LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

31 mars, 2015

FAIRE SOCIETE

Classé dans : vampire — inconnaissance @ 11:46

Le vampirisme se porte bien.

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Etre libre du moi c’est être libre du Bien, (comparer l’effet dans la conscience d’une idée de soi et l’effet dans la conscience d’une idée du bien) car le moi est l’enfant du Bien. Le bien est une notion sur laquelle on peut disserter des années, mais c’est d’abord un sentiment. C’est répondre à la volonté de la socioculture. On a vu, en effet, que c’était le verbe, et seulement lui, qui introduisait, exprimait la volonté (ce qu’il faut, la direction à suivre etc impliqué par le sens) Pas de pensée, pas de sentiment du bien.

Tout ce qu’on a pu emmagasiner, tout ce qu’on nous a appris, tout ce qu’on nous a raconté, depuis que nous sommes sur terre, et qui repose sur la foi, la confiance, la croyance, a vocation à exprimer une volonté, à définir ce qu’il faut faire, dire, être, pour être bien. Ce n’est pas difficile de prendre conscience que pour avoir le sentiment d’être dans le bien, de faire le bien, d’être bien, il faut avoir connaissance de ce que le collectif, la société désirent. Si le collectif est absent, l’idée du Bien aussi. (la volonté ne doit pas être personnelle et arbitraire) Le collectif, le groupe, la société, c’est notre référent en matière de morale. La dépendance au bien mesure notre identification au moi en même temps, vous le remarquerez, que notre dépendance à l’opinion des autres puisque tout cela, c’est la même chose.

L’Eglise catholique disait imprudemment, au temps où son influence était plus sensible : « hors de l’Eglise, point de salut ». (D’autres religions pensent la même chose) Cela ne voulait pas simplement dire qu’elle détenait la Vérité, cela voulait dire qu’il faut en faire partie et lui être fidèle pour être dans le Bien.

Rien de plus absurde que de dire : le verbe …a habité parmi nous. Le verbe, c’est la société, c’est nous. (notre société a habité parmi nous ! ! ! )

Rien de neuf, la vertu, les qualités morales ont comme vocation, comme but, de faire le bonheur de la société, de la collectivité, pas le sien propre, ni même celui d’un individu en particulier.

- Tu sors ?

- Oui,

- Tu es en règle ? Tu es habillé comme il faut, tu sais ce qu’il faut faire dehors, ce qu’il faut répondre ?

- Heu, je crois

Donc, rien de métaphysique, de mystérieux, de transcendant, de sublime, de rationnel dans le Bien, c’est juste une affaire de conditionnement socioculturel (imprégnation, exemple et culture), juste le résultat d’un discours général, ambiant. Juste le fruit du verbe. Juste le résultat d’une adhésion. Ainsi que le notait justement Etienne KLEIN : il n’y a pas de réponse aux questions éthiques. Il n’y a pas de vérité établie, de ce genre de vérité définitive, indiscutable. Par exemple, l’avortement. On s’est simplement mis d’accord sur une date limite en France.

Si la valeur (autre façon d’appeler le bien) est hors de nous, si c’est dans la socioculture qu’elle se trouve, il faut partir à sa recherche. C’est la recherche. Car enfin, où cherchez vous ? Au fond du ciel ? Vous vous prenez pour un prophète ? Au fond du fond de votre conscience ? Non. Dans la socioculture (les livres, les groupes, les gourous, les autres etc) Le caractère généralisant, commun, des mots fait que parler, c’est faire de la politique au sens large. (d’ailleurs, en ce moment, parler, ça craint)

La recherche est la conséquence de la comparaison : conception ou idée du bien/ soi. Car le bien ne concerne pas les choses, les animaux, mais les hommes. Soi devenant une autre idée comparable. Soi devenant une idée. (se penser) Peu importe laquelle. Soi (le moi) n’existe alors qu’en se comparant. D’où le dialogue intérieur incessant, le défilé continu d’idées du bien, c’est à dire de ce qui a de la valeur pour les autres, pour la société. Le dialogue moi/esprit du bien étant installé, le moi étant lié, inspiré par cet esprit du bien, il pense avoir été créé exprès, intentionnellement, avoir une mission personnelle.

Vouloir être quelque chose d’autre que ce qu’on croit être.

Et au cas où vous auriez trouvé le moyen de mettre à l’écart une partie de ce conditionnement, les autres, dans les échanges, se chargent de vous remettre sur le droit chemin, car ils ne pensent, ne parlent n’évoquent que ces valeurs collectives, ces repères convenus (nouvelle formule : ils font société.

