : j’ai des convictions ou j’ai des valeurs, (tatatan) la question que l’on peut se poser est : est-ce que c’est lui qui les a, ou est-ce que ce sont elles qui l’ont ? Qui commande à qui ?

Cet autre monde ou ce futur ne va pas, pour les gens sincères du moins (je ne parle pas des idéologues manipulateurs, ceux qui s’abstraient tout en utilisant les mots qu’il faut pour impliquer leur interlocuteur) sans un autre soi. Un soi que l’on envisage différent de ce que l’on est – sans savoir d’ailleurs ce que l’on est. Être quelqu’un d’autre que ce que l’on pense être, et qui serait adapté au monde de demain. .

Nos pensées ne nous disent pas qui nous sommes de façon neutre, impartiale. Elles en sont incapables parce qu’elles utilisent des termes courants, généraux qui ignorent qui on est. Elles nous disent qui on devrait être, et qui on est au regard ou en comparaison de ce qu’on devrait être. L’idée qu’on ne vaut rien, que l’on est médiocre, a besoin d’un terme de comparaison. Nous pouvons nous sentir ainsi, dans le cadre de cette comparaison, et notre soif d’honorabilité ou de valeur personnelle nous rend sensibles à tout ce qui confirme notre médiocrité, et à tout ce qui nous infériorise. On peut être le jouet de quelqu’un qui profite et exploite si peu que ce soit notre soif d’honorabilité. C’est exactement le contraire qui nous fortifierait : ne pas penser à un autre soi meilleur, ne pas se comparer. On croit que ces objectifs que l’on se fixe nous permettent d’avancer, de progresser, d’évoluer. C’est douteux. L’expérience prouve le contraire. Ce qui nous permet d’avancer, ce sont les épreuves surmontées, les compréhensions et connaissances nouvelles, les conditions favorables au progrès, pas un système qui nous rabaisse. Pour détourner une phrase : rien ne nous fait plus rêver à un homme extraordinaire que le sentiment qu’on est nul. Ou inversement : plus on a le sentiment qu’on est nul et plus…Bref !,

Comment sont-elles arrivées là ? Mais d’où voulez-vous qu’elles viennent sinon de l’extérieur, de l’entourage, des autres ? Comment pourrait-on se penser ou penser le monde sans utiliser les mots et les idées de la culture, de la société ? On a tout appris d’elles en matière de pensée. Ce n’est pas nous qui pensons le monde et nous-même, c’est la partie de socioculture que nous avons assimilée qui nous pense (en comparaison des modèles en vogue) et pense le monde. Le monde pense le monde à travers nous.

Ah zut ! j’avais compris ceci et on me dit que c’est cela, qui a raison, celui qui m’a appris ceci ou celui qui me dit que c’est cela ? Si j’aime énormément celui qui m’a appris ceci, je dirai que celui qui me dit que c’est cela a tort. Et vlan !

Mais au sujet des pensées que nous avons ( dont nous avons beaucoup de peine, quand elles arrivent, à juger si elles sont justes ou non, intelligentes ou non) il y en a au moins de deux sortes. Il y a les cas où l’on sait de quoi on parle, et les cas où on ne sait pas de quoi on parle.

Utiliser un mot, commenter un mot, s’en occuper, si ce mot ne renvoie pas à une réalité sensible à laquelle chacun peut se reporter, c’est s’occuper de la société, parce que c’est s’occuper du sens, de l’usage courants, de ce qui se dit, se colporte sur ce mot. Le mot ne vaut plus par ce qu’il désigne, mais par le fait qu’il est un sujet commun de discussion. On nous a offert une occasion de discuter ensemble. Le Président a dit : oups ! . Que faut-il en penser ?

On parle d’un truc – démocratie, racisme, égalité, progrès, école, discrimination, vivre-ensemble etc – et on ne sait pas trop ce que c’est. Mais cela n’a aucune importance, ce n’est pas la question. Ce qui compte, c’est de parler de ce que les gens disent à ce sujet,. Au fond, il n’est question que de l’importance, que de la place que ces discours courants prennent chez les gens. On commente donc l’adhésion, l’affection, la passion, la détestation que le mot ou le concept déclenche chez les gens. C’est exactement comme dans les médias, le fait ou l’évènement sont oubliés au profit de ce que les médias racontent sur eux. Il s’agit de commenter les commentaires. Et il ne s’agit pas que des grands mots que j’ai cités au-dessus, il s’agit bien de tout ce qui n’a pas de référent accessible aux sens. C’est cela, au fond, une société, c’est l’ensemble des résultats que donnent les différentes discussions, à tous les niveaux, au sujet de choses qui ne seront définies que par ces discussions, ces opinions des uns et des autres.

On participe au lien social, rien n’a changé depuis l’école : discutez et commentez cette phrase de (dont au fond, on n’a rien à faire) sous-entendu en utilisant les raisonnements et les façons de penser d’usage.

Ainsi on participe pleinement à la promotion des sujets, des concepts et des valeurs autour desquels s’articule une société, qui font le train-train d’une société, et on participe aussi, puisque penser, c’est construire le monde de demain, à la construction du monde prévu. (si on parle de l’école ou si on pense à l’école, il s’agit de ce que devrait être l’école, et on le fait à l’aide de ce qu’on a retenu, entendu. Il s’agit rarement de ce que chaque parent veut pour son enfant. Il est plus chic de parler des enfants en général) On fait tout cela avec les idées qui sont déjà là. Le monde pense le monde, d’où l’importance de bien forger le monde qui va penser le monde. Animaux homos : histoire naturelle de l’homosexualité titre France culture. Mais oui, tiens au fait, on n’y pense pas assez. A côté : Aristote et Platon : faut-il être prudent ? Le sujet c’est la prudence qui nous rassemble tous ou presque. Construisons un monde : homosexualité et prudence.

