LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

23 juillet, 2020

TOUR DE PASSE-PASSE

Classé dans : Standardisation — inconnaissance @ 13:19

Ce n’est pas la lutte finale, pas encore – je vous dirai – mais c’est la lutte des idées. Les penseurs les plus en vue ont à coeur de défendre leurs idées sur le monde, convaincus qu’ils sont qu’il irait beaucoup mieux grâce à elles. Et les penseurs de tous poils un peu moins en vue expriment souvent leur désaccord avec elles de façon plus ou moins virulente, ou bien ils essaient de les écarter et de les ignorer. C’est la lutte des idées. Et puis il y a ceux qui n’ont pas besoin de convaincre, d’expliquer leurs propres idées puisqu’ils sont au pouvoir et qu’ils peuvent les mettre en pratique.

Si les idées ont pour raison d’être ou objectif, l’intérêt général, le bien de la population, c’est une certaine conception de l’intérêt général qu’elles promeuvent, ( le libéralisme, le proudhonisme, le marxisme, le mondialisme, l’écolo-gauchisme, le souverainisme, l’islamisme etc) Viens chez moi, j’habite chez un copain.

De toute façon, à la base, on a l’idée que l’on peut définir, fixer un intérêt général sans demander l’avis des gens concernés. Question de connaissances, de travail, disent-ils pour justifier leurs prétentions. Il en a toujours été ainsi. Raconter l’histoire, c’est raconter comment les grands hommes avec leurs grandes idées, ont façonné les sociétés et jamais comment les peuples ont pu changer le cours de l’histoire. Le peuple n’a ni cervelle ni volonté propre.

Nous sommes si pétris de reconnaissance à l’égard de tous ces guides qui nous disent ce qui est bien et ce qui est mal (très vieille histoire). Ne sont-ils pas utiles, précieux en faisant cela ? Ils nous évitent bien des peines et bien des errements; n’est-ce pas.

Vous comprendrez pourquoi ils font tout ça, et quel peut être leur rôle, au fil de l’article.

On passe sa vie , parfois, à écouter, à accueillir favorablement des discours qui nous peignent un monde meilleur. De cette façon, on a l’impression de pouvoir s’élever (meilleur) , progresser et de participer utilement à la marche du monde. (et d’en tirer des bénéfices)  Activité intellectuelle de valeur croit-on. Mais on comprend le monde en fonction de ce qui est déjà là, en soi, dont on sait peu de choses, et ce qui s’imprime en nous du dehors et restera gravé de façon à orienter ensuite notre vie, on l’ignore . Ce ne sont pas forcément les impressions fortes qui le feront.

C’est vrai que cette dépendance à des vérités générales a commencé très tôt. Le phénomène a été plus ou moins prononcé, mais on passe tous par là. .C’est une caractéristique des enfants lourde de conséquences. Ils croient que lorsqu’ils ne font pas ce que leur demandent parents ou maîtres, ou quand ils leur désobéissent, ils font le mal, et s’ils font le mal, c’est qu’ils sont mauvais eux-mêmes. (et si c’est Dieu qui leur avait demandé, alors le mal;..ils méritent l’enfer éternel) Ils confondent leurs parents avec leurs demandes, et les parents donnent, sans doute, l’impression qu’ils s’identifient à leurs demandes. Or, impossible de ne pas aimer ses parents. Ils en dépendent, lls n’auraient aucune raison d’exister s’ils n’étaient pas aimés. Et puis ces parents et maîtres avaient l’air si sûrs d’eux, ils semblaient avoir tant de foi dans leurs idées.

Porter un jugement sur l’éducation que l’on a reçue ?…Comment oser penser qu’elle n’avait pas de valeur ou qu’elle était aberrante ? , cela voudrait dire que le sens qu’on a donné à sa vie ne vaut rien, et qu’en lui donnant ce sens, on a perdu son temps. Et puis si l’éducation ne vaut rien, cela signifie que les éducateurs – leurs sentiments, leurs idées – ne valent rien. Non. ! Quel prêcheur ne s’appuie pas fortement sur quelqu’un (père ou maître ou leader ou sage ou Dieu) Fidélité, fidélité. 

