LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 juillet, 2016

L’INDIVIDUALISME DE AYN RAND

Classé dans : RAND, Ayn — inconnaissance @ 14:04

Politiquement, à la base de la pensée d’Ayn RAND, il y a l’idée : « la société n’existe pas en tant qu’entité  »  » Tout groupe ou collectif, grand ou petit, n’est qu’un ensemble d’individus. Un groupe ne peut avoir d’autres droits que ceux qui sont possédés par ses membres individuels  » (Si on était nominaliste, on ne croirait pas que chaque mot a un vrai référent . Qui a déjà vu la société ou un groupe traverser la rue ? Qui a déjà vu l’amour traverser la rue ? )

Partant, aucune collectivité n’a de droits spéciaux sur les individus. La supériorité de la civilisation américaine fut, pendant un certain temps, de mettre l’Etat au service de l’individu et non le contraire. Puis, trahison de l’idéal initial des USA : « La Déclaration des droits n’était pas dirigée contre les citoyens privés, mais contre le gouvernement- comme une déclaration explicite que les droits individuels priment tout pouvoir politique ou social  »

Logiquement donc, pour Ayn RAND, c’est le bonheur, la réalisation de l’individu qui priment sur tout le reste : sur le souci des autres et sur le bonheur des autres. .

Ce sont ces deux idées qu’on ne lui pardonne pas et qui déclenchent haine, fureur et mépris de la part des tenants de l’altruisme.  

Conséquences dans le domaine politique.  

« Puisque la société ou une collectivité n’existe pas, le droit, l’ambition, la volonté, l’espoir, la dignité ne peuvent appartenir à la société ou à la collectivité. « 

« Il n’y a pas de droits de groupes spéciaux, tels les droits des fermiers, des hommes d’affaire, des employeurs, des vieux, des jeunes etc. Seuls existent les droits possédés par chaque homme individuel et par tous les hommes en tant qu’individus « 

Or, c’est toujours au nom d’une société, d’une nation ou d’une collectivité qui serait la valeur suprême que l’on prétend diriger les hommes. (Car évidemment, c’est une minorité qui définit cette valeur)

Chaque fois que l’on privilégie les intérêts d’une collectivité ou d’un groupe définis en tant que tels, c’est au dépriment des droits individuels de ceux qui n’en font pas partie.

On avait l’idée aux USA que : « le leadership blanc doit être suffisamment honnête pour reconnaître qu’à travers l’histoire, il a existé une classe de citoyens privilégiés qui a reçu un traitement préférentiel. Cette classe était la race blanche. Alors maintenant nous disons ceci : si deux hommes, l’un Noir, l’autre Blanc sont également qualifiés, pour un emploi, engagez le Noir  » (New York Times)  »

Les droits individuels des individus blancs sont bafoués au nom des droits d’un groupe, on ne cherche même pas à savoir s’ils sont de ceux qui pratiquent la ségrégation. Et on fait du racisme à l’envers. C’est valable avec toutes les sortes de collectivités. Selon les critères choisis pour les définir.

« Le collectivisme prétend que l’individu n’a aucun droit, que sa vie et son travail appartiennent au groupe et que le groupe peut le sacrifier à sa guise et pour ses intérêts. »

On connait la formule de RABELAIS qui a fait plancher nombre d’étudiants : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme  » Une chose apparait clairement, ceux qui font les découvertes, mettent au point de nouveaux procédés, ne sont pas ceux qui expliquent, utilisent, exploitent ces découvertes et ces procédés. (voir les conférences d’Etienne KLEIN) Ceux qui le font utilisent les avancées de la science et de la technologie dans le but qu’ils veulent, ils leur donnent le sens qu’ils veulent, ils s’en servent dans le cadre qu’ils veulent, ils les mettent au service de ceux qu’ils veulent, et cela peut être au détriment des hommes et pour des projets malfaisants. A quoi bon prendre des initiatives, innover, inventer, découvrir si c’est dénaturé et si cela se retourne contre les hommes.  

