LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

6 septembre, 2016

VOUS N’AVEZ PAS VOULU

Classé dans : Volonte — inconnaissance @ 11:49

Les émois ou émotions, les impressions, les états d’âme, les réactions, les désirs ou les pulsions, les pensées qui apparaissent dans la conscience, qui constituent le quotidien de votre existence, vous ne les avez pas voulus. Il faut même être attentif pour prendre conscience de leur irruption ou de leur présence, et encore plus attentif pour prendre connaissance de leur nature. Ce sont des phénomènes psychiques incessants, innombrables et variés. La conscience est pleine comme un œuf de ces mouvements et événements psychiques qui vont du plus subtil au plus évident, du plus profond au plus apparent. C’est même le sujet essentiel de la littérature que de passer son temps à relever, souligner, décortiquer, ces phénomènes en les reliant à des faits, des évenements, des situations, des relations etc ce qui revient à les aborder à travers un certain prisme. Comme on ne s’occupe pas trop de cette activité psychique involontaire, on perd de vue qu‘elle est involontaire. On perd de vue que ce qui remplit la conscience à chaque instant n’a pas été voulu. Première méconnaissance. Comme on ne prend pas toujours conscience ou pas souvent conscience de la nature de cette activité – colère ou pas, peur ou pas, détestation ou pas, tristesse ou pas, désir ou pas etc – on ne sait pas quelle vie on a. Deuxième méconnaissance. Ne sachant pas cela, on ne sait pas quel genre d’éléments psychiques nous gouvernent ou nous influencent en priorité. Troisième méconnaissance. Je pense, donc je suis (suivre) parce que je regarde toujours devant moi, jamais derrière moi. La conscience cette inconnue !

On parle de conditionnement, d’éducation, de déterminismes, de tempérament, de personnalité, de caractèreetc..Si on pouvait connaître à fond toutes nos réactions, en amont, on saurait ce qu’il faut mettre sous ces mots, on aurait une vision globale de tout ce qui se passe et une idée plus claire de ce que nous sommes. . On saurait que tout cela précède et englobe, sans qu’on le veuille, tout ce que l’on dit, fait, décide.

Ce qui est le plus clairement et constamment conscient, c’est notre dialogue intérieur. C’est pourquoi ce qui se passe dans la conscience apparaît mieux quand le dialogue intérieur (les pensées) se calme. Ce dialogue ou les paroles que l’on dit ont pour fonction de donner à tout cela un sens, d’écrire l’histoire. On a toujours inventé des mythes, des légendes et des contes pour donner un sens au monde. C’est un phénomène collectif mais aussi individuel.,(se raconter sa propre histoire, se mettre en scène….et y croire)

Cependant, ces éléments psychiques n’ont pas tous le même effet sur nous, ils n’ont pas tous le même pouvoir sur nous, ils ne sont pas tous de force égale. Depuis que la philosophie existe, elle a tenté de lutter contre ce qu’elle appelait les passions, elle invitait à penser par soi-même, à s’en remettre à la raison, à douter etc C’est tout simplement pour faire en sorte que ces événements psychiques ne soient pas, à la fois, si puissants qu’ils nous possèdent et si destructeurs qu’ils soient un danger pour notre entourage.

Si on colle étroitement aux éléments psychiques, si on est complètement en leur pouvoir, c’est parce qu’ils deviennent des objets de croyance et de sentiment. Aussitôt ces objets de croyance aimés acquierent une nature spéciale, un pouvoir spécial, une valeur spéciale, une autorité spéciale. C’est magique. Face à eux, on est faible, comme n’importe quel possédé. C’est plus fort que nous, on ne peut pas s’empêcher d’être comme ceci, de faire comme cela.

