LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

11 octobre, 2018

QUI T’A BLESSE

Classé dans : Sacre — inconnaissance @ 11:23

demandaient les Cyclopes à Polyphème (dans l’Odyssée) Personne répondit-il. Si c’est personne, personne n’est coupable, et cela va pouvoir recommencer.

Il y a de très fortes chances pour que ni vous ni moi, ne soyons coupables de quoi que ce soit dans notre vie. Les dégâts, les préjudices qu’ont pu causer nos actes et nos paroles ne doivent pas nous être imputés, ils doivent être imputés à la société.

C’est parce que nous avons épousé les désirs de la société, parce que nous avons voulu incarner ses valeurs que ces paroles et ces actes ont été exactement et toujours comme si deux hommes s’affrontaient, en venaient aux mains ou en arrivaient à effectuer quelque forfanterie, dans le but d’incarner le mieux possible, et plus que l’autre, l’idée de virilité. L’idée de virilité, ils ne l’ont pas inventée, elle fait partie des valeurs d’une société, elle permet d’obtenir l’estime des autres. C’est leur conditionnement. C’est elle qui les fait agir. Il y a, comme ça, beaucoup de principes qui passent pour évidents et qui ne sont jamais mis en cause.

« Je ne ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée etc «  disait Jésus. Précisons. Il n’a pas inventé l’épée, elle existait bien avant lui. Il n’a pas inventé la guerre, les conflits armés, la violence, ils existaient bien avant lui ; Non, il n’a fait qu’en rajouter ; Il a introduit de nouvelles causes de guerres et de conflits, plus vastes, plus puissantes. Mais il n’a jamais préconisé la violence, il n’a jamais demandé à qui que ce soit de faire triompher sa cause par la force, par les armes  (non, il a joué le pacifique, ce qui permet à ses thuriféraires de dire que c’était un homme de paix) Il a été plus malin, il a fait de grandes idées générales ou d’un certain nombre de généralités, (voir son enseignement, mais la virilité ou la féminité n’y figurent pas) , quelque chose de sacré, de divin. (puisque c’est Dieu lui-même qui le veut)

Ses disciples et ses militants n’ont plus eu qu’à imposer le christianisme et ses valeurs en Europe et au-delà, souvent par la force, ou par force propagande, et ils y sont parvenus. Ils ont fait de ces généralités sacrées, divines, les constituants essentiels des sociétés, les repères, les valeurs autour desquels tout le monde devait se retrouver et que tout le monde devait essayer d’incarner. Le lien social quoi ! Le vivre-ensemble !

Eclair de lucidité : «  Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Trop fugace ! Mais il fallait aller plus loin : qui le sait ? Personne ?

Jésus a donc lancé un certain nombre de généralités devenues sacrées. (miséricorde, charité, humilité, pureté, douceur, pauvreté, repentir, renonciation à soi ou sacrifice de soi) Ces valeurs générales ont pu évoluer au cours des âges pour s’adapter à l’évolution des mentalités et des sociétés. Un très grand tournant en France, c’est 14-18, c’est la fierté devenue honteuse, l’immense sacrifice et les grandes souffrances devenus piteux. Tout part de là. Il aurait mieux valu pour la suite, soit que nous gagnions de façon éclatante, soit que nous perdions sans l’avoir mérité. En 1938, avec les accords de MUNICH, on a eu le déshonneur d’abord et la guerre ensuite. Avec 1914-1918, on eu la guerre d’abord et le déshonneur ensuite. Cela a vraiment été le summum de ce que la société oblige à faire et dont toute la faute retombe sur les individus. Un super cas d’école. Les soldats sont morts pour servir d’anti-modèles, de repoussoirs, pour donner naissance à la décadence.

« Bien sûr, celle de l’an quarante
Ne m’as pas tout a fait déçu,
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus,
Mais à mon sens, elle ne vaut guère,
Guèr’ plus qu’un premier accessit,
Moi, mon colon, celle que j’ préfère,
C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit ! «  (BRASSENS)

Rien de plus absurde et injuste. C’était juste une affaire d’idéologie gagnante. Les généralités évangéliques, en passant dans la moulinette du socialisme et du tiers-mondisme qui en ont résulté, sont devenus la repentance, le féminisme, l’amour naïf et systématique de l’étranger , la haine de soi, la générosité aveugle, la justice, les droits de l’homme, l’égalité. Le sacré est toujours là, il s’est simplement un peu déplacé, il est interdit d’attaquer ces généralités. Et même de les mettre en doute. Par les temps qui courent – attentats, abominations et déshumanisation – il y a des sensibilités qu’il ne faut pas froisser, des petites sensibilités de classes, de groupes, de catégories à la mode. (de chez nous)  .