Mais il y a toujours eu des réticences par rapport aux bienfaiteurs de l’humanité; ces gens-là, vraiment, je ne sais pas ce qu’il faudrait leur faire;

Eh oui, des gens qui n’ont pas envie de penser pour les autres et n’ont pas envie qu’on pense pour eux. Ils ne veulent pas parler pour les autres, et ne prétendent pas savoir dans quel monde devraient vivre les autres, et même quel désir de monde les autres devraient avoir. Et ils n’acceptent pas qu’on leur indique dans quel monde ils doivent vouloir vivre. Des sales types !

Car c’est la grande différence.Un seul. Un seul bien, une seule vérité, un seul Dieu, c’est connu. C’est ainsi depuis des millénaires. Je parle du sens, (un seul sens) pas des faits. Les faits, le réel, c’est ce qui est indépendant de la pensée des hommes, le sens, c’est le produit de la pensée des hommes. Mais pour pouvoir prétendre qu’il y a un seul bien, une seule vérité quand on parle du sens, pour nier, évacuer, ignorer le pluralisme, le relativisme, les différences, il faut imaginer l’existence de quelque chose de commun, de général, de semblable (la sacro-sainte égalité qui signifie, à un certain niveau, similitude) et ainsi affirmer que ce commun, ce général, c’est ceci, ou cela.

Nous y voilà !

Dites plaisir, travail, passé etc et vous êtes fait, c’est au plaisir en général que tout le monde connaît, au travail en général que tout le monde connait, au passé en général que tout le monde connait auxquels vous faites allusion, à une sorte de plaisir, de travail, de passé communs, et vous savez que les autres pensent que vous faites allusion à cela. La communication exige que l’on parle de la même chose. Mais vouloir communiquer c’est aussi vouloir être approuvé par les autres. Il faut souscrire aux mêmes valeurs, porter les mêmes jugements. Il faut exprimer le sens commun, l’usage commun et les jugements communs au moins fondamentalement.

Pourquoi ? Mais pourquoi ?

Parce que cela fait très longtemps qu’on a pris l’habitude de vouloir communiquer, de vivre à travers le personnage-soi de la parole, de la communication, parce que la communication est partout et s’impose à nous. Donc ce sont les lois de la communication qui régissent notre vie.

Imaginez-vous répondre à quelqu’un qui vous demande ce que vous pensez de l’immigration : ah ça, c’est personnel, c’est privé, ce que j’en pense est exclusivement réservé à mon usage personnel. J’ai à ce sujet un sentiment qui vous est étranger, et si par malheur j’essayais de vous l’expliquer, il risquerait à tous les coups de contrarier vos opinions, et je ne veux rien contrarier du tout. Car parler, sert, dans notre monde, à évoquer le commun, ( l’usage commun du mot) à contribuer au commun , à exprimer son idée du sens commun. Si celle-ci n’est pas conforme au commun établi., c’est déjà du militantisme politique en germe. Problèmes en perspective.

Et qu’est-ce que vous pensez de .. ? Oouuhh-là, mais vous n’êtes pas sérieux ce sujet est ultra-sensible, ultra-investi. Rien à déclarer !

On ne peut pas faire autrement que de continuer à faire référence à du sens commun, c’est à dire que l’on veut faire société, une certaine société.

En principe, quand il s’agit de soi, d’une façon ou d’une autre, quand on est concerné au premier chef, il faudrait que ce soit ses propres désirs, son propre point de vue, son propre ressenti, son propre cas qui soient pris en compte à travers les mots et leur sens. On ne peut pas donner carte blanche à des gens qui ne nous connaissent ni d »Eve, ni d’Adam, et qui jugent en fonction d’eux-mêmes et de leurs intérêts. Et pourtant si.

Vous voulez la liberté, taisez-vous, c’est la nôtre que vous aurez, vous voulez la justice, taisez-vous, c’est la nôtre que vous aurez, vous voulez de la culture, des connaissances, taisez-vous, ce sont les nôtres que vous aurez, vous voulez un avenir, taisez-vous, c’est le nôtre que vous aurez, vous voulez la santé, taisez-vous, c’est la nôtre que vous aurez, vous voulez la tranquillité, taisez-vous, c’est la notre que vous aurez, vous voulez du respect, taisez-vous, c’est le nôtre que vous aurez, vous voulez de la morale, taisez-vous, c’est la nôtre que vous aurez, vous voulez le bien, taisez-vous, c’est le nôtre que vous voulez, le bien de l’ordre établi qui se confond avec le bien etc ceux qui seront passés dans les têtes, dans les mentalités, parce que depuis longtemps défendus par les élites et les pouvoirs. L’un seul, l’un seul. Non, mais que croyiez-vous donc, vous n’êtes pas chez le coiffeur où vous pouvez obtenir la coupe de cheveux que vous désirez.