Ce n’est pas à la société que l’on doit un certain travail (en plus des impôts) en échange des services qu’elle fournit – la société n’existe pas – c’est aux individus qui ont créé les biens dont nous nous servons. Si ces individus n’existaient pas, s’ils ne travaillaient pas ou s’ils travaillaient pour d’autres que nous, ces services disparaîtraient. (C’est le thème de « Atlas shrugged – « La grève »)

L’intérêt du travail en équipe ne vient pas de l’intelligence supplémentaire apportée par le fait qu’une équipe existe, ou d’une supposée synergie miraculeusement apparue, il vient du fait qu’il permet à chacun d’accélérer les échanges qu’il aurait eus de façon plus aléatoire dans la vie. L’esprit d’équipe dans un sport n’est pas quelque chose qui viendrait s’ajouter aux talents ou performances des individus, c’est le fait que chaque individu du groupe est déterminé à gagner et qu’il se sert aussi des autres pour parvenir à cette fin.

« C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature  » (André GIDE) Ce n’est pas valable qu’avec la littérature. Le service des bons sentiments ne rend pas intelligent. Chercher à plaire à la société ou à satisfaire un groupe en tant que groupe ne nous apporte rien, ne nous apprend rien,, est une perte de temps si on reste dans ce cadre, parce que l’échec ou la réussite des buts et moyens que la société nous impose n’est pas l’échec ou la réussite de nos buts et des moyens que nous adoptons. Tous ceux qui créent leur propre source de revenus le savent bien. 

Les producteurs ne sont pas les décideurs : la grande idée d’Ayn RAND , c’est que si les profiteurs, les parasites, les bons à rien, les pillards, les arnaqueurs continuent à occuper les meilleures places et à diriger le monde, c’est parce que ceux qui créent les richesses de toutes sortes, d’une part aiment leur travail et tiennent à continuer à le faire, et d’autre part ne s’occupent pas de ce que font et décident ceux qui sont censés savoir penser. Dans ce sens, ils sont complices.

 » Moi qui savais que la richesse n’est qu’un moyen au service d’un but, j’ai créé ce moyen et les ai laissés m’imposer le but. Moi qui étais fier de pouvoir satisfaire mes désirs, je les ai laissés m’imposer le code des valeurs à l’aune duquel j’ai jugé mes désirs  »

 » « Etait-il illogique qu’ils (les dirigeants ndr) pensent exister dans un univers totalement irrationnel ? Un univers que lui avait créé, que lui leur avait procuré,. Etait-il surprenant, dès lors, qu’ils aient cru qu’ils n’avaient qu’à exprimer un désir, sans se préoccuper de savoir si ce qu’ils désiraient était possible, et qu’il lui appartenait, à lui, de satisfaire leurs désirs, par des moyens qu’ils n’avaient nul besoin de connaître ou de nommer ? Eux et leurs voeux  pieux, qui faisaient tout pour échapper à la responsabilité de la raison, savaient que lui, l’esprit rationnel, avait entrepris de satisfaire leurs caprices. Il leur avait donné un chèque en blanc sur la réalité sans prendre la peine de demander ni pourquoi, ni comment  »

 » Il n’y a pas d’échappatoire, tout se paie en ce monde, dans le domaine de la matière ou dans celui de l’esprit – et si les coupables ne paient pas, les innocents trinqueront.  »

Qui paie les erreurs et méfaits des politiques ?. Pourquoi ces derniers ne reconnaissent-ils pas leurs torts et ne changent-ils pas de conduite ? Parce qu’ils ont obtenu, par le vote, l’assentiment des peuples et un certificat d’honorabilité et parce que les producteurs ne sont pas les décideurs. 

Bref, dénaturation de ce qui est individuel au nom d’un supposé bien commun. Commun ? Il n’y a pas de bien commun puisque la collectivité n’existe pas.  

