LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

20 juillet, 2016

LES SACRIFICES HUMAINS

Classé dans : Sacrifice — inconnaissance @ 19:10

harak

Dieu dit à Isaac : prends un couteau, monte sur la montagne, là, édifie un autel et sur cet autel devant ton Seigneur, immole-toi pour lui montrer ta fidélité. Issac obéit. Pendant ce temps, son père le cherchait. Ayant perçu la voix du Seigneur, il grimpa aussi sur la montagne et arrêta le geste de son fils juste à temps.

On entendra, on entend souvent parler de valeurs (ou d’idéal ou de vertus) morales, politiques, religieuses etc. Ces valeurs sont plus ou moins définies. Mais toujours, absolument toujours, on constatera qu’il s’agit de valeurs extérieures, étrangères. Toujours on constatera que ces valeurs représentent le bien des autres, de la collectivité, de la société, pas le nôtre, au sens où ces valeurs sont générales, (c’est même pour cela qu’elles sont tout à fait conditionnées) où elles concernent les autres et où on ne s’interroge pas si c’est dans notre intérêt, à nous, sur ce qui nous ferait du bien à nous, à nous tels que nous sommes.. On considère alors, on doit considérer, on nous invite à considérer, que nous ne faisons pas partie du monde, de la société, de la collectivité quand il s’agit de les servir, puisqu’il n’est pas prévu que cela doive aussi nous servir. Cela ficherait tout par terre si les valeurs devaient être des valeurs pour les autres et pour nous. Avez-vous souvent discuté de la question d’une décision censée servir l’intérêt général mais vous étant défavorable en ayant à décider quel parti vous pouviez prendre ? Le plus souvent, votre devoir est de servir l’intérêt général, c’est cela qui est bien pour vous parce que cela fait de vous quelqu’un de bien.

On va donc ou on est allé chercher ailleurs, dans la société, dans la culture, ce qui a de la valeur, ou la culture nous l’enseigne. (concepts) C’est comme cela que l’on fait des citoyens ou des gens assimilables à une culture. Mais il y a une dualité individu/système de valeurs. Pour l’individu, pour la conscience, la valeur est quelque chose d’autre, de séparé….et de général..(l’enfant s’habitue très rapidement à chercher ailleurs, chez les autres, des vérités existentielles, des jugements de bon sens qu’il pourrait et devrait trouver en lui en conscience. Il s’habitue à ne pas se faire confiance et à croire en des images ou en des personnes douteuses.)

Comme nous allons le voir, le désintéressement ou l’altruisme ne se résume pas à se faire un devoir de se mettre au service des autres, à faire de la satisfaction de l’autre le but essentiel, il consiste aussi, puisque c’est devenu une valeur fondamentale de nos sociétés, une façon de penser, à faire de soi un ennemi, un mal. C‘est non seulement le service des autres mais l’oubli, la négation de soi, la haine de soi. La haine de soi, c’est la condamnation de son propre désir, de son propre ressenti, de sa propre vision des choses, de sa propre volonté, de sa propre nature, ce qui autorise les autres à se servir chez nous, à nous prendre ce qu’ils veulent, puisqu’il leur suffit de le faire pour le bien commun, l’intérêt général et que nous dépouiller est juste, bien.. .Si la propriété des biens matériels est relativement protégée par la loi, il n’en est pas de même de tous les autres biens. Par exemple, combien de gens vivent à nos crochets, de nos impôts, au service d’un soi-disant intérêt général (selon quels critères ?) alors qu’il travaillent à notre préjudice : journalistes partiaux ou dénigrant certaines catégories de la population, ou associations lancées dans la surveillance et les procès au bénéfice d’une petit clan ? Tous ces gens-là doivent leur existence à ceux à qui ils nuisent.