Et pourtant, l’égalité, c’est de la foutaise. Le féminisme est ridicule. Les droits de l’homme, c’est de la fumisterie. La repentance est insupportable. La haine de soi est scandaleuse . L’amour systématique de l’étranger est une absurdité. (cela devrait être évident pour tout le monde) Pendant ce temps, une autre religion a introduit d’autres valeurs générales sacrées. Celles-là ont justement tendance à profiter de ce que sont devenues les vertus évangéliques. Quand le mou se présente, le dur s’avance.

Ces généralités sacrées sont dévastatrices.

D’abord, le sacré est une insulte à la raison et à l’intelligence des hommes. Pourquoi sacré ? Qui le dit ? Quelle est la nature exacte du sacré ? Ce n’est qu’un jugement d’autorité. Le sacré n’a pas de pouvoir magique. On voit aujourd’hui les conséquences du politiquement correct. On voit les crises d’hystérie que provoquent certains propos ou l’emploi de certains mots, que l’on accusera de tous les torts. On voit comme les revendications religieuses s’imposent parce qu’elles sont religieuses. On voit que la laïcité recule partout. On voit que même dans les pays étrangers, des populations se révoltent contre des décisions et des propos intervenus en France et touchant à la religion. On voit que les personnes de couleur, en tant que telles, sont devenues quasiment sacrées. Chut !

Ensuite, comme ce sont des constituants d’une société qui sont sacrés, c’est la société qui devient sacrée pour les individus à travers eux. N’importe quelle société. Il n’est plus question de la remettre en cause en tant que référence. Constituants sacrés, société sacrée. Les valeurs générales expriment des réactions que l’on doit tous avoir,, des sentiments que l’on doit tous montrer uniformément. Il faut incarner ces valeurs générales dans toutes les occasions où c’est pertinent, où c’est possible. Les généralités fonctionnant comme des repères et des buts collectifs, l’occasion est donnée à tout le monde de surveiller tout le monde. On se copie, on s’imite, on fait pression pour que chaque contrevenant entre dans le rang, dans le moule. . C’est comme si on devait être en communion en permanence. Ces sentiments collectifs, sincères ou pas, sont une nouvelle violence insidieuse. Un empire affectif. Regardez jusqu’où peut aller ce contrôle parfois.

Enfin, sauf erreur, nous ne sommes pas descendus du ciel, nous ne sommes pas sortis de la cuisse de Dieu, nous sommes en partie, en grande partie, le fruit d’une évolution des espèces, nous avons beaucoup de points communs, organiquement, biologiquement, avec les autres animaux et surtout les singes. Nous sortons donc de la nature, nous en faisons partie, nous y retournerons. Alors comment peut-on espérer coller parfaitement à des idées ou images qui sont des créations de la pensée, des créations qui n’existent pas en dehors de la pensée dans le monde réel. De même, faire du sentiment n’est pas naturel. A partir des émotions qui vont et viennent, les sentiments sont des constructions du mental destinées à durer. Mais la nature ne fait pas de sentiments. Elle est amorale.

Les commandements, en eux-mêmes, sont des violences. Personne n’arrive et n’arrivera jamais à dompter la vie au point d’incarner parfaitement toutes ces idées merveilleuses. Elles ignorent la réalité de ce que nous sommes et la réalité du monde, c’est comme si nous et le monde pouvions correspondre exactement à ces belles abstractions mentales. Il y a donc conflit interne permanent. Alors on se défoule, on extériorise les obstacles, et on s’en prend aux autres. D’ailleurs si ça se trouve, c’est de leur faute si on ne parvient pas à être humble, pur, désintéressé, charitable, miséricordieux, etc Si le monde était tout ça, on pourrait l’être aussi, alors il faut changer le monde, changer ceux qui ne sont pas sur la même longueur d’onde. D’ailleurs ces vertus s’adressent bien aussi aux autres ? Alors.

Combien de généralités de ce genre sont à l’oeuvre dès qu’on entre en relation avec quelqu’un ? Il peut y avoir la façon de se présenter et même de parler, il peut y avoir tout ce qui correspond à la catégorie, à l’échelle sociale auquel il correspond, il peut y avoir ce qui correspond à son sexe, sa couleur de peau, sa religion, il peut y avoir les codes particuliers du contexte où on se trouve, il peut y avoir les valeurs générales qui sont les nôtres ou l’idée que l’on se fait de soi, constituée de ces mêmes valeurs, et que l’on va essayer d’incarner.  Ce sont toutes ces généralités qui sont à l’oeuvre à travers nous. Puisque la société est une référence sacrée, tout ce qui vient d’elle nous oblige. Puisque la religion fait des relations entre les hommes son objectif suprême, les relations entre les hommes dans une société sont extrêmement importantes.

