LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

15 septembre, 2020

AU PAYS DES ROBOTS

Classé dans : Vie — inconnaissance @ 13:36

Avant d’endurer les tracas, les tourments, les souffrances qui semblent apparaître spontanément, sans explication, dans notre vie quotidienne, les affres causées par les difficultés de notre personnage social, on a eu à souffrir des humiliations, des jugements, des comparaisons des objectifs impossibles, des idéals, que nous ont infligés les adultes sous prétexte de nous éduquer. En même temps que l’on a accepté, adopté les idées des adultes, on a accepté les souffrances qu’elles nous causaient. (accepter l’autorité, c’est accepter d’avoir peur, accepter les idéals c’est accepter les sentiments de culpabilité etc) On s’y est habitué ; On les a trouvées normales comme si elles étaient indissociables de la vie. On fait passer sa vie dans ce monde avant soi. .

 Bien des années plus tard, elles n’ont pas disparu, mais elles sont plus ou moins refoulées ou maîtrisées, et ont perdu leur lien avec leurs causes. De toute façon, la société n’aime pas la vie intérieure et affective des gens, l’important, pour elle, est ailleurs, l’important, c’est elle.

Toutes les pensées à notre sujet, au sujet de notre vie font de nous des objets de pensée. Les objets de pensée sont des objets, des objets définis, arrêtés, circonscrits, désignés et, sinon saisissables, du moins clairement connaissables. Ce sont des produits d’un sens qui, lui-même, tend à être défini et arrêté . D’un autre côté, en dehors de notre corps, quand il s’agit de notre nature, de ce qu’il se passe en nous, de notre vie, il n’y a rien qui soit accessible aux 5 sens. La façon qu’a la culture de désigner, de nommer tout cela n’appartient qu’à elle, ne nous appartient pas du tout. On ne peut pas comparer cette façon avec une expérience sensible. On n’a aucun autre moyen de dire quelque chose à leur sujet qu’en répétant ce qu’on a appris. On n’a aucun moyen de parler du libre-arbitre qu’en répétant ce qu’on a lu ou entendu à ce sujet.

 Ce qu’elle désigne avec le mot amour ne s’entend pas, ne se voit pas, ne se sent pas, ne se touche pas. C’est un pur produit de la culture. L’amour, et tout ce qui nous concerne appartient uniquement à la culture.  Se penser comme amoureux, c’est se concevoir tel que la culture nous a appris à nous concevoir. Agir en tant que cet amoureux, c’est agir conformément à ce que la culture a prévu.

Donc finalement, l’objet de pensée-soi, tous les objets que la culture désigne en parlant de nous, sont des objets purement culturels que rien ne garantit. Ils n’existent que comme créations de la pensée, c’est tout. En tant que pensée, sa propre existence est une création de la pensée.

Nous sommes tout le temps conduits à être de purs objets définis par la seule culture. On est objectivé, et cet objet, doit toute son existence, tout son sens, à la pensée conditionnée qui l’a produit. Elle le commande.

Seulement on ne se rend pas compte à quel point on n’est rien d’autre, dans la vie, qu’un objet déterminé culturellement, parce qu’on ne se rend pas compte à quel point, constamment, de mille façons, et sous la pression de la société, on est soumis à des pensées qui nous pensent. Non seulement on est objectivé sans s’en rendre compte, mais on veut l’être.

 Ne pas l’être, c’est toute la vie de la créature sensible : c’est tout ce qui nous émeut, nous trouble, nous remue, nous étreint, et qui n’a pas encore de nom ; d’une part parce que cela se prête difficilement à l’objectivation, et d’autre part, parce qu’il n’y a pas encore vraiment de dualité. C’est juste ressenti, éprouvé.

Voir comment j’ai parlé des deux gentils tourtereaux dans l’article précédent ; Ou si vous voulez, l’effet sur soi d’une musique qu’on aime beaucoup, qui nous émeut, est indéfinissable, insaisissable. L’éprouvant, l’aimant, on ne peut pas rentrer dans une case. C’est trop informel. Notre réaction, là, est imprévisible.

Selon qu’on est plus ou moins sensible, on est plus ou moins ému par tout ce qui se passe dans notre vie et autour de nous. En revanche, une idée ne souffre pas en tant qu’idée. Insultez Dieu, vous n’entendrez aucune plainte.