« Le cerveau collectif n’existe pas….Le cerveau ne peut travailler correctement sous la contrainte. Il ne peut être subordonné aux désirs, aux opinions et aux besoins d’autrui. »

« Le parasite veut une humanité conformiste pour la réduire en esclavage. Il répète que l’homme n’est fait que pour servir les autres «  

 » Il n’y a pas de conflits d’intérêt entre les hommes rationnels : ils ne désirent pas ce qu’ils n’ont pas mérité et ne se regardent pas les uns les autres avec la convoitise des cannibales. Ils ne demandent et n’acceptent aucun sacrifice « 

Dimension libertaire : « La théorie sociale de l’éthique substitue la société à Dieu, et bien qu’elle prétende que sa préoccupation principale soit la vie sur terre, ce n’est pas la vie de l’homme, pas la vie d’un individu dont il s’agit, mais la vie d’une entité désincarnée : le collectif »

Se libérer du collectivisme altruiste :

« Chaque être humain vivant est une fin en soi, non le moyen pour les fins ou le bien-être des autres »

Conséquences dans le domaine philosophique.

La philosophie de Ayn RAND, notamment exposée à la fin du roman « La grève » par John Galt, n’est pas un exemple de démonstration rigoureuse et ordonnée. De même, selon moi, les relations amoureuses entre ses héros contredisent (romantisme) quelque peu ce rationalisme.

On sait que l’on a tendance à se morfondre lorsque rien ne nous fait envie, lorsqu’on ne sait pas quoi faire, lorsqu’on ne fait rien. Vivre c’est agir. Cela semble inhérent à l’espèce humaine. Agir, oui, mais comment et pour faire quoi, dans quel but ? Pour Ayn RAND, deux solutions : notre action, nos motivations, nos buts sont irrationnels, ou ils sont rationnels. C’est la seconde solution qu’elle choisit. Les motivations qui ne sont pas de nature à être élucidées, les moyens qui ne sont pas du domaine de la raison, les buts au-delà ou en dehors de la raison sont les causes de nos problèmes. Il est clair que si on est sous l’emprise de motivations ou de buts irrationnels, la galère est garantie. (alors voir tout ce qui est irrationnel, c’est à dire tout ce qui a à voir de près ou de loin avec la métaphysique et tout ce qui a à voir, de près ou de loin, avec les sentiments) Tout ce que le monde compte comme meneurs d’hommes, comme gourous, comme bonimenteurs, comme guides spirituels etc (suborneurs de tous poils) utilise – occasion d’en prendre conscience – l’irrationnel pour convaincre. C’est leur signature. Mais ils comptent sur le rationalisme de ceux qui doivent produire les richesses du pays. Ne jamais oublier que s’ils nous abreuvent de bons sentiments, ils attendent de nous autre chose que des bons sentiments. Devinez quoi. 

La philosophie de Ayn RAND, c’est d’abord l’éthique objectiviste ou le rationalisme :  » L’éthique objectiviste considère la vie de l’homme comme le fondement de toute valeur, et sa propre vie comme le but éthique de chaque individu « 

Si on associe à cela l’individualisme ou l’égoïsme qui s’énonce ainsi :  » je jure, sur ma vie et l’amour que j’ai pour elle, de ne jamais vivre pour les autres ni demander aux autres de vivre pour moi  » et l’individualiste  » reconnaît le fait que sa propre vie est la source, non seulement de toutes ses valeurs, mais de sa capacité d’évaluer. Ainsi la valeur qu’il accorde à autrui n’est qu’une conséquence, un prolongement secondaire, de la valeur première qu’est lui-même « 

Cela devrait éclairer les phrases suivantes (individualisme + rationalisme) 

Le tabou des altruistes : s’il y a une chose qui doit tarir toute critique et toute enquête , c’est bien l’idée d’un acte altruiste. Il ne faut jamais demander quel plaisir, quel bonheur voire quelle jouissance l’auteur d’un tel acte peut en retirer. .

