LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

30 avril, 2015

VOUS ÊTES MAL, TRES MAL

Classé dans : Superstition — inconnaissance @ 13:34

Si vous passez votre temps à vous demander ce que vous avez loupé, à vous demander si ce que vous avez fait ou dit est bien, vous êtes mal, très mal. Si vous passez votre temps à essayer de savoir ce qui serait bien que vous ne faites pas, vous êtes mal, très mal. Si vous passez votre temps à dialoguer intérieurement avec des idées du bien, à rendre des comptes à votre conscience, à témoigner devant les autres de vos bonnes intentions, de vos bons sentiments, vous êtes mal, très mal. Si vous avez besoin d’écouter des bonimenteurs à la radio, à la télévision, sur des estrades, vous êtes mal, très mal. Si vous avez souvent des remords parce que votre conscience vous tourmente, ou si avez ou avez eu un peu honte, parce que l’opinion des autres est contre vous, vous êtes mal, très mal. Même quand, pour vivre en société, vous acceptez consciemment, librement, de respecter certains codes, et que vous manquez à ces codes, cela ne provoque pas en vous ce malaise pour la bonne raison que vous n’accordez aucune espèce de valeur à ces codes. Si vous vous sentez obligé par les sentiments que l’on vous porte, si vous vous sentez obligé de coller à l’image que l’on a de vous ou qu’on attend de vous, vous êtes mal, très mal. Si vous vous sentez concerné et coupable de ne pas agir dès que quelqu’un se plaint, vous êtes mal très mal. (beaucoup de Français sont comme cela, semble-t-il, et beaucoup de gens savent se plaindre) Si vous vous sentez coupable dès que quelqu’un vous reproche quelque chose sur une base plus ou moins morale, vous êtes mal, très mal. Si vous vous êtes construit sur la base de ce qui ne fait pas de peine aux autres, de ce qui fait plaisir aux autres, vous êtes mal très mal, parce que certains (et certaines) n’ont pas fini de vous mener par le bout du nez.

Mal, parce que jamais tranquille. Le jugement et la provocation fonctionnent très bien.

Et, laissez-moi devinez : vous attendez de vos idées du bien, de vos efforts que les choses s’améliorent pour vous, vous espérez, vous croyez……

Savez-vous à quel genre de devoirs vous voulez obéir. Quel genre de satisfaction vous avez, quel est votre état d’esprit ou d’âme quand vous les remplissez. Car cela correspond à la nature de votre moi. Si ce sont des sentiments, une émotion qui sont votre objectif, vous aurez un moi sentimental, émotionnel.

Les idées, les valeurs, les idéaux qu’il faut respecter et que nos pensées véhiculent ne sont pas tombés du ciel. Comme nous l’avons dit, il y a quelqu’un derrière. Des gens les ont apportés. Et ce ne sont pas n’importe quels gens. Ils reflètent l’époque, la société, le milieu où nous avons été élevés. Ces gens étaient des concepts qui avaient le sens qu’ils avaient. Tout dépend des concepts du sujet. Si vous avez été habitué à penser que cette personne de sexe féminin, est votre sœur, c’est votre sœur ; si vous avez été habitué à penser que c’est votre femme, c’est votre femme. Si vous avez été habitué à penser que telle personne représente le bien ou la vérité, c’est le bien ou la vérité. Rien de mystérieux ou de transcendant là-dedans. Si vous avez conservé pour les auteurs de votre façon de penser la même estime, le même amour qu’autrefois, si vous avez conservé ces concepts tels qu’ils fonctionnaient à l’époque, vous êtes mal, très mal.

Nos pensées n’ont pas d’autre but que de faire fonctionner le moi (virtuel) que nous nous sommes construits.

Si pour vous les mots sont naturellement gravés plutôt qu’évoqués, suggérés, vous êtes mal, très mal, parce que ceux de vos pensées, ceux des paroles des autres resteront gravés. Et n’importe lesquels, dans n’importe quelles circonstances, aussi irrationnels soient-ils produiront cet effet et feront sentir leur pouvoir. Que l’on mette sur un portique, isolé au milieu d’un champ, « il est interdit de franchir ce portique « , on ne le fera pas – si on le fait – sans appréhension. Ce n’est pas l’action qui montre son caractère répréhensible, c’est la défense inscrite qui produit son effet. Mais que de nombreuses personnes commettent devant nous un acte répréhensible qui nous fait envie, il y a de grandes chances que l’on se joigne à elles. .