Vous faites part à quelqu’un d’un problème personnel, d’un désir personnel, et vous vous retrouvez, sans vous en rendre compte, avec sur les bras une idée générale convenable que vous allez devoir servir.. Vous avez oublié de désigner ce qu’il en est chez vous.

Et comme vous voulez la survie de la société qui se confond, apparemment, avec la vôtre, comme vous voulez faire partie du groupe, comme voulez que le groupe vous approuve, c’est vous, finalement qui voulez ce que l’on vous a habitué à vouloir. Non pas ma volonté, mais la vôtre.

La construction d’une société suppose que l’on se mette d’accord, que l’on trouve du commun. La standardisation ou l’homogénéisation au niveau local, puis national, et maintenant mondial. Mais la standardisation, la généralisation, le commun en veulent toujours plus. Ils sont insatiables et mettent tout en oeuvre pour être satisfaits. Alors trouver un compromis, un juste milieu ? ..? Cela suppose évidemment qu’il ne vienne pas surtout d’en haut. Mais sans un radical rééquilibrage, rien ne changera, les dirigeants auront toujours les fesses bien posées sur notre dévotion aux idées générales.

En attendant, tiens, la télévision, grande pédagogue, grand serviteur de la socialisation, grande dispensatrice des idées générales en vigueur;

Voulez-vous du psychologique, (celui du jour) du sentimental, (celui du jour) du sociologique, (celui du jour) de l’ethnologique, (celui du jour) de l’historique parfois (très revisité et orienté) en veux-tu en voilà et en voilà, et en voilà encore. C’est partout pareil. Répéter pour faire rentrer cela dans les têtes. Ah les cas où c’est du sociologique (le sort de), de l’ethnologique (à tel endroit) et de l’historique mélangés, le pied ! Ah, vous préférez peut-être le mélange psychologique, sentimental et politique, (ah oui les pauvres xxx) oui je comprends . Et toujours à fond dans le politiquement correct ou l’idéologiquement estimable ! (rien que de voir leur vocabulaire…terminé) Allez vous…;

Ils déploient tant d’efforts pour montrer que leur solution est juste, bonne, pour en faire la démonstration logique,pour partir de ce que tout le monde à peu près pense, que cela nous fait toujours un peu de peine de leur dire qu’on ne partage pas leurs goûts, leurs idées et leurs présupposés.

Le devoir de penser les mots conformément à l’usage et aux valeurs en vigueur dans une société devient un devoir de rendre ce que ces mots désignent en soi, ou pour soi, conformes à la société ou la culture et à l’ordre établi. Il faut devenir un clone, une copie, un échantillon. Plus d’intention de donner aux mots un sens personnel, fin de l’existence personnelle.

Pourtant, il n’y a pas de savoir valable pour ce qui est neuf ou singulier. Le savoir est le résultat d’un enseignement et d’une mémorisation. C’est fossile. Parfait pour tout ce qui est figé. On n’a pas besoin, dans son for intérieur, en conscience, de se dire que l’on est un homme. Si on utilise ce mot, il faut le faire conformément à ce qui est toléré. Si on est humaniste convaincu, il faut tâcher d’être conforme à ce sens. On n’a pas besoin de communiquer ce que l’on ressent et ce que l’on comprend en face d’une oeuvre d’art, d’une personne, d’un enfant. On n’a pas besoin, pour réagir, de dialoguer avec une culture, une collectivité, un ordre établi. 

C’est cela que l’on veut sauver ? Cela, le rouleau-compresseur qui écrase la diversité et la liberté individuelle ? Moi non ! Au contraire. Et je n’ai aucune sympathie pour les employés zélés du rouleau-compresseur, et surtout n’essayez pas de me demander de faire quelque chose pour lui.

Quitter la ville, ce n’est pas seulement se rapprocher de la nature, c’est aussi et surtout diviser par 5, 10 le nombre de devoirs à l’égard de la société.

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...