LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

26 janvier, 2018

LES PRECIEUX RIDICULES

Classé dans : Transcendance — inconnaissance @ 14:15

Se tenir debout, c’est ne pas demander la permission à un ordre établi quelconque, ne pas s’appuyer sur des pensées convenues quelconques, pour exister ou vivre . Si on le fait, on leur accorde de l’importance. Qui leur accorde de l’importance ? Pourquoi ?

La pensée veut toujours imposer sa loi – elle est la loi, une manifestation de la loi – elle veut que ce qui se passe en soi soit conforme à sa volonté – elle est une volonté (voir article : « Pas ici, pas maintenant » ) Et même, si des pensées apparaissent, c’est pour critiquer ce qui se passe en soi.

La pensée juge La pensée ne naît pas ex nihilo, elle est au service d’un système, elle est l’expression d’un système, d’une vision, d’une philosophie. Elle est la projection sur un écran intérieur, de ce qu’il y a en arrière-plan.

On a donc toujours d’un côté des phénomènes inattendus, inexpliqués, intempestifs (la vie, l’instant) , et de l’autre côté un système préétabli issu de l’éducation, de la société. C’est ainsi. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe quand une structure sociale organisée et installée se trouve en présence de l’imprévisible incarné par un individu .

L’histoire tout entière montre qu’il faut à tout prix préserver, sauver les pierres, les institutions, les lois, les fonctions, les symboles, la « cheffitude » au détriment des individus ou au prix de leur sacrifice. Cela signifie : tout faire pour sauver certaines pensées. Des pensées qui, quelque temps plus tard, seront désuètes. Et le sacrifice pour admirable, émouvant qu’il ait été – humainement parlant – était aussi ridicule. C’est pareil en soi. Ce qui nous contraint un jour n’est plus valable un autre jour.

Donc, il ne faut pas croire, ou il faut remarquer que ce n’est pas la satisfaction de nos désirs personnels, ce n’est pas l’amour personnel que l’on peut éprouver pour quelqu’un ou quelque chose, ce n’est pas notre recherche personnelle qui sont à l’origine des pensées qui nous poursuivent ou nous tracassent, ce sont les devoirs qu’il faut remplir, les normes qu’il faut respecter, les conditions qu’il faut réaliser, les objectifs qu’il faut atteindre , le personnage qu’il faut incarner, l’image qu’il faut montrer , les situations sociales, sentimentales, professionnelles que la société préconisent fortement qui en sont la cause.. C’est d’eux que sont issus les jugements Ils dépendront de notre souci d’être comme il faut et du nombre et du pouvoir des pensées. Le péché originel n’est pas dans l’homme, il est dans la société qui ment à tour de bras en se déclarant transcendante.

cite

Il y a longtemps de cela, la société n’existait pas pour nous. Incroyable ! Ce qui était suggéré, sous-entendu, ce qui servait de justification, d’alibi, de prétexte, quand on nous expliquait ce qu’il fallait faire ou être pour être un bon petit garçon ou une bonne petite fille, c’était l’intérêt des autres, l’utilité sociale. C’était donc d’abord des règles de vie puis des qualités morales, puis des causes locales puis des causes plus grandes ; Mais toujours il fallait apporter sa pierre à je ne sais quel édifice.

Quelle impression nous donne, quel souvenir nous laisse notre rapport à la société. Il est toujours question de nous instrumentaliser c’est à dire d’agir sur notre conscience pour nous faire faire ce qui est attendu. Et on nous instrumentalise en nous culpabilisant..

On retrouve toujours les 5 éléments suivants :

1 il y a un sérieux problème au niveau global

2 on ne nous accuse pas tout de suite d’être la cause de ce problème.

3 on doit cependant être impacté par ce problème et nous sentir concerné car nous nous soucions de l’avenir ou du bien de la société ou du groupe

4 on devrait se mobiliser pour dénoncer ce problème et réclamer qu’il soit résolu

5 on est invité à militer ou agir avec ceux qui veulent résoudre ce problème 

Explication : le militantisme à l’intérieur d’un groupe qui défend une solution dédouane les vrais responsables du problème. L’instrumentalisé déjà subjectif (3 et 4) et son engagement (parti-pris) tournent à la compromission. D’autant que souvent, le groupe est téléguidé par les responsables du problème. Exemple FC : « le bac ne peut plus définir un profil d’élève, il faut le réformer. » (et alors ? ! ?) Ou bien  » Où en sommes-nous avec la solidarité ? »  Non, mais on croit rêver, pour qui se prennent-ils ?

Donc on ne va pas cesser de vous demander de vous dévouer pour la cause de certaines questions sociales, morales comme si vous en étiez responsables et comme si vous n’aviez pas déjà assez à faire avec les problèmes qu’elles vous posent à vous..