Reprenons FOSTER : « le problème n’est pas que vous n’êtes pas éveillé (ou autre chose ndr) , le problème, c’est que survient la croyance j’ai besoin d’être éveillé (ou autre chose ndr) «  le seul problème, c’est la naissance de ce je dont la nature est : besoin d’être ceci ou cela. Le problème est le je si le je est un problème. En est-il un ?

A l’évidence, ce qui fait le fond de tous nos propos, de toutes nos pensées, ce n’est pas un fait, une vérité éprouvée, c’est un sentiment, un jugement, une conviction. C’est cela qui nous anime. Le sentiment qui nous anime, c’est la victoire de ce qu’on nous a raconté, fait croire. Toutes ces pensées du bien sont des histoires, et le moi créé pour se comparer est aussi une histoire. Si c’est une histoire, ce n’est pas un problème. Vouloir être quelque chose d’autre que ce qu’on croit être ? Mais ce qu’on croit être n’est pas qui on est. Alors ?

Pour que la notion de péché ait un sens, pour que l’on puisse voir dans les hommes des pécheurs, il faut inventer Dieu, en faire un être supérieur transcendant.. Pour que la notion de citoyenneté ait un sens, il faut inventer la cité, la société, en faire quelque chose de supérieur et de transcendant. Pour que la notion d’Homme ait un sens, il faut inventer une humanité en marche etc Pas de Dieu, pas de pécheur. Pas de cité, pas de citoyen. Si je dis que je suis en dehors de la société, je vais passer pour un asocial. C’est clair. Si je dis que je suis en dehors de votre conception de la société, je passerai pour quoi ? Pour un asocial si vous êtes une autorité reconnue en la matière (enfin un impie si cette autorité est religieuse. Sus à l’impie hi hi) . Quoique les autorités reconnues en la matière ont pris un peu de plomb dans l’aile.

Etes-vous un pécheur ? (un pauvre pécheur maintenant et à l’heure) Si oui, vous croyez en Dieu. Sinon, en quoi croyez-vous qui vous fait penser que vous êtes ceci ou cela ?

- Bla bla bla

-Que me voulez-vous ?

- Bla bla bla

- Que ME voulez-vous, moi ?

- Vous utiliser, vous exploiter

- Ah, enfin une parole vraie !

C’est la société vampire. Ce qui est mort a besoin de voler la vie de ceux qui sont vivants. C’est la fonction même de la foi, du sentiment, de la conviction de porter chacun à donner sa vie. En effet, considérez bien toutes ces choses qui n’existent que parce qu’on les imagine, toutes ces choses abstraites, générales, tout ce que les mots nous obligent à inventer, à fantasmer, (le je, le libre-arbitre, tous les attributs) On ne les rencontrera jamais. Considérez toutes ces inventions morales, psychologiques, sociétales, politiques. Toutes ces inventions culturelles. Eh bien aucune d’elles n’a d’existence, car aucune n’est capable de réalité corporelle.

Les objets de pensée – la chose, la personne, l’événement, la situation dans la pensée – n’existent que dans l’esprit en tant que tels. Si une réalité sensible existe qui ait un rapport avec ce à quoi on pense, elle sera, de toutes les façons, différente. Différente dans sa nature (ce n’est pas une image mentale), différente dans ses caractéristiques : ses caractéristiques ne concernent pas l’objet de pensée. (l’eau bout à 100 ° ou désaltère, mais l’eau objet de pensée ne fait rien de tout ça)

Mais s’il n’existe pas de réalité sensible correspondant à un objet de pensée, alors là, on est dans l’imaginaire pur. (vous savez, toutes ces choses dont il est permis de critiquer la façon dont on en parle, mais jamais de dire qu’elles n’existent pas) On peut en dire n’importe quoi puisque cela ne s’incarne pas. Si cela ne s’incarne pas, cela ne peut que rester imaginaire. Jusqu’à la saint glin-glin, jusqu’à ce que le soleil cesse de briller et de chauffer la terre, on peut rêver de l’incarner, en vain. Un objet de pensée ne peut pas avoir de corps. Tout ce que l’on peut faire, c’est copier des comportements ou des images vus ici ou là. Faire société par notre comportement. C’est tout. (l’est aimable, et ben habillé en plus ! )

Dans le premier cas, l’objet de pensée doit être mis en doute, dans le second c’est un non-événement, une folie. Donc un moi sans corps (objet de pensée) veut correspondre à l’objet de pensée sans corps de nos belles abstractions morales, psychologiques, sociales. Moi sans corps qui ne s’incarnera jamais.