(toutes les citations sont de Ayn RAND : « La grève »)

 » En quoi serait-il moral de servir le bonheur d’autrui et non le vôtre ? Si le bien-être est une valeur, pourquoi serait-il moral que d’autres l’éprouvent, mais immoral que vous l’éprouviez ? …..Pourquoi votre désir serait-il immoral et celui des autres moral ?  »

Peut-être pensez-vous ne pas correspondre à cette description. A suivre..

Comment se passe, comment se vit cette négation de soi ou cette haine de soi ? Cela se passe avec notre consentement et sous la pression de la collectivité ou de la culture.

La pression de la collectivité est d’autant plus forte que nous avons affaire à des gens pieux, des gens qui ont le culte de certaines valeurs, qui adorent certaines entités abstraites et étrangères qu’ils seraient absolument incapables de remettre en cause ou de relativiser. Leurs réactions sont automatiques et parfois violentes. A quoi reconnait-on quelqu’un de pieux ou imprégné d’un sentiment religieux ou mystique ? Au fait qu’il est en quête d’irrationnel. Quand on peut tenir un discours ou avoir des pensées dans le genre qui suit à propos de valeurs morales, sociales ou religieuses, c’est qu’il y a adoration, culte, croyance en des entités supérieures :

»l’amour se justifie en lui-même ! L’amour est au-dessus des causes et des raisons…L’amour est un don, merveilleux, gratuit, inconditionnel qui transcende et excuse tout. Qu’y a-t-il de généreux à aimer un homme pour ses vertus »(par antithèse)   Cela n’a plus aucun rapport avec les individus, on ne s’occupe pas de savoir si c’est pertinent, efficace, juste. On sert le dieu -amour ; C’est pareil pour tous les autres concepts de valeur qui font autorité. Quand on les encense, quand on les loue, quand on en fait des sources de bien à part entière, quand on ne saurait s’en passer, c’est qu’on leur rend un culte. On connait d’ailleurs l’hypocrisie des gens pieux. . Ils louent la vertu, la bienveillance, etc et se précipitent au cinéma voir des films violents ou malsains.

On a vu que l’on pouvait être possédé par ces entités. On a vu qu’il était gratifiant de s’en réclamer. On a vu qu’il suffisait de trouver quelqu’un qui y croit, qui y souscrit, pour avoir barre sur lui puisqu’on peut le mettre devant ses responsabilités et ses manquements. Main on n’a pas vu comment la pulsion mortifère, la négation et la haine de soi étaient mises à contribution. Ayn RAND le met en évidence : Hank Rearden a trompé sa femme qu’il n’aime plus.

«  elle voulait l’installer dans le déshonneur, et ne pouvait y parvenir qu’en faisant appel à son sens de l’honneur. Elle voulait qu’il se reconnut comme un individu sans moralité, mais comment un être dépourvu de conscience morale pouvait-il accorder le moindre crédit à ce verdict ? Elle voulait le blesser par son mépris , mais comment pouvait-il être blessé par quelqu’un dont il ne respectait pas le jugement ? Elle voulait le punir de la souffrance qu’il lui avait causée et s’en servir comme d’une arme pour le tourmenter en suscitant sa pitié. Mais elle ne pouvait y parvenir qu’en jouant sur la bienveillance et la compassion qu’il éprouvait pour elle. Elle tenait son pouvoir de ses vertus à lui «  et elle se servait de la souffrance que ces vertus ne manqueraient pas de lui causer  . Cette souffrance est acceptée parce que l’on se méprise, parce que l’on est censé être mauvais. Et cela fonctionnera toujours puisque ces valeurs sont distinctes, séparées de celui qui les pense et qu’il est penaud devant elles. On est si acquis à l’idée que l’on mérite ce triste sort que même l’intention de l’autre de nous faire souffrir ne nous révolte pas.