C’était exactement pareil au début avec les règles de vie, les qualités morales. Nous, on n’avait pas de problème, les autres, si. (pauvreté, injustice, peine prise, disputes, catastrophes, inégalités, chagrin etc) Elles étaient destinées à résoudre ces problèmes dont on n’était en rien responsable. Elles ne devaient pas encore servir à résoudre des problèmes qu’on avait pas, mais ceux des autres. Les suivre, c’était montrer qu’on se sentait concerné et qu’on se joignait à ceux qui essayaient de résoudre le problème. Les règles ou les qualités se présentaient comme une sorte de panacée.

Chacun s’accordera pour dire que la société n’est pas Dieu, elle n’est pas parfaite comme est censé l’être Dieu, ses commandements ne sont pas immuables comme ceux de Dieu, elle n’est pas éternelle comme Dieu, elle n’est pas omnipotente comme est censé l’être Dieu etc Mais tout se passe pourtant, assez souvent, comme s’il n’était ni possible ni autorisée d’aller contre sa volonté, comme si lui désobéir signifiait automatiquement faire le mal, comme si tout ce qu’on fait pour la société, conformément à sa volonté était bien, éthique.

Qu’y-a-t-il de plus ridicule que de vouloir penser l’homme et son histoire de façon abstraite c’est à dire de prétendre transcender sa propre personnalité, sa propre nature, son propre conditionnement socioculturel, sa propre sensualité et sensibilité, sa propre singularité ;  pour pouvoir parler au nom de tous, indépendamment du lieu, de l’époque et de soi ? Qu’y-t-il de plus comique que de vouloir penser ses congénères, et prendre des poses, en faisant abstraction de soi ? Que serait donc ce penseur incorporel ou abstrait  ?

Achetez ma transcendance..La mienne est meilleure que celle du voisin.

On ne peut dire d’aucune notion qu’elle est transcendante Rien, ni l’autorité, ni l’humanité, ni l’égalité, ni la culture, ni la fraternité, ni l’ordre, ni l’âme, ni la pensée, ni Dieu, ni le progrès, ni la conscience, ni la vie, ni le bien ni l’amour rien de rien parce que ce ne sont que des idées. Le sens de tout cela est relatif à certains individus, à certaines cultures, à certains systèmes de pensée passagers. On réagit , on est sensible à tout. Si c’est à une personne, ou à quelque chose que nos sens perçoivent, la réaction est fondée sur nos sens, si c’est à une création de l’esprit, tout se passe dans le mental. Dans notre mental. C’est propre à notre mental. C’est ce que nous avons imaginé quand on nous a parlé d’autorité, d’humanité, d’égalité, de culture, de fraternité, d’amour etc C’est un tort de croire que ce n’est pas purement interne à soi.

Les propos qui suivent sur la vie, je pourrais les tenir pour toutes les autres notions en adaptant simplement la grammaire : dire que je suis en vie, pourquoi dirais-je cela ? Je le dis en raison de tout j’ai appris sur la vie : sensations, mouvements, désirs, pensées ainsi nommés par la culture. La vie en question, c’est celle que définit la culture. Mais sans cela ? Lorsque je dors profondément, probablement que je suis en vie mais je ne sais pas si je suis en vie.. Dire que j’éduque, pourquoi dirais-je cela ? Je le dis en raison etc

Qu’y-t-il de plus ridicule que de se saisir d’un mot ou d’un concept généraux en pensant tenir là quelque chose de transcendant et d’intemporel ? « comment mieux s’emparer de la question de l’apprentissage du vocabulaire ? C’est un sujet central pour l’éducation, à l’école, depuis la maternelle, « l’école du langage » s’inquiète FC Apprentissage, éducation, langage, de quoi ces mots sont-ils le nom ? Mystère. En revanche, on raconte des choses diverses et variées à leur sujet. Ce que l’on raconte est fonction de celui qui parle, de sa situation, de sa culture, fonction du moment et du lieu. Donc c’est relatif et subjectif.

Ce n’est pas parce que vous utilisez des généralités que vous devenez, ipso facto, généraux. Ce n’est pas parce que j‘utilise des notions générales comme amour, égalité, éducation etc que je deviens, ipso facto, un connaisseur de l’amour, de l’égalité ou de l’éducation en général, oud’un amour, d’une égalité ou d’une éducation au-dessus des hommes ou indépendants des hommes ou d’un amour, d’une égalité ou d’une éducation communs que chacun reconnaîtrait en lui. Je ne fais que parler que pour moi. Reste à démontrer que mon point de vue donnerait de meilleurs résultats qu’un autre point de vue. Si je ne fais que parler pour moi, pourquoi est-ce que je m’adresse à vous ? Qu’est-ce que je vous veux ?

