LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 janvier, 2016

DISPOSITION OU PREDISPOSITION

Classé dans : Piete — inconnaissance @ 16:44

C’est comme un fond de sauce qui aurait tellement durci et qui serait tellement collé au fond du récipient qu’il serait irrécupérable. Mais ce fond de sauce donnerait son goût ou sa saveur à tout ce qu’on verserait, par la suite, dans le récipient. C’est ainsi que l’on peut parler d’une disposition intérieure, très enfouie, incrustée, qui ferait la nature et la base de notre conscience. Tous les raisonnements, seraient bien impuissants à la modifier .

Une des fonctions principales de cette disposition intérieure est d’établir une sorte de terrain d’entente avec les autres, une forme de connexion et de communication possible. Comme si cette disposition intérieure pouvait être comprise, reconnue, partagée par les autres. Cette disposition est une disposition au monde qui nous entoure. (C’est comme cela que l’on voit des optimistes et des pessimistes, des extravertis et des intravertis, des hommes d’action, et des hommes inactifs, des intrépides et des craintifs etc) Et vraiment, cette disposition intérieure n’est pas un choix, c’est un destin. On a vu qu’on était puissamment, irrésistiblement poussé à faire partie du monde, à participer au monde.(article : « Fondus-enchaînés » ) Ce monde n’est pas figé, c’est comme un cours d’eau, on veut être dans le courant, l’épouser. La disposition est la façon dont on croit pouvoir le faire. Un bébé fait partie du monde, involontairement. La disposition accompagne la volonté, l’initiative qui apparaît au fil du temps. On n’imagine pas pouvoir et avoir le droit de refuser de faire partie du courant, de nous en extraire, de refuser cette disposition selon nous apte à créer la communication et à nous faire entrer dans le jeu. Et ce d’autant plus que la longue période d’enfance consiste en un oui obligatoire et permanent. Il faut être exceptionnel pour être rebelle. (Voir la multitude d’adultes suiveurs ou conformistes. Ceux qu’on dit : responsables)

Cette conscience de base ou cette disposition est toujours présente. Quand elle n’est pas sollicitée, mise en oeuvre dans une relation avec les autres, elle peut motiver la recherche d’un lieu, d’un milieu qui la satisferait ; ou on peut rêver de ce genre de milieu.

Une quête est une chose, souvent bien amère. La raison en est que si on méconnaît la nature de notre quête et si, en plus, l’objet de la quête est introuvable, on ne risque pas d’être satisfait un jour ou l’autre et on ne risque pas de cesser de chercher. Par rapport à cela, celui qui sait ce qu’il veut, qui sait comment l’obtenir, qui sait ce qu’il en retirera comme satisfaction est quelqu’un de bien tranquille. Comme disait le geolier de Fabrice dans la Chartreuse de Parme de STENDHAL : « pas d’illusion, pas de désillusion  »

Malheureusement, cette disposition , propre à une personne, fruit d’un milieu particulier, d’une histoire particulière et probablement, d’une hérédité particulière, a tendance à vouloir passer pour une loi générale, et, tiens, éventuellement, à vouloir s’imposer comme une vérité générale.

On sait bien, à moins d’être le pape François et de verser en permanence du sirop tiède à la guimauve, que le monde, la société, les autres ne sont pas un cocon, une vallée de roses, on sait que des confrontations, des conflits, des épreuves de toutes sortes, des rivalités, des coups bas, des injustices, des trahisons, des violences etc ont se succéder et qu’il va falloir les surmonter. Et que pour les surmonter, il faut de la force.

Il y a un moyen d’aggraver ce besoin de faire partie du monde, de créer à son égard une dépendance extrême, de nous affaiblir au maximum, de forger une disposition intérieure de super-gueux, c’est de mettre du divin, du sacré, de la métaphysique partout dans le monde et de nous rabaisser, de nous humilier au maximum.