Qu’est-ce qu’être possédé ? C’est « être habité et dirigé par un être surnaturel et maléfique » mais également « envahi, dominé par la force d’un sentiment « ‘ (TLF) Quand on a mélangé le lait et le café ou le chocolat, on ne peut plus les séparer. De même, quand on a mélangé la foi et les sentiments, ils deviennent indissociables. Ils ne forment plus qu’un . On ne peut toucher à l’un sans toucher à l’autre en même temps. Dans la vie quotidienne, dès que l’on croit avec ferveur en quelque chose, on voue un amour immense à ce quelque chose. Qu’il s’agisse de l’UE, de l’essence Homme, d‘un Dieu, d’un symbole, d’une vertu quelconque, ou d’une personne.

Il serait donc extrêmement salutaire d’échapper à cette emprise, et extrêmement important de stopper les entreprises visant à créer ou renforcer ces croyance et ces sentiments qui s’emparent de nous.

Il est vrai, d’abord, que dès que la nature d’un élément psychique devient consciente – tiens, je suis impressionné - ce dernier perd de son pouvoir. C’est vrai aussi que le simple fait d’aborder cet élément (une peur, une haine, un désir, une pensée etc) sans a priori, sans lui donner de valeur spéciale, de caractère spécial – mais c’est quoi ce trouble ou cet attendrissement - rend plus aisé la prise de conscience de cette nature. C’est pourquoi on peut considérer que ceux qui tiennent à sanctifier, sacraliser, survaloriser certains éléments de conscience sont des fléaux . Ils sont pour que les hommes restent des possédés voire des fous. Il y a des sentiments, des pensées, des désirs qui sont tabous ou sacrés. Impossible de raisonner à leur sujet, c’est à dire que l’on perd l’usage de la raison. Quand dans une société, le nombre de tabous ou d’éléments sacrés augmente, (pas froisser, pas critiquer, pas mettre en doute, pas rejeter, pas plaisanter) quand le nombre de gens possédés, collés, soudés à leurs éléments de conscience, augmente. on peut être sûr qu’elle file un mauvais coton. Ce sont des sentiments qui deviennent sacrés, c’est à dire non soumis à l’examen critique. Or les sentiments peuvent croître à l’infini, tant du point de vue de leur envergure que du point de vue de leur valeur. Ils acquièrent plus d’importance que le raisonnement et les connaissances. Nous sommes dans le cas d’une susceptibilité grandissante, d’une valorisation croissante des croyances, d’un respect grandissant des sentiments individuels à l’égard de toutes sortes d’idées. Il suffit de cultiver, d’exacerber ses sentiments pour trouver à redire à n’importe quoi. Les jours semblent comptés pour le blasphème qui, en France, n’est pas encore poursuivi par la loi. On trouvera que la sensibilité d’une communauté à été gravement malmenée. (Aux Usa, dans les universités, on a créé des locaux où ceux qui se sentent froissés par l’enseignement du professeur peuvent s’isoler pour échapper à cet enseignement)

La culture, c’est sa fonction, rajoute, superpose des histoires à ce qui est, à ce qui apparaît dans la conscience. Il faut mettre cela dans les cases des mots, les mots font partie d’un système et le système est une belle histoire. La culture propose une idée, une conception de l’homme et de la vie. Histoire, conception : objet de croyance et de sentiment. Un anthropocentrisme incorrigible. Rien de brut, que du narcissisme en fonction duquel on est heureux ou malheureux, non pas pour de vraies raisons mais suite à une identification à des idées socioculturelles.

Vous n’avez pas choisi les critères collectifs en fonction desquels vous vous pensez malheureux. Cela préexiste. Vous n’avez pas choisi ce que vous attendez des autres conformément à l’idée que vous vous faites de vous. Cela préexiste. Vous n’avez pas voulu les valeurs, les sentiments et les croyances que vous croyez partagés. Cela préexiste. Vous n’avez pas voulu les éléments d’un supposé sens commun. Cela préexiste. Bref, vous n’avez pas voulu, choisi les éléments de ce narcissisme, Tout cela est générateur d’émois ou d’émotions, d’impressions, d’états d’âme, de réactions, de désirs ou de pulsions, de pensées au fond de la conscience.