Jésus avait tort de faire des reproches aux pharisiens du genre : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent «  rien d’autre nest possible.

Ces belles et creuses abstractions, valeurs, idées du bien sont des sortes de fantômes. Elles ne peuvent vivre que si vous leur offrez votre force vitale, que si vous essayez de les incarner. Et seulement à cette condition. Vous serez, par votre existence, la seule et unique apparence de leur existence. Et c’est à cette seule condition qu’elles pourront agir sur les autres, se transmettre aux autres (le vampire s’en prend, de préférence, à des jeunes femmes pour les promesses de vies qu’elles supposent, ses victimes sont vulnérables et ensommeillées – preuve que la lucidité lui pose un problème -, il les rend pareilles à lui)

L’éducation est une entreprise profondément anémiante. Il s’agit d’ôter la force vitale des enfants.

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Un exemple parmi des milliers : un mot est constamment employé dans certains milieux peu recommandables : le mot responsable. Avant, il s’agit se se demander comment agir en étant responsable, après, monsieur Responsable vient dire : vous n’avez pas agi de façon responsable. Et le destinataire se décompose.. Reliez entre eux ces milliers de mots.

Vous pensez que vous êtes des êtres moraux ? Vous avez absolument besoin que les autres illustrent vos idées, se comportent comme vous le pensez, vous confirment dans votre idées avantageuse de vous-même. Telle idée est vraie parce qu’elle est partagée, parce qu’elle est collectivement appréciée, parce qu’elle appartient à la culture, parce que ce sont des mots. L’image de l’autre doit s’intégrer dans cette idée du bien confondue avec le collectif. , sinon, rien ne va plus. Vous avez besoin de croire que les autres s’emploient aussi à faire le bonheur de la collectivité. Avec l’exemple contraire, votre idée du bien se casserait la figure puisqu’elle ne serait plus présente dans la collectivité.

Quand nos sentiments, nos jugements, nos convictions, au fond de notre conscience, orientent nos pensées et nos raisonnements, ils dirigent aussi notre amour ou notre haine pour ceci ou cela, pour cette personne ou cette autre. Ce n’est pas nous qui aimons ou détestons, c’est cette conviction, ce jugement. Obéir à des raisons générales, ce n’est pas être responsable. Ce sont nos pensées conditionnées qui aiment, ou nos modèles, pas nous, nous sommes leur jouet. On aime ou on déteste parce que le bien confondu avec la collectivité, aime ou déteste, pour faire plaisir aux autres, pas parce que c’est notre propre ressenti. Finalement, comme indiqué dans les articles précédents : c’est l’idée qui est servie, aimée. Aimée, servie par qui ? Par l’idée.

Et bien sûr, cela nous attire des ennuis, cela cause des ennuis. La collectivité devrait nous dire un grand merci au lieu de nous culpabiliser et de plastronner, puisque nous passons notre temps à lui faire plaisir, à participer à son histoire, à prendre ses valeurs comme référents, à lui donner vie et consistance en tâchant d’incarner ces dernières. Non, ce n’est jamais assez, elle dysfonctionne sérieusement. Elle fait son propre malheur. Forcément, ses idées sont utopiques. Elle veut que nous passions notre vie à servir des choses qui n’existent pas, à courir après des choses qui n’existent pas, à essayer de ressembler à des choses qui n’existent pas . Elle persiste à nous convaincre que la réalité peut coller à ses belles images idylliques. Elle nous vampirise.

D’où ce rêve, cette quête d’esprits divers censés hanter, habiter animer toute chose, relier les choses et les personnes. Il fallait bien donner une sorte de forme, de nom, des attributs à une collectivité qui sans cela serait restée inopérante. Il fallait lui donner une identité, une continuité, une vie,. L’abnégation, le dévouement, le sacrifice sont plus faciles quand c’est au profit de ce genre de création. Une généralité, une abstraction devient un esprit. Et cela ne semble plus délirant quand quelqu’un se prend pour le fils de Dieu ou prétend que Dieu lui a parlé, et quand il profère des vérités qui se veulent universelles et éternelles. A partir du moment où on prend ses objets de pensée (où l’on croit que les choses, les personnes, les événements etc que nos pensées inventent) pour des réalités, il n’y a plus de limite. On peut créer n’importe quoi, on peut galvaniser notre imagination, on peut se rassembler pour fêter cette imagination collective.

  « Il n’y a, en réalité, rien à trouver « (Sutra du diamant)

 

 

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