Si on fait tout cela, si on est comme cela, c’est que l’on veut entrer dans un moule, correspondre à un certain type d’homme, être fidèle à une certaine idée du bien que l’on croit juste parce qu’elle est partagée, répandue. Comme si c’était possible. Comme si on décidait de sa vie, comme si ce type avait quelque chance d’exister, comme si on pouvait rendre corporel ce qui est à jamais incorporel : ces belles images sorties de notre imagination.

Le langage est une machine à dénaturer le monde. Sinon, nous serions tous de grands scientifiques. Chaque chose est transformée par lui en élément abstrait. Un mur est quelque chose de haut, il a une couleur, il a une surface, il est propre ou sale etc Montrez-moi la saleté, la propreté, la hauteur. Le mental se fait une représentation (composition à partir de souvenirs) de ces généralités abstraites . Elles ne se trouvent nulle part. . Avec les réalités sensibles, une certaine action pratique ou une certaine expérimentation sont possibles. Mais le langage est aussi une machine à inventer des choses qui n’existent pas. L’esprit par exemple. Aucune expérimentation n’est possible. Pourquoi n’a-t-on jamais mesuré la générosité de quelqu’un de façon scientifique ? Parce que l’on serait bien en peine de trouver ce truc qu’on appelle générosité pour faire des expériences dessus. Non, c’est juste un usage et des comportements standards sur lesquels on plaque une image..

Ce qui paraît le plus sublime, ce à quoi l’esprit accorde le plus de prix (qualités – émotion mentale) est le résultat, après bien des siècles, d’un conditionnement. A tous les coups, c’est différent dans des civilisations très différentes.

Bref, c’est mettre la charrue avant les bœufs de prendre l’habitude de faire procéder les choses des catégories dans lesquelles on les met. Il faut d’abord que ces choses exitent pour que l’on songe à les classer. Et ce n’est qu’une opération mentale.

Comment peut-on dire que l’on n’est pas croyant, pas superstitieux, alors que l’on croit en l’existence d’innombrables entités spirituelles aussi chimériques que Dieu ? Il y a autant de crédulité, autant de naïveté, autant d’intolérance, autant de fanatisme, autant de zèle ou de dévouement, autant d’espoir irrationnel associés à l’existence, et au pouvoir de ces entités qu’à l’existence et au pouvoir de Dieu. La seule petite différence, c’est que ces entités sans Dieu paraissent travailler chacune pour leur propre compte, tandis que Dieu était censé centraliser et représenter toutes les qualités possibles et imaginables. On a évacué Dieu, mais on a conservé son attirail, son cortège,. C’est un char de carnaval avec personne dessus.

carnav

Notre Père qui es aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne vienne, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel….Que du vent !…Dieu le Père, cieux, saint, règne, volonté…des histoires. Mais on pourrait prendre n’importe quel discours moral ou psychologisant ou sociologisant. Cela ne sert à rien de faire allusion à des choses – ce que les mots sont censés désigner – qui n’existent que dans notre imagination, et surtout, surtout, cela ne sert à rien d’y faire allusion puisqu’elles ne donneront jamais lieu à un véritable accord – il n’y a pas de référent commun – sauf à se rassembler, comme un vil troupeau bêlant, autour de purs signifiants ou autour d’objets façonnés. Si ! Cela sert, dans un sens : il est bien évident que tout cela, ce sont des coutumes, des convenances, des traditions ou, au mieux, un pacte consciemment consenti. Mais comme les pouvoirs ne veulent pas consulter les populations, soit ils essaient de façonner ces coutumes, soit ils essaient de les faire passer pour la vérité (meilleur exemple : une théocratie)

Si on comprend qu’il n’existe absolument rien, quand on est dans ces domaines, entre les propos d’un autre et nos pensées, nous verrons que tous les problèmes cités plus haut s’évanouissent. Alors faisons le chemin inverse : à quel genre de personnes voulez-vous surtout faire plaisir ou éviter la peine ? De quel genre de personnes craignez-vous le plus les reproches ? De quel genre de personnes êtes-vous le plus sensible aux plaintes ? De quel genre de personnes les sentiments ont-ils le plus d’effet ? De quel genre de personnes les attentes son-elles les plus puissantes ?  

Sommes-nous sur terre pour essayer de donner corps à des abstractions qui n’en auront jamais puisqu’elles n’existent que dans notre imagination et que c’est parce qu’elles sont des créations de l’imagination que l’effort pour s’en rapprocher existe  ? Sommes-nous sur terre pour courir toute notre vie après des chimères ? Sommes-nous sur terre pour contraindre dès que possible les autres à donner corps à nos abstractions ? C’est passer son temps à faire son examen de conscience, c’est passer son temps à se sentir coupable, c’est passer son temps à se défendre et à essayer de témoigner, c’est passer son temps à se creuser la tête, c’est passer son temps à emmerder le monde.