On a des pensées venues d’ailleurs, des valeurs venues d’ailleurs, qui fonctionnent toutes seules ou plutôt en rapport avec les sollicitations du monde, elles nous permettent de parler comme les autres des sujets dont tout le monde parle et de coopérer à la construction du monde de demain prévu. C’est intéressant !

Mais il arrive assez souvent que les pensées et les idées qui sont en soi et qui pensent le monde nous posent des problèmes. Faut-il abandonner des pensées qui font partie de notre histoire, que l’on aime, qui sont notre personnalité  ? Pas facile. Faut-il bousculer, agresser le monde pour qu’il s’adapte à nous ? Pas facile non plus, surtout pour le quidam. Faut-il s’isoler ? Non, on choisit la première solution la plupart du temps. D’ailleurs, on aime, on est aimé quand on s’occupe de ce qui peut faire lien : le discours, le sens qui peut devenir commun., collectif. Comment se tenir à l’écart des sentiments collectifs, des opinions générales. Et puis on aime être utile. On aime participer par la parole et en action. Les pensées d’avant étaient là, agissaient et on n’y a jamais fait obstacle. Elles étaient bien vues et à l’honneur quand elles s’adaptaient bien au monde.

On se compromet en collant au monde, en participant et coopérant sans cesse. On se sent même responsable d’un processus qui fonctionne sans nous et qui est sollicité, activé, encouragé constamment. On se sent responsable de l’inadéquation qui existe entre notre réaction ou réponse et les circonstances ou la situation actuelles. Le comble ! C’est la quête d’honorabilité ou de valeurs. On est sensible à tout ce qui donnera de l’honorabilité et à tout ce qui en ôtera. Ce sont les travaux forcés du je-devoir que la société dorlote.

Car les quêtes de valeurs ou d’idées plus adaptées, sont déjà dans le catalogue de la socioculture quand elles ne sont pas déjà dans notre stock d’idées. Dites-les moi, vous n’êtes pas le seul à les avoir. Vous êtes juste assez bon pour qu’on vous fasse tourner en bourrique avec votre quête de valeurs ou d’honorabilité..

Salauds de Français qui ont acheté des voitures qui maintenant polluent, qui se sont chauffés avec la vilaine électricité nucléaire. ! Et c’est de leur faute si les migrants viennent, si la planète va mourir, si la dette est abyssale. Si ! Ils se sont impliqués depuis le début, les pensées ont fonctionné et ont donné les résultats que l’on voit.

Heureusement que des Greta Tournebête, habilement manipulées, sont là pour culpabiliser les populations.

Les idées qui sont au fond de nous peuvent avoir de la force et nous rendre forts.

Cela se passe de la façon suivante. d’abord celui que la quête de valeur rend faible, vulnérable, disparaît parce qu’il s’abstrait et qu’il s’identifie aux idées en question de façon à n’être plus qu’une idée .

Mais pourquoi ces idées, qui ne sont que des idées, des créations de l’esprit, seraient-elles si fortes ? On vous l’a dit mais vous ne faites pas attention. (ha ha ha!) Le règne, la puissance et la gloire, voilà ce qui les caractérise plus ou moins.

Le règne : ces idées commandent ma vie – du moins je le crois, je voudrais qu’il n’y ait que celles qu’il faut – comme elles devraient commander la vie de tout le monde. (Si seulement…).  : ,. . ,

La puissance : ces idées sont d’une telle vérité, elles sont tellement efficaces, qu’elles résolvent tous les problèmes, répondent à toutes les questions. Euh, quand même, tant qu’à faire, autant disposer de la force ou de moyens de coercition ou de chantage pour faire en sorte que les hommes se comportent comme ils se comporteraient s’ils avaient épousé ces idées.

La gloire : tout le monde ou beaucoup de gens louent, glorifient, adorent, encensent ces idées ou vont le faire.

Ainsi, je ne suis plus l’individu que j’étais, je ne suis plus qu’une idée qui régit ma vie, qui régit la vie des autres ou va le faire et est glorifiée par les autres. Ayant personnellement disparu, on ne peut plus m’atteindre, étant devenu une idée de cette sorte, j’ai une foi, une assurance, une confiance extraordinaires. « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi «  disait Paul. Quelle promotion !. Mais il y en a qui ont fait plus fort.

Chaque fois que l’on s’abstrait, il y a risque. Chaque que l’on s’identifie à une idée après s’être abstrait, on devient dangereux. Chaque fois que l’on s’identifie à une idée en même temps qu’un certain nombre de gens après s’être abstrait, on est un danger public. Sévérité malgré tout ce que j’ai décrit plus haut.

C’est subir la tyrannie que d’être empêché de critiquer une idée (politique, religieuse ou autre) qui se transmet, se propage quand on considère qu’elle nous serait néfaste, à nous et à ceux dont on a la responsabilité, car cette idée pourrait, un jour, faire autorité et s’imposer à tous. On peut le faire fièrement et combattre la tyrannie.

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