«  Que vaudrait un code selon lequel toute condamnation devrait être nourrie par la vertu de la victime ? Un code qui détruirait ceux qui essaient de le respecter ; une condamnation qui ne toucherait que les gens honnêtes alors que les autres y échapperaient ? Peut-on imaginer pire infamie qu’assimiler la vertu à la souffrance ? Faire de la vertu et non du mal la cause de la souffrance sa motivation première ? «  Et avec le consentement de la victime.

De même, l‘amour de la vie n’est pas l’amour de sa propre vie, qui est méprisable, c’est l’amour de la vie des autres. (Là encore, soi est exclu de la vie) Cet amour de la vie des autres est un moyen de faire souffrir, parce qu’il s’y glisse toujours une occasion de s’aimer répréhensible. «  Si dans les Républiques populaires d’Europe des millions de gens étaient ainsi tenus en esclavage, c’était en raison même de leur désir de vivre, de leur énergie canalisée en travaux forcés, de leur capacité à nourrir leurs maîtres, d’un système de prise d’otages, de l’amour qu’ils portent à leurs enfants, à leur femme, à leurs amis – amour, capacité, et plaisir étant des moyens de pression sur eux, des appâts pour qui veut les déposséder au nom d’un système qui associe amour et crainte, réussite et châtiment, ambition et confiscation, qui érige le chantage en règle absolue, avec, comme unique incitation à l’effort et seule prime à la performance, l’absence de souffrances et non la recherche du plaisir « 

Alors, à votre avis, pourquoi les politiques – les moins estimables d’entre nous – recourent-ils sans cesse à des arguments éthiques ou moraux, font-ils appel à notre bonne volonté et notre confiance  ? Pour la raison ci-dessus. Ils ne voudraient surtout pas avoir affaire à des gens sans scrupules comme eux. 

A partir du moment où on a admis que se haïr est le bien, tout cela fonctionne parfaitement.

« Chassez de votre chemin ces mystiques confits de haine qui prétendent aimer leurs semblables, mais prêchent que la plus grande vertu de l’homme serait de dénier toute valeur à sa propre vie «

« Pourquoi le monde a-t-il accepté cela se demandait Rearden, Comment les victimes ont-elles pu admettre un code assimilant le désir de vivre à un délit ? « parce que toute forme de bénéfice personnel, de quelque nature qu’il soit, suscite des sentiments de culpabilité. Et ce sentiment de culpabilité est un moyen de pression. Si l’individu est mauvais par nature, par essence, il n’a pas droit au bonheur. «  votre code moral postule que l’homme est mauvais pour le condamner, puis il exige de lui qu’il soit vertueux tout en décrétant que cela lui est impossible ;.. …ce qui le (l’homme ndr) conduit à définir le bien en tant qu’il est très exactement ce que cet homme n’est pas «

Les premières victimes sont les gentils. Plus que d’autres, ils ont confiance dans ces bonimenteurs. Ils ont foi, plus que les autres, dans les valeurs ainsi prônées. Ils sont plus naïfs que les autres.

«  Ils disposent d’une arme contre vous ; une seule mais elle est terrible.

Sur quoi vous fondez-vous pour avancer une chose pareille

sur le fait que vous soyez aussi malheureux « 

A force de souffrir de cette manière, on s’étiole, car comment lutter contre la contradiction suivante : c’est parce que l’on s’adonne à la vertu, aux valeurs, que l’on invite la souffrance. Souffrir est bien, souffrir est mal.  (êtes-vous toujours certains de ne pas être concernés par ces descriptions?)

