LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

3 février, 2018

SANS PLOYER

Classé dans : Reve — inconnaissance @ 8:13

On se demande parfois quel est le sens de la vie ou qu’est-ce que l’on fait sur terre, et on ne trouve pas vraiment la réponse. La raison de vivre ou d’exister que l’on adopte n’est jamais que provisoire ou qu’un pis-aller.

J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, ce n’est pas le cas pour le monde où vous vivez. Enfin tout se passe comme si la raison d’être, le sens du monde ne faisaient pas débat, étaient entendus, admis par tous. Lui au moins il sait où il va, il sait pourquoi il est là. C’est ce qui ressort des nouvelles que certains nous donnent de lui. Le savoir est là. C’est même parce qu’il en est ainsi qu’on trouve à s’occuper, à s’employer. Ce n’est peut-être pas la raison de notre existence, mais c’est au moins la raison de notre activité. C’est ainsi que lorsqu’on se lève le matin, ce n’est pas parce qu’on a répondu à la première interrogation, mais à la seconde. On sait quoi faire. Donc lorsque les bonimenteurs nous incitent à donner un sens à notre vie, ils ne parlent pas de la vie que l’on aurait reçue mais de ce que l’on met dedans, de ce qu’on appelle « vivre »

Cette confusion est lourde de conséquences puisqu’on en arrive à croire que l’on règle la question de son existence en se rendant utile au monde, et même que l’on peut éliminer définitivement le doute existentiel, le vide qui découle de l’ignorance où nous sommes de ce qu’est notre vie en devenant une bonne abeille ou une bonne fourmi ouvrières. Offrir sa vie à quelque chose ou à quelqu’un. Et c »est vrai que s’activer permet de ne pas penser.

On voit des gens dotés d’excellentes facultés intellectuelles et d’une forte personnalité grimper dans l’échelle sociale et finir par devenir les plus conformistes et les plus serviles qui soient au sein d’une organisation (plus encore que les ploucs qu’ils méprisent) Leur soumission était le prix de leur ascension. Cela fait peut-être des gens quantiques au sens où ils peuvent accueillir des opinions ou des options contraires et jouer avec, mais pas au sens où leur position et leur trajectoire seraient imprévisibles.

S’employer mais pas sans ployer. .Mais oui puisque le monde , lui, sait qui il est et où il va. On peut compter sur lui. Donc ce n’est pas de la servilité, c’est du réalisme ! Sachez-le !

Le rapport de ces gens-là au reste de la population peut se résumer ainsi : ces fervents et performants acteurs de la société, qui ont su s’élever au-dessus du bon peuple , n’hésitent pourtant pas à se plaindre auprès de ceux qui n’ont pas voulu ou pas su jouer le jeu de la société, des difficultés et cas de conscience qu’ils rencontrent encore, en espérant obtenir leur soutien, avant de se fondre définitivement dans leur réussite sociale.

J’ai toujours fait l’éloge, dans ce blog, de l’esprit scientifique, de la méthode scientifique, mais ceux qui pleurent sur les dangers que coure la planète et sur les inégalités sociales sont aussi de ceux qui ont pu fournir aux puissants ambitieux et cupides le mode d’emploi pour asservir, exploiter, détruire la planète et ceux qui l’habitent. (les coupables, ce ne sont pas les Bushmen, les Pygmées ou quelques tribus amazoniennes.

gener

Ce n’est pas vous non plus qui avez colonisé l’Afrique ou bombardé certains pays, mais c’est vous, et vous seul qui en supportez les conséquences .

A partir de là, chacun plaide pour sa chapelle. Le scientifique plaide pour le progrès (trop intelligent ou trop bête, je ne sais pas, pour demander : le progrès de quoi?), l’idéologue (FC par exemple) plaide pour son idéologie, le philosophe plaide pour sa philosophie, le psychologue plaide pour sa psychologie, le chef religieux plaide pour sa religion etc Mais toujours, vous remarquerez que ceux qui ont assez réussi pour pouvoir s’adresser à nous, dans chacune de leur discipline, essaient de nous instrumentaliser en suscitant chez nous des sentiments émus parce que leur chapelle ne rencontre pas encore le succès espéré et qu’ils ne sont pas encore montés assez haut. Ambigus, toujours, ambitieux aussi.