Introduction à la vie des mollusques

Pour autant que l’on s’est construit, comme disent les psychologues, dans le regard de l’autre, si l’autre est tordu ou stupide, c’est un regard de tordu ou de stupide. Pour autant que l’on s’est construit conformément ou en fonction des attentes des autres , des demandes des autres, des réactions des autres, si ces autres sont malsains, minables, bornés, désaxés, ce sont des demandes, des réactions malsaines, minables, bornées, désaxées. Or, on ne peut pas s’être construit ainsi sans avoir cru, de bonne foi, que notre vision de la vie était la bonne, que l’autre-référent était le bon. Si c’est la vérité, c’est vrai pour tout le monde. Notre identité étant conforme à la vérité, on ne peut qu’attendre, avec certitude, que les autres reconnaîtront cette vérité, fonctionneront avec nous conformément à cette vérité. On appelle cela, souvent, juger en fonction de soi. C’est simplement que le moi s’est construit sur la base de fausses vérités générales. Il est tellement fier de sa propre morale. Si elles n’avaient pas semblé générales, on n’en aurait pas fait son identité. Le monde, les autres, ne peuvent être appréhendés que sous forme de lois générales. Lois prouvées dans la science, convenues pour ce qui concerne la vie humaine ou la société.

Origine des mollusques :

Si la vérité est la charité ou la compassion, on attend des autres qu’ils soient aussi charitables, compatissants avec nous. Nous sommes des êtres qui méritons la charité ou la compassion.

Si la vérité est l’humilité ou l’abaissement, on attend des autres qu’ils reconnaissent notre humilité ou notre abaissement . Nous sommes des êtres qui méritons que l’on nous aime pour cela.

Si la vérité est le pardon, l’acceptation des injustices et de la violence, on attend des autres qu’ils nous pardonnent, qu’ils acceptent les injustices et violences dont on aurait pu se rendre coupables. Nous sommes des êtres qui méritons cette indulgence.

Si la vérité est l’amour du prochain, on attend des autres qu’ils nous aiment et qu’ils nous reconnaissent aimants.

Si la vérité est la pureté de l’âme, on attend des autres qu’ils nous soient reconnaissants pour nos efforts à être purs.

Si la vérité est qu’il faut renoncer à soi-même, on attend des autres qu’ils renoncent à eux-mêmes ou qu’ils admirent notre renoncement.

Que penser de la disposition intérieure de quelqu’un qui compterait dans sa vie sur toutes ces dispositions des autres à son égard ? Faites la synthèse des présupposés.

L’abnégation, le désintéressement, la charité, l’amour, consistent à favoriser, l’intéressement, l’égoïsme, des autres, parce que ce sont les autres. On n’en a jamais fait assez, les autres n’en ont jamais assez. Il leur suffit de demander. Il y a toujours une détresse, toujours une responsabilité de notre part.

Non, on n’est plus chrétien à proprement parler. On ne va plus à la messe. Mais on rend un culte à des sortes d’esprits, des sortes d’essences, l’esprit ou l’essence des valeurs ou des qualités humaines qui sont censés habiter tous les humains de la terre. Chaque mot suppose la généralisation. Et chaque culture a ses valeurs ou qualités humaines privilégiées. On sert ces esprits ou essences soi-disant universels qui sont censés relier tous les hommes de la même manière que nous pensions que les autres avaient les mêmes dispositions que nous. Voire, on va imposer le respect de ces esprits ou essences. Tout le monde veut les mondialiser comme sont déjà mondialisés d’autres secteurs. Et il suffit que les médias braquent leurs caméras sur quelques scènes du monde (d’ailleurs plus ou moins truquées)  qui semblent en contradiction avec nos chers esprits ou essences pour que nous réagissions au quart de tour. Les médias vous mènent par le bout du nez. Il y a 50 ans le monde était à peu près semblable mais notre rapport à lui était différent.

L’Homme en tant qu’essence, dans la mesure où l’on croit en son existence, permet l’existence de tout ce qu’on peut lui coller comme attributs, de toutes les histoires que l’on peut raconter. Mais il y a fort à parier que c’est parce qu’on n’a pas renoncé à l’usage, au culte des esprits et essences des valeurs et qualités ci-dessus qu’on a été obligé de croire en l’existence de l’Homme.

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