 » En faisant de l’aide à autrui la question fondamentale et centrale de l’éthique, l’altruisme a détruit le concept de toute fraternité ou bienveillance authentique entre les hommes. Il a endoctriné les hommes avec l’idée que valoriser un autre être humain est un acte altruiste impliquant, de ce fait, qu’un homme ne peut avoir d’intérêts personnels dans les autres, que valoriser autrui signifie se sacrifier soi-même, que tout amour, respect, ou admiration qu’un homme peut ressentir pour autrui n’est pas et ne peut pas être une source de sa propre jouissance  » (Altruisme : négation de sa propre jouissance dans le rapport à autrui. Individualisme : célébration de sa propre jouissance dans le rapport à autrui)

L’amour : « Si aimer , c’est placer un être au centre de vos préoccupations, alors oui , Lillian (sa femme dont il a divorcé ndr) l’avait aimé, se dit Hank. Mais si, comme il le pensait, aimer était une célébration de soi et de l’existence, alors ceux qui se haïssent et qui haïssent la vie ne pouvaient aimer qu’en détruisant  »

Quand l’Etat n’est pas une dictature et qu’il n’impose pas trop de sacrifices, d’abnégation, de peines, souvent, c’est l’individu lui-même qui se les impose.  

Récusation de l’essence du christianisme

De l’amour comme devoir  » Mais selon vos principes moraux il faudrait déconnecter l’amour de toutes valeurs, l’offrir au premier clochard venu, non pace qu’il le mérite, mais parce qu’il en a besoin  »

De la sainteté : « Ils lui ont enseigné que son corps et sa conscience sont des ennemis mortels , antagonistes et de nature différente, aux prétentions contradictoires et, aux besoins incompatibles… Ils en ont fait un inadapté congénital, forgé de deux éléments, l’un et l’autre mortifères. Un corps sans âme est un cadavre ; une âme sans corps un fantôme  »

Du renoncement à soi-même et du sacrifice : « Un homme qui s’estime sera révolté à l’idée de jouer le rôle d’animal sacrificiel. Il sera dégoûté à l’idée d’immoler cette valeur irremplaçable qu’est sa conscience, ce joyau incomparable qu’est son existence sur l’autel de la démission généralisée  »

Du pardon :  » Celui qui a de la sympathie envers les coupables n’en a aucune pour les innocents. »

« Seuls les hommes, en tant qu’individus , ont le droit de décider quand et s’ils veulent aider les autres ; la société, comme système politique, organisé, n’a aucun droit à cet égard  » Faire la charité avec l’argent des autres ?…trop facile. Cela va trop loin !

Les altruistes collectivistes se repaissent des drames parce qu’ils vivent dans « l’éthique des urgences  » C’est leur raison d’être, ils sont à leur avantage.

« L’éthique altruiste est fondée sur la métaphysique d’un univers malveillant, sur la théorie que l’homme , par sa nature même, est sans ressource et condamné, que le succès, le bonheur et l’accomplissement lui sont impossibles, que les situations d’urgence, les désastres, les catastrophes sont des conditions normales d’existence et que son but est de les combattre; …les apologistes de l’altruisme sont incapables de fonder leur éthique en fonction des conditions normales d’existence de l’homme «   

« Pour pouvoir vivre en égoïste rationnel, il faut que l’homme se libère de la culpabilité d’oser vivre pour soi qu’inoculent les « adorateurs du zéro », les « mystiques » de l’altruisme et autres « cannibales » – tous ceux qui serinent que « l’égoïsme est le mal » et prêchent le sacrifice de soi aux autres. Pourquoi serait-il moral de servir le bonheur des autres et pas le sien ? « 

 » Les hommes frémiraient, pensait Rearden, s’ils voyaient un oiseau rogner les ailes de son petit avant de le pousser hors du nid pour qu’il se débrouille. Et pourtant, c’est ce qu’ils faisaient à leurs enfants  »

 

12

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...