Voilà bien ce qui n’est pas très utile à la société. Voilà bien ce qui ne l’intéresse pas. Elle, c’est de la pensée. C’est le résultat de beaucoup de pensées. C’est un monstrueux objet de pensée. Les choses sont des objets de pensée, les êtres aussi.

Nous avons donc eu toutes les raisons de repousser cette vie indéfinissable pour en faire des objets de pensée, des objets qui seront assimilables, utilisables, exploitables, contrôlables, par la société. Que l’on soit sous l’emprise d’un sens global du monde, d’une pensée qui passe et que l’on attrape par un mot ou une idée, de la défense de son image de soi, que l’on ait un objectif etc se penser sert finalement à deux choses 1 savoir qu’on existe : avoir une conscience réfléchie de sa propre existence 2 savoir qu’on a de la valeur selon les critères qui existent. Conscience réfléchie de sa propre valeur. Pour savoir que l’on existe, soi, sa propre existence doit être un sujet, une question pour soi. Pour savoir sa propre valeur, les critères de jugement de soi doivent être un sujet, une question pour soi.

 Être un objet de pensée ou être un être vivant, telle est la question. Elle est simple dans le principe.

Soit on veut être bien (idée de bien idéologique car le bien (général), est idéologique ; C’est Le bien selon ou selon etc ) soit on veut être bien (se sentir bien) Dans le premier cas, le bien est extérieur, dans le second, il est intérieur. Une idée conditionnée comme référence ou un ressenti comme référence, ce n’est pas la même chose. .

Dans le premier cas, on est pris par la recherche, une recherche que nous n’avons nullement décidée, et que nous n’avons pas la liberté d’arrêter. C’est une sorte d’automatisme.

Dans le second cas, la question n’est pas de s’améliorer. S’améliorer est la raison de la recherche, or la question de soi ne se pose pas. Et l’autre n’est pas un besoin. Cela change tout. Ce qui est commun, collectif, partagé , la permanence ne sont pas les caractéristiques de cette façon d’être.

 Alors soit ce que l’on ressent est plus fort que toutes les pensées ou les paroles qui nous pressent d’être un objet de pensée, de nous objectiver, soit ce sont ces pensées ou ces paroles qui prennent largement le pas sur ce que l’on ressent pour faire de nous de purs produits de la société.

Manifestement, c’est plus confortable, et beaucoup plus gratifiant socialement, de passer d’un état vague, fluctuant, informel , parcouru de sentiments et d’émotions divers et mouvants, à ce genre de position bien définie. On sait quel sens on a. c’est un sens que la société reconnaîtra. Quand on a complètement embrassé la cause de la société, quand on la prend comme but, référence, horizon ultime, il n’y a aucune chance pour qu’on ne passe pas toute sa vie à essayer de fonctionner en tant qu’objets bien conformes à ses attentes. On existe ainsi -on le sait – avec les noms que la culture donne à ce que nous vivons, on n’existe ainsi, que pour le penseur du nom que la société a donné à ce que l’on vit, qu’en tant que tel. Robot obéissant à un logiciel.

Pourtant, on ne cesse pas d’exister comme créature sensible. Mais si peu, il faut que cela soit repoussé ou falsifié et que la conscience n’en soit pas affectée. Dans la position où nous met une pensée ou un sens qui inclut la collectivité, on doit fonctionner comme stipulé. Le mot médecin et tout ce qui s’ensuit, le mot mère et tout ce qui s’ensuit, le mot amour et tout ce qui s’ensuit, le mot efficacité et tout ce qui s’ensuit, nous attribuent un rôle dès qu’ils deviennent réalité .. On répond comme répondrait un automate.  Ce qu’on nous a appris à dire, on le dit, ce qu’on nous a appris à faire, on le fait.

 Quand on se pense et qu’on intègre l’objet de pensée ainsi créé, ainsi défini, on se compare aux autres objets de pensée, souvent à son détriment ou on se désole de ne pas avoir correspondu à ce qu’il aurait fallu dans telle situation . Le personnage que définit une action, une réalisation, un succès ou un échec dépend de ce que les autres pensent de lui. C’est une comparaison de rôle à rôle.

Ainsi, nous avons fini par fonctionner mentalement de façon à produire des objectivations pour pouvoir être reconnu par la société qui ne veut que cela. Tout ce qu’elle pense de nous est fumeux mais ce n’est pas grave puisque c’est juste une question d’approbation sur la scène sociale.

