LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

26 novembre, 2020

DE L’ETERNEL RECOMMENCEMENT

Classé dans : Servitude — inconnaissance @ 12:33

Penser le monde, en faire un objet de connaissance pour pouvoir s’y inscrire, y souscrire pour donner un sens à sa propre existence, trouver des valeurs dans le monde pour avoir de la valeur, être un adepte ou un disciple aussi louable que possible, conduit tout naturellement à se vouer à des visions globales du monde qui sont en même temps des systèmes de valeurs .(la nature ne porte pas de jugements) Ces systèmes ont un pouvoir d’attraction extraordinaire. Ils proposent des valeurs, des morales, des éthiques. Justement c’est ce dont on a besoin. Ils représentent la collectivité. Justement on veut plaire à la collectivité, on veut la rejoindre. Une vision du monde (religieuse, politique, psychologique etc) s’est substituée au monde lui-même. On n’aurait pas envie de vomir sur un joli coin de France où nous nous trouvons, mais on pourrait très bien vomir sur ce qu’un journaliste dit de ce joli coin.

Et souvent, c’est le zèle, la quête avide de façons et de moyens de faire le bien, c’est à dire d’être digne de ce système et de ses valeurs, c’est l’attention constante et extrême au monde .

Avec ces conceptions générales du monde qui sont les nôtres, le monde est toujours à construire, toujours à améliorer. Il faut bien le faire avancer, et pour cela, avoir un horizon. On travaille pour la société future. Mais ces conceptions différent et évoluent.

Les voyez-vous ces grands nigauds, convaincus de faire le bien du monde ou d’être utiles à la société, se lamenter de trouver sur leur route des gens qui n’en ont cure et pensent à autre chose. Nigauds parce qu’ils ne se rendent pas compte combien ils sont le jouet de la société et la dupe de leur propre besoin de se trouver une raison d’exister.

Mais les Français sont dévots, (ou des veaux) on le sait depuis longtemps. Peu importe qui tient les beaux et généreux discours hors sol, enflamme les foules avec de bons sentiments, les Français répondent présents en foules lobotomisées.  Il n’y a que la clientèle ou les bénéficiaires qui changent, chacun son tour. 

Mais par ces temps de cacophonie où les paroles n’ont plus ni queue ni tête, les pauvres veaux (ou dévots) ont du mal à reconnaître la voix de leur maître.

On peut cependant se demander à quoi a bien pu servir de dépenser tant d’efforts pour la promotion d’une certaine vision du monde si elle ne rapporte rien à son auteur et si elle n’a aucun succès et ne fonctionne pas . Pourquoi pas plutôt se dévouer corps et âme pour la vision d’un autre qui a du succès ?

Mais la question finit par se poser s’il faut payer un tel prix pour continuer à faire fonctionner le monde. Se rend-on compte à quel point la société a absolument besoin de nous, à quel point sans notre travail, elle s’effondrerait – et pas seulement économiquement, pas seulement politiquement – et à quel point on est peu récompensé et reconnu. .

Mais voilà, lorsque soi, son existence, sa vie, ce qu’on est devient un sujet de pensée ou de réflexion ou de méditation, c’est forcément notre culture, notre savoir ou pseudo-savoir acquis, que l’on va utiliser. Ce qui est terriblement limité et partial. C’est désespérant de ne pas pouvoir être conscient de soi sans être un courtisan de la société.

C’est de cette façon, parce qu’en étant un enjeu pour soi on part, comme si c’était l’origine de tout, de ce que nous a transmis la société, qu’on la dédouane de toute sa responsabilité. Autrement dit : Inversion de la charge de justifier notre existence : décidée et formatée par d’autres que soi mais revenant à soi.

Si on ne fait rien pour la société, si on ne participe en rien à son fonctionnement, aussi bien au niveau pratique que moral, elle ne nous donne aucune valeur. En tant que recevant notre valeur d’elle, on n’en a aucune. Mais on est innocent. Si on coopère, participe au fonctionnement de la société, on reçoit quelques miettes de valeur de sa part mais aussi des reproches constants parce que notre vision du monde ne correspond pas à la sienne 

La vie peut être ailleurs, dans l’énigme de la respiration et les hésitations de la vie. Cette musique n’est pas un produit fini, mais une naissance sans cesse recommencée. Un immense merci !

https://youtu.be/_yuTCbYzV5A?t=2

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