LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

5 juillet, 2020

L’HOMME CONTEMPORAIN

Classé dans : Progressisme — inconnaissance @ 22:18

Il y a des idées ou des sujets qui font l’actualité, qui ont du succès, qui représentent un enjeu, (Pétain est certainement l’homme le plus célèbre de l’histoire de France contemporaine, c’est celui dont on parle le plus, surtout s’il y a un penseur juif dans les parages) Pour le personnage social que nous sommes, pour celui qui veut exister socialement, c’est très tentant de s’y intéresser et d’apporter son grain de sel, c’est tentant de s’intéresser à ce qui est au centre des discussions, c’est tentant de s’informer de tout ce qui a quelque valeur, quelque intérêt pour les autres, de tout ce qui ressemble à un enjeu dans la vie intellectuelle, culturelle, politique. Beaucoup de moyens sont déployés pour rendre tous ces sujets attractifs.

Pendant qu’on fait cela, que l’on se préoccupe de ce qui se passe dans le monde, on ne s’occupe pas de ce qui se passe en soi. Pour prendre une comparaison un peu triviale, on s’occupe de ce qu’une machine produit, de ce qu’un appareil fournit comme services, on ne s’occupe pas de la façon dont la machine ou l’appareil fonctionne. Ce qui intéresse la société, c’est ce que nous produisons, pas la façon dont on le produit. Et nous produisons des choses qui répondent à ses attentes, à ses besoins, et nous nous intéressons à la façon dont elle fonctionne – les sujets, les idées, les enjeux en vogue -pas aux causes de son fonctionnement. C’est de l’utilitarisme ou je ne m’y connais pas. Tout en fonction d’elle. Il s’agit de ses buts à elle, de ses idées à elle, de ses volontés à elle, de ses valeurs à elle, de ses réalisations à elle, de ses problèmes à elle, de ses éléments à elle. Ce qui est collectif.

Peu importe l’époque, le contexte, le milieu, la seule chose qui compte, c’est la vie et l’évolution de la société, ce sont les événements qui s’y déroulent, Et pour compter, pour être écouté, il faut penser cette évolution, ces événements. Le reste n’existe pas. Il n’y a d’enjeu qu’au niveau de la collectivité.

Il s’est trompé Brassens en écrivant :  » Or, s’il est une chose amère, désolante, En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater , Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée « 

Pas du tout, pendant tout ce temps où on a défendu des idées qui se sont avérées fausses ou qui n’ont jamais abouti à rien, on s’est occupé, on s’est trouvé une raison d’être, on s’est amusé, on a même peut-être fait parler de soi ou entrainé des gens. .

 On aura sans doute remarqué qu’on n’a pas besoin d’être en situation, d’être dans la vie active, d’être sollicité, pour que des pensées des sentiments, des émotions, des souhaits , et surtout, des questions de bien, défilent dans notre tête. Ah le souci du bien ! .Cela prouve de façon indubitable une chose, c’est qu’ils sont là, qu’ils le sont depuis longtemps. Et ce sont eux qui se projetteront sur le monde, qui donneront leur sens au monde. Ils trouveront à s’appliquer. Ce qui est à l’intérieur se retrouve à l’extérieur.

Le but de la société, c’est que peu à peu, ses façons de penser et de juger passent à l’intérieur.. Et ce qui aide bien c’est que nous adoptons ses amours. Elle aime ceci, si on veut être dans le coup, on va l’aimer aussi. Quand on aime, on ne chipote pas. Quand on aime, on est un bon petit. Quand on aime, on s’aime en train d’aimer.

 Non, on ne supportera pas – si on s’est tenu à l’écart de ces grandes manoeuvres – ceux qui, après s’être bien acoquinés avec la société, après l’avoir bien épousée, après en avoir bien profité, viennent nous reprocher son évolution catastrophique et leurs problèmes personnels. On ne plaindra pas ceux qui, après avoir été des petits chefs parce qu’ils ont été les domestiques des idées-chef que la société a instituées, définies, instaurées – la justice, la vie ou la santé, l’ordre public, l’éducation – ont soudain moins de notoriété. Leur chère mission qui leur donnait tant de prestige et de pouvoir, était l’affaire d’un marché entre l’Etat et eux.

Comme je m’amuse de voir à quel point nos penseurs et nos élites sont obsédés par le bien de la collectivité, par l’idée du bien. Comme si c’était leur priorité absolue. Comme si le mal était à leurs trousses, comme s’il guettait sans cesse tout le monde. Comme s’ils avaient besoin de dresser un grand barrage, de plus en plus haut, contre le mal pour empêcher la multitude de sombrer dans la méchanceté. Comme si, sans toutes ces réflexions, ils allaient ou on allait se précipiter dans le mal.

 On pourrait croire que ces gens sont des directeurs de conscience dignes de la période florissante du christianisme, et qu’ils remplissent une haute mission.  C’est plus banal que ça. La morale, le bien et le mal, ce sont les thèmes les plus puissants quand on veut recueillir l’attention et obtenir l’adhésion du grand public. C’est pour cela que c’est vieux comme le monde. Le souci du bien cela permet de passer de : « pas de raison d’être là, » à « une raison d’être là » : être utile. Donc tout le monde veut être utile à ses congénères, faire le bien. Tout le monde veut agir, rendre service ou s’engager, participer à une oeuvre d’utilité publique ou transmettre le bien. Succès assuré de la démarche. Elle est à la portée de n’importe qui. Je parle du bien en général, du bien des autres, pas de ce que l’on souhaite pour soi. Dommage que cette utilité soit définie par la société du moment, passée ou à venir.

En parlant – surtout si on parle bien – on se construit un personnage avantageux. Bien fou celui qui prend ce personnage pour la réalité. Bien fou celui qui croit que lorsqu’on a des cas de conscience et des réflexions éthiques fréquentes , c’est qu’on est d’une haute moralité.

Le mal ? Oui, on n’arrête pas de faire du mal aux hommes, c’est le pouvoir sur l’esprit des hommes dont ils ne peuvent pas se défendre, ce sont les idées fausses nocives qui empoisonnent la vie des hommes, c’est la société qui fait ça depuis des siècles. Elle s’est emparée de l’esprit des hommes, elle le hante, elle lui pourrit la vie. Et ceux qui la défendent continuent son oeuvre. Le façonnage du personnage social n’a rien de sorcier, l’expérience le prouve abondamment. On met dedans, puis le dedans fait le dehors.

Le progressisme d’aujourd’hui pourrait se résumer à une formule : toujours plus. Toujours plus de pouvoir pour l’embrigadement des individus. Quand la société sera devenue folle, les hommes le seront aussi.

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