Certains parlent au nom de la planète et des valeurs qui vont avec, certains au nom de leur conception de l’homme et des valeurs qui vont avec, certains au nom d’un type de société et des valeurs qui vont avec, certains parlent au nom de la moralité et des valeurs qui vont avec etc Mais qui les a missionnés ? Qui les a oints ? Vous ? A-t-on encore le droit d’avoir un avis différent ? Tous ces petits sauveurs, tous ces petits Jésus passent à la télé, et comme leur auguste prédécesseur, ils demandent qu’on se sacrifie. Se sacrifier pour le progrès, pour Dieu, pour l’Homme, pour la planète etc Une chose est sûre, ils souhaitent être plébiscités pour être encore plus oints. Mais comme dit UG : ils ne livrent jamais la marchandise. En attendant, il leur faut de l’argent pour leurs fondations, leurs associations, leurs organisations, leurs partis, leurs causes et je ne sais quoi de moins avouable . Même s’ils ne livrent jamais la marchandise. Ainsi, leur prestige social prend des couleurs sur votre dos.

Alors, le rêve ou le cauchemar ? Le rêve.

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Qui peut avoir une raison valable de penser que les autres doivent porter le même jugement que lui ? Qui peut avoir une raison valable de penser que les autres doivent avoir les mêmes valeurs que lui ? Qu’elles soient assez communément ou à peu près admises n’est pas une raison valable. Avoir les goûts de la majorité, ce n’est pas forcément avoir de bons goûts. Prenez donc exemple sur ces gens-là : quand ils s’adressent à vous, ils le font sans ployer.

Dans nos sociétés de tradition chrétienne, on a à peu près admis que les hommes étaient responsables les uns des autres. Mais il faut préciser. Les gens ordinaires doivent se faire un devoir de porter secours à des gens en détresse Les autres, au-dessus d’eux, se font plutôt un devoir de s’occuper des gens heureux . Ils ne vont pas les laisser tranquilles. Les gens ordinaires doivent être charitables, généreux avec les gens en détresse. Les autres doivent être charitables, généreux envers les gens en détresse avec l’argent des gens ordinaires, tout en se servant au passage.

Parfois, quand c’est trop, c’est trop, comme là :

déclenchez la lecture du film (jusqu’après l’entrevue avec le Roi) son coupé, aussi sec après avoir déclenché la lecture du concerto de SCHUMANN (avec 2 navigateurs c’est plus rapide, en préparant, c’est mieux)

 Film  :  https://youtu.be/bI5JH3t8pGA?t=10

Musique :   https://youtu.be/YLod6Ra6f08?t=4

L’individu est profond, la société superficielle. : aucune de nos pensées n’est indispensable à notre existence, elles pourraient être autres. Toutes les valeurs d’une société lui sont indispensables. Elles constituent le rêve collectif.

Non mais qu’est-ce que vous croyez ? Que les sentiments, que l’on vous a habitué à éprouver pour des choses, des personnages des idées, que le prix que l’on vous a habitué à leur donner (par la parole et par l’exemple. Vous avez vérifié si c’était pertinent ? non) , que la morale n’étaient pas juste destinés à servir un projet de société, une conception de la société ? Ce n’étaient que les attributs d’une société : elle est comme ci, elle est comme ça, elle donne de la valeur à ceci, elle donne de la valeur à cela..

A quoi croyez-vous que servent les jugements, le plus souvent moraux, portés par FC ? Du genre «  la leçon de vie des jeunes de banlieue » «  La réalité du racisme » « Il se faut entraider, c’est la loi de la nature «  « Liberté, égalité, fraternité ; Fraternité vraiment ? «  « Sous nos yeux, ils demandent à passer «  «  où en sommes-nous avec la solidarité ? » C’est pour que vous les partagiez, que vous épousiez les parti-pris, que vous ayez les mêmes sentiments, les mêmes émotions . Ce n’est pas de l’info, c’est de l’intox (avec vos sous)

Se rendre utile, trouver sa place dans la société, c’est bien agréable. Surtout quand cela comporte des avantages ou que c’est intéressant. Mais attention ! Il n’est pas fou l’électron d’échapper à toute tentative de localisation. La localisation aussi est lourde de conséquences.