L’exploiteur (ou le tueur en un sens) a toujours besoin du consentement de sa victime. Il a besoin qu’elle souscrive aux éléments de culture qui vont être utilisés. Il a besoin qu’elle partage les mêmes sentiments (on est bien hein Tintin!) Il a besoin qu’elle accepte de souffrir. (C’est la vie ) Il a besoin qu’elle accepte de s’oublier. Sauf s’il y a refus, comme là ::

 : « nous avons conçu un plan …auquel vous allez adhérer pleinement car il tient compte de l’intérêt général tout en protégeant vos intérêts particuliers.

ne me dites pas ce que je vais en penser, mais de quoi il s’agit

c’est un plan juste, sérieux, équitable ;. ;

ne me dites pas ce que vous en pensez, mais de quoi il s’agit « 

La volonté personnelle, voilà l’ennemie. Car c’est l’énergie ou la vitalité + la confiance en soi ou l’assurance + un objectif clair et stable + l’action + la satisfaction personnelle. Alors qu’en fait, dans tous les domaines, tant que l’on mettra sa volonté au service de projets étrangers et généraux définis par des étrangers, on ne servira ni soi-même, ni des individus particuliers.

Quand la condamnation de l’égoïsme est totale, et que cet égoïsme ou intérêt personnel est éradiqué chez soi, c’est à dire quand on accepte l’idée que le mal en soi, c’est l’égoïsme, (tout ce qui est personnel) on comprend que l’on puisse dire que : « donner de l’argent à un ami en difficulté n’est pas un sacrifice mais le donner à un bon à rien que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam en est un «  ou «  « donner votre seule bouteille de lait à vos enfants affamés n’est pas un sacrifice ; cela le devient si vous la donnez aux enfants d’un voisin au risque de laisser mourir les vôtres «  Toute satisfaction ou toute joie personnelle doit être exclue pour chasser l’égoîsme. (variante bien connue : «  aimez vos ennemis et priez pour vos persécuteurs ;…car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? » Les PUBLICAINS ? !! Pouahh !)

Cela donne la passivité. Son propre désir est mauvais. Ses propres buts sont mauvais. Ses propres raisonnements sont mauvais. Ses propres ambitions sont forcément mauvaises. Sa propre volonté est mauvaise. Sa propre personnalité – celle que l’on a envie d’assumer – est mauvaise. Les exercer serait égoïste. Il n’y a plus qu’à se résigner complètement. Altruisme + conformisme = passivité, soumission et dépendance. (que ta volonté soit faite et non la mienne) Et voilà le sacrifice accompli.

trav

Pourquoi ne pas laisser tomber tous ces piliers, représentants ou défenseurs de la société et de son ordre établi, pourquoi ne pas les laisser chercher toujours et toujours des éléments qui puissent servir de lien social et en faire la publicité, pour se réconcilier avec soi ? Pourquoi les laisser poser leurs mains sales sur notre conscience ? On n’échappera jamais à leur piège tant qu’on n’aura pas compris que le bien sera toujours séparé de nous (pour nous narguer ou nous tourmenter) tant que ce sera le bien des autres, puisque les autres sont séparés de nous. C’est le fait de s’abstraire, de se nier, de se haïr, qui déclenche toute cette tragédie !

Donc, ce qu’il faut faire, c’est le contraire : nier la collectivité, quelque forme ou nature qu’elle se donne, et faire droit à sa propre individualité.

Il n’y a pas que les concepts de valeur clairement identifiés comme tels et qui font le bonheur des philosophes moralistes. Tout ce qui est séparé de soi et qui sert de repère, de référence constants dans la vie fonctionne de la même manière. C’est la fonction des pensées involontaires de nous présenter ces repères encore et encore, c’est notre conditionnement qui dégorge. ,Car ces pensées présentent justement des scènes de la vie quotidienne, et de ces scènes, on retire des jugements de valeur. C’est telle personne, telle situation, tel comportement, telle création de l’imagination que le modèle social, le modèle moral, les croyances définissent comme bonnes, enviables ou mauvaises. (on ne se demande jamais : bonnes ? Selon quels critères?) . A quoi bon laisser le monde autour de soi ranimer ou réactiver ce genre d’images ou de représentations. ? Si nous n’avons besoin, à chaque fois que de nous consulter pour savoir ce que l’on veut, pense, à quoi bon ces pensées qui voudraient être au-dessus de nous.

12

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...