Il faut penser je suis ceci ou cela, je vis ceci ou cela, le désire ceci ou cela, j’aime ceci ou cela pour qu’elle soit contente. Cela faisant partie de son catalogue.

 La société vit des objectivations que nous produisons.  C’est uniquement à elle qu’elles sont utiles. C’est son moyen de subsistance et ce sont ses fondements. Elle nous propose à foison des moyens de nous penser, de nous objectiver.

Elle ne pense qu’à ça et ne parle que de cela. Sa pensée doit régner, et régner par le savoir. Conséquences : réification, technocratie, rationalisation, instrumentalisation etc Chaque être devenant une marchandise ou un instrument. On servira plus ou moins, un certain temps, à la société, et puis tout cela sera oublié ; Comme un kleenex. On aura eu quelques gratifications pendant quelque temps . Toutes ces événements n’auront été qu’un petit épisode dans l’histoire de la société ou de la culture, épisode qui aurait pu ne pas avoir avoir lieu. Les protagonistes auront peut-être pris un peu de plaisir.

Regardez ses sbires d’importance qui sont de purs concepts qui ignorent et piétinent la vie. L’objet de pensée n’est pas sensible aux souffrances qu’il provoque, il n’a affaire qu’à d’autres objets, d’autres concepts.

 L’enfer viendra quand il n’y aura plus que des objets de pensée. C’est le contrôle total sur les individus auquel aspire le pouvoir.

 Le savoir peut régner, mais la vie n’obéit pas à notre savoir. Ce n’est pas de la faute de Didier Haudepin si, chaque fois qu’il paraissait dans un film à 12-13-14 ans, et se mettait à parler, l’histoire devenait immédiatement une histoire vraie. (question de naturel) C’était le don, la grâce . C’est comme si les pensées de l’acteur et des spectateurs reculaient et se résorbaient dans la vie dont elles sont issues. (même dans un film absolument nul mais nul alors ! comme « les pianos mécaniques » où les acteurs adultes sont absolument faux, mais faux alors ! il fait presque un miracle malgré la nullité ambiante  https://youtu.be/tCtZ_yKyErQ?t=159

« Mourir, cela n’est rien, mourir, la belle affaire, mais vieillir » chantait Jacques Brel. Oui, l’intellectualisme entre autres

haud3

 

haud1

https://www.youtube.com/watch?v=qKggl6AGXJs

Comportements des objets

Les humains acceptent encore à moitié un sort désagréable quand ils sont devenus des objets de pensée ou des automates après avoir épousé tout ce que la société peut leur envoyer comme repères pour se penser, mais ils supportent très mal que d’autres s’en dispensent. Ainsi, esclaves des codes, des modes, des mots d’ordre, des valeurs en vogue, des objectifs nouveaux, les idées nouvelles, ils veulent que les autres leur obéissent aussi . C’est ainsi, je suppose, que se développent tous les totalitarismes.

L’échec est l’échec de qui , par rapport à quoi ? La réussite est la réussite de qui, par rapport à quoi ?

La recherche

Chercher le sens de ce monde (grâce à la culture) et se chercher, cela va ensemble. Si soi est une question pour soi, la société, son sens, est une question pour soi. Cela va ensemble. Alors….

On croit pouvoir trouver une position, un objet de pensée-soi, qui nous satisfera et éliminera tous nos problèmes importants, tous les reproches que l’on peut se faire, notre petitesse, grâce à la culture, ou la société C’est ce qu’on croit, C’est doublement une illusion, d’une part parce que rien ne dure dans cette société. rien n’est sûr ni vrai, d’autre part parce que cet objet de pensée-soi sera toujours en conflit avec la vie.

En tant qu’objet de pensée, on ne peut cesser de chercher une solution à ces deux échecs. Mais il n’y a pas de solution.

 Il faut rejeter le pacte initial instinctif qui a consisté à adhérer au monde et à le prendre comme raison d’être, raison de vivre, référence  C’est nous, et nous seul, qui prêtons au monde cette attention, nous qui lui donnons cette importance , nous qui nous engageons pour lui. « Les autres » c’est une illusion, une création de l’imagination or tout concept humain, toute catégorie culturelle à notre sujet inclut « les autres » Ils doivent en sortir.

12

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...