Le but de la case, de la localisation, est de vous rendre superficiel, de vous ôter votre épaisseur, l’épaisseur ou la profondeur de la vie : sensible, mobile, labile, insaisissable, gourmande. Le but de la case, de la localisation est de faire de vous un maillon, une pièce dans la grande machine actionnée par d’autres. Le sacrifice, c’est toujours pour quelque chose d’abstrait, de général, c’est à dire qu’il n’est pas prévu de poser la question : le progrès de qui, la planète de qui, la nation de qui, la société de qui, la morale de qui, l’humanité de qui,  la victoire de qui, l’intérêt de qui ? Lorsque l’on est bien localisé, bien défini, bien calé dans une case, on lui appartient. On appartient à une nation, à une société, à une entreprise, à une famille, à un groupe, à un parti, à une communauté, ce qui signifie qu’ils peuvent disposer de nous.

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C’est toujours la vie, le sang qui ont été sacrifiés à des grandes idées (voir au-dessus). Il en a toujours été ainsi. Comme chantait NOUGARO : «  On voit surtout du rouge, du rouge, sang, sang, trêve ni repos » La pensée est morte, elle a besoin de sang frais. Les gangsters font infiniment moins de morts. Les grandes idées, elles, ne sont pas du genre à se sacrifier.  Les hommes se sacrifieront plus volontiers s’ils sont dans la détresse, si leur existence est dérisoire, s’ils se méprisent eux-mêmes. Rien de tel pour cela que de les réduire à l’état d’objet de pensée bien défini et bien étroit dans un cadre bien défini.

L’IA rendra terriblement évident ce contraste entre la vie et la pensée. Prévoir les réponses, les réactions de ceux qui ne sont que des décalcomanies partielles de la société (de ses codes, de ses usages) ne lui posera aucun problème. « Mais je ne veux pas mourir, qui va promener mon chien, qui va faire le ménage, qui va s’occuper des factures, qui va arroser les plantes, qui va prendre des nouvelles de la voisine, qui va fleurir la tombe de mon mari, et que va-t-il arriver à mon personnage préféré dans mon feuilleton favori ? « La télé vous fait aimer ou désirer ce qu’elle veut, L’IA saura tout ça. Déjà tous fichés et tous surveillés parait-il. Les objets sont connectés. La société est devenue trop complexe, il faut tout rationaliser, calculer, optimiser, mesurer, prévoir, encadrer, réglementer, bref implémenter et algorithmer.

Mais la liberté, la mobilité physique, affective et mentale, la transgression, l’invention, et la prise en compte de nos ressentis lui poseront de gros problèmes.

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La case, la localisation, c’est justement la fin de la liberté, de la mobilité, de la sensibilité, de la singularité, de la subjectivité. N’avoir que l’identité dite sociale. N’explorer que les endroits et les sujets prévus. N’avoir que les sentiments et les émotions de tout le monde. Ne faire surtout que ce qui est prévu, toléré, et de la façon dont c’est prévu. Être repéré où que vous soyez. Être informé de ce que vous pensez, de ce que vous dites. N’être que l’objet de pensée calculé, défini, par les organismes de toutes sortes. Influence en douceur, à notre insu.

Notre imagination, et notre imagination seule, est capable de faire croître le monde à l’infini c’est à dire, les fantasmes ou les images qui entourent les choses et les personnes comme une poupée gonflable qui se dilaterait.  Autrui épouse  alors les apparences d’un autre monde que celui qui est ici et maintenant. Ni nos sens, ni notre compréhension d’autrui conformément à ce que l’on ressent, désire ne peuvent faire une chose pareille.

« Calme, calme, reste calme ! Connais le poids d’une palme portant sa profusion ! Pour autant qu’elle se plie à l’abondance des biens  «  (Paul VALERY)

pareil

film https://youtu.be/PSikfcJezy4?t=2

musique : https://youtu.be/RFJjUbk5E5w?t=1807 

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