Autrement dit ces mots n’ont pas un sens autonome ou un sens qui dépendrait des choses qu’ils désignent, ils ont seulement , à chaque fois, le sens que leur donne la phrase où ils se trouvent, et ce sens change avec chaque phrase. Cela dépend de l’époque du lieu, du locuteur. De même, cela va ensemble, c’est indissociable du sens, ces mots n’ont pas une valeur intrinsèque ou intangible, ils ont seulement la valeur que leur donne la phrase dans laquelle on les trouve. Et cela dépend du lieu, de l’époque, du locuteur. L’importance ou la valeur de la famille, du statut social, des vertus, dépend des phrases dans lesquelles on les trouve, ces phrases étant l’histoire qu’une culture, que des gens se racontent. Parce que si vous prenez chacun de ces mots, isolément, et si vous essayez de trouver sur quoi repose leur sens ou leur valeur sans vous servir de ce qui s’en dit, vous serez bien ennuyé.

Où est donc cet ordre immuable et intangible que la pensée prétend pouvoir imposer ? Tel sentiment ? Telle valeur morale ? Tel caractère intrinsèque de l’être humain ?

On accepte d’admettre que les mots apprentissage, éducation, langage ont une histoire mais on peine à admettre la diversité du sens de ces mots. On veut encore faire croire qu’il y a un sens qui est vrai (vrai par rapport à quoi ? A quoi ? A QUOI ? ) et que tout le monde doit s’y soumettre. Ce sens institué ne peut s’appliquer, convenir qu’à quelqu’un qui n’existe pas, pas à une seule vraie personne.

C’est ridicule de croire que tout cela existe indépendamment de soi ou est séparé de soi si peu que ce soit et qu’on a des comptes à rendre. L’éducation des enfants consiste pourtant à se mettre au service de tout cela -comme si tout cela était sacré – et de soumettre les enfants à tout cela. Et si les éducateurs sont assez aliénés à leur système, s’ils sont possédés par lui, ils frappent leurs enfants quand ceux-ci le remettent en cause par leur comportement.

Ce monde de pensées contraignantes, à chaque fois, je me le fais tout seul en quelque sorte – c’est à moi que je rends des comptes, je m’auto-flagelle, c’est moi qui me tourmente moi-même, c’est une sorte de structure mentale qui s’est installée – sauf que ma volonté n’y est pour rien. Cela fait intégralement partie de ce que nous avons appris à croire depuis des siècles. On est seulement entraîné ou influencé par la façon dont parlent les autres, par les pièges du langage. On souscrit, on épouse pour être un gentil camarade. Qu’avons-nous à faire de ce que des gens ont recueilli comme propos au sujet de ces notions et qu’ils répètent ?

Vous n’en avez pas marre que les précieux ridicules vous fassent la leçon et vous culpabilisent avec du vent ? Ils vous mettent en lieu et place d’eux-mêmes quand ils se tourmentent. Ils se soulagent sur vous. Ou pire s’ils sont cyniques et manipulateurs.

Une seule raison fait parler ceux qui voudraient que tous ces mots désignent quelque chose de transcendant : ils veulent imposer à tous leur sens à eux pour instaurer la société qui va avec. Ils veulent vous culpabiliser de ne pas participer à l’instauration de LEUR société. ou de leur monde.

La pensée qui juge, la pensée qui exige des comptes, la pensée qui voudrait que les choses soient autrement, soient conformes à son système passe pour indépendante de soi, pour autre que soi. C’est un tour de magie ! Les Gaulois qui croyaient que le ciel pouvait leur tomber sur la tête étaient moins fous. Des météores, la foudre, la grêle pouvaient effectivement leur tomber sur la tête ; un arbre, un morceau de satellite, peuvent effectivement nous tomber sur la tête, une voiture peut nous heurter et nous tuer, mais jamais rien de ce que nous avons cité au-dessus ne nous tombera sur la tête. Pas de choc à craindre, tout cela est déjà à l’intérieur de nous.

Vous êtes loin, très loin. Le monde et les bruits glissent sur vous tellement ils sont différents du lieu, de l’univers où vous êtes. Vous êtes seul là où vous êtes. Vous êtes dans un état indéfinissable. Vous avez comme quitté la terre. Vous êtes inaccessible là où vous êtes, la distance est immense pour vous atteindre…et soudain, vous entendez cela, https://youtu.be/f8i8j4t-UEw?t=6

ou cela : https://youtu.be/4AWbB3vMc5E?t=1580

et cela, à la vitesse de l’éclair, vous atteint en plein cœur.. Vous êtes chez vous.

 

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