A partir du moment où on est concerné par une chose, où on est le destinataire – et c’est le cas avec tous ces mots creux, ces concepts humains abstraits, mais aussi avec des entreprises parait-il bien intentionnées – on est la preuve qu’il faut pour les juger. La preuve vivante. Suffisante. Il n’y a aucune raison, si on est le destinataire, de vouloir savoir si ces choses satisfont une idéologie, un système ou une cause quelconque. Pour cela, une dissertation suffit. Sinon, notre propre expérience suffit. Peut-être trouverons-nous toujours du plaisir, une certaine satisfaction en servant une cause qui n’est pas la nôtre. Mais il y a lieu de se demander de quelle nature est ce plaisir ou cette satisfaction. Est-ce du narcissisme ? Est-ce un plaisir purement imaginaire ? Est-ce une satisfaction sans partage ? Est-ce que nous avons besoin de nous cacher notre plaisir pour l’éprouver ?. Ce serait assez vicieux tout cela. Ou bien une raison qui nous ferait renoncer à notre intérêt, notre plaisir, dans le but de servir une bonne cause mais qui finalement ne serait efficiente que parce que notre intérêt serait prévu au bout de la route est assez vicieuse. Non ?

Alors il faut laisser les gens tranquilles ou exiger qu’on nous laisse tranquilles en ce sens que l’on ne peut mettre en demeure quelqu’un de reconnaître le bien qu’un mot, qu’un concept, qu’une idée répandus quelconques sont censés lui faire. En tant que destinataire, je vois, je sais, et je n’ai pas de comptes à rendre. Comment pouvez-vous croire que des formes morales qui ont fait la preuve de leur inefficacité chez vous (du fait de ce que nous avons expliqué plus haut) vont fonctionner chez les autres ? Seul le moi (ego-satisfaction) fonctionne dans ce cas-là. Comme lorsqu’il fait le bien selon sa philosophie du bien.

Jugement…a priori c’est normal. Mais cela suppose que l’on détienne la vérité -une vérité – et une vérité générale ;…a priori…on a le droit. Mais cela suppose que les autres sont d’accord puisqu’on parle au nom de tout le monde….que répondre à celui qui parle différemment au nom de tout le monde et porte des jugements différents ? Tant que l’on n’aura pas demandé à tout le monde, on peut bavarder à l’infini.

On voit bien, toute cette mascarade est la conséquence d’une projection à grande échelle d’une vision du bien. Maladie genre christique ou autre. La compassion ou la pitié reposent sur l’identification. L’autre est comme moi. Mais ce n’est pas parce qu’autrui existe, et qu’il me ressemble, que je peux lui attribuer les mêmes pensées, les mêmes désirs, les mêmes sentiments, les mêmes aspirations, que moi. C’est comme si l’univers ou le monde créé par notre mental, monde régi de façon harmonieuse et imparable par nos valeurs, nos idéaux, nos idées du bien, faisait la loi chez tous les autres. .Si vous pensez que vous avez le même pouvoir dans le monde que dans votre univers mental ! . Veut-on ou croit-on que les autres rejoignent nos sentiments pour nos abstractions ? Même la souffrance due à des causes objectives ne seront pas vécues de la même façon par eux que par moi. Mais si le rôle que j’occupe dans ma vision du monde est masochiste, expiatoire, sacrificielle, on peut prévoir le résultat. .

Cette société est basée sur la comparaison, la convoitise, la jalousie. Cela veut simplement dire que si nous désirons une chose, c’est parce que nous avons épousé le jugement de la société sur cette chose, pas parce que nous savons que c’est ce qui nous ferait personnellement plaisir. Ce qui désire, c’est l’idée que l’on nous a inculquée, c’est le jugement des autres. .Ou inversement, ce qui déteste…etc.

Ou alors, on est fidèle à ce qu’on est, on suit sa propre voie, on accomplit son propre destin, on fait ce qui nous satisfait personnellement, on ne consulte que soi, sans s’occuper de savoir si on va correspondre à je ne sais quelle philosophie, sagesse, religion, si on obéit à je ne sais quel guide, si cela fait plaisir aux autres, si on correspond à je ne sais quelle vertu. Quand il ne s’agit que de soi, il n’y a aucune justification à fournir, aucun compte à rendre. Il est vain de refuser sa propre nature singulière et ses déterminismes.

 

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