Mais dès qu’un des objets de croyance et d’amour perd sa valeur, son aura, son caractère spécial en soi, vous ne l’attendez plus des autres, vous ne le manifestez plus avec les autres, et vous ne l’admirez plus chez les autres. Un peu de calme à l’intérieur.

Au politiquement correct (c’est à dire au moralement et socialement correct) qui paralyse le débat, s’ajoutait déjà le correct à l’égard des communautés (et tout est communautarisé) et bientôt viendra le religieusement correct . C’est la démonstration qu’il y a de plus en plus de possédés, de gens que des entités surnaturelles habitent et jettent dans la violence, des gens que les sentiments dominent et mènent à la crise de nerfs. A la limite, on ne pourra même pas les condamner puisqu’ils ont perdu la raison.

On se trompe en voulant comparer les vérités religieuses aux vérités scientifiques, les premières seront toujours plus exaltantes, plus consolantes, plus grandioses. Le doute (car la foi, c’est le doute) occupe toujours beaucoup plus de place dans l’esprit que le savoir. Ce qui distingue la religion de la science, fondamentalement, c’est la méthodologie et l’usage qu’on fait de leurs vérités. Par usage, j’entends la liberté dont on dispose à leur égard. On peut toujours remettre en cause les secondes en respectant la méthodologie; On ne peut pas nier les premières, fut-ce en utilisant la foi et les sentiments. Malheureusement, on n’a jamais trouvé le chainon manquant, pas celui entre le singe et l’homme, mais entre la pensée magique, et la pensée scientifique, car cette dernière est très loin d’épuiser la question de la nature et du destin des hommes. Alors que le problème est réglé pour la première, et ceux qui sont paumés et cherchent la solution y trouveront leur bonheur.

Par les temps qui courent, les politiques nous maintiennent fermement dans la pensée magique. Ils réveillent et encouragent fortement les croyances et les sentiments. Il ne s’agit pas de les choisir pour des décisions et des résultats donnés, mais pour leur personnalité. C’est une sorte de « fashion show » mais moral et psychologique. Ils auraient les mêmes valeurs que nous, les mêmes convictions que nous, les mêmes aspirations que nous, la même morale que nous, (ils ont fait travailler leur équipe pour se tenir au courant) et une personnalité que tout le monde peut estimer. Comme si on devait vivre ensemble. C’est sans risque et sans engagement, c’est vague et creux. Faites-leur confiance et dormez tranquilles. Ils se posent toujours comme des sortes de pères de la nation et restent dans l’homélie ou la prédication, l’éducation, dans l’édifiant, dans la posture morale. Tant qu’il y aura une majorité de gens pour privilégier ce genre d’attitude, pour se contenter du plaisir qu’ils prennent à écouter ce genre de boniments, on n’en sortira pas. On aura droit à des politiciens retardés, à la fois idéalisés et discrédités. Car dans la réalité, si nos dirigeants prétendent représenter la France, alors c’est la France sans les Français. Et je ne sais pas ce que c’est. Les grands choix, les grands projets, les grandes valeurs n’ont rien à voir avec la volonté, les désirs, les aspirations des Français. Ils en sont les seuls responsables. Ils devraient en assumer seuls les conséquences.

Quand on se croit tout droit sorti de la cuisse de Jupiter c’est à dire enfant de Dieu, ou de nature divine, pas question d’admettre que l’on n’est pour rien dans la nature humaine, pas question d’admettre qu’on ne s’est pas façonné et qu’on ne se crée pas tous les jours, pas question d’admettre qu’on n’a pas un grand pouvoir sur le monde, pas question d’admettre qu’on n’est pas responsable de tout ce qui s’y passe, pas question d’admettre qu’on n’est pas responsable de tout le monde, pas question d’admettre qu’on ne représente que soi. Toutes les philosophies et visions universelles du Bien sont des manifestations mégalomaniaques. Que je sache, les désordres du monde ne sont pas causés par des pays qui se tiennent à carreau : Japon, Chine, Russie, mais par des pays comme les USA et la France qui veulent instaurer leur ordre un peu partout.

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