Ce qui est visible, ce que les autres verront, ce sont des différences avec des réactions stéréotypées ou conformes à des idées précises, ils ne verront jamais les généralités, les valeurs générales que nous sommes censées incarner.  Qui a déjà vu la repentance, le féminisme, l’amour naïf et systématique de l’étranger , la haine de soi, la générosité aveugle, la justice, les droits de l’homme, l’égalité , en soi ou dans l’esprit des autres ? Trouvez-les en tant que tels, en tant qu’esprits, et donnez-m’en des nouvelles. Il y a seulement des pensées à leur sujet.

Quand un film est suranné, daté, c’est qu’on lit immédiatement les généralités qui font agir les personnages, quand un film ne l’est pas, c’est qu’on est dupe de ces généralités parce qu’elles nous gouvernent. Alors les films entre les deux, c’est intéressant, sociologiquement instructif. En tout cas, on peut voir, par exemple, évoluer la masculinité, le caractère masculin qui plaît aux personnages féminins. Ils n’obéissent pas tout à fait aux mêmes catégories. Mais ils obéissent toujours à des catégories. Au moment des disputes et des séparations, il en est question. On est content, on peut dire : oh je m’y vois ! .

La violence acceptée, l’obéissance collective, la résignation n’ont pas arrangé notre cas. C’est toujours d’actualité : » écrasez l’infâme », quel que soit le nom qu’il porte, du moment qu’il passe pour sacré. Si on ne le fait pas pour soi, parce que c’est trop tard, il faut le faire pour nos enfants. Sinon, malheur à eux. Ni la société, ni l’Etat, ni ses valeurs générales, ni ses institutions, ni ses figures, ni ses dirigeants, ni ses lois, ni ses symboles, ni ses dieux, ne sont sacrés. Il n’y a rien de sacré. La raison d’être, la légitimité de toute cette histoire, de toute cette construction sociale, , de tous ces discours religieux ou politiques, psychologiques ou moraux, est le bonheur et l’épanouissement des individus . C’est capital, c’est très précieux, mais ce n’est pas du sacré.

On a mal agi parce qu’on s’est fourvoyé dans les méandres des innombrables désirs de la société, on a été ballotté, mis à mal etc Mais c’est elle le problème. Peut-on mal agir quand on agit tout à fait librement, sans contrainte, sans souci de plaire, en total accord avec sa conscience, prêt à assumer sa propre conscience ?

Le mouton de Panurge n’est pas libre. On ne peut décemment s’engager qu’à la condition qu’il est toujours possible de remettre en cause cet engagement. Si ce n’est pas possible, c’est de l’esclavage.

Ne pas avoir les mêmes sentiments que les autres à l’égard des objets, des personnes, des idées est un droit inaliénable, même quand la société nous fait un devoir d’adopter les valeurs générales qui lui conviennent. Chacun est libre d’avoir les sentiments qu’il veut à propos de tout ce à quoi voudraient s’appliquer les valeurs générales en question. La miséricorde, la charité, l’humilité, la pureté, la douceur, la pauvreté, le repentir, la renonciation à soi repentance, le féminisme, l’amour naïf et systématique de l’étranger , la générosité aveugle, la justice, les droits de l’homme, l’égalité… de quoi, pour quoi  ? Comment osez-vous ?

On peut voir cela dans la musique . On peut avoir porté des jugements sur une œuvre ou un compositeur, on peut avoir conçu des raisons pour lesquelles on aime une œuvre ou un compositeur, on a pu mettre des mots sur cet amour. On se constitue ainsi une certaine image mentale, une certaine idée préconçue qui ont alors un effet néfaste sur les écoutes qui suivent, parce qu’on se sent obligé d’être fidèle à tout ce qu’on a pensé ; On n’écoute plus, on n’est plus attentif, ouvert,à ses propres ressentis, on n’en est plus conscient. Et on rate l’émotion authentique. C’est absolument stupide, car notre prédisposition, notre besoin, notre état d’âme changent, et c’est avec eux qu’on écoute . L’interprétation aussi est importante. Un pianiste peut donner l’impression de bien jouer . Mais il suffit d’écouter le même morceau interprété par un autre pianiste, et on prend soudain conscience quil y a de la vie, du cœur dans l’interprétation du second, mais pas du premier qui était assez morne. (les vieux chnoques qui saturent les têtes de gondoles sur YouTube à un point inimaginable. Mais bien sûr, chacun fréquente qui il veut) J’écris cela en pensant à Harmony ZHU, mais ceci est très chouette : https://youtu.be/qqlahEMriRs?t=3

Je découvre seulement aujourd’hui, et comme par hasard :  https://www.youtube.com/watch?v=dYKJ7egePsY  (mauvais enregistrement) 

 

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